par Ginette Skandrani
PALESTINE, LA RESISTANCE S’APPELLE HAMAS
Collection Manifestes
Paris 2009
(Pour les autres titres de la Collection Manifestes, voir:
http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art479)
[Dans la même Collection:
Le Manifeste judéo-nazi d’Ariel Sharon (épuisé)
Des juifs résistent au sionisme (épuisé)
Nèg’Marrons d’hier et d’aujourd’hui (épuisé)
Négrophobie (épuisé)
Palestine : la résistance s’appelle Hamas,
Pour l’éradication du sionisme
Croyants unis dans l’antisionisme
Le lobby pro-israélien et la tyrannie du néo-libéralisme
La liste de Dieudo]Par un collectif d’associations et
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I. En Palestine, la résistance s’appelle Hamas
Le Hamas n’est pas un mouvement terroriste puisqu’il se bat pour la récupération des terres palestiniennes spoliées par l’État sioniste.
Le Hamas, mouvement de résistance islamique tel qu’il se définit, est actuellement le plus important des mouvements palestiniens. Il est d’obédience musulmane, ce qui me semble tout à fait logique vu qu’il a vu le jour dans un pays musulman, mais tous les membres et sympathisants de ce mouvement ne sont pas forcément musulmans. Beaucoup de mes amis du FPLP, souvent chrétiens, qui avaient essayé de concilier marxisme et nationalisme arabe, ont fini par rejoindre le Hamas pour continuer la résistance, une fois que le FPLP eut renoncé à la lutte armée. Le Hamas s’est d’ailleurs toujours présenté comme un «mouvement de résistance palestinien». La dénomination Hamas a été délibérément choisie en raison du rapprochement avec le sens du mot en arabe, qui signifie «ardeur, zèle», sur le modèle de l'acronyme inversé Fatah.
Le Hamas a été crée en décembre 1987 par le Cheikh Ahmed Yassine au moment de la première Intifada dans laquelle ce mouvement s’était largement investi à côté des mouvements représentés dans l’OLP et des différents comités crées pour l’occasion. Cheikh Yassine, paraplégique et en fauteuil roulant, a passé dix ans, de 1994 à 2004, dans les prisons de l’occupant. Le Hamas s’était inspiré à ses débuts du mouvement des Frères musulmans pour se transformer au fur et à mesure de ses combats en un mouvement de résistance et de reconquête des terres spoliées par Israël en 1948, lors de la création de l’État sioniste, puis de celles annexées en 1967, créant des centaines de milliers de réfugiés.
Le Hamas, ainsi que le Jihad islamique, étaient des mouvements tolérés sinon soutenus, par Israël, pour affaiblir l’OLP. Les sionistes voyaient d’un très bon œil ces mouvements religieux car ils s’imaginaient pouvoir les cantonner dans les mosquées. Ils se sont bien trompés, car chaque Palestinien, croyant, pratiquant, ou non, est avant tout un patriote et cherchera toujours à défendre la terre de ses ancêtres.
Les attaques de la branche armée du Hamas visent indistinctement civils et militaires israéliens et déstabilisent l’occupant qui a fait pression sur toute la communauté internationale, afin de mettre ce mouvement sur la liste des organisations terroristes établie par le Conseil de l’Europe, du Canada, du Japon et des USA. Sur cette liste figure également le FPLP depuis quelques années.
En revanche, pour la Grande-Bretagne et l'Australie, seule la branche armée du Hamas est classée comme terroriste; pour l'Afrique du Sud, la Russie, la Norvège, le Brésil et d'autres pays, le Hamas n'est pas classé comme terroriste.
Par ailleurs le mouvement a créé un vaste réseau d'assistance sociale en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, et a remporté les élections législatives palestiniennes de 2006; il a ainsi dirigé deux gouvernements successifs de l'Autorité palestinienne pendant quelques mois. Le groupe se concentre sur l'aide sociale et médicale, sur des projets religieux et une intense action d’aide aux familles. Il a acquis la confiance de l’ensemble de la population palestinienne.
Le Hamas, comme le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine, crée par Georges Habache) ont rejeté les accords d'Oslo de novembre 1993 signés entre Israël et l’OLP, qui ont donné naissance à l’Autorité nationale palestinienne. Le 16 avril 1993, le Hamas a revendiqué la première opération kamikaze qu'il a organisée, elle a été perpétrée contre un bus à Mehola Junction dans la Vallée du Jourdain.
Avant la seconde Intifada, le Hamas a inauguré l'utilisation des attentats-suicides contre des civils israéliens (notamment à Hadera, en avril 1994) et contre des soldats et a étendu la résistance pendant les années du soulèvement palestinien, particulièrement durant la seconde Intifada, celle de 2000.
Le chef historique du mouvement, le cheikh Ahmed Yassine, est assassiné dans sa chaise roulante, lors d'une attaque aérienne ciblée de l'armée israélienne le 22 mars 2004, sur ordre d'Ariel Sharon. Puis son successeur Abdelaziz Al Rantissi est également assassiné quelques jours après sa désignation, de la même façon, par un missile. Le changement de direction à la tête du Hamas entraîne un changement de stratégie du mouvement qui a commencé à s'impliquer davantage dans la vie politique.
Des représentants du Hamas se sont présentés aux élections municipales palestiniennes de 2005. Le succès aux municipales a fait apparaître le Hamas comme une opposition politique importante face au Fatah, un an avant les législatives prévues pour janvier 2006. Il apparaît depuis lors comme une organisation intègre et proche des gens face au Fatah embringué dans des histoires de détournement d’aides internationales et très bureaucratique.
En tant que parti de résistance, le Hamas est opposé au partage de son territoire avec Israël et a dénoncé les accords d'Oslo vus comme une trahison de la volonté du peuple. Le Hamas est pour une Palestine arabe, une terre où tous ceux qui le veulent peuvent vivre ensemble quelle que soit leur religion. Le 26 janvier 2006, le Hamas a remporté les élections législatives palestiniennes. Il a obtenu 56% des suffrages, ce qui lui a donné une majorité parlementaire de 74 sièges sur 132. Le Hamas a ainsi ravi la majorité au Fatah qui ne l’a jamais accepté et qui a toujours voulu prendre sa revanche quitte à faire le jeu de l’occupant.
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a invité le Hamas à former le nouveau gouvernement, en janvier 2006. Mais ce résultat est perçu comme un net retour en arrière par les gouvernements étrangers qui jouaient le rôle de médiateurs dans le conflit israélo-palestinien. Ils voulaient bien des élections, mais voulaient également choisir les élus! Les USA ont déclaré qu'ils ne traiteraient pas avec le Hamas tant qu'il ne renoncerait pas aux opérations-kamikaze et seulement lorsqu'il accepterait le droit à l'existence pour Israël, ce qui est en contradiction avec la charte actuelle du mouvement.
Pendant la durée de la campagne législative palestinienne, il n'a pas été fait mention d'un objectif de destruction d'Israël, plusieurs commentateurs et médias israéliens précisent néanmoins que les dirigeants du Hamas ne renoncent pas explicitement à cet objectif. Pendant cette campagne, le Hamas a soutenu également la légitimité de son action passée, notamment les attaques menées en Israël, à Gaza et en Cisjordanie, qui ont permis l'évacuation de la Bande de Gaza.
En février 2006, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, réfugié à Damas, réitère la proposition de Hudna (trêve) et de mettre fin à la lutte armée si Israël se retire de tous les territoires occupés et reconnaît les droits du peuple palestinien. Le Premier Ministre par intérim, Ehud Olmert, exclut pour sa part toute négociation avec le Hamas : «Nous ne négocierons pas et nous ne traiterons pas avec une Autorité palestinienne dominée totalement ou partiellement par une organisation terroriste».
L'objectif du Hamas est l'établissement d'un État souverain sur le territoire actuellement constitué par Israël, la Bande de Gaza et la Cisjordanie (d'après les frontières d'avant 1967), avec Jérusalem comme capitale. Pour l'accomplissement de ce but, le Hamas soutient son droit à la lutte armée.
Selon certains médias, Abdelaziz Al Rantissi, l'un des cofondateurs du Hamas, assassiné par Israël comme son prédécesseur Ahmed Yassine, a affirmé que le but de l'organisation était d'«effacer Israël de la carte».
Ismaïl Haniyeh a été désigné par le Hamas pour former un nouveau cabinet de l'Autorité palestinienne. Depuis l'élection ayant porté au pouvoir le Hamas, c'est la crise en Palestine : fin des subventions internationales, nombreuses attaques de la part d'Israël, bouclage de la bande de Gaza et, plus récemment, des attaques bilatérales entre les deux principales factions palestiniennes, soit le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas du Premier ministre Ismaïl Haniyeh. Constatant l'échec des négociations Fatah-Hamas, le président Abbas menace à la mi-décembre de déclencher des élections législatives anticipées, bravant ainsi la Loi Fondamentale (Constitution palestinienne) qui n'accorde qu'au Conseil législatif cette prérogative. Le Hamas rejette la décision d'appeler à de nouvelles élections législatives. Malgré l’accord de départ, Mohammed Dahlan, membre du Fatah, chef de la Sécurité Intérieure, détesté par tous les militants, accentue les tensions et les amplifie pour leur faire atteindre leur paroxysme en juin 2007. Ainsi, le 15 juin 2007, suite à ce qui s'apparente à une guerre civile entre le Hamas et le Fatah, qui occasionnera 113 morts, les forces de sécurité du Hamas prennent le contrôle de la bande de Gaza, évinçant totalement le Fatah du territoire.
Le 17 juin, le président Mahmoud Abbas limoge Ismaïl Haniyeh de son poste de Premier ministre, nommant à sa place le ministre des Finances Salam Fayyad. Ce nouveau gouvernement siégeant à Ramallah et contrôlant la Cisjordanie n'est pas reconnu par le Hamas, car la Loi Fondamentale impose au Président en cas de limogeage du Premier Ministre, de le remplacer par un membre de la majorité parlementaire, à savoir le Hamas, or le parti de Salam Fayyad n'a obtenu que 2% des suffrages aux législatives contre 56% pour le Hamas, ce qui mène à la scission de fait des Territoires palestiniens en deux entités distinctes. Suite à ces évènements, des divergences apparaissent au sein du Fatah, resté au pouvoir en Cisjordanie, quant à l'attitude à adopter. Le président M. Abbas, toujours revanchard, n’acceptant pas le résultat des urnes, refuse catégoriquement tout « dialogue avec les putschistes, les assassins, les terroristes », qualifiant la prise de contrôle du Hamas de «plan pour diviser Gaza et la Cisjordanie et établir un Émirat, un mini-Etat, contrôlé par un seul groupe, ses fanatiques et ses fondamentalistes». D'autres, tel Marouan Barghouti, critiquent fermement le coup de force du Hamas à Gaza, mais tentent cependant de conserver l'objectif: l'unité des Palestiniens.
Le 27 décembre 2008, une offensive israélienne vise à déstabiliser le Hamas dans la Bande de Gaza, officiellement pour mettre fin aux tirs de roquettes sur le territoire israélien : c'est le début de la Guerre barbare de Gaza. Nous sommes spectateurs d’un génocide programmé sous nos yeux. Le ministre de l’Intérieur de Gaza, Saïd Siam, vient d’être assassiné à son tour, par une frappe aérienne ciblée. L’armée israélienne, à son habitude, a agi lâchement, massacrant aveuglément les voisins et les membres de sa famille. Nous honorons ici sa mémoire.
Nous demandons ici à tous nos amis palestiniens, d’oublier leurs rancœurs et leurs rivalités afin de reprendre le dialogue entre eux, de se serrer les coudes, car leur division ne profite qu’au colonisateur de leur terre. S’ils ont survécu à 61 ans de répression, d’exclusion, de massacres, de spoliation des terres et de l’espace, s’ils ont su résister avec peu de moyens… c’est parce qu’ils étaient unis.
Paris, le 16 janvier 2009
2. UN GENOCIDE PROGRAMME:
CELUI DES PALESTINIENS
Nous ne pourrons pas dire
que nous ne savions pas!
En Palestine occupée, on peut observer depuis un demi-siècle les formes modernes d’un génocide commis tranquillement, avec un aplomb hallucinant, au vu et au su de tout le monde: massacres par bombardement de populations civiles, enfants tués ou estropiés par des snipers, démolition de maisons, rationnement de l'eau, empoisonnement des puits, des animaux, des cultures, diffusion de gaz toxiques, empêchement d'accéder aux soins et à l'école, destruction des écoles et des universités, entraves aux accouchements, avortements provoqués par empoisonnements par des gaz, irradiation des populations dans certains check-points, assassinat des élites intellectuelle, religieuse, scientifique et politique, puits bouchés, oliviers arrachés, destruction de la vie culturelle, sociale et économique, commerces, usines, ateliers et champs démolis, villages et bourgs rasés jusqu'aux fondations, déportations de masse organisées par la terreur des massacres et par l'épuisement, production d'électricité détruite, destruction des infrastructures sanitaires, égouts et tuyaux d'écoulement d'eaux détruits, ambulances, cliniques et hôpitaux détruits, médecins et infirmières assassinés, stress continuel par drones volant la nuit, avions passant le mur du son tous les jours, tortures, disparitions, kidnappings, punitions et persécutions collectives, couvre-feu permanent, chantage, famine organisée par l'occupant. Plus de la moitié des Palestiniens souffre de malnutrition et de sous-alimentation chronique grave entraînant chez plus du tiers des enfants des invalidités et des déficiences définitives à vie. Plus de dix mille prisonniers croupissent dans les prisons sionistes, dont de nombreuses femmes et beaucoup d'enfants. L'usage de la torture est constant, et se déroule sous le contrôle de médecins israéliens.
GAZA 2006-08 : UN EMPRISONNEMENT RAFFINE
La bande de Gaza que l’on nous présentait ces dernières années comme territoire libéré de l’occupation israélienne est un tout petit territoire d'une longueur de 40 km sur 10 de large, soit 380 km2. Sur ce petit bout de terre, semi-aride, coincé entre l'Égypte et Israël s'entassent 1,4 million de personnes, l'une des plus fortes concentrations humaines au monde.
Depuis que le Hamas, classé par Israël comme «organisation terroriste», est arrivé au pouvoir lors des élections libres et démocratiques du 25 janvier 2006, toute la Palestine est soumise à un boycott international de la part de l'Union européenne et des États-Unis. Depuis la formation du gouvernement, fin mars, l'aide internationale a cessé et l'étroite bande de terre est devenue, plus que jamais, une prison à ciel ouvert, entièrement coupée du monde puisque les frontières terrestres, maritimes et aériennes sont totalement contrôlées par l'État juif qui, en plus, a décidé de ne pas reverser le produit des taxes prélevées sur les Palestiniens à l'Autorité «autonome». Près de 420 millions de dollars sont dus à ce jour.
Un malheur n'arrivant jamais seul, depuis le 25 juin 2006, date à laquelle un commando d'activistes palestiniens a enlevé le caporal israélien Gilad Shalit à la lisière sud-est de la bande de Gaza, l'État juif a mené une multitude d'incursions, de bombardements et d'assassinats «ciblés», causant la mort d'au moins 230 personnes dont, selon le Centre des droits de l'homme Al-Mezan, 39 enfants et cela continue... Pour un otage israélien, alors que l’État juif en détient plus de onze mille, ils massacrent, détruisent, affament tous les Gazaouis.
L'unique centrale électrique, qui fournissait 60% des besoins en électricité de la bande de Gaza, a été bombardée et détruite le 28 juin 2006. Les 40% restants sont fournis par Israël, qui continue ainsi d'empocher des revenus et contraint les Palestiniens à une rotation de l'approvisionnement, quartier par quartier, toutes les huit heures.
Du passage de Karni dépend la survie de la bande de Gaza. À travers ses vingt-sept portes passe l'oxygène qui permet aux Palestiniens de ne pas mourir asphyxiés. Mais les robinets sont entre les mains des Israéliens. «Ils voient tout, commandent tout, et nous, nous exécutons selon leur bon vouloir, sans jamais les voir», explique le directeur du point de passage. Tout se passe de part et d'autre d'un haut mur percé de portes et de guichets surveillés par des caméras. Les camions circulent dans un no man's land, une zone tampon créée pour éviter les attaques. Alentour, tout a été rasé, les arbres arrachés, les hangars détruits et le terrain nivelé pour voir de loin. Une profonde tranchée a été creusée par crainte d'éventuels tunnels.
Dans le bâtiment de l'administration palestinienne, il n'y a plus ni électricité, ni eau, ni téléphone. Les chars israéliens ont tout ravagé. Tous les prétextes sécuritaires sont bons pour fermer. Les exportations sont très difficiles et des centaines de tonnes de produits agricoles palestiniens pourrissent souvent sur place, alors que les produits israéliens sont avantagés. Il est également très difficile d'échanger des marchandises avec la Cisjordanie, l'autre partie des «territoires», comme disent les Israéliens, comme on dirait «la zone», ou «la jungle», des réserves pour sauvages, en quelque sorte…. À Karni, l'attente est souvent interminable, ce qui renchérit le coût des produits. John Ging, directeur de l'UNRWA (Organisation des Nations Unies pour les réfugiés), explique que les seuls frais de retard pour la circulation des conteneurs ont coûté 1 million de dollars à l'ONU, empochés par des sociétés israéliennes, qui gèrent ces transports.
LA CISJORDANIE TRONÇONNEE
L'office de coordination de l'ONU pour les affaires humanitaires (OCHA) vient de publier un rapport qui illustre, faits à l'appui, que l'emprise d'Israël sur la Cisjordanie est telle que la création d'un Etat viable et continu n'est plus qu'une fiction. En effet, par ce que la Cisjordanie est occupée par des colons, par l'armée ou encore, décrétée en partie «réserves naturelles», 45,47 % des 5 600 km2 sont soit interdits d'accès, soit soumis à un régime de permis pour les Palestiniens. Le reste du territoire, dont les principaux centres comme Naplouse et Jéricho, est divisé et coupé en secteurs isolés. Le déplacement entre eux est limité par 450 barrages routiers et 70 check points contrôlés par des soldats armés. Vous pouvez vous imaginer le casse-tête.
Selon le rapport, le taux de croissance démographique des colonies israéliennes est de 5,5% par an, «soit l'équivalent de deux bus entiers qui, chaque jour, s'ajoutent aux 450.000 personnes déjà installées, c'est-à-dire trois fois la croissance de population naturelle de l'Etat juif». Les chances d'une inversion de tendance ou d'un démantèlement des implantations apparaissent illusoires. En cela le rapport de l'OCHA est on ne peut plus instructif. Il révèle tous les détails de la façon dont l'Etat juif fait main basse sur la Cisjordanie, la tronçonnant en une quinzaine de cantons desquels il est pratiquement impossible de sortir pour les 2,5 millions d'habitants qui vivent sur ce territoire. «La réalité s'oriente dans une direction qui va rendre la vie des Palestiniens plus difficile et ne va pas leur permettre d'atteindre ce à quoi ils aspirent», conclut ce rapport.
LES COLONIES DE PEUPLEMENT
ET L’ARROGANCE DES COLONS
Les colonies de peuplement fermées à Gaza, ne continuent pas moins à se développer et à prospérer en Cisjordanie, englobant entièrement Jérusalem et isolant les familles les unes des autres.
Construites souvent en hauteur, surplombant les villages elles accaparent l’eau à leur profit. Nous avons vu des pelouses arrosées à jet continu alors que quelques mètres plus bas les Palestiniens ont du mal à se désaltérer. Les routes de contournement construites afin de relier les colonies entre elles, coupent villages et champs de cultures en deux et compliquent sérieusement la vie des populations autochtones dans leur vie quotidienne. Nous avons vu des Palestiniennes faire un détour de trois km pour acheter le pain dans une boulangerie qui se trouve sur le trottoir en face, dans la rue coupée en deux.
Les «Territoires» [palestiniens de Cisjordanie] comptent 161 colonies juives et 96 implantations «sauvages». Des barrages interdisent l'accès des Palestiniens aux routes qui desservent les colonies. Celles-ci se sont transformées en des corridors, réservés aux colons et reliant les implantations au territoire dit israélien.
«Les Palestiniens sont désormais obligés de se déplacer d'une enclave à l'autre en utilisant un réseau de barrages militaires, de routes et de tunnels qui leur sont réservés», relève le document. Les autorités israéliennes peuvent fermer ces points d'accès à volonté.
Si l'on additionne les zones militaires israéliennes, les colonies, les réserves naturelles, les routes et les terres grignotées par la construction de la barrière de séparation israélienne, il ne reste pas plus de 60 % de la Cisjordanie aux Palestiniens, selon les calculs de l'OCHA. «Le développement des colonies et des infrastructures israéliennes empêche le développement d'une économie palestinienne jusqu'alors dynamique en Cisjordanie», écrit l'OCHA.
LES PUNITIONS COLLECTIVES
- La destruction de nourriture
L'un des plaisirs favoris de l'armée est de mélanger la nourriture, le sucre et le sel, confiture et condiment, farine et céréales ou de saccager tout simplement les aliments. Cette action inhumaine pénalise les familles car elles sont si pauvres qu'elles ne peuvent refaire leur stock de réserves. Si cela arrive en période de couvre-feu, cette action devient un véritable drame. C'est une des principales angoisses des familles victimes de ces exactions. Déjà, elles ne peuvent stocker beaucoup de nourriture vu l'exiguïté des maisons et le peu de moyens dont elles disposent et le peu qu'elles ont est détruit délibérément.
- Les mesures d'intimidation et de terrorisme physique et moral
La population est harcelée continuellement, en butte à des perquisitions non justifiées et à tout moment du jour ou de la nuit, tous les déplacements sont contrôlés. La présence constante et apparente des forces occupantes ne permet aucune intimité. Elles confisquent les pièces d'identité sans aucune raison justifiée. Les survols fréquents des camps de réfugiés par des hélicoptères ou les snipers en patrouilles sont stressants... L’entrée de jour comme de nuit dans les maisons, le contrôle de toute la population à n'importe quel moment, sous n'importe quel prétexte, tel est le triste sort des Palestiniens.
L'armée coloniale peut emmener n'importe qui, tabasser, casser membres et mains, blesser, achever comme bon lui semble. Elle est souveraine, non contrôlée, et n'est comptable de rien devant la justice. Les Palestiniens ont juste le droit de se taire.
LA CONFISCATION DES TERRES ET DE L’EAU
Parallèlement à la confiscation des terres agricoles, s'est développée depuis 1970 une politique d'implantation de colonies de peuplement. Cette violation du droit international est particulièrement active. Les colons, bien briefés, récupèrent les meilleures terres en Cisjordanie comme à Gaza, abandonnant les terres semi-arides aux Palestiniens. En 1985, Israël avait pris le contrôle de 2.835.000 Duns (1D = 1 000 m2), soit 52% de la surface totale en Cisjordanie, et 48% dans la Bande de Gaza.
L'utilisation de l'eau a été scrupuleusement réglementée par les autorités israéliennes, notamment à l'aide de quotas afin d'en faire bénéficier les colonies de peuplement. Il est interdit aux Palestiniens de creuser ou d'approfondir les puits artésiens. Ils ne disposent que de 20% des réserves souterraines de Cisjordanie, les 80% restants étant principalement utilisées par les colonies, ou directement pompées pour servir en Israël. En cas de couvre-feu, l'une des punitions les plus fréquentes est la coupure immédiate de l'eau, ce qui s'avère très dommageable pour les plantes et les cultures, et évidemment aussi pour les personnes.
Généralement la confiscation du matériel agricole, des voitures de transports ou des outils accompagnent les couvre-feux. Les bergers et leurs troupeaux en souffrent en permanence. Ils sont en même temps exposés aux attaques des colons, qui eux peuvent commettre leurs exactions en toute impunité à n'importe quel moment, vu qu'ils ne sont pas soumis aux couvre-feux.
Les troupeaux se trouvant dans la zone du couvre feu sont confisqués et retenus dans des locaux jusqu'à paiement par leur propriétaire d'une amende à laquelle s'ajoutent des frais d'entretien par tête et par jour de confiscation. Dans les cas de couvre-feu prolongé, l'amende s'élève rapidement à une véritable petite fortune que le propriétaire est dans l'impossibilité d'acquitter. Le colon récupère alors les bêtes, ce qui lui permet d'accroître son cheptel à peu de frais.
- L'arrachage et le déracinement des arbres
L'armée s'acharne également sur les arbres. Le nombre d'arbres et de pieds de vignes déracinés est incalculable.
Nous avions assisté au déracinement d'un champ de vigne dans la vallée d'Hébron. À notre arrivée, une voiture démarrait à toute vitesse. À son bord, un rabbin, et plusieurs militaires. Ils venaient de procéder à l'arrachage de vignes, que le rabbin venait de bénir. Dans le champ nu, où restaient encore quelques trognons de ceps, une petite fille pleurait. Ses parents nous ont raconté leurs malheurs. L'armée ayant soupçonné leur fils d'avoir participé à un rassemblement au cours duquel on avait brûlé des pneus, avait décidé, en représailles, de punir la famille, lui enlevant son seul gagne pain. Nous avions vu des champs d'oliviers, dont certains plusieurs fois centenaires, entièrement rasés sur plusieurs ares.
Pendant ce temps, l'Etat sioniste essaie de se doter d’une facette humaine et veut se faire passer pour un pays à la pointe dans le secteur des produits agrobiologiques, voulant donner des leçons d'écologie. Nous ne voyons pas qui pourra qualifier ce pays d’écologique. Etant fondé sur le dogme de la domination de la terre, sur l'expansionnisme et le colonialisme, il nous semble que ces idéologies sont largement antinomiques avec les principes fondamentaux de l'écologie.
Au moment où toute la planète prend conscience du désastre écologique, et se mobilise notamment pour sauver la forêt amazonienne, l'Etat d'Israël se permet en toute impunité de détruire des oliveraies, des arbres fruitiers, des vignes et d'autres plantations indispensables à la vie, pour asseoir encore une fois, avec une brutalité rare, sa domination sans partage sur le peuple palestinien.
Le peuple palestinien contrairement aux thèses sionistes, a été de tout temps un peuple d'agriculteurs. Tout l'Occident, en avalant, et en répétant aveuglement le mensonge sioniste selon lequel la Palestine était un désert que les pionniers-juifs ont fait refleurir, porte une grande part de responsabilité dans la «Nakba»(le désastre palestinien).
Les moyens de répression visant la terre, l'eau, l'interdiction de planter des arbres fruitiers, des oliviers ou des vignes, le touchent au plus profond de lui-même, et le laissent complètement démuni face à un occupant qui s'empare de sa terre et de ses ressources avec une brutalité sans pareille.
Ces méthodes, on le voit, relèvent purement et simplement du brigandage organisé.
- Les Palestiniens dépossédés de leurs ressources en eau
Depuis sa création, Israël a toujours cherché à contrôler l'accès à l'eau, ressource rare dans cette région semi-aride qui ne supporte pas une agriculture intensive très grosse consommatrice d'eau telle que se sont mis à la pratiquer les agriculteurs israéliens.
Lors de la mise en œuvre de la planification des ressources en eau après la création de l'Autorité internationale des eaux par l'ONU, en 1950, les pays arabes avaient commencé à mener un projet hydraulique de partage équitable des ressources en eau. La guerre de 1967 empêcha ce projet d'être mené à terme et permit à Israël d'accentuer son emprise sur les eaux de la région, notamment en poursuivant le pompage des eaux du Jourdain au rythme de 330 millions de m3 par an.
Une des premières mesures, après l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza et de l'annexion de Jérusalem, suite à la conquête de 1967, a été de déclarer les eaux des territoires occupés comme ressources stratégiques sous contrôle militaire. Parallèlement à ce hold-up sur l'eau, Israël arrêta de délivrer des autorisations de creusage de puits aux Palestiniens qui devenaient de ce fait complètement dépendants du bon vouloir de l'occupant pour leurs cultures et leurs besoins domestiques.
Depuis 1967, l'ensemble des ressources hydrauliques des territoires palestiniens est administré par la Commission israélienne de l'eau et plus spécialement par deux sociétés: la Mékorot (compagnie israélienne des eaux) créée en 1936 par l'agence juive et l'Histadrout, chargée de construire les réseaux d'irrigation et d'alimentation en eau, ainsi que la Tahal (compagnie de planification des ressources en eau d'Israël) créée en 1952.
L'imposition de règlements datant de 1959 empêche les Palestiniens de disposer librement de leurs ressources hydrauliques et impose la limitation de la consommation au profit des colons dont certains arrosent leurs pelouses à longueur de journée, alimentent des fontaines monumentales et des piscines. Il y a eu 144 colonies de peuplement dont 42 nouvelles implantations entre 1998 et 1999 en violation flagrante des lois internationales. La Convention de La Haye de 1907 stipule que la puissance occupante doit respecter les lois en vigueur avant occupation, et établit que la propriété privée, dont les ressources en eau, ne saurait être l'objet de confiscation.
- La discrimination commence par l’entrave à l’accès aux ressources
Le droit de creuser de nouveaux puits ou de procéder à leur réfection, nécessite des permis délivrés au compte-goutte par les autorités israéliennes. Les paysans palestiniens n'ont pas le droit de s'alimenter dans les nappes phréatiques en creusant des puits ou en approfondissant ceux qui existent au-delà de 20 mètres alors que ceux des colons sont parfois à 80 m de profondeur. L'eau qui vient des puits provient pour 30% des puits des colons qui représentent tout au plus 6% de la population.
Un système de quotas est instauré pour limiter les volumes d'eau destinés aux populations autochtones. Chaque puits comporte un compteur et de lourdes amendes sont infligées à ceux qui dépassent leur quota. La quantité d'eau allouée aux agriculteurs palestiniens est gelée depuis 1967, alors que celle des colons est en progression constante.
Les paysans palestiniens sont soumis à un lourd handicap, car ils ne peuvent irriguer que 6% de leurs terres contre 45% en Israël et 60% dans les colonies juives. Les investissements publics privilégient les colonies au détriment des municipalités palestiniennes. Ainsi 51% des villages de Cisjordanie ne possèdent aucune infrastructure pour l'eau potable.
Dans la bande de Gaza, dans l’étape de soi-disant autonomie annoncée à grands cris, 70% de l'eau était consommée par 4.000 colons et le reste devait satisfaire les 1,2 millions de Palestiniens. Les ressources d'eau sont aussi soumises à cet apartheid qui caractérise si fortement cette Palestine qui ne demande qu'à vivre normalement.
La régularité des approvisionnements est un autre signe de discrimination, les Israéliens bénéficiant de l'eau courante toute l'année, les Palestiniens eux, sont victimes de coupures d’eau durant l'été, destinées à économiser l'eau au profit des colonies. Plusieurs rivières ou ruisseaux asséchés sont transformés en tout à l'égout par les colonies de peuplement situées en haut des collines dominant les terres palestiniennes, et qui déversent impunément leurs déchets de toutes sortes dans ces cours d'eau. Souvent la pénurie d'eau, ainsi que la pollution des cours d'eau (car il n'existe pratiquement pas de station d'épuration) provoquent la propagation de maladies. Le siège des villages s'accompagne très souvent de coupures d'eau car les sites de pompage sont «zones militaires», et le système de canalisation dépend de la colonie israélienne située en hauteur avec parfois, un petit château d'eau. Les Israéliens consomment, par tête, quatre fois plus d'eau que les Palestiniens. Eux seuls ont l'autorisation de creuser des puits jusqu'aux nappes phréatiques les plus profondes. Par conséquent, un très grand nombre de villages dépend des camions-citernes qui doivent se ravitailler auprès des points d'eau éloignés et qui sont régulièrement visés par les colons.
Actuellement les Palestiniens sans ressources ne peuvent payer cette eau. C'est spécialement dans les villages que la situation est la plus dramatique. Complètement isolés, les villageois souffrent de malnutrition et seule une autosuffisance locale, ainsi que l'aide du PARC, leur permet de survivre.
N'oublions pas de dire qu'un des objectifs constants des tirs israéliens, colons ou armée, est de cribler de balles à distance les réservoirs d'eau individuels - de un ou deux mètres cubes - qui sont placés sur les toits ou les terrasses.
La situation faite aux Palestiniens nous rappelle de bien tristes souvenirs du temps de l'occupation de la France. Tous les accords signés et «resignés», toutes les pressions organisées, toutes les conférences nationales et internationales, tous les parrainages, n'auront pas beaucoup d'impact dans cette région du monde tant que la justice pour tous ne sera pas rétablie, tant que tous les peuples de cette région ne seront pas conduits à gérer ce qui leur revient de droit, y compris pour les peuples palestiniens, libanais et syriens: la gestion de leur terre et de leurs ressources, sources de vie.
LES CONDITIONS SOCIALES SOUS L’OCCUPATION
- Le manque d’espace vital
Je crois que la pire des tortures que subissent les Palestiniens et qui contribue à une mort lente, c’est le manque d’espace vital, pour se déplacer, pour communiquer, pour dormir, pour manger, pour se laver, pour faire leur toilette ou tout simplement vivre, respirer, s’étirer etc. Comment ne pas devenir fou ou révolté dans ces conditions là?
- La vie dans les camps
En franchissant les barbelés qui entouraient les camps, nous sommes rentrés de plain-pied dans la misère extrême, la privation de libertés, une «prison à l'air libre». Plus question de vieilles pierres ou de richesses architecturales, de beauté du paysage, ni de flonflons, de néons, ou encore moins de pelouses décorées. Le visage hideux du colonialisme nous a accueillis de plein fouet.
L'armée était omniprésente, sur tous les toits des maisons, autour du camp. C'était sinistre et terriblement éprouvant, surtout avec tous ces barbelés qui nous donnaient froid dans le dos. Les maisons étaient accolées les unes aux autres. Les toits en tôle n’étaient pas directement posés sur les murs. Il y avait un grand espace. Les Palestiniens nous ont raconté que c’était par ces interstices que l’armée d’occupation envoyait les gaz lorsqu’elle cherchait des jeunes manifestants.
Ce qui sautait immédiatement aux yeux, c'est le manque d'espace. Plusieurs d'entre nous se sont posés cette question qui ne nous a jamais quittée lors de la durée de notre séjour: «Mais où dorment donc tous ces enfants? Ont-ils un lieu pour eux, pour jouer, pour bouger, comme tous les enfants de leur âge?»
Ce qui nous a également dérangés: c'est ce silence pesant, étrangement lourd à supporter. Pas un bruit, pas un son de voix. Les gens parlaient tout bas, voire même chuchotaient, y compris les enfants. Connaissant l'exubérance des populations dans les pays arabes, nous nous imaginions sans peine ce qu'ils ont dû endurer pour en arriver là. Nous étions directement confrontés à l'occupation dans toutes ses dimensions au niveau de la vie quotidienne: privation de toute liberté de bouger, d'écouter, de s'informer, de s'instruire, de travailler, de se nourrir correctement, de se reposer.
- Les cautions réclamées aux familles pour libérer les enfants
Lorsque l'armée surprend un enfant jouant dans la rue en plein jour mais alors que le couvre-feu vient d’être décrété, et quel que soit son âge, elle l'arrête et l'embarque. Il est fréquent que l'enfant soit l'objet d'un marchandage entre les autorités militaires et la famille, surtout lorsque l'un des membres de cette famille est recherché. Les parents doivent ainsi payer une caution pour récupérer leur enfant. Caution, bien entendu, exorbitante et pouvant aller jusqu'à 1.500 shekels et plus, soit environ 1.000 Euros.
Nous avons eu connaissance d'enfants de 3 ans arrêtés et gardés pendant plusieurs jours, jusqu'à ce que les parents aient pu trouver la caution exigée.
Il existe des associations venant en aide aux parents victimes de ce chantage, s'occupant surtout de réunir les fonds nécessaires à la libération des enfants retenus en otage.
- Le couvre-feu.
En général, décidé par l'autorité militaire de la ville, c'est l'interdiction de sortir du camp, du quartier, de sa maison, d'ouvrir ses fenêtres, ses volets, en un mot: de rester confiné dans son petit et misérable «chez soi». Cette interdiction peut être totale, 24 heures sur 24. Elle peut durer plusieurs jours ou plusieurs semaines.
L'armée tire avec des balles réelles, ou en plastique ou en caoutchouc. Les balles en plastique ou en caoutchouc sont composées de 90 % de métal, seule l'enveloppe (soit 10 %) est en plastique ou en caoutchouc, elles sont également mortelles.
Les maisons exiguës (2 à 3 pièces) sont généralement occupées par une dizaine de membres de chaque famille, et souvent plus lorsque les habitants hébergent les personnes dont la maison vient d’être détruite, ce qui arrive très souvent. Le couvre-feu dans ces conditions est à la limite du supportable.
Pour les femmes, le problème de la nourriture reste le principal problème.
Il n'y a pas de possibilité de stockage par manque de place, par manque de moyens de réfrigération, car bien des camps n'ont pas l'électricité, ou elle est coupée dès l'instauration du couvre-feu. Certaines familles sont carrément dans la misère.
Le couvre-feu implique automatiquement l'impossibilité de se rendre à son travail, ce qui signifie l'absence totale de ressources pendant ces périodes. Les enfants sont également interdits d'école.
De plus, il est impossible de cultiver champs et jardins, de s'occuper des bêtes, de récolter ou de faire la cueillette selon le cycle naturel des saisons. Comme la nature n'attend pas la levée des interdictions, il en résulte souvent un indicible gâchis des légumes et des fruits qui pourrissent sur place, ce qui provoque l’accélération de l'appauvrissement des familles.
De surcroît, le couvre-feu s'accompagne souvent de coupures d'eau. Cette privation entraîne notamment lors des étés torrides, la déshydratation des enfants et des personnes âgées, et cause des pertes dans le bétail et les cultures.
Le manque de structures médicales et hospitalières est particulièrement criant.
- L’intrusion de l’armée d’occupation
Les forces de l'occupation investissent surtout à l'aube les maisons dans les villages ou dans les camps. Elles pénètrent dans le village, au milieu d'un feu nourri et désordonné, en détruisant les affaires et meubles qui s'y trouvent, en bloquant ses occupants dans une des pièces pour pouvoir voler les économies et les objets. Les soldats tirent également en direction des gens et lancent des grenades, ce qui effraie particulièrement les enfants.
- Les coupures de routes
Les bourgades, les villes et les villages sont souvent assiégés ou partiellement occupés de façon variable et semi-aléatoire par les troupes israéliennes. À toutes ces mesures de harcèlement de la population civile, les Israéliens ont ajouté le recours aux représailles ciblées: assassinat de responsables politiques palestiniens, bombardements de maison où habite un responsable recherché.
Autour des villages et hameaux, est organisé un système de destruction de la vie quotidienne. Il s'agit parfois de simples postes de contrôle «volants», parfois de coupures de route par blocs de béton ou d'énormes tas de terre et de cailloux amassés au bulldozer. Les routes étant coupées, la population complètement déboussolée ne sait plus comment s’orienter pour son ravitaillement ou ses besoins quotidiens. Des tranchées d'à peine un mètre de large et de profondeur qui sont creusées en quelques minutes à la pelle mécanique coupent ainsi les routes et isolent les villages.
- Les fermetures d'écoles et d'universités.
Avec le couvre-feu, la fermeture des écoles reste le moyen de répression le plus sensible pour les femmes. Ces fermetures sont, depuis 1948, l'instrument privilégié de la répression collective. Les prétextes invoqués par l'armée sont très nombreux: enfants en train de jouer dehors, laissés sans surveillance, participation des jeunes aux jets de pierres, aux rassemblements, aux enterrements…
Les écoles sont souvent fermées, et servent au besoin de lieux de détention pour les enfants. Les écolier/ières sont souvent poursuivis en voiture par les colons alors qu’ils se rendent à l’école. Des témoins affirment que certains ont été blessés et emmenés dans des hôpitaux.
- La démolition des maisons
Là encore toutes sortes de prétextes sont mis en avant pour appliquer cet excellent moyen de répression exercé sur une famille pour:
- récupérer des personnes recherchées par l'armée.
- punir la famille dont un membre est soupçonné d'avoir participé à un jet de pierres, à l'organisation ou à la participation d'une manifestation (1er mai, 8 mars...)
- lors d'une provocation, après que l'armée a fouillé une maison, saccager tout sur son passage.
L'armée arrive avec des bulldozers, et procède à la démolition de la maison, mais aussi des maisons mitoyennes, car les vibrations se répercutent sur les autres murs, et les destructeurs ne se préoccupent guère de sauvegarder les alentours.
En outre le gouvernement occupant interdit de reconstruire toute maison détruite ou bien d’en bâtir une autre ailleurs. Il ne reste plus d'autre alternative que d'aller se réfugier chez des amis, la famille, ou de rester sous une tente. Ces démolitions touchent non seulement le cercle de famille proche, mais aussi les oncles, tantes, cousins. Comme les familles sont nombreuses, et les prétextes faciles à trouver, les camps et les villages sont jonchés de tas de pierres chaque jour plus nombreux.
Les Palestiniens, entassés et soumis à un étouffement par manque d'espace, font les frais d'une humiliation supplémentaire qui vient s'ajouter à toute «la palette» répressive mise en place par les autorités sionistes.
- Les maisons murées
Une activité assez banale de l'armée d'occupation consiste à murer, soit totalement, soit partiellement des maisons. Les militaires élèvent des murs de parpaings, barrant l'accès à une chambre, ou à une partie de la maison, ou à la totalité de celle-ci. Dix personnes doivent ainsi dormir dans une même pièce, alors que les deux autres, murées, sont vides. Un sommet de perversion organisée!!!
- Les paysans ne peuvent cueillir les olives
Le paysan est devenu la cible de l’agression des colons, la victime des murs de contournement, des check-points et des soldats de l'occupation. Plusieurs villageois de la région de Qalqylia s'attendent tous les matins soit au martyre, soit aux coups et blessures de la part de l'armée sioniste, qui les attend et les pourchasse comme s'ils étaient des criminels ou des étrangers sur cette terre. Les propriétaires des terrains situés près des colonies sont empêchés par les colons de cueillir leurs olives.
Selon les statistiques du ministère palestinien de l'Agriculture, plus de 6.600 dunums (unité de mesure de surface de terrain) de la région est de Qalqylia ont été séparés de leurs propriétaires par le Mur en cours d’édification pour étouffer complètement les «Territoires» et autres procédés d'annexion.
Le PARC (Palestinien Agriculture Relief Committee) élargit des dizaines de sentiers afin de permettre aux voitures de circuler (travail de fourmi à renouveler chaque jour) pendant que les campagnes sont parcourues par d'énormes camions porteurs de bulldozers et d'excavatrices, qui détruisent ces sentiers. Des colons en armes protègent ces convois spéciaux de sociétés privées.
Tout cela s’ajoute à l’arrachage et au déracinement des arbres, développé ci-dessus.
Conclusion: L'imagination destructrice des Israéliens est sans limites.
LES PALESTINIENS SONT LES PLUS VIEUX PRISONNIERS DU MONDE
À ce jour, douze mille prisonniers, otages de l’occupant, croupissent dans les prisons sionistes, dont de nombreuses femmes et beaucoup d'enfants.
Depuis la guerre de 1967 et l'occupation de toute la Cisjordanie, partie orientale arabe de Jérusalem incluse, près de 700.000 Palestiniens ont été détenus au moins une fois: 20% de la population. Sachant que l'immense majorité d'entre eux appartient au genre masculin, ce sont près de 40% des hommes de Palestine qui ont connu le béton des cachots israéliens. Les statistiques de 2006 révèlent que la moyenne mensuelle varie de 369 à 573 arrestations, dont 19 à 80 enfants et adolescents. Les vingt-trois prisons de haute sécurité en Israël ne désemplissent pas. Souvent les détenus sont installés dans des tentes, faute de place. Quand certains sont libérés, le plein est de nouveau fait rapidement, de manière à toujours disposer d'un volant de «libérables, une sorte de monnaie d'échange», indique un médecin incarcéré à sept reprises pour des périodes allant jusqu'à neuf mois. Sur les 11.050 personnes actuellement détenues, 1.829 le sont dans des camps militaires. Quelque 386 sont des mineurs et 83 des femmes, 5.904 ont été condamnés dont 636 à perpétuité et 472 à plus de vingt ans! Cinq détenus ont plus de 65 ans, deux plus de 70 ans et vingt-cinq ont moins de 16 ans! Et nous ne parlerons pas des humiliations, des mauvais traitements, des tortures, de l’isolement, des détentions sans jugement, du chantage exercé par rapport aux menaces pesant sur la famille et les proches.
Naturellement, toutes ces incarcérations coûtent cher. L'une des ressources de financement du système est constituée par les amendes infligées aux prisonniers et leurs familles. En 2005, le système a ainsi encaissé 14,3 millions de shekels (2,7 millions d'euros). Pour les familles très pauvres, c'est un poids considérable, de l'ordre de 200 dollars par mois, selon Jehan Jarrar, de l'association «Addamer» (la Conscience). Les familles sont non seulement privées des leurs, mais comble de la cruauté, elles sont obligées de payer pour leur incarcération.
Les prisons foisonnent dans les Territoires occupés. Toutes les administrations civiles et souvent les écoles sont transformées en prisons. Les mesures de détentions administratives sans jugement introduites en Palestine en 1945 par les lois d'urgence à l'époque du mandat britannique, et maintenues par l'Etat d'Israël, ont été étendues en 1970 aux Territoires occupés, et sont toujours en vigueur. Ces textes autorisent le gouvernement de la région militaire à placer sous détention toute personne s'il estime que les raisons de sécurité l'exigent et ce pour une durée pouvant aller jusqu'à 6 mois renouvelables sans limite.
Lors de leur arrestation, les détenus ne sont jamais informés des raisons de leur détention. Ils ignorent dans quelle prison on les emmène. Leur famille reste également dans l'ignorance, donc dans l'impossibilité de contacter un avocat. D'ailleurs aucune visite d’avocat n'est autorisée en début de détention.
Les conditions de détention sont très dures. Les prisonniers subissent fréquemment des tortures physiques, morales et sexuelles, au cours d'interrogatoires interminables destinés à les briser.
Ils ne sont pas pourvus de vêtements chauds en hiver, la nourriture est insuffisante, le manque d'eau, de douches et de savons est évident. Tel est le régime banal des prisonniers à Ansar 3, surnommée «La mort lente». Les détenus manquent également de soins médicaux, même s'ils sont blessés, malades ou victimes de tortures.
Les femmes subissent des peines de prisons très lourdes. Elles sont torturées comme les hommes. Les violences sexuelles sont monnaie courante. Elles restent sans nouvelles de leurs enfants, ou pire reçoivent de fausses nouvelles pour les briser.
L’UTILISATION DES GAZ CHIMIQUES
Lorsque nous avions visité un autre camp que l’armée venait de quitter nous avons senti une forte odeur de gaz. Et quels gaz? Trois jours après le dernier exploit de ces sinistres militaires, l'odeur était toujours présente dans les maisons que nous avons visitées.
Nous avions appris, en discutant avec plusieurs personnes, que les nourrissons ou les personnes âgées mouraient par inhalation de ces gaz et que les femmes enceintes avortaient spontanément. Comme nous savions que l'Etat d'Israël était un véritable expert dans la fabrication d'armes chimiques, la solution semblait toute trouvée: Israël testait des gaz chimiques sur la population palestinienne en toute impunité.
Nous savons aussi que l'armée israélienne utilise ponctuellement des gaz qui auraient des effets sur le système nerveux pour les personnes qui les inhalent. Accusation sur laquelle s'était fondé un journaliste de France culture pour mener une enquête dans la Bande de Gaza. Nous avions déjà, lors d'un voyage en Palestine été confrontés à ce genre de gaz qui pue comme des œufs pourris et est d'une couleur jaunâtre très bizarre. Ce ne sont certainement pas des gaz lacrymogènes. Les femmes nous disaient que ce gaz faisait avorter les femmes enceintes et était responsable de l'asphyxie des personnes âgées ou de ceux qui avaient des problèmes respiratoires.
L’ASSASSINAT CIBLE DES DIRIGEANTS PALESTINIENS
Israël est devenu le champion de l’assassinat ciblé des dirigeants palestiniens, y compris lorsqu’ils sont infirmes comme Cheikh Yassine, soit par des missiles envoyés dans leur bureau, soit en les massacrant dans leur voiture ou dans la rue. Cela s’ajoute à tant d’es élus du peuple qui sont régulièrement enlevés et jetés en prison. Après le chef historique du Hamas cheikh Yassine, son successeur Rantisi a connu le même sort, le 17 avril 2004, moins d’un mois après l’assassinat de Cheikh Yassine, le 22 mars 2004. Et maintenant, la presse israélienne appelle ouvertement à l’assassinat du premier ministre palestinien Haniyeh, élu démocratiquement par toute la population des «Territoires».
LE MUR DE L’APARTHEID
Et pendant ce temps, la construction du Mur de la honte avance au vu et au su du monde entier, la colonisation de la Cisjordanie se poursuit, les check points prolifèrent et ... le bourreau sioniste continue impunément à jouer les victimes, à traiter d’antisémites tous ceux qui dénoncent ce génocide du XXIème siècle, avec la complicité active de la «Communauté internationale», en premier lieu USA et Union européenne.
Ce mur qui isole la Cisjordanie de sa capitale Jérusalem, qui empêche un développement harmonieux en étouffant l’agriculture et en torturant moralement les populations colonisées, ressemble étrangement au «Mur de Berlin» qui a cassé l’Europe en deux pendant toute la durée de la guerre froide. Mais il est encore plus infranchissable, et empêche les Palestiniens de communiquer entre eux, alors que Berlin-Ouest était en permanence reliée à la RFA!
HEBRON/KHALIL SYMBOLE DE L’APARTHEID
Les terrasses des immeubles israéliens construits au cœur du souk sont occupées par des miradors protégés par des sacs de sable et renforçant le dispositif dit «de protection», déjà impressionnant, par les grillages et fils de fer barbelés qui entourent la colonie «…».
Pour se protéger des bouteilles d'alcool, des jets de pierres, des ordures, des papiers balancés sur eux à longueur de journée, les habitants palestiniens ont dû tendre à l'horizontale des filets de protection, dans les rues où les maisons des colons jouxtent le marché.
Mais c'est plus loin, là où de gros blocs de pierre obstruent la rue, que passe la vraie frontière, celle marquant l'entrée d’Hébron, sous contrôle palestinien. Au croisement d'une autre rue, séparant le quartier colon de l'ancien marché aux légumes, un groupe de jeunes colons joue au ballon pendant qu'une de leurs fillettes lance des pierres vers un petit groupe de femmes palestiniennes qui traversent.
Nos amis palestiniens n'arrivent plus à supporter cette vie faite de bombardements et de couvre-feux. D'ailleurs tous ceux qui les rencontrent sont en admiration devant leur patience. Les enfants ne dorment plus et font des cauchemars. Pour ceux qui ont encore un travail et qui font chaque jour le trajet Hébron-Jérusalem, se déplacer est devenu un véritable calvaire.
Hébron est un brutal condensé de ce qui se passe ailleurs dans les Territoires occupés. Quelques cinq cents colons vivent au cœur d'une ville peuplée de cent vingt mille Palestiniens, sous la haute protection de l'armée israélienne, à proximité du Caveau des Patriarches, lieu saint pour les Juifs et les Musulmans. Des soldats israéliens en barrent l'accès en permanence, alors qu’ils ont tranquillement laissé assassiner par le sinistre Barud Goldstein 29 Palestiniens qui priaient dans la mosquée. Hébron est la seule grande ville de Cisjordanie occupée en 1967 où l'armée israélienne est toujours présente. Elle est la seule - si l'on exclut Jérusalem-Est - au cœur de laquelle sont installés des colons fanatiques.
Les habitants de la zone H2, zone où vivent les Palestiniens, sont sous couvre-feu quasi permanent. Les colons, eux, en sont dispensés!
Les voitures palestiniennes, dont les ambulances, ne peuvent circuler dans la zone H2. Les Palestiniens malades ou blessés, doivent être portés à bout de bras vers la zone (H1) contrôlée par l'Autorité palestinienne, pour être évacués en ambulance. Une jeune femme atteinte de crise aiguë d'appendicite a été transportée dans une benne à ordures, les soldats israéliens empêchant tout véhicule d'entrer dans la zone.
LA JUDAÏSAION PROGRAMMEE D’AL-QODS/JERUSALEM
En annexant la ville d’Al-Qods (Jérusalem), en juin 1967, les mesures de colonisation et de destruction qui ont suivi l’occupation de la partie orientale d’Al-Qods furent nombreuses et continuent toujours. Un ensemble d’actes illégaux, visant à réduire la population palestinienne, à favoriser l’implantation des colonies juives à l’intérieur même des quartiers arabes, à réduire la fréquentation des lieux saints palestiniens, chrétiens ou musulmans, à étouffer l’économie palestinienne, à contrecarrer les efforts palestiniens pour l’éducation, la santé et le développement humain d’une manière générale, furent instaurés. Leurs maisons sont régulièrement détruites, des Palestiniens originaires de la ville sont refoulés et leurs papiers d’identité confisqués sous les prétextes les plus divers. Des lieux publics comme les bibliothèques sont transformés en casernes. Les marchés de la ville sont envahis par les produits israéliens, les terres et les propriétés palestiniennes sont volées par des moyens mafieux et détournés. Les centres sociaux et éducatifs sont fermés et saccagés.
L’annexion de la partie orientale de Jérusalem a permis aux autorités de l’occupation de morceler encore une fois le peuple palestinien au niveau de son rattachement administratif. Pour l’Etat sioniste, les Palestiniens de l’Est de Jérusalem ont un statut différent de celui des Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais aussi de celui des territoires occupés en 48, y compris la partie occidentale de Jérusalem. Ce statut administratif différent leur a servi pour réprimer tous ceux qui ont participé aux élections législatives de l’Autorité palestinienne et pour nier le caractère palestinien et arabe de la ville.
LES REFUGIES PALESTINIENS ET LE DROIT AU RETOUR
La résolution 194 adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 11 décembre 1948 spécifie dans son paragraphe 11 : «Il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins; des indemnités doivent être payées au titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers ou pour tout bien perdu et endommagé».
Cette résolution pourtant acceptée par Israël pour pouvoir accéder à l'ONU n'a jamais été appliquée. Encore aujourd'hui, après 55 ans d'errances des réfugiés et plusieurs guerres subies, l'Etat juif refuse toujours d'en discuter.
Actuellement, selon l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) organisation crée en 1949, le nombre de réfugiés Palestiniens et leurs descendants est de l'ordre de trois millions et demi de personnes dont 30% vivent dans des camps. Le sort de ces réfugiés constitue depuis plus d'un demi-siècle le plus grand problème humanitaire jamais résolu, la honte des Nations Unies et de la Communauté internationale et surtout un problème de sécurité majeure, ayant eu des répercussions régionales énormes et jouant un rôle central pour la paix dans le Moyen-Orient. Ce problème s'est encore accentué depuis la colonisation de l'Irak, vu que les Palestiniens qui s'étaient intégrés dans la population irakienne ont été ramenés dans des camps et y vivent dans le plus complet dénuement.
LE DROIT AU REOUR DES DEPORTES TOUJOURS DENIE
Le peuple palestinien devrait, comme tous les peuples du monde, profiter du droit au retour, comme l'affirme la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, dans son article 13: «Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays». Ce droit a été confirmé par les Conventions de Genève de 1949, relatives à la protection des populations en temps de guerre, garantissant le rapatriement des victimes, ainsi que par la Commission des droits de l'homme de l'ONU, dans sa résolution 188 affirmant que nul ne peut être privé de sa nationalité.
La dépossession de la terre et l'exil des réfugiés palestiniens, ceux de la guerre de 1948 ou de celle de 1967, reste encore aujourd'hui au cœur de la question de la paix du Moyen-Orient.
- Les réfugiés de 1948
Au moment de la création de l'Etat d'Israël, le 14 mai 1948, près de 400 villages ancestraux palestiniens furent détruits et plus de 800.000 Palestiniens ont été contraints à l'exil, fuyant vers la Cisjordanie, la bande de Gaza ou les pays arabes limitrophes. Cette catastrophe (La Nakba) s'accompagna de la spoliation des terres. Cela fait maintenant 59 ans qu'ils attendent le retour, vivant toujours dans des camps et gardant précieusement attachée autour du cou la clef de leur maison, ainsi que dans de vieilles malles, les titres jaunis de propriété de l'habitation dont ils ont été expulsés.
D'après de nombreuses études, dont celle d'Elias Sambar (Les Palestiniens dans le siècle, 1994), à ce moment là, après les raids israéliens, il ne restait plus que 150. 000 habitants sur une population initiale qui comptait 1.400.000 Palestiniens.
- Les réfugiés de 1967
Moins de vingt ans plus tard, le drame s'est reproduit presque de façon similaire. En quelques jours 100 000 réfugiés de 48, ainsi que 200 000 Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza conquises par Israël, trouvent refuge dans les pays arabes. L'Etat juif met en place un grand nombre de règlements militaires interdisant le retour et lui permettant de récupérer de nouvelles terres à coloniser.
- Les lieux d’accueil
Les Palestiniens, au moment de leur exode, se sont dirigés vers les localités les plus proches de leurs villages d'origine, ou vers les endroits où ils avaient des connaissances et des parents.
C'est la Jordanie qui a vu arriver le plus grand nombre de ces réfugiés. Près de 500.000 au moment de la Nakba. La Syrie et le Liban en accueillirent chacun environ 100.000. L'Irak, environ 5.000.
Ces Palestiniens sont souvent issus des mêmes villages et ont gardé tout au long de l'exil la mémoire de leurs maisons, de leurs champs, qu'ils ont transmis à travers les générations. Les femmes ont continué à broder sur les robes traditionnelles le symbole des lieux détruits.
Au Liban, environ 400.000 réfugiés, dont une grande partie dans les camps, attendent eux aussi de pouvoir rentrer chez eux. La Syrie en héberge autant dans une dizaine de camps. Il faudra bien trouver une solution pour leur retour.
L’illogisme serait de croire que ces pays puissent continuer à supporter le drame des Réfugiés palestiniens orchestré par un Etat qui veut uniquement rester juif et refuse de ce fait que ces pauvres gens puissent réintégrer leurs maisons.
Les réfugiés palestiniens doivent retourner à l’endroit d’où ils ont été chassés!
Israël s'est doté de beaucoup de lois pour empêcher le retour des Palestiniens et pour rendre définitive leur expropriation. La loi sur le retour datant de 1950 permet à tout juif d'acquérir automatiquement la nationalité israélienne, alors qu'un Palestinien ne peut même pas fouler la terre de ses ancêtres. Une loi sur la propriété des absents permet à Israël de prendre la propriété ou la terre de tout Palestinien absent (souvent réfugié et interdit de retour).
Le désarmement atomique d'Israël devient urgent
N'oublions pas qu'Israël possède des armes de destruction massive qui prennent en otage tous les peuples de la région. L'armement israélien a été dénoncé dès 1986 par l'ingénieur israélien Mordechai Vanunu, dans le Sunday Times des 5 et 12 octobre 1986. Il a croupi en prison et au secret durant dix-huit ans et, libéré, il est toujours en résidence surveillée. (Il vient d’ailleurs d’être à nouveau emprisonné pour 6 mois, sous prétexte qu’il a répondu à des questions de journalistes étrangers). C'est dans le complexe nucléaire de Dimona, selon, Vanunu, planqué dans le désert du Neguev, ayant plusieurs étages souterrains, qu'Israël a produit une centaine d'ogives nucléaires. Depuis, le nombre de ces ogives a de toute évidence triplé. Personne, ni dans la région, ni parmi les « pays qui veulent donner des leçons au peuple iranien et à son président, après avoir programmé la destruction de l’Irak », ne s'en est inquiété. Le silence officiel, la protection des autres puissances nucléaires, de l’AIEA, de l’ONU, de toutes les Instances Officielles Internationales, le black out est total. Le barrage des informations reste à ce jour total et consensuel. L'usine est cachée dans le désert et produit des ogives nucléaires depuis 1966. Entre-temps, elle a certainement, d'après certains articles échappés dans une certaine presse israélienne ou US, fabriqué des armes thermonucléaires d'une capacité suffisante pour détruire des villes entières et empêche de ce fait un développement harmonieux et durable du Moyen-Orient.
Juillet 2007
3. ARMEMENT NUCLEAIRE
ISRAELIEN OU IRANIEN?
Nous entendons actuellement des protestations organisées par Israël et répercutées par l’ensemble de la communauté internationale menaçant l'Iran et exigeant l'arrêt de la fabrication d'une bombe virtuelle tout en s'abstenant volontairement d’exiger le désarmement de Israël.
Les États-Unis sont en train de nous jouer la même chanson qu’au moment où ils ont envahi l’Irak qui n’avait pas d’armes de destruction massive. Ce mensonge éhonté a définitivement dénigré Georges W. Bush, nous espérons que Barack Obama ne nous fera pas le même cinéma. Les États-Unis et l’Europe semblent furieux. Nous ne comprenons pas : l’Iran n’a encore rien fabriqué et nous ne sommes même pas sûrs qu’ils soient capables de fabriquer cette fameuse bombe qui fait tant baver les maîtres atomiques et leurs petits protégés. D’ailleurs l’Iran a toujours démenti le fait de vouloir la bombe. L’ayatollah Khomeiny avait d’ailleurs condamné les armes nucléaires. Ceux qui veulent avoir leur chasse gardée, les cinq membres du Conseil de Sécurité de l’ONU (USA, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France), qui sont également les cinq puissances nucléaires, laissant traîner leurs saloperies sur toute la planète ne devraient avoir de leçons à donner à quiconque. Leur petit favori, Israël a la bombe depuis les années 1966, fabriquée dans le réacteur de Dimona, l’usine d’extradition d’uranium. L’industriel français Dassault a construit les missiles Jéricho qui permettent de «porter» les ogives nucléaires à l’intérieur des territoires ennemis.
Le physicien nucléaire Mordechai Vanunu, toujours en résidence surveillée, était employé en qualité de technicien dans la station nucléaire de Dimona. Il a été le premier, en 1986, à attirer l'attention du monde entier sur le programme nucléaire israélien, ce qui a valu à ce juif converti au christianisme d'être kidnappé par le Mossad à l'issue d'une traque rocambolesque, et d'être incarcéré pour trahison et espionnage pendant 18 ans.
Le monde entier, amnésique, a oublié ou fait semblant d’oublier les bombes atomiques israéliennes et a abandonné Vanunu qui a rendu un sacré service à l’humanité!
Pourtant nous savons tous, qu’Israël est une puissance nucléaire redoutable, disposant en toute impunité d'un arsenal d'armes de destruction massive impressionnant et non déclaré, terrorisant de ce fait toutes les populations alentour. Cet Etat n’a jamais signé le TNP (traité de non-prolifération) signé en 1976 et ratifié par 188 pays. L’AIEA (l’Agence Internationale de l’énergie atomique, fondée en 1957 et qui dépend de l’ONU), non plus que les autres grandes puissances nucléaires, n’a jamais exercé de pression visible contre l’Etat juif.
Avant de vouloir donner des leçons à l’Iran, il convient de dénoncer l'armement illégal et secret, non déclaré à l’AIEA dont Israël dispose, et qui constitue un danger pour ses voisins au Moyen-Orient. Même les partisans du sionisme devraient reconnaître que le fait de détenir de telles armes constitue un danger pour la région, pour le continent asiatique et plus largement pour toute la planète. On sait aujourd'hui qu'Israël dispose de 200 à 500 têtes thermonucléaires et de systèmes sophistiqués de lancement approprié. Israël est aujourd'hui la cinquième puissance nucléaire mondiale, devant la Grande-Bretagne. Les armes nucléaires israéliennes sont parmi les plus sophistiquées au monde. Elles incluent les bombes à neutrons, faites pour tuer sélectivement les personnes en laissant intacts les immeubles environnants, des missiles balistiques, des mines terrestres et des charges d'artillerie de portée de 60 kilomètres, sans compter des avions porteurs capables d'atteindre Moscou. Les bombes sont de tous types. En juin 2000, Israël avait d'ailleurs lancé un missile à 1500 kilomètres, à partir d'un sous-marin. Ils possèdent aujourd'hui 3 de ces sous-marins, qui transportent chacun 4 missiles semblables, à tête nucléaire. Dedi Zucker, un opposant de gauche à la Knesset, a dénoncé ces armes dans ces termes: «Moralement, sur la base de notre histoire, de nos traditions et de notre expérience, de telles armes sont des monstruosités qui doivent être bannies». Nous disposons d’un moyen afin de faire pression sur l’Iran pour que ce pays hésite à fabriquer cette arme diabolique: exigeons d’Israël le désarmement et le démantèlement de toutes les installations atomiques et autres armes de destruction massive afin que les populations concernées puissent construire un Moyen-Orient dénucléarisé de sorte qu'aucun pays ne puisse prendre en otage les peuples de la région.
Nous savons également qu'Israël dispose d'autres armes de destruction massive dont les armes chimiques, comme les bombes à phosphore blanc ou à uranium appauvri, qu'il a utilisé contre les Palestiniens de Gaza, sans compter tous les gaz destructeurs que Tsahal utilise périodiquement pour mater les révoltes dans les camps.
Paris, janvier 2009
4. POUR UN SEUL ETAT
DEMOCRATIQUE ET PLURIEL
ENTRE LA MÉDITERRANÉE
ET LE JOURDAIN
Un seul État démocratique pour tous ceux qui aiment cette terre et veulent la construire ensemble, contre la proposition irréalisable et mensongère de deux États séparés, l'un dominant l'autre, l'un occidentalisé et financé comme tel et l'autre, riquiqui, intégré dans un monde arabe divisé, voilà une proposition réaliste, juste et humaine. Nous pouvons en justifier d’ores et déjà bien des points.
* Un seul État pour tous les habitants,
de la Méditerranée au Jourdain
Il me semble, qu'après quatre guerre, deux Intifada, des milliers de massacres, des centaines de milliers de déportations, des milliers de maisons et de champs détruits, des dizaines de milliers de prisonniers dans les geôles israéliennes, des millions de réfugiés, plusieurs négociations - manipulations baptisées faussement «conférences pour la paix», il n'y a plus d'illusions à se faire… tout a lamentablement échoué. L'État palestinien, si souvent évoqué et prôné par tous ceux qui veulent faire perdurer la séparation ethnique sur cette terre, se fait toujours attendre. La résistance continue toujours et plus forte que jamais et le peuple palestinien se relève à chaque fois que quelques âmes bien pensantes veulent lui faire baisser la tête en lui faisant miroiter une petite parcelle de terre. Ce peuple qui n'a jamais baissé les bras a fait la fierté de toutes les causes et de tous les mouvements de résistance sur cette planète. Il sait bien que sa cause est juste et qu'il finira bien par regagner sa terre.
En cette année 2009, après la barbarie de l'armée israélienne contre la petite population démunie et affamée de Gaza, nous savons tous qu'il ne se présente d'autre solution en Palestine occupée, que celle d'un État unique pour tous les habitants, pluriel, multiethnique, multiculturel et démocratique avec des droits et des devoirs partagé par tous quelle que soit leur religion, leur appartenance idéologique, ethnique ou politique.
* La Proposition malhonnête de deux États séparés
- L’un, Israël, détiendrait 82% des terres en continu, maintiendrait les colonies de peuplement, les routes de contournement des villages, le mur de la honte, soutenu financièrement par tout l'Occident, et continuerait à posséder en grande quantité des armes de destruction massive prenant en otage tous les peuples de la région.
- L'autre, le Palestinien, avec 22% du territoire (moins le mur, les colonies et les routes de contournement, ce qui l'amène à 18%), désarmé, morcelé, parcellisé, sans aucun débouché vers l'extérieur, désarmé et asservi par son voisin.... ne semble pas viable.
Nous n'avons pas soutenu les accords d'Oslo ni aucun des suivants, car nous sommes restés fidèles aux propositions de la charte de l'OLP: «Un État laïc et démocratique sur toute la terre de Palestine». Pour nous, cette charte n'a jamais été jugée caduque et reste toujours d'actualité. Seule la question de la laïcité pourrait être remise en cause, car le Hamas, parti religieux, a été élu démocratiquement, et seuls les Palestiniens peuvent décider du gouvernement qu’ils souhaitent.
Nous savons que nous ne pourrons jamais renier ce que nous avons toujours défendu jusqu'à aujourd'hui. Nous ne comprendrons jamais, comment certaines associations et organisations se mobilisent pour la multi-culturalité en France et en Europe et exigent la séparation ethnique en Palestine.
* Rappels historiques sur l'origine du conflit
La résolution 181, votée le 29 novembre 1947 par l'Assemblée générale de la toute jeune ONU instaure la partition de la Palestine par :
- 33 votes pour, dont celui des Etats-Unis, de l'Union soviétique et de la France,
- 13 contre
- et 10 abstentions, dont celle du Royaume-Uni.
C'est cette résolution imposée par les grandes puissances de l'époque qui porte la responsabilité de la Nakba (désastre palestinien) et de la majorité des problèmes du Moyen-Orient. Il faut rappeler qu'à cette époque, une grande partie des peuples de la planète, dont les peuples arabes, n'étaient pas souverains et n'avaient donc pas voix au chapitre. Toutes les manœuvres et pressions exercées par les grandes puissances occidentales auront été bonnes pour obtenir la majorité requise des deux tiers. La résolution 181 crée:
- Un État juif sur 56,47% de la Palestine pour 498.000 Juifs.
- Un État arabe sur 43,53% du territoire pour 807.000 Palestiniens et 10.000 juifs, qui n'a jamais existé.
- Un régime de tutelle internationale pour Jérusalem avec 105.000 Palestiniens et 100.000 juifs.
Cette résolution jugée illégale et illégitime a toujours été dénoncée par l'ensemble du monde arabe car:
- le peuple le plus concerné par ce vote, le peuple palestinien, peuple autochtone dans toutes ses composantes, n'a jamais été consulté sur le partage de sa terre ancestrale.
- le monde arabe étant encore largement colonisé et ne pouvant donc s'exprimer officiellement alors qu'il était tout autant concerné par le devenir de cette région, n'a pu prendre part au vote.
- et surtout l'ONU a outrepassé son rôle en créant artificiellement un État sur la terre d'un peuple qui s'y accrochait désespérément et continue encore aujourd'hui à s'y accrocher, avec le même désespoir.
Le mandat britannique a pris fin la 14 mai 1948 et le lendemain, les sionistes ont proclamé unilatéralement l'État d'Israël. En quelques jours les Palestiniens sont devenus minorité au sein d'une entité étrangère, sans changer de lieu, sans avoir été consultés. La fin du mandat colonial britannique annonçait leur aliénation existentielle. Comment auraient-ils pu accepter passivement ce hold-up ? Déjà avant mai 1948, les persécutions anti-palestiniennes, marquées par le massacre de Deir Yassine dans la nuit du 9 au 10 avril où l'Irgoun de Beghin et le groupe Stern de Ytzak Shamir massacrèrent plus de 300 civils qui dormaient paisiblement, entraînant la fuite d'environ 300.000 personnes, sans qu'aucun pays arabe ne proteste.
380 villages furent comme Deir-Yassine rayés définitivement de la carte. Après une tentative de trêve marquée par l'assassinat du médiateur de l'ONU, le Comte Bernadotte, par le groupe Stern, la première guerre Israélo-arabe consacrait la victoire d'Israël, les pays arabes préférant signer des armistices séparés en n'acceptant que des frontières de fait. La défaite arabe a permis à l'État juif de s'agrandir et a redessiné une nouvelle configuration de la Palestine:
- L'État d'Israël avec 12% de Palestiniens restés sur place;
- Une Palestine sous influence égyptienne (la Bande de Gaza)
- Une Palestine annexée à la Transjordanie dans le royaume hachémite de Jordanie (la Cisjordanie).
Ces deux morceaux de Palestine deviennent à partir de ce moment «Territoires occupés». La Palestine ancestrale a été atomisée, ses habitants exilés sur leurs propres terres, dotés du statut de réfugiés, assistés par l'UNRWA (organisme d'assistance des Nation Unies pour les réfugiés), parqués dans des camps concentrationnaires à Gaza ou en Cisjordanie qui en accueillent près de 700 000. Depuis lors, on distingue les Palestiniens de l'intérieur ceux des territoires occupés en 48, ceux des territoires occupés en 67 et ceux de l'extérieur (les réfugiés, auxquels on peut ajouter la diaspora disséminée dans le Monde arabe, eu Europe et aux USA ou ailleurs).
Le 11 mai 1949 Israël est admis au sein de l'ONU et est à ce jour, le seul État devenu membre sans avoir eu à déposer une carte de ses frontières. Il contrôle environ80 % de la Palestine et rejette immédiatement l'internationalisation de Jérusalem votée par l'ONU. Dans le même temps, en application de la "loi du retour", les Juifs, n'ayant jamais eu aucune attache avec cette terre, qui s'installent sont automatiquement naturalisés, alors que les «réfugiés» (nouveau nom des Palestiniens) qui y sont nés n'ont pas le droit d'y revenir.
Les Palestiniens n'ont jamais accepté cet état des lieux et ont toujours organisé la résistance à l'occupation avec obstination et détermination par des actions fortes et spectaculaires selon les conjonctures.
Si nous voulons nous engager sur la proposition d'un seul État démocratique sur la terre historique de Palestine, il faut avant tout dire que nous soutenons ceux qui veulent décoloniser toute la Palestine et donc démanteler les structures d'Israël afin de reconstruire ensemble une nouvelle entité. Il faudra aussi nous poser des questions sur le démantèlement des colonies et de ces horribles routes de contournement qui zigzaguent entre les champs, les villages et les maisons palestiniennes. Et ne parlons pas de ce mur barbare, qui nous rappelle, à nous autres Européens, de si sinistres souvenirs et qui doit être détruit comme l'a été celui de Berlin.
* La résistance palestinienne
Cette résistance a toujours existé. Mais elle ne n'apparaissait pas dans nos lucarnes, puisque le
peuple palestinien était nié dans son existence, donc sa résistance ne pouvait qu'être traitée d'inexistante et forcément de terroriste. L'Intifada de 1987, et le soulèvement de l'ensemble de la population, les enfants lanceurs de pierres, les femmes largement engagées dans l'autosuffisance alimentaire, les familles boycottant les produits israéliens, organisant les entraides, les grands-mères et grands pères soutenant l'infrastructure de la résistance ont donné une autre image de ce peuple spolié depuis si longtemps.
Les accords d'Oslo, comme tous ceux qui ont suivi, y compris l'arlésienne de Genève, que nous n'avions pas soutenue, ont été une énième tentative de soumettre la résistance.
L'Intifada Al-Aqsa a été certainement plus organisée et différente des autres résistances. La résistance prend aujourd'hui plusieurs formes. Nous devons la soutenir globalement et dans toutes ses composantes, car elle est juste. Et résister à l'occupant est non seulement un droit mais aussi un devoir.
Nous comprenons fort bien que les attaques-kamikazes ont pu choquer quelques-uns, mais elles ne sont certainement pas plus choquantes que les F16, les missiles envoyés dans les maisons ou l'assassinat de Cheikh Yassine dans sa chaise roulante.
Nous n'avons pas à critiquer la forme de résistance que choisissent les Palestiniens et surtout pas à accepter qu'elle soit traitée de terroriste.
* Les réfugiés palestiniens
Intervenir pour un Etat unique en Palestine, implique forcément d'exiger le droit au retour de tous les réfugiés. La résolution 194 adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 11 décembre 1948 spécifie dans son paragraphe 11: «Il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, que des indemnités doivent être payées au titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers ou pour tout bien perdu et endommagé». Cette résolution pourtant acceptée par Israël pour pouvoir accéder à l'ONU n'a jamais été appliquée. Encore aujourd'hui, après 60 ans d'errances des réfugiés et plusieurs guerres subies par le peuple palestinien, l'État juif refuse toujours d'en discuter.
Actuellement, selon l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) organisation créée en 1949, les réfugiés Palestiniens et leurs descendants sont au nombre, de l'ordre de trois millions et demi de personnes dont 30% vivent dans des camps. Le sort de ces réfugiés constitue depuis plus d'un demi-siècle le plus grand problème humanitaire jamais résolu, la honte des Nations Unies et de la Communauté internationale et surtout un problème de sécurité majeure, ayant eu des répercussions régionales énormes et jouant un rôle central pour la paix dans le Moyen-Orient. Ce problème s'est encore accentué depuis la colonisation de l'Irak, vu que les Palestiniens qui s'étaient intégrés dans la population irakienne ont été ramenés dans des camps et revivent, sous domination US, dans le plus complet dénuement.
* Les prisonniers palestiniens
Nous devons aussi soutenir la campagne lancée par les associations palestiniennes pour la Libération des prisonniers. Selon un rapport (2/2004) de Nadi al-asir al-filistini (Club du prisonnier palestinien), les prisonniers sont dispersés dans 15 prisons israéliennes; parmi ces prisonniers se trouvent beaucoup de femmes et d'enfants. Si certains Palestiniens du Fatah ont été libérés, pour services rendus, par le Président Mahmoud Abbas, d'autres résistants qui n'acceptent pas la reddition ont été emprisonnés, et... les prisons sont toujours pleines.
G.H.S.
DOCUMENTS ANNEXES
0 - Ginette Skandrani et la Palestine
Ce qu’on vient de lire est un petit livret monstrueux, car ce qu’il contient est insupportable à lire. Ce livret décrit un génocide en cours, qui a commencé en 1948, et qui se poursuit depuis à chaque instant.
L’épisode du carnage de Gaza, démarré le 28 décembre 2008, confirme l’illusion tragique des bourreaux israéliens: ils se croient au-dessus des lois, ce sont des gangsters. Ils seront traités comme tels, car les masques tombent, et ils ont du plomb dans l’aile!
Ginette Hess Skandrani, l’auteur de ce livret, a passé la plus grande partie de sa vie à défendre les peuples colonisés, dont le peuple de Palestine. C’est pour elle une affaire de dignité élémentaire. Comment prétendre appartenir au monde civilisé et prétendre n’appliquer les principes du droit qu’à une ethnie dominante dans le monde moderne, celle-là même qui défend la mondialisation dans tous les domaines? Comment prétendre protéger la nature et la planète, et sacrifier un peuple entier, avec son pays, unanimement reconnu comme carrefour des civilisations? Ce crime collectif n’a, pour toute justification, que des sophismes; les maîtres du discours s’appuient sur une force militaire, politique, financière: cela ne remplacera jamais le sentiment élémentaire de la justice. Comment une Alsacienne dont la famille a été ballottée et piétinée par l’histoire, supporterait-elle que le peuple de Palestine fasse l’objet d’un génocide programmé, progressif et obstiné ? Elle a séjourné en Palestine dans les camps à plusieurs reprises jusqu’en 1989, fréquenté des Palestiniens, et a été régulièrement jusqu’à ce jour en relation avec des organisations de ce peuple. Elle n’a jamais renoncé à lutter aux côtés des Palestiniens, et n’a jamais accepté de se compromettre avec leurs bourreaux. C’est ce qu’on lui reproche, et c’est pourquoi on la fait passer pour une antisémite, alors qu’elle est d’origine tzigano-juive; au mépris du bon sens, on la fait passer aussi quasiment pour une nazie, alors que beaucoup de membres de sa double famille lointaine, ont été déportés dans des camps de concentration nazis. En fait Ginette est une résistante à toute politique coloniale depuis toujours. Après avoir été fondatrice des Verts, elle en a été chassée pour antisionisme cohérent. Honte à eux!
Aujourd’hui, Ginette Skandrani ne faiblit pas, malgré son âge et de multiples persécutions, dont en 2007 une agression physique par quatre sbires sionistes à son domicile. C’est le genre de personne rare qui jusqu’au bout restera à faire face à ce qui est l’une des pires monstruosités que la violence humaine ait engendré. Et sa logique d’Européenne consciente de toutes ses responsabilités est imparable. Ces pages sont issues de l’expérience intime de l’auteur. Cette expérience est irremplaçable, et son témoignage devait être transcrit sur le papier, afin d’ouvrir les yeux aux lecteurs. Certains, redoutant d’être assimilés aux bourreaux et de faire l’objet de vengeance, ne voient de solution qu’avec deux «États»: un État fortifié pour les juifs, des bantoustans pour les Palestiniens qu’on ne parvient pas à déraciner ou à massacrer. Généreusement, Ginette milite pour un seul État en Palestine-Israël, où les mêmes règles de droit s’appliqueront à tous les habitants d’une région naturellement délimitée, et qui a une histoire propre. Envahie plusieurs fois, la Palestine a toujours fini par rejeter ou absorber ses agresseurs. Il est temps que les derniers envahisseurs en date retiennent la leçon de l’histoire. Il n’y a pas de mots pour qualifier ce qui se passe en Palestine, hormis peut-être celui d’abomination. Ce document est une tentative, et sans doute l’une des plus sincères et authentiques, pour restituer cette réalité.
Les textes de droit qui décrivent juridiquement ce qu’est un génocide, tels ceux de la Convention de l’ONU de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, et celui de l’article 211-1 du Code Pénal français relatif à la répression du crime de génocide, suivent ce texte et le complètent. C’est à chacun de juger si ces textes de droit s’appliquent bien à ce que l’auteur décrit.
Michel Dakar,
chercheur en droits humains.
1 - Code pénal français, article 211-1:
«Constitue un génocide le fait, en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux, ou d’un groupe déterminé à partir de tout autre critères arbitraires, de commettre ou de faire commettre, à l’encontre de membres de ce groupe, l’un des actes suivants:
atteinte volontaire à la vie;
atteinte grave à l’intégrité physique ou psychique;
soumission à des conditions d’existence de nature à entraîner la destruction totale ou partielle du groupe;
mesures visant à entraver les naissances;
transfert forcé d’enfants.
Le génocide est puni de la réclusion criminelle à perpétuité.»
2 - Convention de l’ONU du 9 décembre 1948, pour la prévention et la répression du crime de génocide (Extraits):
Article II
Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel:
a) Meurtre de membres du groupe;
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale
de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;
e) Transfert forcé d’enfants d’un groupe à un autre.
Article III
Seront punis les actes suivants :
- Le génocide;
- L’entente en vue de commettre le génocide;
- L’incitation directe et publique à commettre le génocide;
- La tentative de génocide;
- La complicité de génocide.
Article IV
Les personnes ayant commis le génocide ou l’un quelconque des autres actes énumérés à l’article III seront punies, qu’elles soient des gouvernants, des fonctionnaires ou des particuliers.
3 - Résolutions de l’ONU (organisation des nations unies) et de l’OUA (organisation de l’Unité Africaine), relatives au sionisme et à l’Etat d’Israël.
La résolution de l’ONU n° 3379 du 10 novembre 1975 assimile le sionisme à «une forme de racisme et de discrimination raciale».
La résolution de l’ONU n° 3151 en 1973 condamne «l'alliance impie entre le fascisme sud-africain et l'impérialisme israélien».
La résolution de l’ONU n° 3324 en 1974 «condamne le renforcement des relations politiques, économiques, militaires et autres» entre Israël et l'Afrique du Sud.
La résolution de l’OUA n° 77 adoptée en 1975 énonce que: «Le régime raciste en Palestine et les régimes racistes au Zimbabwé et en Afrique du sud ont une même origine impérialiste, possèdent les mêmes structures racistes, et sont liés organiquement dans une politique commune d'atteinte délibérée à la dignité et à l'intégrité de la personne humaine»
[Note:
Il est à relever que les régimes sud-africain et rhodésien (Zimbabwé), ont terminé dans les poubelles de l’histoire, et que le régime sud-africain était étroitement soutenu par Israël, qui a réalisé des expériences nucléaires en Afrique du sud.]
4 - Mon message à l'Occident :
Israël doit stopper son agression!
par Ismaïl Haniyeh
15 janvier 2009*
J’écris cet article à destination des lecteurs de l’Ouest, à travers tout leur spectre politique et social, tandis que la machine de guerre israélienne continue de massacrer mon peuple dans la bande de Gaza.
À ce jour, près de 1000 personnes ont été tuées, dont près de la moitié sont des femmes et des enfants. La semaine dernière, le bombardement de l’école de l’UNRWA (Agence de secours et de travaux des Nations Unies) dans le camp de réfugiés de Jabalya a été l’un des plus odieux crimes imaginables, alors que des centaines de civils avaient abandonné leurs foyers et cherché refuge auprès de l’agence internationale avant d’y d’être impitoyablement bombardés et attaqués par Israël. Quarante-six femmes et enfants ont été massacré dans cet attentat odieux, et de nombreuses autres personnes ont été blessées.
Tout le monde sait que le retrait d’Israël de la bande de Gaza en 2005 n’a pas mis fin à son occupation, ni par conséquent à ses obligations internationales en tant que puissance occupante. Il a continué de contrôler et de dominer nos frontières terrestres, maritimes et aériennes.
L’ONU a confirmé que entre 2005 et 2008, l’armée israélienne a tué près de 1250 Palestiniens dans la bande de Gaza, dont 222 enfants.
Pour l’essentiel de cette période, les passages de la frontière sont restés fermés de manière impitoyable, n’étant autorisées à passer que des quantités limitées de nourriture, de fuel industriel, d’alimentation pour les animaux et quelques autres articles de première nécessité.
Malgré tous les efforts pour le dissimiler, les élections de Janvier 2006 qui ont vu victoire du Hamas avec une majorité substantielle sont à l’origine de la guerre criminelle d’Israël contre Gaza. Ce qui s’est ensuite produit, c’est qu’aux côtés d’Israël les États-Unis et l’Union européenne ont uni leurs forces dans une tentative d’annuler la volonté démocratique du peuple palestinien.
Ils ont d’abord tenté d’inverser le résultat en faisant obstacle à la formation d’un gouvernement d’unité nationale, puis en créant un véritable enfer pour le peuple palestinien à travers l’étranglement économique.
Le lamentable échec de toutes ces machinations a finalement conduit à cette guerre odieuse. L’objectif d’Israël est de réduire au silence toutes les voix qui expriment la volonté des Palestiniens, pour ensuite imposer ses propres conditions pour un règlement final en nous privant de notre terre, de notre droit à Jérusalem comme capitale de notre futur État palestinien et en privant les réfugiés du droit de retourner dans leurs foyers.
En fin de compte, l’état de siège imposé sur la bande de Gaza, qui manifestement viole la quatrième Convention de Genève, a interdit la plupart des fournitures médicales de base pour nos hôpitaux. Il a empêché la livraison de carburant et la fourniture d’électricité à notre population. Et en plus de toute cette barbarie, Israël leur a refusé la nourriture et la liberté de mouvement, même pour se faire soigner.
Cela a conduit à la mort qui aurait pu être évitée de centaines de patients et à une hausse sans discontinuer de la malnutrition chez les enfants.
Les Palestiniens sont consternés de voir que les membres de l’Union européenne ne considèrent pas ce siège obscène comme une forme d’agression. Malgré les preuves accablantes, ils affirment sans vergogne que le Hamas est à l’origine de cette catastrophe sur le peuple palestinien car il n’aurait pas renouvelé la trêve.
Pourtant, demandons-nous, Israël a t-il honoré les termes du cessez-le-feu négocié sous médiation de l’Égypte en juin ? Il ne l’a pas fait. L’accord prévoyait une levée du siège et la fin des attaques en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Alors que nous respections totalement nos engagements, les Israéliens ont persisté dans le meurtre de Palestiniens dans la bande de Gaza ainsi qu’en Cisjordanie, au cours de ce qui devint connu sous le nom de l’année de la paix d’Annapolis.
Aucune des atrocités commises à l’encontre de nos écoles, universités, mosquées, ministères et infrastructures civile ne nous dissuadera de vouloir conquérir nos droits nationaux. Sans aucun doute, Israël pourrait démolir toute construction dans la bande de Gaza, mais il ne pourra jamais briser notre détermination et notre ténacité à vouloir vivre dans la dignité sur notre terre.
Certes, si rassembler des civils dans un bâtiment pour ensuite les bombarder ou utiliser des bombes au phosphore et des missiles ne sont pas des crimes de guerre, alors qu’en est-il? Combien d’autres conventions et traités internationaux les sionistes israéliens doivent-ils violer avant qu’il leur faille rendre des comptes ? Il n’y a pas de capitale dans le monde d’aujourd’hui où les gens libres et honnêtes ne sont pas indignés par cette brutale oppression.
Ni la Palestine, ni le monde ne sera le même après ces crimes.
Il n’y a qu’une seule voie à suivre. Notre condition pour un nouveau cessez-le-feu est claire et simple. Israël doit mettre fin à sa guerre criminelle et au massacre de notre peuple, lever totalement et sans condition son siège illégal de la bande de Gaza, ouvrir tous nos passages frontaliers et se retirer complètement de la bande de Gaza.
Après cela, nous considérerons les options futures.
Pour terminer, les Palestiniens sont un peuple qui lutte pour se libérer de l’occupation et pour la création d’un État indépendant avec Jérusalem comme capitale, et pour le retour des réfugiés dans les villages d’où ils ont été expulsés.
Quel qu’en soit le prix, la poursuite des massacres perpétrés par Israël ne brisera ni notre volonté ni notre désir de liberté et d’indépendance.
* Ismaïl Haniyeh est le Premier Ministre palestinien.
Appel publié dans The Independent -
http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/ismail-haniyeh-my-message-to-the-west-ndash-israel-must-stop-the-slaughter-1366726.html [Traduction: Info-Palestine.net,
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5847php]