par Maria Poumier, 2008
40 ans déjà... que nous baisons en toute liberté.... et qu'on se fait baiser.
Cohn-Bendit, Glucksman, BHL, Kouchner. C'est à eux qu'on doit cette cata, et notre catatonie? Sébastien Lapaque publie à propos de toute cette racaille qui prétend nous écraser un petit livre timide mais honnête, "Il faut qu'il parte". Tout le monde a compris de qui il s'agit: du valet qui se vautre à l'Elysée, porté par les escrocs ci-dessus. Sébastien Lapaque est quelqu'un qui publie, il n'est pas sur la liste noire, il est chez Stock et Actes sud. Il écrit très justement que la France est maintenant gérée comme une boîte de nuit. Et le propriétaire, c'est qui?
Gilad Atzmon, au même moment, publie avec bien plus de liberté sur le web. Il n'a pas peur de dire, par exemple, que l'Israël dont nous célébrons - entre la Plume des Uns et L'enclume du Peuple, et spécialement en ce joli mois de mai, à grand coups de marteaux piqueurs- la cacatonie totale, l'Israël donc si mal nommé, est condamné parce que c'est un Etat qui se veut à la fois David et Goliath.
Gilad Atzmon va plus loin, se risque à généraliser, à pénétrer dans le territoire interdit de la critique des Maîtres du Discours et du reste, à l'échelle globale. Ainsi, il rappelle que même Hegel, culmination de l'idéalisme et de l'idéalisation de soi par le Nord, reconnaissait la dialectique du maître et de l'esclave, qui condamne à terme le maître car:
"Le maître est appelé le Maître parce qu'il se décarcasse pour prouver sa supériorité sur la nature et sur l'esclave, celui qu'il parvient à forcer à reconnaître en lui son maître. A première vue, on pourrait croire que le maître a atteint le sommet de l'existence humaine mais il n'en est rien. En effet, ce pourquoi les hommes se décarcassent, c'est pour être reconnus. Le maître est bien reconnu comme tel par l'esclave, mais cette reconnaissance-là ne vaut pas tripette, puisqu'un esclave n'est qu'un sous-homme. Le maître veut être reconnu comme tel par ses pairs, mais un autre maître ne saurait tolérer l'émergence d'un autre homme supérieur dans son univers. 'Bref, le maître ne peut jamais parvenir à ses fins, cette finalité pour laquelle il met en jeu tout son être' (selon Kojeve A., Introduction to the Reading of Hegel, 1947, Cornell Univ. Press, 1993, p. 40). Si bien qu'il est dans une impasse, le maître. Mais qu'en est-il de l'esclave? L'esclave est dans une démarche intense de transformation de soi, dans la mesure où, à la différence du maître qui ne peut pas aller au-delà de lui-même, il a des aspirations sans limites. L'esclave est à l'avant-garde de la transformation des conditions sociales dans lesquelles il est pris. L'esclave est l'incarnation de l'histoire et l'essence du progrès". (Gilad Atzmon: Anatomy of a Conditionally Unresolved Conflict
www.palestinethinktank.com )
Aujourd'hui, 10 mai 2008, les descendants d'esclaves, les sous-hommes absolus dans l'imaginaire hegelien, commencent une démonstration de leur puissance, avec un souffle qui se prolongera bien au-delà du joli mois de mai. La "Marche des libertés" [de la République à la Bastille, à 14heures] est en route.
Oui, ce sont eux qui ébranlent l'édifice des tours de passe passe du petit Sarko, vous savez, le gouverneur, là, celui qui nous a été fourgué il y a quelques mois pour faire appliquer la domination néocoloniale USraélienne en France, comme en Palestine, comme en Afghanistan, comme en Afrique, comme d'habitude.
Aujourd'hui, il est bon de rappeler ce que les esprits qui ont quelque recul pensent de nous, les Français qui se croient les maîtres du bon goût, et qui pleurnichent sur leur histoire: que nous sommes souvent bien ridicules et bien dégonflés, avec notre vanité mal placée. Voilà pourquoi nous publions ici
"Le malaise français", l'évaluation par Israël Shamir de nos amnésies qui est une douche glacée et salutaire. Cela a été écrit il y a cinq ans déjà, et cela est encore plus vrai depuis. Où sont-ils, les écrivains français capables de dresser notre portrait de la sorte? Ni en librairie ni sur le web... ça se saurait... Les aristocrates à la lanterne. Les enkystocrates aussi. Les libérocrates on les pendra.]