© : Collectif de la Marche du 22 mai 2005
Association Entre la Plume et l’Enclume
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Collection Manifestes, Paris 2006
Pour les autres titres de la Collection Manifestes, voir:
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Sommaire
AVIS AU LECTEUR
PREMIERE PARTIE
DU REFLEXE AU CRIME ORGANISE
I FACTEURS DECLENCHANTS DE LA NEGROPHOBIE
A) Qu’est-ce qu’un Nègre
B) Qu’est-ce qu’une phobie
C) Visions positives blanches du Nègre
D) Le Noir devient le Maudit
E) Le fantasme du cannibalisme
F) Variantes « scientifiques » dans l’accusation de cannibalisme
G) Contexte actuel de la négrophobie populaire
H) Comme au Moyen Age
I) Les séquelles de l’esclavage transatlantique
J) La négrophobie coloniale théorisée
K) La négrophobie à l’ère de la globalisation
L) Qui a intérêt à répandre la négrophobie
II LES CHAMPS D’APPLICATION DE LA NEGROPHOBIE
A) « Les Nazis de banlieue »
B) L’augmentation des discriminations
C) Les « bavures » policières et l’apartheid dans le logement
D) Le vol des emplois
E) L’étouffement de la réflexion noire
F) La santé et les mœurs
G) La répression institutionnelle d’origine coloniale
H) L’exterminationnisme
III COMMENT COMBATTRE LA NEGROPHOBIE
A) Des raisons de se réjouir
B) Qui sont les pornographes
C) L’utilisation des lois existantes
D) Une présence visible dans les associations antiracistes
E) L’organisation des Noirs entre eux
DEUXIEME PARTIE
TEMOIGNAGE DE Spartakus R ., « Le programme global de Contre Intelligence et ses effets sur la communauté noire africaine du Royaume Uni, dit « COINTELPRO UK »
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Avis au lecteur
Trois incendies criminels successifs, en 2005, en plein cœur de Paris, dans les derniers immeubles habités, en toute légalité, par des familles noires et pauvres ; une championne olympique noire jetée à terre et tabassée par la police, sous prétexte d’infraction au code de la route ; des faits divers inventés de toutes pièces ou montés en épingle pour stigmatiser tous les jeunes ayant un look « black de banlieue » ; des tensions sociales réelles, débouchant sur des violences, des incendies absurdes, des manifestations gigantesques de jeunes contre la précarité de l’emploi et le projet de CPE : tous les facteurs sont désormais réunis en France pour un déchaînement de haines raciales, sur fond d’affrontement entre nantis et « sans », parias et déclassés en nombre croissant. D’une part on terrorise les Noirs, de l’autre on terrorise les Blancs en leur faisant croire que tous les problèmes viennent de l’immigration, et plus précisément de l’immigration noire, la plus misérable, la plus voyante, la plus sauvagement réprimée.
Pourtant, tant dans les relations familiales que dans le monde du travail, comme dans les goûts artistiques, ce sont généralement les réflexes de fraternité au-delà des différences d’origine ou d’aspect qui règlent les problèmes : la négrophobie n’est pas une fatalité, ni même la règle générale ; la solidarité, l’intérêt commun prennent le dessus dans chaque situation où la panique n’est pas aux commandes. Nous considérons que la peur des Noirs est utilisée comme un outil de manipulation mentale au service d’un seul groupe pratiquant ouvertement le communautarisme : celui d’une minorité de gens qui craignent de perdre une position privilégiée et illégitime, et qui revendiquent un statut protégé dans la société, comme s’ils constituaient une race supérieure. C’est cette minorité, à laquelle s’identifient les élites, qui a intérêt à exacerber les tensions sociales, afin de détourner d’elle-même l’indignation populaire. Il ne s’agit pas « des juifs », quoique le CRIF soit l’organe le plus véhément pour attiser les réflexes ethniques, mais de toute une caste politique qui a mis en place le cadre actuellement explosif.
Les représentants d’une communauté parmi les Blancs, se prétendant fondée sur des caractères raciaux, religieux ou idéologiques variables selon les circonstances, mais avec des réflexes corporatistes très forts, se plaignent de persécutions particulières qui viseraient tous « les juifs », alors même que la police, la législation, la justice et les médias protègent systématiquement ses membres. La pratique du 2 poids 2 mesures en leur faveur étant désormais reconnue comme assez générale pour subvertir jusqu’aux principes de laïcité et d’égalité qui fondent la république française, il y a tout lieu de redouter l’activation, par l’action de provocateurs professionnels, de la criminalité négrophobe à une échelle inédite jusqu’à aujourd’hui. C’est même la seule issue pour les nostalgiques de l’époque coloniale et de l’esclavage qui savent que leurs privilèges, à l’échelle nationale et internationale, ne sont plus défendables. Ceux qui défendent l’État d’Israël dans sa volonté de désarmer l’Iran, afin d’être le seul pays disposant de l’arme nucléaire au Proche Orient, veulent aussi en France, que tous soient désarmés : ils traitent tous ceux qui ne se rallient pas à leur camp d’antisémites et de communautaristes, face à la communauté blanche dont ils se veulent les directeurs spirituels, et il est de leur intérêt de les faire s’affronter en combats fratricides, de pousser la France à la guerre civile. Il est à craindre qu’une partie de la population blanche mal lotie, dont le statut peut du jour au lendemain basculer à son tour dans la précarité, se rallie aux réflexes défensifs qui conduisent aux lynchages de Noirs.
C’est parce que nous sommes lucides sur la gravité de la situation actuelle que nous présentons ce dossier sur la négrophobie à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, en 1848 et du vote de la Loi Taubira en 2001, reconnaissant l’esclavage et la déportation transatlantique des Africains comme crime contre l’humanité ; à l’époque, l’abolition de l’esclavage n’a pas effacé le cadre de la suprématie blanche d’un coup de baguette magique. Les élites manœuvrent en ce moment même pour un retour en arrière, pour l’abrogation de la Loi Taubira. Chaque génération a une bataille propre à mener afin de réaliser dans la plénitude l’égalité des droits civiques et des droits humains. Nulle victoire n’est définitive, et à chaque époque, de nouvelles méthodes de défense sont à inventer. Les pages qu’on va lire doivent aider chacun à restaurer l’estime de soi et des autres, afin de reprendre en main dans un accord commun, le destin de notre pays, la France, et au-delà, de tous les pays où vivent et meurent ensemble Noirs et Blancs : l’ennemi n’est ni le Blanc ni le Noir, mais celui qui nourrit leurs rancunes mutuelles, au lieu de satisfaire les revendications justes des plus humiliés, de façon à construire ensemble un projet commun sur des bases loyales. Il s’agit pour nous de supplanter la négrophobie par l’humanisation de la société occidentale. C’est dans la mesure où il reconnaîtra pleinement son humanité noire que l’Occident retrouvera sa vitalité et sa capacité de défense spirituelle face à ceux qui bornent leur horizon stratégique au terrain de la hargne prédatrice.
Ce document est outil de libération mentale car la négrophobie, c’est un ensemble d’injustices que les maîtres du discours occultent, et qui repose sur des mécanismes psychologiques peu conscients mais douloureux. Elle a une histoire, et elle agit parfois comme une force autonome, chargée d’une fureur qui remonte à un passé enfoui dans la dénégation générale. Ce dossier doit permettre à chacun de surmonter ses mauvais réflexes, ceux du ressentiment, de la rage, de la peur ; il doit servir à construire des propositions réfléchies d’actions pour rétablir l’égalité et la justice, dans un cadre respectueux de la liberté de chacun et soutenu par la fraternité.
Nous ne prétendons pas détenir toute la vérité, malgré nos efforts pour la percevoir et la transmettre. Et en aucun cas, nous ne saurions être tenus pour responsables d’agressions ou de destructions, que nos ennemis tenteraient d’imputer aux informations et analyses élaborées dans ces pages. D’avance nous rejetons et dénonçons toute initiative irréfléchie qui, se réclamant de cette lecture, nous apparaîtrait comme une provocation à la haine raciale, qui entraînerait fatalement une riposte amplifiée, et ferait couler inutilement le sang de nos frères noirs, avant qu’ils aient les outils organisationnels leur permettant de résister aux offensives négrophobes qui se préparent.
PREMIERE PARTIE
DU REFLEXE AU CRIME ORGANISE
La négrophobie, les personnes d’aspect noir la rencontrent tous les jours, alors que les autres ne savent même pas, en général, ce que c’est. Tous, Noirs, Blancs, ou simplement Humains, la rejettent avec colère et avec mépris, à partir du moment où elle apparaît comme telle, comme l’expression même de la bassesse. Mais nous constatons que certains cherchent à répandre la négrophobie, de façon à l’utiliser pour consolider leur propre pouvoir. Ce pouvoir est historiquement basé sur le colonialisme et l’impérialisme. Il requiert l’écrasement de la révolte à la périphérie, pour spolier d’autres peuples de leurs richesses, et à l’intérieur, par une cruauté exemplaire sur les plus faibles. Il s’agira ici d’identifier les manifestations de la négrophobie, ses origines et ses objectifs, afin d’unir les forces de toute origine ethnique, nationale, sociale ou confessionnelle contre cette maladie de l’âme ; il ne s’agit pas seulement de mauvais réflexes, somme toute naïfs, qui affecteraient automatiquement les rapports entre gens d’aspect différents : car la négrophobie a toujours été utilisée dans les pays blancs comme moyen de régulation politique des crises sociales et politiques aiguës. Or c’est une pathologie mortelle pour toutes les sociétés, qui donne lieu au crime organisé, et qui touche toutes les sphères de l’existence. La rendre visible, c’est déjà la faire reculer, étendre le règne du bon sens et de la compréhension mutuelle.
I FACTEURS DECLENCHANTS DE LA NEGROPHOBIE
A) Qu’est-ce qu’un Nègre
Un Nègre est une personne rattachée au fleuve Niger. Ce nom signifie doré, brillant comme l’or et le soleil. Il ne comporte aucune dimension humiliante ; comme le nom que se donne chaque peuple, il élève celui qui le porte, en manifestant le lien qui le rattache à son territoire d’origine ; il exalte à la fois la beauté d’un lieu, et la perfection d’hommes qui en sont l’expression. C’est le regard extérieur, celui du prédateur, qui a chargé le terme de mépris. Mais toutes les langues ont du génie ; le français appelle aussi nègre celui qui fait un travail créateur pour d’autres, sans pouvoir revendiquer la part de gloire qui lui revient. En revanche, négrier reste, dans tous les cas de figure et dans toutes langues, un terme désignant l’abjection.
Il est bon de revendiquer l’appellation Nègre, parce qu’elle met mal à l’aise le négrier et ses valets. Le Nègre n’ignore pas qu’il est souvent tout en bas de l’échelle, dans le monde occidental, et il sait tout ce qu’il apporte au monde blanc : mais celui-ci est aveugle ! Dans la couleur noire, le Blanc ne voit que des symboles négatifs, comme s’il était ébloui par sa propre apparence. Or la couleur noire est celle de tout ce qui est profond, de toute source de vie et de lumière.
B) Visions positives blanches du Nègre
Les Grecs ont témoigné de leur besoin de l’Afrique et des Nègres : leur déesse de l’amour s’appelait Aphrodite, celle qui naît en Afrique ; elle naît d’un coquillage, ce qui signifie qu’elle vient d’une eau nourricière, elle est, en quelque sorte, elle même l’eau dont les terriens sont assoiffée. En fait, toutes les cosmogonies, les théories ancestrales sur l’univers, identifient le Sud à la capacité d’amour, tandis que le Nord est le pôle de l’autorité, l’Orient étant l’horizon de la contemplation, et l’Occident celui de l’action. La Grèce ancienne, comme l’Egypte ancienne, comme tous ceux qui s’inspirent des traditions autochtones africaines, offraient des sacrifices et des libations à autant de divinités qu’il y a de mystères admirables dans le monde : c’est le même sens universel du sacré qui s’exprime par là. A partir de la Renaissance, l’Europe se reconnaît dans l’héritage de la Grèce, mais refuse de voir ce que les Grecs doivent à l’Afrique ; certes, on commence à reconnaître que ce sont les savants arabes qui ont traduit et transmis les écrits des Grecs ; mais avec le recul de l’islam, refoulé jusqu’aux rives sud et est de la Méditerranée, c’est toute l’Afrique qui s’est trouvée occultée et niée; pourtant, les textes grecs évoquaient l’Egypte comme la mère des connaissances les plus difficiles, et mentionnaient avec révérence, sans les distinguer très précisément, comme des êtres merveilleux et redoutables, les Egyptiens, les Ethiopiens, les Nubiens ; ils les associaient au Soudan, au pays de l’or, au grand sud noir, immensément riche, mais hors d’atteinte de leur convoitise.
De leur côté, les habitants de la Palestine conservèrent le souvenir de la reine de Saba, qui fut l’épouse bien-aimée du roi Salomon, dans le Cantique des Cantiques, poème érotique et exalté où la reine explique à ses compagnes que le roi l’aime et admire sa beauté sans que sa négritude soit un obstacle : « nigra sum sed formosa ».
Ainsi, l’Européen a toujours eu besoin de la grandeur de l’Africain, même s’il lui est actuellement très difficile de reconnaître sa dette envers lui. Par exemple, l’Europe est remplie de sanctuaires où l’on adore depuis des millénaires des Vierges noires, antérieures dans leur style artistique à l’apparition du christianisme, tandis que tous les musulmans sont tenus de faire le voyage, au moins une fois dans leur vie, jusqu’au sanctuaire qui renferme la Pierre Noire. Le pèlerinage est un acte de renoncement, un effort pour se dégager du poids de ses propriétés et de ses préjugés, pour retrouver sa pureté. Cependant, les gens qui accomplissent ces pèlerinages ne sont nullement conscients de rendre par là un hommage à l’Afrique, et même les savants sont incapables de faire reconnaître l’origine de ces cultes à des pierres noires…
C) Le Noir devient le Maudit
C’est à une époque relativement récente que s’installe dans la conscience blanche l’ignorance assortie de mépris. Un signe du triomphe de la vision négative des Nègres, dans le monde blanc, est la légende de la malédiction des fils de Cham. Cette histoire figure dans la Bible, dans un texte considéré comme canonique à partir du travail d’édition réalisé sous les ordres du roi Josias, à peine quelques 600 ans avant notre ère. Aucune des trois religions « du Livre » n’a jamais pris la peine d’éloigner les fidèles d’une interprétation honteusement raciste de cette histoire. Or on peut y voir une fable subtile qui illustre parfaitement l’aveuglement de tous ceux qui se croient tout-puissants !
En effet, cette histoire raconte que Cham surprit son père Noé dans une situation ridicule, pris de boisson et impudique. Comme tout un chacun, Cham se mit à rire, en voyant l’abaissement de celui qui se considérait lui-même comme un patriarche très digne. Lorsque Noé émergea de sa gueule de bois, ses autres fils allèrent lui raconter que Cham s’était moqué de lui ; alors, ayant été surpris dans sa nudité physique, mais incapable d’assumer la situation, Noé s’énerva, et montra toute sa nudité morale dans des paroles de colère : il maudit la descendance de celui qui avait dit, en quelque sorte, une vérité toute simple : que malgré toute son autorité, il restait tel qu’à sa naissance, tel que l’enfant qui sort du ventre de sa mère, désarmé et nu comme un ver. Nul n’est prophète en son pays, dit aussi le bon sens populaire, et il ne fait jamais bon rabaisser le caquet de ceux qui veulent exercer le pouvoir absolu ! Esope l’Africain a-t-il eu vent de cette légende quand il parcourut la Palestine ? Esope est le premier dont les Grecs ont transcrit les fables, que La Fontaine et bien d’autres ensuite ont repris. Esope était un esclave affranchi, il a parfaitement rempli, grâce à l’humour et à l’observation de la nature, le rôle de Cham le rusé, le médiateur… mais l’histoire fut confisquée par les autres « fils de Noé », Japhet (auquel s’identifièrent les Européens) et Sem (auquel s’identifièrent les Sémites, c’est-à-dire les Arabes et les Juifs), ceux qui étaient prêts à dénoncer leur frère, et qui ne supportaient pas qu’on se moque de l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes.
Et voilà comment les esclavagistes blancs purent impunément, pendant des siècles et des siècles, prétendre avoir des droits sur les Africains, censés avoir été maudits depuis l’origine des temps bibliques. On remarquera que « Cham » peut effectivement renvoyer au pays des « Kémites », l’Egypte au sens large et la « Nigritie » toute entière, mais désigne aussi les habitants de « Canaan », c’est à dire les indigènes de la Palestine, où un petit peuple nomade, les Hébreux, voulut s’installer vers 1200 avant Jésus-Christ, en chassant les paysans qui y étaient installés depuis toujours et qui étaient probablement aussi noirs que leurs voisins du sud… Certains juifs encore maintenant, veulent faire croire que les Palestiniens n’ont aucun droit, par décision divine, et doivent accepter un statut d’esclaves, à la merci du bon plaisir des occupants. On comprend comment les « réfugiés », ces Palestiniens à qui on a tout volé, sont jusqu’à aujourd’hui traités comme des étrangers radicalement inférieurs, des Nègres, dans leur propre pays, par des gens qui ne permettent pas qu’on se moque d’eux et qu’on les démasque pour ce qu’ils sont, des usurpateurs.
Quel est celui qui choisirait d’être maudit par les puissants en colère ? Comme Sem et Japhet, s’il veut garder sa place dans la hiérarchie sociale, il préfèrera recouvrir la nudité de Noé d’un voile pudique, et il ira lui rapporter servilement que Cham a ri de le voir pris de boisson, nu et ridicule sans les oripeaux du pouvoir. C’est pourquoi l’individu servile et fasciné par le pouvoir accepte souvent le rôle de chien de garde, et traite ses frères plus lucides que lui en « fils de Cham », avec haine et jalousie, pour rester le plus proche possible de l’autorité.
D) Qu’est-ce qu’une phobie
Une phobie est une peur maladive, injustifiée, devant une menace d’anéantissement imaginaire. Les enfants sont phobiques : les souris, les araignées, les fantômes, l’obscurité, les endroits trop petits où l’on se sent enfermé, les endroits trop grands où l’on se sent perdu, tout les terrorise. Les adultes savent surmonter les phobies, et montrer aux enfants qu’ils sont bien plus forts que les bestioles ou les dangers qui semblent écrasants. Dans leurs rapports avec les Noirs, les Blancs de bonne foi sont généralement incohérents, et manifestent à la fois une attirance et une répulsion. Le cas typique est celui des Békés, les esclavagistes et leurs descendants aux Antilles, considérant les Africains comme une engeance maléfique… et faisant élever leurs enfants par les « Da », les nourrices noires. Ce qu’ils ont le plus de mal à reconnaître, c’est l’intelligence noire, celle qui, dans tous les contextes, à toutes les époques, trouve les astuces pour contourner les obstacles. Plus grave, dans notre univers où la puissance technologique est devenue le symbole de la domination, la plupart des gens adoptent la myopie blanche !
En fait, les Blancs bloquent surtout sur la question du génie politique noir. C’est là où la peur de la concurrence, de la revanche noire, ou d’être traité « comme un nègre », c’est à dire spolié et constamment menacé de mort, se fait terreur, menace paralysante, et agressivité injustifiée. Au lieu d’identifier leur malaise et de combattre avec les Nègres pour modifier les règles du jeu dans l’intérêt commun, ils cherchent à se rassurer en se disant que l’oppression des Noirs est peut-être un phénomène naturel, contre lequel ils seraient protégés par la couleur blanche. Ils sont donc amenés, même dans le cas de personnes cultivées, à sous-estimer ou à mépriser toute réflexion issue du monde noir. Ainsi, en lieu et place de philosophie africaine, de science de l’âme en accord avec l’esprit, on n’entend jamais parler que de « superstitions », de « pensée primitive », de « pratiques magico-religieuses » ; et pour ce qui est de la politique, on dénie aux Africains la capacité à vivre en paix et en ordre. Le Palestinien-Américain Edward Saïd a fait un travail remarquable pour montrer le fond humiliant et pervers de l’orientalisme, cette pseudo-science occidentale au sujet des peuples non blancs que les Blancs ont longtemps cherché à coloniser symboliquement, par un discours hégémonique. Le rayonnement mondial de l’Afrique pharaonique, ses nettes avancées scientifique, intellectuelle et politique, par rapport aux autres civilisations de la même époque, sont systématiquement occultés. « Les implications lourdes de conséquence d’un tel fait historique dans le destin de ces peuples qui ont intégré la notion qu’ils n’ont jamais rien inventé - qu’ils sont par conséquent incapables d’inventer quoi que ce soit- ne sont jamais débattues » : pour ce qui est du monde noir, malgré les efforts des Africains, le paternalisme réducteur reste la tonalité générale, et il repose sur une accumulation de diffamations qui servent de préalables magiques indispensables à la domination.
E) Le fantasme du cannibalisme
L’anthropophagie a été pratiquée par tous les peuples, y compris les Blancs, les scientifiques en ont réuni les preuves sous toutes les latitudes ; elle est universelle et ressurgit chez les gens les plus normaux lorsqu’ils se trouvent dans des conditions de survie effroyables; les récits d’anthropophagie sont terrifiants pour quiconque, il est normal que ce sujet donne lieu à des phobies tenaces. Or les enfants occidentaux sont habitués dès leurs premières lectures à l’associer aux « sauvages » qui vivent au milieu des lions, des rois de la jungle, symbole de la toute-puissance animale, c’est à dire en fait aux Africains. Rien dans le système éducatif actuel ne permet d’éradiquer cette association scandaleuse, alors même que les Africains sont de plus en plus nombreux à se retrouver mêlés et affectivement proches des autres habitants de l’Occident, et que ce sont les Européens eux-mêmes qui ont organisé la migration massive des Africains hors de leur continent depuis quatre siècles. Et il y a des versions actualisées sur le cannibalisme congénital des Africains ; on entend dire : ils sont incapables de vivre en paix, et ils sont incapables de construire une économie, parce que leurs dirigeants sombrent immédiatement dans la corruption. La corruption est une autre forme du cannibalisme, puisqu’elle crée les conditions du crime et de l’impunité, en abolissant l’éthique qui doit régir les relations humaines. Mais la corruption, les calamités provoquées pour profiter à des minorités, et les massacres absurdes sont des pratiques férocement enracinées dans le monde blanc aussi ! Ce n’est en aucun cas un trait distinctif d’aucun peuple, proche ou lointain.
F) Variantes « scientifiques » dans l’accusation de cannibalisme
Les théories scientifiques changent, mais elles se présentent toujours comme des vérités infaillibles : ce qui ne change jamais, c’est qu’elles servent pour organiser et justifier la domination blanche ! En effet, au XIXème siècle et jusqu’à la fin de la Deuxième guerre mondiale, le racisme s’appuyait entièrement sur la science la plus respectée, la biologie ; c’est la révolte générale des peuples colonisés qui le fit reculer : contrairement à l’attente des « scientifiques », les êtres « inférieurs » gagnaient des batailles politiques, idéologiques et militaires, il était donc temps de trouver autre chose. Maintenant c’est l’histoire qui est considérée comme la science qui peut nous donner les clés de notre identité : comme par hasard, les historiens qu’on porte aux nues sont ceux qui « démontrent » que les Africains étaient encore plus cruels entre eux que les Européens : les seuls «vrais » sauvages, à nouveau…. Et le nouveau virus « scientifique » est difficile à démasquer. En effet, sur la base de travaux universitaires blancs, réputés sérieux, comme si de rien n’était, comme une évidence incontestable, quelques « spécialistes », relayés par les médias et les honneurs officiels, clament sur les toits que les Africains se vendaient les uns les autres comme esclaves le plus naturellement du monde, depuis le Moyen Age ; puis ils s’offrirent à d’autres, aux Arabes d’abord, par millions, puis, par millions aussi, aux Européens (qui les auraient donc simplement transportés avec leur consentement en Amérique à partir du XVIème siècle). Les Israéliens eux-mêmes reconnaissent que certains juifs ont collaboré sciemment avec les nazis, jusque dans les camps de concentration. Doit-on en conclure « scientifiquement » que c’est là une caractéristique de l’histoire juive ? Ce serait crapuleux. Mais dans le cas des Africains, un spécialiste de la Shoah, Michel Wieworka, n’est pas choqué du tout par ce genre de généralisations, et il a fait partie du jury qui encense le dernier ouvrage « scientifique » aboutissant à discréditer toute une race. Deux poids deux mesures, à tous les étages de la culture, on zappe ou on zoome, le négationnisme, c’est-à-dire la contestation de crime contre l’humanité, se porte bien, merci ! Apparemment, certains leaders d’opinion juifs redoutent que l’on approfondisse les recherches sur les liens entre les juifs de jadis et les différents mensonges propagés autour de la traite négrière transatlantique, qui fut l’aboutissement d’une chaîne de crimes et d’abus de la force, comme le fut la conquête de l’Amérique, qui déboucha sur le génocide amérindien ; tant aux États-Unis qu’en France, ils bondissent à l’unisson pour accabler d’insultes tous les Noirs qui s’intéressent à la question, de Louis Farrakhan à Mme Taubira ; Alain Finkelkraut comme Patrick Gaubert ont manifesté leur opposition violente à l’adoption d’un texte portant reconnaissance par l’Europe de la traite négrière et de l’esclavage des Noirs comme crime contre l’humanité. Comme on pouvait s’y attendre, M. Pétré Grenouilleau, le « spécialiste » encensé sur ces questions, s’est empressé d’attaquer benoîtement la Loi Taubira votée en 2001, qui a bien reconnu la traite atlantique et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité ; forcément, ça ne peut être qu’une loi antisémite…
Certaines personnalités semblent vouloir imposer l’idée d’une supériorité morale originelle et définitive de tous les juifs, passés, présents ou à venir, par l’usage de moyens d’intimidation variés. Or pour y parvenir, ils ont besoin de brandir un épouvantail, celui de la férocité noire, et ils attisent la négrophobie, puissant instrument de domination mentale des Blancs comme des Noirs. Heureusement, un proverbe africain dit que « le mensonge peut courir une année, mais la vérité le rattrape en un seul jour »… à condition qu’il y ait la volonté de démasquer les menteurs.
G) Contexte actuel de la négrophobie populaire
Dans les pays où le pouvoir est blanc, la couleur noire saute aux yeux des Blancs comme celle de la minorité et la plus humiliée par l’histoire, la plus bafouée. La négrophobie chez les pauvres, c’est la peur d’être traités comme des nègres. Et la peur est la pire conseillère ; elle fait le lit du crime. Ainsi bien des gens sont prêts à sacrifier leurs frères noirs, au moindre prétexte, pour détourner une menace. Désormais, avec l’afflux d’immigrants noirs, les Européens sont tentés de rejeter en masse, par réflexe de niveau animal, les Noirs. La polarisation de la société en castes selon l’aspect physique, combinée avec les différences de statut social, caractéristique des États-Unis, tend à gagner l’Europe. Les tensions récentes dans les banlieues montrent qu’une révolution spirituelle profonde est nécessaire pour que tous mettent leurs énergies en commun au service du pays qui les abrite et les nourrit, et les traditions africaines ont un rôle déterminant à jouer pour instaurer un ordre harmonieux. Or ceux qui défendent le modèle israélien sont les mêmes qui contribuent par leurs provocations à dresser les communautés entre elles, à élever un mur de la honte et de l’apartheid pour enfermer dans des ghettos les Africains et descendants d’Africains, comme on fait avec les Palestiniens là-bas. Et ça peut très bien marcher ! Quand on assiste à l’enterrement d’un voisin, on ne peut pas s’empêcher de penser : ouf, elle n’est pas passée loin, la faucheuse, je suis mieux là où je suis…, et on détourne vite son regard des prochaines victimes.
H) Comme au Moyen Age
La communauté noire est plus exposée que toute autre parce qu’elle est traditionnellement vue comme plus étrangère que toute autre. Pendant longtemps, les Européens n’ont tout simplement pas côtoyé de Noirs parmi eux. Pendant le Moyen Age, il y a eu un rejet symbolique facilité par cette distance physique de l’Afrique : en effet, le diable est représenté dans la tradition chrétienne avec des cornes, une queue et les pieds fourchus parce que les Africains étaient identifiés aux boucs, aux cabris qu’ils sacrifiaient et dont encore aujourd’hui ils font la peau des tambours. On a ainsi rayé de la conscience les Africains réels, la crainte envers eux s’est construite sur un mode fantasmatique, infantile, comme la peur des dragons, monstres préhistoriques avec lesquels ils sont pratiquement interchangeables, dans la sculpture et la peinture européennes. Lorsque les avancées de l’Islam ont été repoussées dans des batailles légendaires, à partir du IXème siècle, ce rejet s’est mis à jour en Espagne, où abondent les représentations comiques du « Diable » avec des traits noirs, écrasé sous les sabots de saint Jacques le « matamore », c’est à dire le tueur de Maures ; les représentations de saint Michel témoignent de la même fermeture de l’Europe sur elle-même, de la même ignorance de tout ce qu’elle devait déjà à l’Afrique. Le pape avalisa l’aveuglement de l’Europe, et la réduction de l’Africain à un statut infrahumain, en autorisant en 1454 son arrachement au continent africain et sa mise en esclavage, sous prétexte d’évangélisation .
I) Les séquelles de l’esclavage transatlantique
Les choses changent dramatiquement avec l’essor de la traite négrière transatlantique, la déportation massive d’Africains pour les faire travailler comme forçats en Amérique, à partir du XVIème siècle. Parce que les profits étaient fantastiques, des Européens effectuaient des razzias sur les côtes occidentales de l’Afrique, pour rafler de la main d’œuvre, comme ils l’avaient fait longtemps sur les rives de la Méditerranée, sous prétexte d’évangéliser des musulmans, qui eux-mêmes en faisaient autant avec les chrétiens et avec les Noirs. La capture massive ne pouvait se réaliser que par la supériorité des armes et la trahison. Aussi, au départ, ne s’agit-il que d’une activité de forbans sanguinaires, de brigands portugais mis au ban de la société. Mais le caractère scandaleux et criminel de la mise en captivité d’innocents, simplement pour les revendre et en tirer du profit, ne peut pas être caché, lorsque cette activité se développe. Aussi, à partir de la découverte de l’Amérique, le roi d’Espagne interdit à ses sujets de pratiquer cette rapine directement: c’est une activité réservée aux étrangers, à qui on concède une licence d’exploitation pour vendre leur « marchandise » dans les colonies d’Amérique. Les compagnies maritimes françaises furent parmi les premières à s’organiser pour pratiquer la déportation d’Africains et l’esclavage concentrationnaire, mais les Français du temps de Louis XIV, sauf exception, ne se sentaient nullement concernés par le terrible Code Noir qui donnait des pouvoirs exorbitants aux maîtres dans des contrées lointaines : ils souffraient de famines chroniques, des guerres intra-européennes imposées par leur monarque, et n’avaient pas une conscience planétaire.
C’est à partir de l’essor du commerce négrier que les trafiquants eurent besoin d’implanter la négrophobie. C’est à ce moment qu’on active toutes les calomnies à propos de l’Afrique et des Africains, ainsi que le chapitre biblique sur la malédiction de Cham. Les explorateurs rapportaient des récits faisant état de la richesse, de l’ordre et de la culture des royaumes africains. On savait très bien aussi, à l’époque, que le statut de l’esclave dans les sociétés africaines était un statut spécifique et évolutif au sein d’une famille, très différent de celui qu’on lui réservait aux colonies, où il était traité d’emblée comme un criminel. Mais tout cela fut occulté, si bien qu’au bout d’un siècle environ, les scrupules religieux cessèrent de faire obstacle, et les compagnies maritimes spécialisées dans le trafic des Africains se multiplièrent dans toute l’Europe du Nord, dont la France; cette activité gagna en respectabilité, par quatre facteurs combinés :
a) L’enrichissement qui en découlait. Ainsi par exemple, non seulement Nantes, Bordeaux, Le Havre, Rouen, La Rochelle devinrent des villes prospères, en tant que ports d’où partaient les bateaux négriers, mais aussi Orléans, qui avait 100 sucreries, où l’on raffinait le sucre acheté aux Antilles où les Africains déportés le produisaient, et aussi Saint-Etienne, où la fabrique d’armes fournissait les fusils aux chasseurs d’esclaves. L’argent n’a pas d’odeur, et il achète les consciences : la richesse tirée du trafic négrier fut un grave facteur de corruption des élites européennes. Toute l’économie se trouva boostée par l’engrenage triangulaire, le commerce entre trois continents dont le combustible était l’Africain impitoyablement sacrifié.
b) Le viol de la famille. Un crime impuni parmi tant d’autres produisit une pathologie propre à l’Européen des colonies : non seulement on brisait systématiquement les familles esclaves, mais on avait l’habitude de violer les esclaves, ce qui engendrait des enfants naturels, non reconnus par leur père blanc. Le malaise s’aggravait lorsque des enfants légitimes et non reconnus avaient à leur tour des relations sexuelles, et bafouaient de la sorte, souvent sans le savoir, le tabou de l’inceste. Ainsi, les Créoles, les planteurs, multipliaient les crimes, jusque sur leurs propres frères et enfants, sans être le moins du monde poursuivis. Il était vital pour eux d’avilir leurs victimes, physiquement, en multipliant les humiliations et les tortures, et moralement, afin de « justifier » leur propre sauvagerie. Voici comment, à mesure que la déportation d’Africains se faisait massive, leur dénigrement systématique devenait indispensable.
c) La calomnie sur l’Afrique. C’est pour maquiller leur propre image que les négriers de tout poil ont fait en sorte que les intellectuels et les médias de l’époque développent une image repoussante des Africains, et développent le préjugé racial ; dès la capture en Afrique, on avilissait les Africains, et on faisait croire que leurs comportements lorsqu’ils étaient traqués et menacés de mort étaient la conduite naturelle des Africains. Au XVIIIème siècle, période de la splendeur architecturale des villes françaises enrichies par le crime contre l’humanité africaine, certains intellectuels parmi les plus « modernes », ceux qui répandront l’esprit critique au point de déclencher la révolution qui mettra fin à une monarchie millénaire en France, seront aussi les plus sourds au cri des Africains. Voltaire et Montesquieu avaient des capitaux investis dans le trafic négrier, et ils relayaient la diffamation sur les Africains, tout en se posant des questions.
J) La négrophobie coloniale théorisée
Dès le XVIème siècle, l’Afrique avait été considérée comme un simple gisement inépuisable, d’or et de main d’œuvre, et comme un marché commode pour écouler les surplus des manufactures européennes. La conscience européenne ne se réveilla que lorsque la résistance des esclaves sur les plantations mit tout le système en danger. Après la période des luttes pour l’abolition de la traite transatlantique et de l’esclavage en Amérique et dans les Antilles, les négriers se reconvertirent donc dans l’exploitation des Africains chez eux ; le continent était affaibli par la destruction des équilibres traditionnels dus à la chasse et à la déportation de millions de personnes pendant des siècles, des royaumes et des civilisations avaient été détruits. Mais, comme cela se passait à nouveau au loin et que cela rapportait gros, une grande partie des Européens laissa encore une fois sa conscience s’assoupir : en 1885, la conférence de Berlin organisa le partage de l’Afrique entre les puissances européennes. Mais le mensonge continua d’être indispensable à l’édifice de la « révolution industrielle » et de « l’essor du capitalisme » dont l’Occident est si fier ! L’aveuglement touchait donc tous ceux qui ne mettaient pas les pieds en Amérique ou en Afrique, y compris les grands penseurs, comme Hegel, principal responsable, avec son immense prestige, du dénigrement « universellement » admis des Africains en Occident. Selon Hegel, l’Afrique n’a pas d’histoire, ce qui voudrait dire que les Africains n’ont jamais cherché à aller vers le mieux sur leur propre continent. Le grand dictionnaire Larousse, la Bible des familles françaises avides de promotion sociale, développait le racisme « scientifique » contre lequel on ne trouvait pas d’autre argument que celui de la compassion universelle, relevant de la religion, de la croyance considérée depuis la loi de séparation de l’Eglise et de l’État de 1905 comme un pur choix subjectif sans conséquence.
K) La négrophobie à l’ère de la globalisation
Actuellement, nous assistons à une nouvelle modalité du trafic négrier : la racaille spécialisée dans le rançonnement de l’Afrique est responsable de l’apparition de famines, parce qu’on a développé les cultures intensives pour l’exportation, en sacrifiant les cultures vivrières et les équilibres écologiques ancestraux qui permettaient aux Africains de se nourrir ; c’est une pseudo-décolonisation créatrice de frontières artificielles qui suscite des conflits armés, envenimés par les puissances occidentales pour garder le contrôle des matières premières : voilà ce qui provoque la fuite de millions d’habitants, à la recherche de conditions de vie dignes et sûres. Or les mêmes occidentaux refusent le principe même de la réparation des crimes séculaires qui ont conduit à ces catastrophes . Ils mettent en place des réseaux de dictateurs maffieux, relayés au niveau du FMI et de la Banque mondiale, afin de maintenir les structures de la dépendance. Cette situation est explosive, mais pour l’instant, l’Occident se borne, tant que c’est possible, à rejeter les immigrants noirs comme indésirables, et utilise ceux qui parviennent à franchir les barrages pour tous les « sales boulots ». Au niveau symbolique aussi l’Occident prédateur a besoin d’Africains humiliés. En effet, les peuples ne sont plus représentés par leurs institutions nationales, l’État n’est plus contrôlé par les citoyens, malgré les mécanismes régulateurs que toute l’Europe avait mis en en place, au prix du sang, dans le sillage de la Révolution Française, avec l’instauration du suffrage universel et des autres mécanismes de la démocratie. Depuis les années 1970, le processus de dénationalisation des richesses, et d’affaiblissement du politique face à l’économique, les lois qui nous gouvernent ne sont plus celles qui garantissent l’intérêt général des habitants, mais celles qui protègent le capital et les sociétés multinationales. La xénophobie, et particulièrement la négrophobie, doivent absolument prospérer pour que la trahison de la classe politique ne soit pas visible .
Pour endormir, une fois de plus, la conscience des uns et des autres, il faut à nouveau, redoubler de manœuvres corruptrices. La corruption encouragée par l’État libéral atteint même les plus démunis, dont les rêves semblent s’arrêter à la convoitise pour de nouveaux objets de consommation, de plus en plus vite périmés. Mais la plupart des gens n’ont pas les moyens de satisfaire leurs besoins. On excite en eux la convoitise et la jalousie envers ceux qui ont les moyens de consommer plus, mais leurs besoins réels ne sont pas satisfaits : certains ne mangent pas assez, et tous sont empoisonnés par la « malbouffe » ; on envoie tous les enfants à l’école, mais, sauf s’ils appartiennent d’emblée à des familles privilégiées, ils n’en retirent ni l’enseignement de la tradition, qui leur donnerait les instruments pour comprendre, juger et modifier le monde où ils vivent, ni les connaissances leur permettant de vivre honnêtement d’une profession utile à tous. Mais les jeunes incendiaires de la jungle des banlieues ont bien montré, ces derniers temps, par l’image universellement significative du feu destructeur, clarificateur et purificateur, qu’ils ont compris l’immense escroquerie du « mode de vie occidental » : elle repose, entre autres, sur la destruction de l’Afrique et l’étouffement des Africains . Et les voitures ne sont plus dans les cités-ghettos le bien précieux qui faisait rêver, mais un leurre, un instrument et un symbole du flicage généralisé.
L) Qui a intérêt à répandre la négrophobie
Trois incendies meurtriers avaient eu lieu pendant l’été 2005 à Paris. Dans tous les cas, il s’agissait de taudis subsistant malgré la protestation des habitants et de leurs voisins, au milieu de quartiers bourgeois. Dans les trois cas, ils étaient surpeuplés, par des familles nombreuses toutes africaines. Il y a eu de nombreux brûlés vifs et des gens désespérés qui se sont jetés par les fenêtres. La répétition du même schéma suggère que l’on a affaire à une opération organisée pour répandre la terreur et la colère, deux passions qui conduisent à la violence. Même s’il est improbable que l’on parvienne à prouver la responsabilité d’un individu machiavélique qui a pu mettre en œuvre le plan, la responsabilité de la politique du logement de la ville de Paris est incontestable. Certaines autorités veulent casser toute solidarité dépassant les catégories ethniques. Pour cela, il faut que la logique de la compassion soit confinée, qu’elle ne dépasse pas les limites de la communauté africaine et des rares associations qui tentent de protéger les déshérités, et il convient en outre que les jeunes tombent dans toutes sortes de provocations.
Le pouvoir a donc besoin des médias pour donner une image violemment négative de la communauté dont relèvent les gens qui ont de fortes chances de se faire carboniser impunément. A l’époque de la globalisation, on observe la combinaison d’attaques sur le front de la dynamique sociale interne et sur le front des images sur ce qui se passe à l’étranger.
En ce qui concerne les Noirs, des mécanismes ont été mis en marche depuis le début de l’année 2004, afin de produire à un niveau sub-conscient, l’horreur pour la condition nègre, et la haine des Africains. En 2004, Haïti se préparait à commémorer le bicentenaire de son indépendance, chèrement acquise dans les combats contre les esclavagistes et les Français. Le peuple haïtien peut être fier de ses libérateurs, de sa première constitution, de ses intellectuels, et de la force de sa spiritualité. Mais les commémorations n’eurent aucun écho médiatique, le spectacle d’émeutes, suscitées et encouragées par les États-Unis et la France remplissant les écrans, jusqu’à ce qu’un gouvernement fantoche au service des grandes puissances, eut été installé par la force. Le père Aristide, si unanimement salué au moment de son élection comme un dirigeant anti-impérialiste, disparut dans la tourmente, et ses idéaux sont à nouveau sous terre.
Nous sommes dans l’étape où le pouvoir a laissé se répandre d’importants déséquilibres et a même fait passer une loi imposant un enseignement positif de la colonisation : cela créé les conditions pour une immense colère tant des Européens de souche que des victimes de la colonisation : cette colère générale, dépassant tout clivage ethnique, a commencé à s’exprimer par le vote négatif majoritaire à la pseudo-constitution européenne. Il s’agit pour certains de détourner cette colère sur des boucs émissaires : ceux qui entendent bien tirer les marrons du feu ont donné l’année dernière des indices très clairs sur leur projet : la criminalisation des Noirs en France, à la faveur des échauffourées parfaitement prévisibles qui ont lieu cet automne. Déjà, les témoins signalent que la proportion des Noirs arrêtés est sans rapport avec leur participation effective aux troubles. A la question : qui a intérêt à répandre la négrophobie, la réponse est très simple : ceux qui, étant démasqués comme Supermenteurs, corrupteurs et criminels, sont cependant au pouvoir, et entendent bien y rester, par tous les moyens. Le racisme anti-noir est le seul racisme fonctionnel, ils le savent et ils s’en servent
II LES CHAMPS D’APPLICATION DE LA NEGROPHOBIE
A) « Les Nazis de banlieue »
En 2004 un premier montage artificiel destiné à créer la peur des Noirs chez les Européens a été mis en évidence : dans l’affaire du RER D, les médias avaient immédiatement monté en épingle une « affabulation » -que le CRIF avait immédiatement prise pour argent comptant- pour faire apparaître les « Noirs de banlieue » comme des antisémites violents attaquant les jeunes femmes blanches dans les transports publics, sans que les témoins osent s’interposer. L’histoire était purement imaginaire, on le sait, et ce sont des policiers honnêtes qui ont obligé les autorités à le reconnaître. Mais l’activisme de sionistes au pouvoir pour que des histoires semblables soient propagées impunément est notoire ; Sharon lui-même a avoué avoir participé à l’organisation de faux attentats antisémites, parce qu’il espère que cela amènera plus de juifs à s’installer en Israel . Le 8 mars 2005, la pollution médiatique s’installait de nouveau, avec l’affaire de la manifestation lycéenne attaquée par des adolescents voleurs de portables et encapuchés. Des intellectuels notoires, tels Alain Finkelkraut, Pierre-André Taguieff, Bernard Kouchner, appelèrent à signer une pétition de sionistes de gauche qui nommait « David, Kader et Sébastien » comme victimes de jeunes racistes et antisémites qui n’étaient à l’évidence ni martiens ni asiatiques, et donc…. A noter que toutes les associations antiracistes ont condamné ce texte comme communautariste et raciste, à l’exception de la LICRA, Ligue contre le racisme, mais chaque jour plus spécialisée dans la persécution des antisémites imaginaires. Le militant associatif Tony Mardaye n’a pas hésité à conclure : « Depuis les attaques de Dieudonné et son écho auprès d’une importante partie de la communauté noire et au-delà, nous assistons à un déchaînement médiatique de la part des mouvements sionistes contre la communauté afro-antillaise qui d’amalgame en stigmatisation tentent de jeter l’anathème ou le discrédit sur une communauté qui jusque là s’est montrée discrète. » Au même moment, c’est Bernard Henri-Levy qui mettait en œuvre tous ses réseaux d’influences pour faire chasser de l’espace public et l’étouffer financièrement sous les procès, encore une fois, avec la rengaine de l’antisémitisme imaginaire. Comme de bien entendu, déjà avant le début des ennuis de Dieudonné, son projet de film sur le Code Noir s’était vu refuser le financement que le ministère de la culture ne refuse à aucun film sur d’autres cimes contre l’humanité. Maintenant qu’ils espèrent avoir définitivement réussi à chasser Dieudonné du paysage médiatique, de même que les Israéliens croient avoir fait disparaître les revendications palestiniennes du paysage politique international, les élites sionistes (pas seulement juives, le délégué à la solidarité vient de renchérir) proposent ouvertement à la société bien pensante de faire porter le chapeau de l’antisémitisme, comme par hasard, à d’autres, à ceux que personne ne défendra, les Noirs….
B) L’augmentation des discriminations
Si la peur des Noirs est constamment attisée chez les Blancs, si les jeunes noirs sont l’objet de provocations pour qu’ils expriment par la violence leurs revendications, c’est que, quoique les données démographiques soient occultées, chacun peut constater la dégradation de la condition noire en France. La Constitution française interdit de classer les gens selon leur race. Cette disposition a été instituée pour protéger les minorités du racisme, mais actuellement, elle empêche de dresser un tableau précis des discriminations qui pèsent spécifiquement sur les Noirs. Ainsi l’on a des statistiques sur « la criminalité des banlieues », mais rien de plus précis. La misère et l’incommunication où beaucoup d’Africains sont plongés, le déracinement et la déstructuration de certaines familles brisées par les conditions sordides de l’immigration, contrastant avec le spectacle de la richesse insolente et enviable d’autres personnes, sont des agressions permanentes à la dignité. Pour les États-Unis, où les statistiques raciales sont légales, on sait que la proportion de Noirs dans les prisons est plus élevée que leur poids démographique ; cela ne signifie pas qu’ils soient plus criminels par nature, ce qui n’a aucun sens, mais au contraire, que la société étant à tous les niveaux plus cruelle avec eux qu’avec tous les autres, leur réaction se fait au niveau de l’immédiateté corporellement visible, après quoi les accusés sont traités avec une sévérité bien plus grande s’ils sont noirs. Il faut savoir, d’ailleurs, qu’aux États-Unis, la proportion de diplômés noirs est bien plus élevée qu’en France : l’Action Affirmative, décriée en France sous l’appellation négrophobe de « discrimination positive », imposée par les Noirs, est tout à fait efficace.
C) Les « bavures » policières et l’apartheid dans le logement
C’est dans la police que la négrophobie s’exprime le plus, et le plus clairement, pour des raisons évidentes. La police a la supériorité des armes et de la violence légale. Les policiers sont dressés pour être agressifs ; les enquêtes montrent que le policier débutant est idéaliste, se veut juste, et s’efforce d’être juste. Mais les collègues plus âgés, échaudés et aigris, lui apprennent à être cruel, surtout sur ceux qui ne sont pas protégés par l’aspect physique « transparent » de la majorité. Même sans statistique à l’appui, nous savons tous que le Noir est la première victime des abus policiers, et qu’il bénéficiera moins que d’autres de la solidarité des témoins, même s’il est innocent. En effet, c’est dans les situations de violence policière, pouvant se retourner sur n’importe quel témoin, que la peur d’être traité « comme un nègre » joue le plus ! Et c’est sur la population noire que la répression la plus injuste sera mise en œuvre systématiquement, pour servir d’exemple dissuasif aux autres secteurs de la population. La situation la plus grave et la plus décisive se produit au niveau du logement, tous les témoignages concordent, les expulsions concernent maintenant même les Français qui payent leur loyer, à condition qu’ils soient noirs, bien sûr. La tendance à l’apartheid, de la part d’ Occidentaux dont le sang est déjà largement métissé, relève de l’obscénité, d’une véritable « amnésie pornographique », pour ne pas « se regarder dans la glace », affronter des pans d’histoire individuelle et collective proprement inavouables. C’est une barrière d’insensibilité que dressent certains contre leurs frères : elle ne cède que lorsqu’ils se trouvent à leur tour dans la détresse.
D) Le vol des emplois
Chacun sait que l’exigence d’une photo, sur les CV, vise avant tout à repérer ceux qui ne sont pas blancs. Le premier tri inavouable s’opère à ce niveau. Claude Bébéar avait proposé l’abolition de la photo, mais il ne fut pas suivi par les députés. Encore une fois, la loi ne permet pas la collecte d’informations sur le chômage spécifique des Noirs, mais on ne saurait nier l’évidence. A la Réunion, les chômeurs représentent 30% de la population en âge de travailler, contre 10% en France. Ce n’est qu’un indice parmi d’autres de ce qui se passe dans les DOM-TOM, où l’on observe plus généralement des « inégalités de traitement entre métropolitains et Réunionnais dans le domaine des droits sociaux individuels », aggravés par les dotations d’équipement et de fonctionnement inférieurs, et des prix à la consommation prohibitifs pour les autochtones . Pour ce qui est de l’emploi des cadres, une étude par provenance géographique a été publiée ; on y découvre la sous-représentation des cadres issus des DOM-TOM. Ceci est très significatif de l’ampleur d’un autre phénomène, aux niveaux privilégiés où l’on peut se prévaloir de diplômes. Laurent Gabaroum, d’origine tchadienne et cadre (avec des diplômes de niveau cadre supérieur) chez Renault depuis 1975, a engagé des poursuites auprès du conseil des Prudhommes pour discrimination raciale au travail en juin 2004… Pour ce qui est des personnes originaires des DOM, les associations constatent de nombreuses discriminations dans l’application des lois, ainsi pour le paiement de l’indemnité d’éloignement aux fonctionnaires hospitaliers. La Poste a pratiqué des discriminations importantes, en privant ses employés ressortissants des DOM-TOM travaillant en métropole du droit au retour au pays par les mutations, du droit de profiter du congé bonifié, de l’indemnité d’éloignement, et n’a pas fini de régler le contentieux sur les droits civiques de ses personnels. Signalons enfin le coût particulièrement élevé du transport et du téléphone, en violation flagrante de la loi sur la continuité territoriale garantissant l’égalité des droits civiques entre les régions et les citoyens, qui aggrave la discrimination des DOM-TOM.
E) L’étouffement de la réflexion noire
Dans le système éducatif, ceux qui ne sont pas élevés par leur famille dans la tradition de la culture dominante sont très handicapés. Une sélection empêchant l’intelligence et le talent de se révéler se produit à tous les niveaux, malgré la bonne volonté des enseignants. Au final, le résultat est l’incompréhension ; même ceux qui arrivent à l’Université ne parviennent pas à faire reconnaître dans la langue écrite, celle des élites, l’étendue de leurs connaissances, potentialisées par la tradition noire qu’ils ont reçue de leur famille. L’eurocentrisme forcé les fait paraître comme « plongés dans un coma étrange » . Les cas d’Aimé Césaire, de Léopold Senghor, de Cheik Anta Diop, sont significatifs : seules quelques personnalités arrivent à traduire en langue académique française une science qui pour la majorité des Africains, relève de l’évidence, mais que ne parviennent pas à assimiler la majorité des Blancs cultivés. Lorsqu’un Noir rectifie, en invoquant des faits objectifs que nul ne conteste, l’écriture blanche de l’histoire, le lynchage se met en place de façon automatique. Par exemple, lorsque Claude Ribbe rappelle que Napoléon a rétabli l’esclavage et inventé les camps de concentration, cela semble insupportable à certains : est-ce par ce qu’ils veulent absolument faire savoir qu’ils se sentent les héritiers moraux des négriers, ou parce qu’ils voudraient faire croire que personne n’a jamais autant souffert que les juifs européens à l’époque des nazis ? Apparemment, ils cherchent à imposer les deux prétentions à la fois ! Une tribune libre du 6 décembre 2005, dans Le Monde, vitupère : « ce qui au départ était une revendication fondée de la mémoire de l'esclavage tend à devenir une machine infernale à énoncer des idées antisémites ». Or il suffirait que des personnalités juives sachant que parmi leurs aïeux il y avait des négriers rejettent simplement cette part de leur héritage, dans un geste public de réparation morale, pour que la « machine infernale » des rancunes exacerbées perde toute sa capacité dévastatrice. L’esclavage constitue le péché originel des îles à sucre, et c’est l’un des crimes sur lequel repose l’essor de l’Occident moderne. Le reconnaître, c’est amorcer la rédemption, désamorcer l’esprit de vengeance, et reconnaître la légitimité de la recherche historique afrocentrée, même si elle n’est pas flatteuse pour les Européens. La persécution de ceux qui cherchent à transmettre ce point de vue constitue un véritable aveu que les découvertes sur les horreurs de l’esclavage, lorsqu’elles sont défendues par les Noirs eux-mêmes, est précisément ce que les perpétrateurs d’injustice au présent ne peuvent pas supporter.
Même en dehors des acharnements spectaculaires, la blanchitude tend à poser automatiquement un « plafond de verre » où vient se cogner le Noir dont la tête dépasse ; c’est en fait un couvercle qui écrase la rigueur rationnelle et l’imagination créatrice de l’humanité toute entière. Et l’arnaque va plus loin : les diplômés africains n’ont que des postes supplétifs en Occident; après avoir été formés ailleurs, aux frais de leurs gouvernements, ils ne coûtent rien à « l’importation » : l’Afrique est deux fois volée, en faisant cadeau de ses cerveaux !
F) La santé et les mœurs
C’est un domaine où la négrophobie agit d’une façon particulièrement pathologique, et où il est difficile de mettre le Blanc face à son dérangement mental. Depuis une vingtaine d’années, le féminisme est devenu une idéologie dogmatique chez les hommes et les femmes d’Occident, qui est utilisée pour détruire l’équilibre mental des autres peuples du monde, et la capacité de résistance spirituelle au suprématisme blanc. Les violences d’hommes noirs sur des femmes ou des jeunes filles noires sont médiatisées à outrance, ce qui suscite le rejet automatique de toutes les traditions qui fondent la famille africaine comme socle d’une société ordonnée . Le thème de l’excision, véhiculé à toute heure par la télévision, fait naître la terreur d’être excisées, chez n’importe quelle petite fille ; les femmes renchérissent, se sentant fantasmatiquement menacées, et se font militantes farouches pour condamner cette coutume régionale. L’attaque sur une question relevant plus que nulle autre de l’intimité est tellement blessante que les Noirs ne peuvent pas faire entendre la question en retour qui rétablirait leur honneur : comment se fait-il qu’il n’y ait aucune campagne blanche contre la mutilation, en plein essor dans les couches privilégiées de la société occidentale, des nouveaux-nés mâles, dont les prépuces sont vendus aux laboratoires de cosmétique ? C’est bien parce que la culture qui pratique la plus cruelle des circoncisions masculines est insensible aux cris de ses bébés innocents, et qu’elle considère les bénéfices de la mutilation pour sa collectivité comme plus importante que la douleur individuelle de celui qui est sacrifié. Cette logique-là est reconnue et respectée pour chaque culture, sauf pour certains, toujours les mêmes…. Et ce sont les femmes blanches qui sont amenées à renchérir dans le mépris et l’incompréhension de leurs sœurs. Bien des assistantes sociales et militantes d’associations jouent le rôle d’agents idéologiques les plus destructeurs de la famille africaine, car, comme les évangélisateurs en Afrique autrefois, elles voient le diable partout, mais ne supportent pas qu’on leur signale leur propre aliénation. Dans les hôpitaux, les Africaines sont victimes d’insultes, de négligences, d’erreurs de diagnostic, de cruauté. Le personnel hospitalier noir est victime de dénonciations et de calomnies, dans la course aux promotions, et les infirmières écoutent les collègues parler naturellement de leurs chiens dressés pour attaquer les Noirs ; dans les années 1990, c’étaient les ratonnades dans les bois de Meudon.… Pourtant, les Noires sont bienvenues pour occuper les postes les moins gratifiants : et dans certaines maisons de retraite et les cliniques, on embauche des sans papiers, c’est moins cher…
G) La répression institutionnelle d’origine coloniale
Gaston Monnerville, député de la Guyane, dénonçait bien avant les autres, les injustices envers les juifs organisées par Hitler, en soulignant le lien entre toutes les idéologies et pratiques suprématistes, dans son discours « Le Drame Juif » du 21 juin 1933 au Trocadéro : « Souvenez-vous ! Une guerre d’extermination, froidement voulue, implacablement menée contre les Herreros, dans l’Ouest africain : 40.000 Herreros massacrés (par les Allemands, qui tentèrent tardivement de se tailler un empire africain)… Toujours quelques crimes précèdent les grands crimes : Il y avait dans les massacres africains des promesses qui sont aujourd’hui tenues, hélas ! Il y avait en eux l’annonce des assassinats hitlériens. Si bien que l’on peut voir dans le martyre des Africains allemands une préfiguration parfaite de l’actuel martyre des juifs allemands…. Il n’y a pas de vertu sans courage ». Après la guerre, il fut président du Sénat. Mais à nouveau, les personnes pouvant constituer des fronts constructifs de résistance à l’humiliation noire sont systématiquement persécutées, comme s’il s’agissait de remettre un couvercle colonial sur ceux qui ont pourtant contribué avec leur sang à la victoire contre l’Allemagne, dans deux guerres mondiales. Malgré l’indépendance algérienne, les Guadeloupéens assistèrent à une collusion droite-gauche pour maintenir le statu quo ; cela les amena à se structurer pour exiger le respect de leurs intérêts ; au même moment, on assista à la montée des luttes sociales notamment dans les secteurs classiques ouvriers avec un conflit exceptionnel dans le bâtiment) particulièrement long pour il faut le rappeler, obtenir 2frs d'augmentation ! C'est à l'occasion de cette grève très suivie, très populaire, dont les objectifs étaient très modestes somme toute, que la répression coloniale de l'État colonial français s'est abattue avec toute la sauvagerie qu'elle sait réserver aux nègres qui demandent à être tout simplement traités comme des êtres humains comme les autres. A noter que ce sont les patrons du BTP, descendants directs des maîtres esclavagistes, qui ont insisté pour obtenir du pouvoir gaulliste et des communistes (puissants à l'époque outre mer) la boucherie rédemptrice coloniale ! A l'époque on avait annoncé 40 à 50 morts. Mais les familles des nombreuses victimes (prudence atavique d'anciens esclaves) craignant les représailles féroces des vainqueurs n'ont pas communiqué l'identité de tous les morts et des blessés. De leur côté les autorités coloniales avaient intérêt à minorer le nombre des victimes tout comme les forces politiques de gauche ( notables communistes) qui ne s’opposèrent pas à la répression. Ce n'est que plusieurs années après (années 80) qu’un comptage un peu plus juste a pu établir près de 100 morts sans compter blessés et torturés estropiés à vie et violées. C'est à cause de ces expériences douloureuses et négatives qu'un courant de syndicalisme révolutionnaire s'est créé en Guadeloupe, d'abord avec la paysannerie (UTA, UPG,) puis dans le mouvement ouvrier en général ( UGTG) jusqu'à ce jour..; cependant, le procès qui s’en suivit, contre 19 indépendantistes devant la cour de sûreté de l’État, confirmera que le droit à revendiquer l’indépendance est prévu par la Constitution française ; ce procès déclencha une vive solidarité internationale, et treize des accusés furent acquittés, les autres condamnés à des peines assorties de sursis ; au même moment, en Guadeloupe même, lors d’un autre procès, on découvrait une provocation policière initiale, et la conclusion fut un retournement complet de situation : c’est le gouvernement français qui se trouva mis en accusation, au bout de plusieurs mois de résistance acharnée. Dans les années suivantes, la mobilisation permit d’obtenir des avancées sociales importantes, tel le congé bonifié, accordé par Raymond Barre (d’origine réunionnaise). Mais c’était insuffisant pour inverser les déséquilibres structurels ; ainsi en 1958 les Antilles assuraient largement leur indépendance économique ; or cette situation a été brisée, par la ruine de l’agriculture vivrière. Le but est de consolider la dépendance néo-coloniale : destruction du secteur primaire, l’affaiblissement de l’industrie dérivée de la production locale, l’hypertrophie du tertiaire et l’occupation militaire. Aucun projet de développement autocentré, ni écologiquement durable, ni d’intégration dans un ensemble régional n’est mis en œuvre.
En 2000, la loi d’orientation pour les DOM a maintenu les vices structurels qui empêchent les habitants de se considérer comme des citoyens à part entière, et plutôt comme des « sous-citoyens entièrement à part », et elle a relancé le processus d’émigration forcée et sans retour vers la métropole. Les abus de pouvoir du lobby des békés se reproduisent. Ainsi l’avocate martiniquaise Maître Dispagne Chiatello est passée en justice pour avoir défendu une entreprise locale coulée par des concurrents maffieux soutenus par la caste héritière des colons; du coup, ses consœurs et défenseurs, Maîtres Claudette et Maryse Duhamel se sont trouvées menacées de sanctions, et maître Claudette Duhamel a dû citer à comparaître trois magistrats ! En 1999, Jacques Bertholle affecté en Martinique comme Directeur Départemental du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle depuis 1991, fut renvoyé, alors qu’il avait mené une action exemplaire pour le respect des travailleurs, parce que son action déplaisait au patronat Béké martiniquais. Il aura fallu la lutte acharnée des Comité de Soutien de Paris et de Martinique, de Jacques Bertholle ainsi que de son épouse Simone Bertholle, combattante hors pair pour qu'enfin la réintégration soit obtenue en milieu 2002.
Le comédien Dieudonné, croulant sous les procès, est un autre exemple de harcèlement néo-négrier spécifique : il a en outre été victime d’un attentat en Martinique en plein jour, de la part de Franco-Israéliens qui avaient de bonnes raisons de ne craindre aucune sanction. Les choix économiques et migratoires visent à renforcer la dépendance alimentaire des îles noires vis-à-vis de la France, à les enfoncer dans l’assistanat, condition de la sujétion. Et il faut souligner le fait qu’il n’y ait presque pas de députés issus des anciennes colonies, ni des actuels DOM : la question de l’avenir des DOM TOM reste en suspens, l’égalité des droits civiques de leurs habitants n’est nullement assurée.
H) L’exterminationnisme
Autrefois, la comptabilité des planteurs et des assureurs tablait sur 5 ans, comme durée de vie moyenne d’un esclave. De nos jours, il existe des projets génocidaires, comportant l’extermination spécifique, la réduction de la population noire ; l’hypothèse que le SIDA soit une arme biologique, fabriquée comme d’autres maladies mystérieuses en laboratoire, a été reprise par le Prix Nobel de la paix Wangari Maathai ; les créateurs de la pilule, dans les années 1950, ne la destinaient pas du tout à la libération de la femme occidentale, ils l’ont avoué le plus tranquillement du monde, et ils l’avaient testée à Porto Rico, la colonie étatsunienne des Caraïbes. L’arrachement de 1600 enfants réunionnais à leur famille, et leur déportation dans la Creuse de 1963 à 1973, apparaît maintenant comme une entreprise d’acculturation forcée, après que ses tenants et aboutissants aient été tenus secrets. C’est toute la politique d’intégration par la migration qui a été vécue par les Martiniquais et les Guadeloupéens comme une deuxième déportation, après celle de leurs ancêtres par l’esclavage, visant à briser l’espoir de l’indépendance. C’est selon cette logique que la famille nombreuse traditionnelle en Afrique, avec sa polygamie respectueuse et ordonnée, qui permet d’éviter l’inceste par ignorance de sa filiation, est systématiquement vilipendée : la polygamie des rois de France et des présidents serait plutôt un sujet de fierté nationale ! L’homosexualité, autrefois circonscrite aux rares individus et aux milieux où l’hétérosexualité était impossible, est vivement encouragée comme une nouvelle conquête de liberté dans le monde occidental. Mais le lobby homosexuel blanc exerce actuellement une véritable intimidation spécifique sur la communauté noire, celle qui était la plus étrangère à ces pratiques, spécialement dans les prisons, mais aussi parmi les jeunes les plus sains. Ainsi le Garance Reggae Festival, prévu et autorisé pour le 2 juillet 2005, a été interdit par la mairie de Paris à cause des paroles d’une chanson du chanteur Sizzla, qui étaient bien sûr métaphorique, mais qui menaçaient l’empire moral du lobby homosexuel . Parallèlement, les légendes propagées sur l’épidémie du SIDA, comme résultat de la promiscuité, d’abord des Africains avec les singes, puis entre eux, en tant qu’ignorants de toute hygiène et incapables de se servir correctement du préservatif, ravivent les images de la « sauvagerie » africaine, alors que les associations gays et lesbiennes n’ont aucun autre argument pour défendre leurs campagnes d’affichage commercial monumental dans les espaces publics que leur « droit » à rivaliser avec les hétérosexuels dans l’obscénité. Au lieu d’être reconnaissants aux femmes non blanches qui maintiennent la natalité française en sacrifiant leur confort et leur désir d’indépendance, les Blancs, par la réprobation morale institutionnelle, incitent particulièrement les Noirs à réduire eux-mêmes leur croissance démographique.
III COMMENT COMBATTRE LA NEGROPHOBIE
A) Des raisons de se réjouir
Selon les données brutes fournies par la police, pendant toute l’année 2004, les Noirs ne se sont rendus coupables d’AUCUN ACTE GRAVE DE DISCRIMINATION RACIALE. Français de souche, extrémistes juifs, arabes, tous en ont commis, et ont été appréhendés à ce titre par la police. Mais les Noirs ne sont pas tombés dans cette bassesse-là, selon les autorités policières elles-mêmes ! C’est un sujet de fierté légitime, qu’il faut faire connaître et reconnaître. Ainsi bien des clichés se rapportant à des situations sur lesquelles un regard attentif peut déceler des éléments remarquables doivent être réexaminés avec confiance.
Ainsi, le handicap dans le système éducatif se change en formidable créativité, si l’on y prête attention. L’essor de l’informatique, que les enfants découvrent très tôt, est un énorme atout pour ceux qui proviennent d’autres cultures : il leur permet de contourner une grande partie des obstacles, et de surpasser les autres, s’ils allient à leur intelligence naturelle le génie que donne une structuration mentale solide par la famille. C’est aussi le lieu d’une créativité réelle de la jeunesse, où les frontières culturelles sont abolies. Ainsi par exemple, le développement de la communication par SMS est en train de réaliser la réforme de l’orthographe, qui était depuis des années un casse-tête insoluble pour l’Académie Française, les ministères de la culture et de l’éducation. Ce sont les enfants les plus éloignés de la culture française traditionnelle qui la font avancer à pas de géant, de même que ce sont les enfants illettrés d’Africains qui, aux Antilles, ont créé la puissante langue créole, comme l’a démontré Edouard Glissant, suivi en cela par tous les spécialistes de la linguistique. L’enseignement de la langue créole, qui permet à tous les habitants de la Caraïbe de se comprendre entre eux, en passant par dessus les langues des différentes métropoles coloniales, est un enjeu, pour l’accession de la culture noire à la considération de l’écrit, et pour la décolonisation spirituelle des Antillais, car il s’agit d’une « force jugulée ».
B) Qui sont les pornographes
L’épouvantail de l’excision est brandi exclusivement contre les Africains. Or qui sait que les médecins européens l’ont pratiquée largement, sous des prétextes scientifiques, et ce, tout au long du XIXème siècle, à une date récente ? Une petite nièce de Napoléon l’esclavagiste, la princesse Marie Bonaparte (1882-1962), elle-même psychanalysée par Freud et psychanalyste à son tour, se fit exciser volontairement ! L’essor de la pornographie, du déballage dégradant qui assassine l’âme, sans distinction de sexe ni d’âge, et incluant même maintenant les bêtes, sans limite même dans l’espace public, est le signe d’un véritable sida moral, d’une destruction de la barrière immunitaire au niveau de l’esprit. Or cela touche spécifiquement les Blancs, désarmés parce qu’ils ont mis stupidement leur foi dans les marchands, et ils cherchent, pour surmonter leur propre honte, à faire porter le chapeau à d’autres, par le matraquage médiatique : ainsi, sous prétexte de campagnes de prévention, on impose à répétition une image des Noirs comme massivement prostitués, drogués, délinquants, infestés par le sida et logiquement, débordants de haine.
Un Observatoire sur la négrophobie vient d’être créé, sous l’impulsion du COFFAD, mais n’a pas encore publié de résultats . Il existe déjà une Haute Autorité contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) ainsi qu’un Groupe d’Etude et de lutte contre les discriminations (GELD) . Une nouvelle discipline se développe actuellement, mais avec des dimensions perverses qu’il faut redresser : l’ethnopsychiatrie. Les ethnopsychatres recyclent judicieusement la psychiatrie des sociétés africaines traditionnelles, pour le traitement des syndromes propres aux gens écartelés entre différentes culture, les migrants et leurs descendants. Ils sont appelés comme experts auprès des tribunaux, mais cela peut contribuer à renforcer les préjugés, en renforçant l’idée que les Africains en France deviennent des malades mentaux. L’ethnopsychiatrie devrait être pratiquée par des Africains, enseignée par des Africains, et porter à son tour un regard critique sur les limites et aveuglements de la médecine occidentale, responsable de pathologies mentales chez des Occidentaux qui se croient sains d’esprit, et même très savants. La psychanalyse, cette ethnopsychiatrie des Blancs, a permis à Franz Fanon de creuser jusqu’aux niveaux les plus profonds la perversité du colon et la destruction de la personnalité que le colon a exercé sur les Noirs des Antilles . Pourquoi ne fait-on pas appel à des thérapeutes noirs pour étudier les schizophrénies des Blancs incapables de reconnaître leur propre négrophobie ?
C) L’utilisation des lois existantes
Les Noirs prouvent chaque jour qu’ils peuvent utiliser les lois existantes à leur profit. L’affaire du trafic d’archives négrières est une exemple de victoire retentissante : les juges avaient poursuivi Yahoo pour avoir mis en vente des objets nazis, mais seuls les Noirs étaient capables de faire le rapprochement avec les produits marchands issus de la traite négrière et de l’esclavage, reconnus comme crimes par l’humanité par la loi Taubira de 2001. Le COFFAD a obtenu l’interdiction de ces ventes, et se bat actuellement pour que ces objets ne soient plus objet de commerce, mais patrimoine de l’humanité dans chaque pays. Les lois doivent être mises à profit, ce qui suppose la multiplication des procès et des inculpations, à l’initiative de Noirs, avec des avocats noirs. Cela coûte cher, cela suppose la mise en commun de fonds, et le choix des enjeux. Mais l’effet d’une victoire judiciaire noire est extrêmement profond. Non seulement il crée une jurisprudence, mais il décuple la force des innocents pour résister à d’autres injustices. La campagne de boycott contre la marque Banania pour incitation à la discrimination raciale par l’image emblématique dénigrante accompagnant le slogan « Yabon Banania » a eu un impact pédagogique significatif : tant les Blancs que les Noirs ont appris une nouvelle dimension du respect de soi : rendre honneur aux autres, c’est se rendre digne d’honneurs ; la recette est valable pour tous. Il s’agit de faire reculer la corruption morale de tous, que la logique commerciale fait semblant d’ignorer ; là où cette logique du pur profit triomphe sans entrave, le consommateur se retrouve aussi dégradé que ceux qui l’achètent à coup de pub, alors qu’il s’imagine « libre » dans ses choix. D’autre part, il faut savoir que les avocats noirs sont les mieux placés pour faire reculer la discrimination dans le logement, et font bien souvent condamner les préfets et autres responsables d’expulsions arbitraires : celles-ci ne frappent pas que les sans papiers, mais aussi des citoyens français noirs, salariés, et payant leurs loyers.
D) Une présence visible dans les associations antiracistes
Alors que le MRAP avait été fondé au sortir de la Deuxième guerre mondiale par le Martiniquais Marcel Manville, sa direction ne comporte plus aucun Africain. Les Noirs n’écouteront les associations antiracistes que lorsqu’ils auront des preuves que leurs frères y participent et s’y font respecter comme tels. Toutes les organisations, en France, se veulent antiracistes, y compris le Front National, qui met bien en avant ses militants noirs. Aussi les Noirs doivent ils être présents et visibles partout où leur sensibilité les y pousse, afin que les associations ne se battant que pour les intérêts d’une seule communauté mais obtenant des financements publics importants sous prétexte d’antiracisme deviennent à leur tour visibles comme ce qu’elles sont : des organisations hypocrites. Certaines associations antiracistes mais très peu investies par les Noirs ont tendu des pièges à des patrons de boîtes de nuit pour faire constater la discrimination fréquente ; mais ce phénomène s’étend aussi aux restaurants et au commerce de détail ; ainsi la présentatrice vedette de la télévision étatsunienne et milliardaire Oprah Winfrey, classée « la star la plus influente du monde » s’est vue refuser l’entrée dans la boutique Hermès à Paris parce qu’elle n’avait pas été reconnue par le personnel le 14 juin 2005 : espérons que cette mésaventure, très médiatisée aux États-Unis, aidera à mieux faire respecter la communauté noire toute entière…. Mais c’est surtout une mobilisation générale des discriminés organisés en collectifs, qui peut inverser la tendance. Le but est de constituer des structures où soient reconnus les Noirs dans l’exercice de leurs droits, pour faire avancer les revendications légitimes.
E) L’organisation des Noirs entre eux
Les Noirs ont coutume de sauver la mise des Blancs dans des situations désespérées. Ainsi Bolivar pourchassé par les Espagnols, vaincu en 1815 sur tous les champs de bataille où il avait entraîné l’Amérique latine entière pour l’Indépendance, reprit pied en Jamaïque et en Haïti, où il reçut le soutien décisif du général Pétion, qui fit basculer la population noire de toute l’Amérique latine dans l’engagement militaire à ses côtés, et c’est ce qui lui permit d’entreprendre une nouvelle campagne, cette fois-ci victorieuse. Ainsi de même, le premier soutien que reçut De Gaulle dans son appel à la résistance contre l’occupation nazie fut celui des Camerounais, tandis que Felix Eboué, gouverneur du Tchad, offrait à la France Libre son territoire. Et la négrophobie recule dès que les Noirs se redressent et se font respecter, ce qui suppose le réenracinement dans la connaissance de l’Afrique et de la grandeur africaine.
Pourtant, « l’exécration et l’insignifiance des Nègres sont toujours d’actualité », il existe bien une « idéologie de fond » qui exerce « l’annexion totalitaire de la pensée et de l’être nègres » : un événement d’importance mondiale a été la conférence Internationale contre le Racisme organisée par l’ONU à Durban, en Afrique du sud, en août 2001. Il faut faire connaître le lynchage médiatique ignoble pour anti-sémitisme que tous les membres de SANGOCO ont subi durant la conférence et surtout après les attentats du 11 septembre. Ce lynchage est descendu jusque dans les moindres recoins de la vie privée de personnes comme Mercia Andrew.. Les attentats ont même servi de prétexte aux arrestations arbitraires de beaucoup de Noirs (dans des proportions énormes, mais occultés par tous.) aux USA et au Canada alors qu'ils ne revendiquent nulle part ces formes d'action (les attentats) qui sont quand même plutôt une des formes d'expression du Moyen-Orient..
Mais ces monstres peuvent être abattus : « Armez vous de science jusqu’aux dents » disait Cheick Anta Diop à la jeunesse africaine. La jeunesse euro-africaine a déjà d’autres atouts : le changement se trouve toujours du côté des minorités, comme le dit le jazzman Randy Weston auteur de l’album Ancient Future…et « l’effort fait les forts » comme dit le site www.kamyiti.com, qui « rend hommage à tous nos frères et sœurs morts pour rien, simplement parce qu’ils étaient Nègres. » Notre rôle est d’empêcher les idéologues au service des nouveaux négriers de réaliser leur programme. Il ne s’agit pas de se constituer un fonds de commerce, ni d’exercer des pressions sur les majorités blanches par la pratique du lobbying, du marchandage sur fond de chantage. Faire connaître et comprendre notre passé permet de définir des objectifs communs : au lieu d’ajouter des voix discordantes à la cacophonie des nations, nous devons exprimer l’universel à partir de notre identité, car cela recentre chacun dans le pacte pour la justice collective naturelle.
Perçus injustement comme la « cinquième roue du carrosse », les Noirs, plus que n’importe quelle autre communauté, ont besoin de structures propres. Les militants d’organisations noires sont sujets à des discriminations redoublées, dans la mesure même où le travail qu’ils réalisent met le doigt sur les maillons faibles de la fausse conscience blanche. Il ne s’agit pas de contribuer à créer une société multiraciste, au contraire. La présence historique constante de Blancs aux côtés des Noirs démontre dans les faits que les combats des Noirs pour la plénitude de leurs droits et la réparation des crimes commis continuellement contre eux n’est pas un combat raciste et suprématiste, mais un combat pour tous les humains ; une victoire pour les Noirs, est automatiquement un élargissement de l’espace de liberté des autres catégories, beaucoup de Blancs le savent, et il faut jouer de cet effet de bénéfice réciproque. Le geste sublime, quoiqu’annulé par la suite, d’Aimé Césaire claquant la porte au nez de Sarkozy l’incendiaire, le prouve une fois de plus : ce sont les Nègres qui sauvent l’honneur de tous, car ils voient plus loin, et ils s’élancent avant les autres, pour la protection de l’humanité bafouée.
Le document anglais que l’on va lire montre cruellement que les services secrets des États les plus impérialistes considèrent l’organisation des Noirs entre eux comme très dangereuse pour leurs intérêts. L’auteur, Spartakus R, est un musicien et un militant, et il anime le site web www.GAP-Radio.com (« Global Africa People’s Radio ; voi aussi le site www.Globalafrica.com). C’est aussi le rédacteur de Global Africa Pocket News, et l’auteur de Violation et de The Maat Mystery. Son témoignage est un document terrifiant, mais aussi exaltant, parce que les héros visés par la répression sont des héros pour toute l’humanité, qui reconnaît dans leur trajectoire la puissance que donne l’enracinement dans le « sixième sous-sol » de l’humanité.
DEUXIEME PARTIE
TEMOIGNAGE DE SPARTAKUS R.
LE PROGRAMME GLOBAL DE CONTRE INTELLIGENCE ET SES EFFETS SUR LA COMMUNAUTE NOIRE AFRICAINE DU ROYAUME UNI, DIT « COINTELPRO UK »
Conférence prononcée à Londres le 23 11 1997
Introduction
Au nom de nos ancêtres, et dans l’esprit de Maat, Hotep à tous, frères et sœurs, et merci à frère Lester Lewis et à l’association Hackney Black People qui a permis cette rencontre :
Une guerre est en cours, et vous êtes pris dedans ; plus exactement, vous êtes en première ligne ; il s’agit d’une guerre qui fait rage depuis plus de deux mille ans, la guerre entre l’Afrique et l’Europe [désormais à l’échelle globale, mondialisée ; pour simplifier, on peut dire entre MONDE NOIR et EMPIRE DE LA SUPREMATIE BLANCHE, ndt].
Le programme de Contre Intelligence, plus connu sous le nom de COINTELPRO, a été lancé par le FBI sous la présidence de Edgar Hoover, afin de coordonner et d’encadrer les campagnes éventuelles de neutralisation contre des individus et des organisations dissidentes des États-Unis. Evidemment, pour être effectif, ce programme avait besoin de la coopération secrète de toutes les agences d’intelligence, FBI, CIA, services militaires, ministère de la Défense, Maison Blanche, autorités municipales et forces de police, de façon à constituer des Red Squads, des « Escadrons Rouges » sur le terrain. Au départ, en 1956, la cible était le Parti Communiste, puis cela s’appliqua à d’autres organisations de la « gauche blanche » ; ensuite cela s’étendit aux « groupes blancs haineux », comme une couverture pour protéger en sous-main des organisations terroristes blanches telles que le Ku Klux Klan. A un moment donné, un quart des assassins du KKK qui terrorisaient la communauté africaine était composé d’agents actifs du FBI.
En 1971, COINTELPRO était censé avoir mis fin à ses agissements, mais une controverse internationale surgit lorsqu’un petit nombre de ses dossiers secrets parvint jusqu’aux médias. Par la suite, ce nom de COINTELPRO n’a plus été utilisé, mais ses rouages à usage interne fonctionnent à une échelle internationale désormais, sous le contrôle de la CIA.
En 1967, le FBI a démarré une action secrète de COINTELPRO avec l’intitulé « Groupes noirs nationalistes haineux ». Ils ne faisaient pas de distinction : tout groupe afro qui s’exprimait ou agissait au nom de la communauté africaine était classé comme « groupe noir nationaliste haineux ».
La guerre contre l’Afrique Globale est très ancienne. Ils ont eu l’impression qu’ils disposaient de l’arsenal nécessaire pour contenir cette guerre entre Afrique et Europe dans le cadre qui leur convenait. Un grand nombre d’organisations militantes africaines noires est apparu, et ils admettent avoir déclenché 295 opérations contre la communauté africaine pendant quatre ans, dont 233 visaient le Parti des Panthères Noires ; évidemment, ils ne mentionnent pas celles qui ont raté ou qui étaient si infâmes qu’elles ne pouvaient pas être mentionnées. L’objectif explicite du COINTELPRO était de :
« Exposer, casser, fourvoyer ou neutraliser d’une autre façon les activités des organisations nationalistes noires haineuses, ainsi que leurs dirigeants, leurs porte-paroles, leurs membres et sympathisants, et de contrer leur propension à la violence et aux troubles publics ».
Il y avait cinq objectifs à long terme (énoncés comme suit dans le même document) :
1) Empêcher toute coalition de groupes nationalistes noirs militants. L’unité fait la force, c’est bien connu, et c’est toujours important. Un front commun entre ceux-ci serait le premier pas vers un véritable « Mau Mau » en Amérique, le début d’une véritable révolution noire.
2) Empêcher l’apparition d’un « Messie », d’un leader charismatique qui puisse unifier et électrifier le mouvement militant nationaliste noir. [Malcolm X aurait pu le devenir ; il est devenu le martyr du mouvement, aujourd’hui]. Martin Luther King, Stokely Carmichael et Elijah Muhammad peuvent tous prétendre au rôle de « messie ». Mais Elijah Muhammad est trop âgé ; Martin Luther King pourrait sérieusement y prétendre, au cas où il renoncerait à son « obéissance » supposée aux « doctrines blanches libérales » de la non-violence, et s’il embrassait le nationalisme noir. Carmichael a le charisme nécessaire pour être une menace réelle.
3) Prévenir la violence de la part des groupes nationalistes noirs. Ceci est d’une importance primordiale, et c’est bien entendu l’un des objectifs de notre activité d’enquêteurs ; cela devrait également faire partie du Programme de Contre Intelligence. La contre intelligence devrait permettre de repérer les fauteurs de trouble et de les neutraliser avant qu’ils exercent leur potentiel de violence.
4) Empêcher les groupes nationalistes noirs et leurs dirigeants de gagner en respectabilité, en les discréditant dans trois directions : d’abord, auprès de la communauté noire responsable ; ensuite, au regard de la communauté blanche, tant la communauté des gens responsables que celle des « libéraux » qui ont des vestiges de sympathie pour eux simplement parce qu’ils sont noirs. Enfin, ces groupes doivent être discrédités aux yeux des radicaux noirs, des gens qui les suivent. Ce dernier domaine exige des tactiques entièrement différentes de ce celles qui conviennent avec les deux premiers groupes. La publicité sur les tendances à la violence et les mots d’ordre radicaux rattachent les nationalistes noirs au groupe des Noirs radicaux ; cela leur confère une « respectabilité » d’un autre ordre.
5) Un objectif ultime devrait être d’empêcher la montée en puissance d’organisations militantes noires nationalistes, particulièrement dans la jeunesse. Il faut développer des tactiques spécifiques pour empêcher ces groupes d’attirer les jeunes.
MARCUS GARVEY ETAIT SOUS CONTROLE IL Y A TRENTE ANS.
LA GARVEY-CONNEXION
Les attaques contre Marcus Garvey et son organisation, la Universal Negro Improvement Association (UNIA) ont constitué la première campagne de neutralisation globalement coordonnée contre une personne en particulier, grâce à la mise en œuvre de forces combinées de l’Europe Globale. Ceci a comporté au moins une tentative d’assassinat.
A la tête de la plus grande organisation au monde, qui comprenait à une époque plus de six millions de membres, regroupés en 900 sections, et couvrant le monde entier, Garvey était reconnu comme l’ennemi numéro 1 de la Global Europe. Ils réagissaient instinctivement, négativement, à sa personne et à ses enseignements.
Ce qui est arrivé à Garvey lorsque la puissance politique de chaque pays sous contrôle blanc a été mobilisée contre lui et ce qui s’est passé dans les années 1960 sous la direction de COINTELPRO, c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. La seule différence, c’est la dénomination et le degré de sophistication.
Si vous étiez la CIA et si vous deviez mettre un nom aux actions coordonnées contre la Communauté globale africaine aujourd’hui, mais que vous deviez donner l’impression que vous êtes en train d’essayer de nous aider, vous parleriez probablement de Guerre à la drogue, Guerre contre le crime organisé, ou encore Guerre contre le terrorisme. Si vous tenez compte de la sensibilité extrême qui existe aux États-Unis autour du terme « guerre », et de la possibilité d’un retour de flamme, vous appelleriez votre programme « le bon grain et l’ivraie » : Weed and Seed, c’est le nouveau nom d’une série de campagnes qui sont en train de prendre racine aux États-Unis là où une communauté entière se voit promettre des investissements financiers faramineux (qui ne se matérialisent en général pas) en échange de leur coopération active, ou de leur complicité silencieuse, pour neutraliser la jeunesse, le secteur le plus actif, créatif, vibrant et volatile de la communauté.
LEURS METHODES
Comment ont-ils réussi à convaincre un secteur significatif et suffisant, dans la communauté africaine des villes principales du monde entier, y compris ici à Londres, pour qu’ils conspirent avec eux contre nos jeunes ? Ils ont utilisé tous les moyens à portée de leur imagination, sans se soucier de savoir s’ils étaient légaux ou non. Comme ils l’ont déclaré, l’efficacité de la contre intelligence dépend de la qualité et de la quantité d’information positive disponible au sujet de la cible, et de l’imagination et de l’initiative des agents qui mettent en œuvre le programme. Ces initiatives comprenaient les infiltrations et les agents provocateurs, les indics, la manipulation médiatique et la diffamation personnalisée, l’attentat physique, le harcèlement judiciaire, les conflits internes, les ragots à la base, les exclusions (par les chiens de garde), le contrôle de la perception, la surveillance électronique et téléphonique ou « Elsurs ». Egalement, les fouilles (spontanées, par surprise ou encore causant le maximum de dégâts et d’atteinte à la propriété). Ils organisaient des intrusions (afin d’installer des équipements ou de récolter des preuves pouvant servir à incriminer, ou encore pour voler des documents importants ou l’équipement nécessaire au fonctionnement de l’organisation).
Le terrorisme n’était pas exclu (ceci fait partie intégrante de chaque opération de COINTELPRO) ; souvent ce sont des groupes terroristes indépendants tels que le KuKluxKlan qui sont utilisés afin de légitimer ensuite le terrorisme d’État. Enfin, ils ont provoqué des purges. Ces points seront développés ci-dessous.
Voici quelques exemples :
a) Infiltrés et provocateurs
Virtuellement, toute organisation africaine a été effectivement infiltrée par le FBI et d’autres agences des services secrets. Vous vous souvenez de Gene Roberts, le « garde du corps » qui a été photographié en train d’étouffer Malcolm X après qu’on lui ait tiré dessus ? C’était un agent profondément double. Il a ensuite infiltré les Panthères Noires et il a été démasqué en 1971 quand il est apparu comme témoin appelé par l’accusation dans le procès de treize Panthères accusés de conspiration pour faire exploser des bâtiments. Le FBI à lui seul avait plus de 4000 Africains inscrits à la rémunération la première année de fonctionnement du COINTELPRO. Cela ne parle guère en notre faveur, mais je garde confiance malgré tout.
(C’est à cause de leur manque de succès pour infiltrer la communauté noire britannique, et parce qu’ils s’étaient trop souvent exposés en utilisant des informateurs peu entraînés contre nous, que le service secret britannique et la police nous ont alertés ouvertement et ont fait avancer l’idée qu’il fallait de nouvelles recrues dans la communauté noire. Le degré de réussite auquel ils sont parvenus sera visible dans les cinq prochaines années, quand ils auront entraîné et lâché parmi nous leurs agents empoisonnés).
b) Indics
Leur présence et leur nuisance est aussi vieille que l’histoire des résistances. Judas, celui du récit biblique, qui était le disciple de Jésus, pourrait parfaitement être un indic moderne. Avant même d’avoir institué COINTELPRO, le FBI avait des douzaines d’indics. Pour un seul projet, le Programme « Infos sur le ghetto », ils mirent en place un réseau de 3 248 traîtres de la communauté noire en un an.
James A. Harrison, un assistant proche de Martin Luther King et dirigeant de haut niveau de la Conférence des Chrétiens du Sud (SCLC), était un indic apprécié du FBI.
Julius Butler, toujours en vie, dirigeant ecclésiastique réputé, était l’informateur payé et envoyé par les Blancs, dont le faux témoignage servit à inculper Geronimo Pratt pour un meurtre dont le FBI savait parfaitement qu’il ne pouvait pas l’avoir commis.
(Durant mon procès pour utilisation d’articles volés, la police a révélé, à l’occasion d’un examen par recoupages, qu’un informateur payé avait été utilisé pour me vendre des biens volés en octobre 1992, dans le cadre d’une conspiration élaborée pour mettre en faillite mon commerce d’ordinateurs, m’enfermer et jeter la clé (Voir GAP News 4). L’un des facteurs clé dans cette cabale était un nègre kounichette du nom de Len Woodley, QC, qui était censé gagner les faveurs de son maître en agissant à la fois comme juge, juré et bourreau).
c) La manipulation médiatique et la diffamation personnalisée
Les médias sont parmi les armes les plus efficaces contre la communauté, mais ce sont aussi des outils décisifs à la portée des militants, particulièrement la presse indépendante et la radio.
Les cadres de COINTELPRO ont reçu des instructions pour que les militants noirs n’aient jamais accès aux médias. Dans le cas où le talent des militants parviendrait à contrer l’exclusion en s’auto-publiant et en organisant des actions autonomes, telles que des rencontres communautaires locales, l’agent a l’ordre d’agir comme suit :
« La contre-attaque doit se produire dans un organe de diffusion massive capable de toucher toute la population noire. Il y a des journaux et des magazines qui pourraient être utilisés s’ils acceptent nos articles. S’ils refusent, il faut utiliser la radio et surtout la télévision. »
(Exemple : au Royaume Uni, Jackass Howe, l’esclave du Démon, a démoli des frères et sœurs qui ne s’y attendaient nullement, tels le professeur Leonard Jeffries et le Dr. Betty Shabbaz, dans un programme de télé qu’il dirigeait, tandis qu’il refusait de donner l’antenne à Spartacus R., dont Jackass « le jacasseur » sait par expérience qu’il est redoutable sur n’importe quelle tribune).
d) L’attentat (revendiqué ou par procuration)
L’assassinat de combattants noirs pour la liberté a toujours été un facteur clé dans la relation entre Global-Europe et Global-Afrique. Toussaint Louverture, Nat Turner, Malcolm X, Martin Luther King, Shaka, Fred Hampton, Mark Clark, Maurice Bishop, Nzingha, Cudjo, Chris Har., Togagara, Steve Biko, Yaa Asante Wa, etc. : les exécutions par la police de Panthères Noires, certains d’entre eux dans leur lit ; la Global-Europe a adressé le même message à la jeunesse de la Global-Afrique pendant des siècles. Et le message a été explicité à nouveau par le FBI en 1968 en ces termes :
« Le Nègre veut avoir des sujets de fierté, il en a besoin. Il faut faire comprendre à la jeunesse nègre et modérée que si elle succombe aux prêches révolutionnaires, elle se retrouvera parmi les révolutionnaires morts. Aussi il vaut bien mieux être un héros sportif, un athlète professionnel bien payé, ou un amuseur dans le showbizz, ou encore un salarié modestement rémunéré, soit ouvrier soit employé, un homme de paix entouré d’une famille ou une personne bien intégrée, plutôt que d’être un nègre qui s’est fait connaître parce qu’il a porté un coup à l’establishment, mais qui a anéanti du même coup sa cellule familiale et qui a attiré sur lui et sur toute sa communauté la haine et la méfiance des Blancs pour toutes les années à venir… »
(En 1989, j’ai été victime d’un empoisonnement, tandis que je me rendais en tant que principal conférencier à la 14ème conférence annuelle des étudiants afro-américains de Floride. J’ai subi une opération en urgence et l’ablation d’une partie de l’intestin ; faute de quoi, ma mort aurait figuré parmi les milliers d’assassinats déguisés dont on ne soupçonne même pas que la fourberie y ait pris part. Par deux fois, la police de Lambeth et les politiciens locaux ont offert des récompenses à d’autres dans la communauté afin de m’évincer moi et mon groupe, de bâtiments que nous avions occupés. Dans les deux cas j’ai reçu des menaces de mort. Dans un cas, alors que Linda Bellos présidait, j’ai été sévèrement frappé par trois voyous qui représentaient les poulains de deux femmes, Joan Cutino et Patricia Cotterel, inspirées par un individu douteux, du nom de Paul Adams, qui par la suite obtint un emploi dans le conseil, pour lequel elle n’était pas qualifiée. Le Conseil leur dit que s’ils arrivaient à se débarrasser de Spartacus, on leur donnerait le bâtiment ; et bien sûr les imbéciles l’avaient cru. A ce moment j’écrivis que :
« L’agent provocateur et salarié qui a manipulé et dirigé des énergies destructrices est issu des rangs des incompétents ambitieux, ignorants, megalos, envieux, jaloux, politiquement fanatiques et imbus de chauvinisme organisationnel ».)
e) Le harcèlement judiciaire
Cela a été mis en œuvre pour la première fois avec une grande efficacité contre Marcus Garvey lorsqu’il lui fut refusé d’être libéré sous caution pendant trois mois et que la UNIA a dû annuler sa Convention annuelle de 1923. Cette pratique a atteint des niveaux inédits de naïveté à l’époque de COINTELPRO. Les agents avaient l’ordre d’arrêter les individus visés ou les membres clé des organisations visées, sous les accusations les plus invraisemblables, qu’il y ait eu ou non la moindre preuve pour étayer l’accusation. Le résultat, c’est par exemple le cas de Mumia Abu-Jamal, qui languit toujours en prison ; on provoque la ruine financière de la personne visée ou de l’organisation, parce que les coûts de la défense deviennent astronomiques, et que cela distrait des ressources matérielles et vitales considérables, aux dépens du mouvement.
(Au cours des 20 dernières années, j’ai été arrêté au Royaume Uni au moins 30 fois. J’ai été poursuivi en justice 13 fois, et j’ai eu deux procès dans le cadre des « articles volés », qui m’ont coûté des milliers de livres et ont absorbé une grande partie de mes ressources. Au moment culminant de ce harcèlement, j’ai été arrêté et interrogé trois fois en une seule nuit, lors d’un trajet entre le nord-ouest de Londres et le sud de Londres, ce qui m’a retardé d’une heure et demie.)
f) Conflits internes
Si quelqu’un veut provoquer un conflit entre deux ou plus de gens qui ne saisissent pas la manœuvre, le plus grave c’est qu’il y parviendra. Ainsi dans le cas du mouvement Black Power, le Mouvement pour les Droits civiques, et toute autre mouvance populaire contre laquelle le gouvernement US aura lancé une opération par « proxy » (par procuration).
L’une des personnes coincée dans la guerre interne au parti des Panthères Noires fut Kathleen Cleaver, la femme d’Eldridge Cleaver et ministre de l’information. Elle a raconté que :
« Les médias ont fait en sorte que cela paraisse de façon accidentelle, comme s’il n’y avait pas de relation entre le plan du FBI et le fait que tellement d’entre eux, les Panthères, soient arrêtés, et que tant de mariages furent rompus. Pourtant, quand c’est à vous que ces choses-là arrivent, vous savez que ce n’est pas par hasard. Nous savions à l’époque qu’il y avait une conspiration, mais nous ne pouvions pas imaginer à quel point la coordination était sophistiquée. Nous ne savions pas que cela s’appelait la COINTELPRO, et que cela impliquait le FBI, la CIA, le ministère de la défense, la Maison Blanche… »
(Ce qui m’a fait revenir à la question de la Global COINTELPRO, c’est mon expérience récente avec un jeune frère africain du Soudan, appelé Deng K. Ajak, qui, sans raison apparente, menaça de me tuer et commença à s’y préparer sérieusement depuis une tribune publique. Plutôt que d’entrer en conflit direct avec ce frère, j’expliquai la situation à quelques membres de la communauté, et cela se régla à l’amiable avec l’aide d’un ancien respecté, le chef yorouba Adelkan, comme médiateur. C’est au cours du processus de médiation que les détails de la conspiration que je soupçonnais se sont révélés. Il devint clair pour moi que frère Deng avait reçu des « orientations» de la part de membres de l’université d’East London, où il travaillait ainsi que d’autres, proches de lui. J’arrivai à la conclusion que ces gens sont soit des agents eux-mêmes qui font un travail, soit des instruments inconscients d’agents très rusés).
g) Les ragots
Ceci inclut le colportage de méchancetés gratuites, la désinformation et les mensonges effrontés sur des sujets hautement passionnels, tels que : le détournement de fonds de l’organisation, les mouchards à solde, l’homosexualité, les abus sexuels sur enfants, etc. Il s’agissait de miner le Black Panther Party et cela, que les faits existent ou pas, pour donner lieu à des accusations. S’il y a des faits patents, cela aide au succès de l’opération, mais le bureau considère que l’entreprise peut réussir même s’il n’y a le moindre fait sur lequel s’appuyer.
Un exemple célèbre de ceci est la mauvaise réputation qui a été faite à Kwame Ture (qui s’appelait alors Stokely Carmichael) par l’intermédiaire d’un infiltré appelé Peter Cardoza (et qui était son garde du corps) et d’autres. Un document du FBI indique :
« Il faut donner l’impression que Carmichael est un informateur de la CIA… Cela aidera à faire éclater l’entente entre Carmichael et la communauté noire. On suggère aussi d’informer un certain pourcentage de criminels de confiance et d’indicateurs noirs que « nous savons de source sûre que Carmichael est un agent de la CIA ». On espère que les informateurs répandront la rumeur dans plusieurs vastes communautés noires de tout le pays ».
(Je ne mentionnerai pas certains mensonges que j’ai entendus, autour du nom de Spartacus R, parce que cela ne servirait qu’à accréditer certaines saletés qui sont parmi les plus incroyables que j’ai jamais entendues, et cela contribuerait à perpétuer la légende).
h) Les exclusions par les chiens de garde
Le militant africain révolutionnaire est un proscrit du fait de la nature même de son environnement. Nous vivons dans un environnement hostile et dans une culture étrangère qui cherche à nous démoniser aux yeux de notre propre peuple. Le pire c’est quand des gens de notre propre communauté conçoivent leur rôle comme celui de chiens de garde, pour nous empêcher d’inter-agir avec notre communauté et de l’informer.
Quelques uns de ces frères et sœurs sont des agents ou des indics convaincus, mais ce n’est pas le cas de la majorité. Ils sont avant tout mal guidés, désinformés, et ce sont des individus ambitieux qui voient plus d’avenir dans le monde des Blancs que dans le nôtre. Ces individus, à cause de leur position dans la société ou de par leurs ambitions, peuvent se sentir menacés par la seule présence d’un militant révolutionnaire qui pourrait révéler leur double-jeu et leur conduite réactionnaire.
Voilà pourquoi des membres de la National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP) et d’autres « nègres au service de l’establishment » ont démarré une campagne sur le thème « Garvey doit partir », et ils ont écrit des lettres au Procureur des USA en le suppliant de déporter Garvey d’urgence. Voilà pourquoi Malcolm X s’est vu interdit de parole par Elijah Muhammad, et pourquoi les « Kounichettes », comme il les appelait, l’ont mis au rancart et ont essayé de le faire taire.
(Et c’est comme cela que Koro Salah, Kwame Ture et Louis Farrakhan sont encore à ce jour bannis en Grande Bretagne. Et des gens comme Bernie Grant, Diane Abbot, Trevor Phillips, Darcus Howe, Lee Jasper (du Trust bien doté financièrement en 1990), l’Adotey Bing du Africa Center et d’autres, stipulent que Spartacus R. devrait être exclu de certains rassemblements et manifestations publiques.
Voilà pourquoi en 1989, quand Nilou Hawthorne et moi avons démarré le mouvement populaire pour la justice électorale, afin d’élire le premier membre noir et indépendant au Parlement, Lee Jasper et David Muir (à l’époque membre salarié du parti travailliste) se joignirent à la campagne comme… agents catastrophiques. Ils réussirent à nous marginaliser, Nilou et moi, qui avions tous les deux investi de l’argent dans l’aventure, et la campagne fut tout de suite paralysée.
Voilà pourquoi lorsque, à peine quelques semaines plus tard sur la station de radio Genesis, avec mon talk-show au nom de Global Eyes, j’étais l’un des présentateurs les plus populaires de la station, et j’ai été viré par le directeur, un certain Coolie, sans raison aucune hors le fait que c’était quelque chose de « personnel »).
i) Le contrôle de la perception
Ceci a été développé en tant que projet à financement particulier par le Bureau dirigé par le général africain aveugle Colin Powell en 1987. Leur définition du concept, selon Jamaal Goree, est celui du « contrôle de ce que considérons comme vrai ; il ne s’agit pas forcément de ce qui est vrai, mais de ce que les gens perçoivent comme tel, parce que cette perception est ce qui dicte leurs comportements. Et de toute évidence, le contrôle de la perception s’exerce sur nous depuis vraiment longtemps, bien avant la représentation de Dieu, du Christ et de tous ses anges comme des Européens, par Michel ange par exemple. Ce contrôle est à l’origine de la version du FBI au sujet du Livre des couleurs des Panthères Noires.
j) Le détournement de la correspondance
Ceci inclut l’interception du courrier et l’enregistrement de son contenu, la réécriture de messages et leur envoi à des gens à qui ils ne sont pas destinés, le détournement du courrier afin qu’il n’arrive pas à destination, la création de documents et de lettres avec des en-tête falsifiées, la rétention et le retard des messages urgents et la destruction de lettres qui ne parviendront jamais à leur destinataire.
k) Rappel des autres types d’agression
Surveillance électronique et téléphonique ; cambriolages et dégâts, atteintes surprise à la propriété et attentats. Intrusions, pour installer un équipement, pour constituer des preuves, ou pour voler des documents importants ou des équipements nécessaires à la bonne marche de l’organisation.
l) Terrorisme
La pratique terroriste est intégrée à chaque opération de COINTELPRO ; souvent des groupes terroristes « indépendants » tels que le Ku Klux Klan sont utilisés pour légitimer le terrorisme d’État.
m) Organisation de purges et d’ostracismes
Les évictions ont pour effet d’isoler la personne bannie de la communauté sur laquelle on craint qu’elle puisse avoir une influence positive. Toute personne africaine, telle Winnie Mandela, dont on voit qu’elle est capable d’avoir une influence sur la communauté afin de la faire agir dans un sens contraire aux intérêts de ceux qui veulent la contrôler, doit être écartée, empêchée d’agir dans la communauté, ou parquée dans une zone restreinte de celle-ci. Avec les moyens électroniques, il est maintenant encore plus facile et économique de contrôler les mouvements individuels.
Marcus Garvey a probablement été la personne la plus marginalisée de l’histoire des déplacements internationaux. Il a été proscrit de chaque région d’Afrique. A un moment donné, Kwame Ture était interdit dans 35 pays, y compris à Trinidad, son lieu de naissance, et en Angleterre, où il reste interdit, et où il est sans doute la seule personne au monde à avoir été interdit de séjour deux fois.
Certains des Panthères Noires ont été chassés de leur propre voisinage, là où résidaient les autres membres de leurs familles.
(En Angleterre, tandis que je menais mes campagnes de boycott contre la commercialisation des produits d’Afrique du sud, avec un succès total, je me suis vu interdire l’accès au centre de Brixton, où j’habite et où je faisais habituellement mes courses, et ceci sans avoir été poursuivi pour le moindre crime).
QU’EST-CE QUI POUSSE UNE PERSONNE A AGIR CONTRE SON PROPRE INTERET ET DANS L’INTERET DE SES ENNEMIS ?
Voilà une question difficile parce qu’il y a de nombreuses raisons combinées, autant de raisons, peut-être, que l’on en a de se trahir soi-même. Parmi les motivations les plus courantes que l’on met en avant, soit pour diminuer l’importance de la trahison, soit pour l’aggraver, citons :
· L’ambition (dans le domaine politique, social ou professionnel)
· Le chauvinisme (religieux, politique, organisationnel, lorsque l’alliance avec l’ennemi est censée rapporter des bénéfices au groupe qui en conséquence apparaîtra comme plus performant que les autres)
· L’ego (malmené par la personne ou l’organisation qui a été trahie, mais largement alimenté par les sycophantes et la flatterie des médias de l’ennemi)
· La jalousie (envers la personne ou l’organisation qui a été trahie)
· La peur (de conséquences graves, de l’échec, de pertes, de blessures, de la marginalisation)
· La cupidité matérielle (parfois juste un emploi)
· Le goût du pouvoir (sur une section de votre communauté, ou au regard de l’ennemi)
· Le manque d’éducation ou la mauvaise éducation (certains ne savent pas faire mieux)
· La pauvreté (« je n’avais pas le choix »)
· Les promesses (généralement non tenues, suivies de pièges)
· La vengeance (pour des actes perçus comme erronés, ou effectivement regrettables, de la part de la personne ou de l’organisation trahie)
· La haine de soi (généralement combinée avec une divinisation de l’ennemi)
Quelles que soient les raisons ou excuses offertes, on en revient toujours à une base fondamentale : l’ignorance. Bien sûr, il y a des gens qui savent exactement ce qu’ils font et qui choisissent consciencieusement le camp de l’ennemi, en vue d’un profit individuel à court terme. Mais c’est un calcul qui relève aussi de l’ignorance.
Si je dis tout cela, c’est parce que nos Ancêtres nous ont appris que la connaissance de soi est la clé de l’existence. Et ils ne le disaient pas seulement par rapport à la conscience individuelle, mais aussi par rapport aux groupes dont nous faisons partie. Ils disaient, et c’est ce que je dis, que si vous connaissez la vérité sur vous mêmes, votre histoire, la réalité de votre situation présente, vous vivrez ; parce que si vous avez l’information nécessaire, vous prendrez toujours, j’insiste, toujours, la décision correcte pour la conduite à tenir, au sens le plus étroit ou le plus large.
Pour simplifier :
Sans information, vous êtes mort ; avec une information erronée, vous vous tuez vous même ; avec l’information correcte, vous êtes vivant pour toujours.
Comprenez-moi bien : je ne dis pas que l’ignorance est une excuse. Il n’y a jamais aucune excuse pour se trahir soi-même parce que quelle que soit l’information dont nous disposons, quand nous choisissons de voir ou d’ignorer, nous restons responsables des conséquences de nos décisions. Donc, même si l’ignorance est compréhensible, en tant que raison principale de toute trahison, et de la trahison à soi-même, l’ignorance n’est jamais une excuse acceptable.
A quoi ressemble un traître ? Contrairement à la croyance populaire, la personne africaine qui trahit la communauté africaine ressemble exactement à vous et moi. Ils n’ont pas de cornes ni de queue rouge et fourchue. C’est ce qui rend le traître si utile à notre ennemi et qui lui permet de réussir si bien ; ce sont vos voisins, vos amis, vos collègues de travail, vos amants, vos frères, vos frères, vos parents, vos enfants, vos proches et vos connaissances, vos camarades en politique ou dans vos clubs. Ce sont des gens normaux qui pour une raison ou une autre croient ou espèrent qu’il sera de leur intérêt de vendre ou de donner de l’information à l’ennemi, de vendre ou de livrer un individu ou un groupe, de travailler à neutraliser ou à miner le travail d’individus ou de groupes, à l’intérieur de notre communauté. Certains d’entre eux ne perçoivent aucun avantage visible en retour, tandis que d’autres connaîtront immédiatement une amélioration de leur sort : promotion, argent, meilleur poste de travail, installation dans le rôle même qu’avait la personne trahie à la tête de l’organisation, ou en tant que porte-parole, etc.
COINTELPRO A-T-IL ATTEINT SES OBJECTIFS ?
Il faut reconnaître que les objectifs ont été largement atteints, dans le domaine de la neutralisation du mouvement nationaliste africain pour la liberté. Tous les moyens pour le détruire, légaux et illégaux, ont été utilisés. Ils ont appris de la destruction de l’UNIA sous la direction de Marcus Garvey combien il est facile de démolir une énorme organisation simplement en faisant tomber la tête. L’idée de convoquer pour une convention annuelle une organisation forte de millions de personnes parce que l’un de ses membres est en prison est, à mon avis, parfaitement ridicule. Mais cela a montré le chemin qu’emprunterait l’ennemi pour décimer notre mouvement : éliminez les leaders, achetez-les, discréditez-les, enfermez-les, déportez-les, isolez-les et tuez-les. Si seulement nous avions appris les leçons de nos expériences antérieures. Nous avons besoin de réévaluer la notion de direction dans la communauté globale, et sa relation avec le libre choix. Mais il n’est pas trop tard pour apprendre. Nous avons le pouvoir de nous libérer nous-mêmes. Nous sommes le pouvoir.
Examinons les objectifs de nos ennemis :
1) Empêcher la convergence des groupes militants noirs nationalistes. L’union fait la force, c’est une banalité qui est plus que jamais d’actualité. Une convergence effective sera la première étape pour un véritable « Mau Mau » en Amérique, le début d’une véritable révolution noire.
Nos ennemis ont réussi, car il n’y a pas la moindre unification, et d’ailleurs il n’y a pratiquement plus de groupes militants du tout, et là où il y en a, ils sont en guerre les uns contre les autres et prétendent être les seuls à exister.
Cet état de choses lamentable n’est pas le fait du hasard, et ce n’est pas par accident qu’il se prolonge. Le fait que la majorité des Africains qui sont dans des organisations se situent en accompagnateurs du mouvement et non en leaders rendait assez facile la division entre les chefs.
2) L’objectif « empêcher l’apparition d’un ‘messie’ qui pourrait unifier et électriser le mouvement militant noir nationaliste » a été le plus spectaculaire, tant par sa réussite complète que par la façon dont cela s’est fait. Malcolm X a été tué par eux avant même qu’ils aient formulé leur décision. Martin Luther King a été tué à partir du moment où il a commencé à se dire que la non-violence n’était pas la solution à tout. Malgré son âge, Elijah Muhammad s’est trouvé hors du coup à partir du moment où il s’est éloigné du nationalisme africain militant et plus proche de l’idéal du FBI en termes de « citoyens utiles… importance du facteur religieux… et recherche sur soi ». Carmichael (Kwame Tur), Cleaver et tant d’autres ont été neutralisés par l’exil. Newton, Pratt, Dhoruba et des centaines d’autres ont été emprisonnés. Fred Hampton, Mark Clark, George Jackson et bien d’autres ont été assassinés.
Certains de ceux qui le suivent ont défendu l’idée que Louis Farrakhan est ce ‘messie’ dont parle le FBI, mais l’État ne le considère pas ainsi. Il énerve les juifs, qui voient son programme économique comme une menace pour leur base, les clients consommateurs, mais sa philosophie conservatrice, réformiste, basée sur la religion, l’Amérique moyenne qu’ils ciblent dans une optique marchande, n’est nullement militante, et relève plus du pan-arabisme que du pan-africanisme. L’Europe Globale sait très bien qu’il ne risque pas d’unifier ni de galvaniser l’esprit militant de la jeunesse africaine globalisée et de la mener à l’action révolutionnaire.
Je dois ajouter que je ne crois pas que la « mentalité messianique » soit utile le moins du monde dans notre recherche d’autonomie. Le jour où Farrakhan décidera, s’il le fait un jour, de diriger un mouvement révolutionnaire pan-africaniste, il se fera tuer. Nous n’avons pas besoin de leaders ou de ‘messies’, mais d’instructeurs révolutionnaires qui nous inspireront pour construire des structures sociales dans lesquelles tout Africain est aussi important qu’un autre, et où chacun de nous est un élément aussi vital qu’interchangeable, dans un tout qui nous soude entre nous.
3) Le troisième point dans les objectifs à atteindre était de « prévenir la violence issue de groupes nationalistes noirs ». Ils disent que c’est leur but le plus important et c’est « bien sûr » le but de leur activité de tous les jours. Et comment est-ce qu’ils s’y prennent ? Ils encouragent la violence entre individus, entre factions et entre les groupes. Il leur est bien égal que les Africains soient violents, en fait ils adorent ça, tant que nous tournons nos armes contre nous-mêmes. Ils fournissent pour cela les armes, le motif, et les cibles. Et ils utiliseront toutes les formes de violence à tous les degrés, s’ils les trouvent nécessaires pour atteindre leurs objectifs.
La violence qu’ils tentent d’empêcher est d’un autre genre, qui leur donne des cauchemars quand ils dorment : c’est la violence de la revanche et de la libération.
Pourquoi, enfin, ont-ils si peur des Africains ? C’est naturel et inévitable. Vous ne pouvez pas passer des centaines d’années à convaincre chacun, y compris vous-même, de la nature bestiale et violente des Africains sans développer une authentique peur paralysante de ces mêmes Africains. Rien ne fait plus peur à un Européen qu’un Africain en colère, sauf, peut-être, une Africaine en colère.
4) Empêcher les groupes nationalistes noirs et leurs dirigeants de gagner en respectabilité, en les discréditant auprès de trois secteurs séparés de la communauté. Combien d’entre vous peuvent honnêtement affirmer qu’ils connaissent une organisation militante qui envisage la violence comme moyen de résoudre notre problème de libération et qui soit respectée par la communauté africaine ?
5) Empêcher le développement de grandes organisations noires nationalistes, particulièrement parmi la jeunesse. C’est parce que ce but a été atteint que nous ne pouvons pas répondre positivement à la question précédente.
QUE FAIRE CONTRE COINTELPRO ET SES AGISSEMENTS EN ANGLETERRE ?
Il est très difficile de prendre des mesures contre des actions clandestines. Les initiatives qui relèvent de la contre-insurrection ne sont pas faciles à identifier, même pour ceux qui peuvent en subir les effets terrifiants ou définitifs. Une autre raison qui fait qu’elles sont difficiles à détecter et à détourner, c’est que lorsqu’elles utilisent les services de membres de la communauté visée, personne ne veut croire que ses amis les plus proches, ses collègues ou les gens de sa propre famille peuvent être des traîtres.
Et pourtant, trop d’entre eux le deviennent, et dans la mesure où les activités masquées dépendent entièrement du secret pour réussir, notre meilleure arme contre eux consiste à les démasquer. C’est très délicat pour nous. Comment pouvez-vous convaincre de quelque chose que seuls vous et un très petit nombre de gens peuvent voir ou ressentir ?
Geronimo Pratt, qui a été relâché après plus de 25 ans de prison, dit qu’il sait que c’était le FBI qui rôdait autour de lui et qui faisait différentes choses, mais quand il dit à certaines personnes ce qu’il pensait, on le prit pour un fou. Certains dirent qu’il faisait juste un accès de délire narcissique.
J’ai eu le même type de réponse choquée dans certains cercles. Par exemple, je parlais à quelqu’un d’une sœur appelée Dorothy qui avait réussi à miner avec succès le programme culturel (CAP) au point de faire quitter le CAP à toutes les femmes afin de constituer leur propre organisation. Cela se termina exactement deux semaines plus tard lorsqu’elle ne revint pas pour la seconde réunion. La personne avec qui je parlais me dit : « elle ne pouvait pas être un agent, elle était trop insignifiante. Elle n’était pas bien dans sa tête. »
La première chose que nous avons à faire pour nous protéger en tant que communauté, c’est de tenir compte du fait que la plupart des meilleurs agents sont en fait des gens tout à fait ordinaires et insignifiants. Ce qui les rend importants, c’est le travail qu’ils font, et les effets destructeurs qu’ils peuvent avoir sur une communauté entière pendant des générations.
En second lieu, toute personne africaine qui trahit notre communauté ne peut jamais « être bien dans sa tête ». Le critère pour devenir traître à la communauté africaine n’a jamais été, et ne sera jamais, l’équilibre mental. Je défie quiconque de me prouver comment une personne aussi destructrice d’elle-même, aussi limitée dans ses calculs, peut être saine d’esprit.
PRECAUTIONS PRATIQUES
Créez un entourage ouvert, fondé sur la vérité. Discutez chaque sujet ouvertement avec chaque membre de l’organisation. Traitez les divergences et les contradictions apparentes ouvertement de façon à ce qu’elles ne puissent pas être capitalisées de façon à engendrer des frictions et des conflits à l’intérieur de l’organisation ou entre les différentes organisations. COINTELPRO fait ses plus gros dégâts dans les organisations où règne le secret.
Là où personne ne sait ce que les autres font, chacun peut faire n’importe quoi à n’importe qui, et personne ne le saura. Mais lorsque chacun sait ce que chacun fait, personne ne peut rein faire à personne sans que chacun le sache.
Avant d’entreprendre une action à partir d’une information révoltante (lettre, fax, appel téléphonique, e mail, rumeur, commentaire insinuant) assurez-vous d’abord de son authenticité, sans tenir compte de l’urgence avec laquelle votre réponse est sollicitée. Cela pourrait vous coûter la vie, ou coûter la vie à d’autres. Si l’information est telle que la personne ou les personnes concernées ne devraient pas être approchées directement, trouvez une authentification auprès de trois sources indépendantes pour commencer. Ensuite, agissez de façon décidée.
Ne soyez pas trop pressé de révéler qu’une personne suspecte est un agent. Critiquez donc plutôt ouvertement et discutez les actions de la personne, ce qu’elle fait et ce qu’elle dit. Une conduite négative, destructive, peut être due à bien des facteurs, y compris l’incompétence, et pas seulement la trahison.
Relevez tous les incidents inexplicables et ceux qui s’avèrent relever de l’intervention masquée, et informez-en le groupe tout entier.
Amenez les gens médisants à s’exprimer ouvertement. Défiez-les en présence du sujet, avec des témoins, si possible. Souvenez-vous : ceux qui s’adressent à vous pour calomnier des gens vous calomnieront auprès d’autres personnes.
Soutenez toute personne africaine qui se trouve en butte aux attaques de l’État, sans considérer ce qu’on dit qu’il ou elle a pu faire. Souvenez-vous, leur terroriste c’est notre combattant pour la liberté.
Par-dessus tout, centrez-vous sur les objectifs premiers de votre organisation, concentrez-vous, continuez à faire le travail qui vise à atteindre ces objectifs, et ne vous laissez pas distraire par la chasse aux fantômes et aux ombres.
Finalement, ne coopérez pas, n’encouragez aucune coopération avec des organismes locaux ou nationaux qui sont conçus pour priver de pouvoir la communauté, par exemple en informant les autorités ou la police au sujet de ce qui se passe dans leur voisinage ou en livrant des armes qui échappent au contrôle des gangsters locaux et de leurs contreparties en uniforme.
QUE FAIRE AVEC LES TRAITRES ?
Il y a quelques années, en 1984, je discutais avec Omali Yeshitela, dirigeant du Parti Socialiste du peuple africain (APSP) de ce qu’il faut faire avec les informateurs et les infiltrés. Il m’a dit : mettez-les au travail. Son raisonnement était que l’ennemi utilise ces gens-là pour découvrir ce que nous faisons et pour miner le travail, en nous empêchant d’atteindre nos objectifs. Donc si nous les mettons au travail pour le mouvement, ils se retrouveront en conflit direct avec les intérêts de ceux qui les payent. J’ai trouvé ce conseil très valable et je l’ai gardé à une place d’honneur au fond de moi-même, toutes ces années ; pourtant c’était bien différent de ma propre position, parce que je considérais à cette époque que tous les traîtres devraient être éliminés.
Je ne sais pas si Frère Omali a complètement changé d’avis mais il explique aujourd’hui qu’il est très difficile d’être patient. « L’une des choses que certains agents font dans les organisations, c’est de monter au front et d’annoncer : ‘ Je vais faire cela, je vais me charger de ceci’ : puis, en ne faisant rien, ils sabotent l’organisation. Cela pourrait se produire souvent, mais si vous avez une organisation tolérante où les gens ne critiquent pas les gens qui n’assument pas leurs responsabilités, cela ôtera de l’importance à ce sabotage… ils couvrent des gens qui peuvent soit avoir commis des erreurs soit représenter la police dans l’organisation ». Ma position a changé quelque peu ces dernières années. Je continue à dire qu’il faut les éliminer, mais pas tout de suite. Je considère maintenant que les traîtres ( et ceux qui tirent profit de ses agissements) devraient d’abord se voir retirer l’accès à tout objet de valeur, matérielle ou sociale ; on devrait leur donner une occasion de réparer quelques-uns des dégâts occasionnés par leur comportement, puis les évaluer cliniquement pour décider s’ils sont finalement candidats à une rééducation ou à l’extermination.
LE CHEMIN A SUIVRE
La plupart des Africains qui parlent d’unité parlent à partir d’un ou deux types de caractère, celui dont ils relèvent. Ou bien ce sont des gens qui rêvent de voir tout le monde uni sous leur commandement, ou bien ce sont plutôt des gens dociles qui attendent l’arrivée du ‘messie’, ou qui se demandent pourquoi tout le monde ne suit pas celui qu’ils considèrent le leader, comme eux. Souvent ils vont faire obstacle, et miner l’action révolutionnaire, mais les autres refusent d’abandonner leurs propres principes et objectifs au nom de l’unité. Or la seule base pour l’unité, c’est la similitude des objectifs, ou leur spécificité.
L’Europe globale a appris beaucoup de notre histoire commune. Nous devons faire la même chose. Nous avons besoin d’explorer l’idée de désorganisation organisée. Au lieu d’attendre le ‘messie’ ou d’essayer d’en produire, nous devons nous mettre d’accord sur un objectif et laisser chacun aller de l’avant et faire ce qu’il veut dans le sens de l’objectif fixé. Dans ce cadre, chaque personne a l’obligation d’assister les autres, chaque fois que c’est possible, et à tous les niveaux où des choses se font dans le sens de notre objectif déclaré parce que c’est leur responsabilité, individuelle et collective, et qu’ils doivent absolument l’assumer. Le seul moyen pour nous empêcher d’atteindre cet objectif, ce serait d’abattre chaque individu engagé dans l’action. Au lieu de tenter de bâtir une coalition d’organisations militantes, je suggère que nous construisions une nation d’individus militants.
Un mot pour finir, pour « ceux qui récolteront les fruits » de l’action. Il y a deux genres de militants au service de la communauté : « ceux qui secouent l’arbre » et ceux « qui récoltent les fruits ». Les premiers, ce sont les révolutionnaires, ceux que d’autres appellent les fauteurs de trouble. Les seconds sont ceux qui se donnent pour rôle de vous représenter, pour rafler les bénéfices quand les oppresseurs sont acculés grâce à l’action des premiers, sont obligés de faire quelques réformes et concessions. Mon message pour « ceux qui récoltent » est le suivant : il faut qu’ils apprécient plus justement et qu’ils protègent efficacement « ceux qui secouent l’arbre», et qu’ils arrêtent de faire les girouettes, parce qu’il n’y aura aucun fruit à récolter pour eux sans l’action des premiers. Merci.
Références:
Churchill, Ward and Vander Wall, Jim, COINTELPRO Papers: Documents from the FBI's Secret Wars Against Dissent in the United States, South End Press, 1990, Boston, MA, p92. Goldman, Peter, The Death and Life of Malcolm X, Victor Gollancz Ltd., 1974. Aset, Duff, K., “Police Raids”, in Global Africa Pocket News, Vol.1 #4 1994. R. Spartacus, The Human Value, Sukisa Publications, 1987. Lewis, Rupert, Marcus Garvey: Anti-Colonial Champion, Karia Press, UK, 1987. Cleaver, Kathleen, Former BPP Information Officer, video interview, "The FBI's War on Black America" by Ellis, Deb and Mueller, Denis, 1989. Goree, Jamaal, and Suzar, Innervision vs. Tel "Lie" Vision (Mind Control vs. Self Control) on "Higher Consciousness", Radio KPFK Los Angeles, 9.9.97. R. Spartacus, Leadership and Selt: Determination in Global Africa Pocket News, vol.1 #6, 1994.
http://www.accessone.com/~rivero/POLITICS/COINTELPRO/USDomCovOps1.htm
http://www.accessone.com/~rivero/POLITICS/COINTELPRO/COINTELPRO-methods.htm
http://www.accessone.com/~rivero/POLITICS/COINTELPRO/bpcb
http://www.international.org/geronimo.htm
TABLE DES MATIERES
AVIS AU LECTEUR
PREMIERE PARTIE
DU REFLEXE AU CRIME ORGANISE
I FACTEURS DECLENCHANTS DE LA NEGROPHOBIE
A) Qu’est-ce qu’un Nègre
B) Qu’est-ce qu’une phobie
C) Visions positives blanches du Nègre
D) Le Noir devient le Maudit
E) Le fantasme du cannibalisme
F) Variantes « scientifiques » dans l’accusation de cannibalisme
G) Contexte actuel de la négrophobie populaire
H) Comme au Moyen Age
I) Les séquelles de l’esclavage transatlantique
J) La négrophobie coloniale théorisée
K) La négrophobie à l’ère de la globalisation
L) Qui a intérêt à répandre la négrophobie
II LES CHAMPS D’APPLICATION DE LA NEGROPHOBIE
A) « Les Nazis de banlieue »
B) L’augmentation des discriminations
C) Les « bavures » policières et l’apartheid dans le logement
D) Le vol des emplois
E) L’étouffement de la réflexion noire
F) La santé et les mœurs
G) La répression institutionnelle d’origine coloniale
H) L’exterminationnisme
III COMMENT COMBATTRE LA NEGROPHOBIE
A) Des raisons de se réjouir
B) Qui sont les pornographes
C) L’utilisation des lois existantes
D) Une présence visible dans les associations antiracistes
E) L’organisation des Noirs entre eux
DEUXIEME PARTIE
TEMOIGNAGE DE Spartakus R ., « Le programme global de Contre Intelligence et ses effets sur la communauté noire africaine du Royaume Uni, dit « COINTELPRO UK »
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Dans la même Collection :
1- Manifeste ‘Judéo-Nazi' d'Ariel Sharon
3- Nèg'marrons d'hier et d'aujourd'hui
4- Pour l'éradication du sionisme
5- La Négrophobie , du réflexe au crime organisé
préparé par le Collectif de la Marche du 22 Mai 2005.
6- Palestine, la résistance s'appelle Hamas
7- Le lobby pro-israélien et la tyrannie du néo-libéralisme
8 - Croyants unis dans l'antisionisme
9 - La liste de Dieudo