par Leyla Chavez, 3 novembre 2005
Il était une fois un noble musulman qui résidait en France ; il prit ses cinq enfants avec lui, avec sa femme aussi, une française, et il leur dit : nous partons au Maroc, cet été, où sont nos parents et nos rêves. Mais comme ils étaient pauvres, leur voiture tomba en panne, après avoir traversé l'interminable Espagne. Puis la fin des vacances arriva, et ils rentrèrent à Paris, pleins de la force du Sud.
Deux mois plus tard, Dieu leur envoie une nouvelle épreuve : d'urgence, trouver l'argent pour payer l'avocat, et peut-être même la LICRA, et la justice et l'Etat, car le 2 novembre, il a été condamné à payer une somme exorbitante pour les pauvres, 13 500 euros, outre l'humiliation et la prison avec sursis. Mais d'abord, il célèbre avec tous la fin du Ramadan. Célébrons avec lui ! Il a eu le courage de publier, pour les lecteurs en français, un livre qui rend hommage aux « Fleurs de Galilée » : ses enfants, ses martyrs, et son projet tenace : l'égalité entre tous les habitants. L'auteur est rude, à la façon dont les Israéliens sont rudes : il n'a pas eu peur d'écrire : « Dans une Amérique en expansion constante, les Juifs n'eurent pas besoin de tuer ou de supplanter les élites autochtones ; ils en devinrent une composante importante, contrôlant le discours et conquérant une puissance financière considérable. Ils ne s'identifient toujours pas avec l'Amérique goy : chaque année, ils forcent le Congrès et le gouvernement à envoyer cinq milliards de dollars à leur rejeton israélien, et ils s'efforcent de pousser l'Amérique, aujourd'hui, à faire la guerre à l'Irak à leur place » (
L'autre visage d'Israël « Fleurs de Galilée » éd. Alqalam, Paris 2004, p. 294). C'était il y a quatre ans. Tout ce que l'auteur annonçait s'est confirmé, et nos médias veulent nous pousser à faire la guerre à l'Iran maintenant, pour que les armes nucléaires d'Israël puissent librement terroriser la région. Le juge de Nanterre qui condamne l'esprit de la résistance à travers l'éditeur des « Fleurs de Galilée » a devancé l'Israël et les Etats-Unis, qui ne poursuivent pas encore ce livre, déjà traduit et publié dans une dizaine de langues. Une fois de plus, on peut constater l'abaissement de la justice française, car la formulation des conclusions du juge révèle le tabou : il a refusé de répondre à l'avocat de la défense sur le droit de critiquer de la religion juive, c'est hors sujet, de son point de vue. Cette religion se transmettant presque exclusivement par la filiation maternelle, c'est explicitement une religion qui renforce le sentiment de l'appartenance biologique à une race ; et une seule religion aurait ainsi le droit reconnu par l'Etat français de s'en réclamer. Et c'est bien en application de cet amalgame raciste que l'Etat d'Israël se déclare « Etat juif », et dénie aux non-juifs l'égalité des droits. C'est, logiquement, à une haine de type racial contre les juifs que nous incite la sentence honteuse. Pourtant Dieudonné a gagné ses procès justement en invoquant le droit de critiquer toutes les religions ; et www.Islamiya.info vient également de mettre fin à l'acharnement judiciaire contre son grand site musulman, puisqu'elle a gagné en cassation et sans renvoi, sur le droit de critiquer l' « Etat des juifs », sur plainte des habituels organes de défense des juifs : LICRA, J'accuse, UEJF [1]. L'exceptionnelle sévérité contre l'éditeur d'Israël Shamir prouve bien, s'il en était besoin, l'importance du livre en question : ce n'est pas un pamphlet de plus, dans la série des publications antisionistes, ou un triste outil pour l'histoire scientifique de l'injustice : c'est un livre qui peut faire basculer des gens de tout horizon, à partir des positions les plus sainement philosémites, des gens qui admirent le génie juif, l'esprit communautaire juif, l'attachement juif à sa tradition propre, et qui ne comprennent pas comment ces qualités débouchent sur la construction de multiples murs pour enfermer et pour affamer les Palestiniens.
L'Autre Visage d'Israël est un livre qui produit une libération de la pensée réfléchie, parce qu'il rétablit la circulation du vrai entre les différents domaines : politique locale, histoire internationale, écologie et spiritualité. Le lecteur s'y trouve honoré, il y trouve réponse à ses perplexités, légitimes et pourtant dramatiquement inavouables, un dénouement aux nouds gordiens qui l'étranglent, depuis sa raison inconsciente jusqu'aux balbutiements de son indignation. L'auteur, Israel Adam Shamir, tient à proclamer son identité d'Israélien et de chrétien. C'est avec la brutalité habituelle aux Israéliens qu'il attaque les mensonges des dominants et c'est avec la douceur du Galiléen qu'il rend la vue aux aveugles. M. Alaoui Cherifi, son éditeur en France, assume le rôle spirituel des musulmans de France : il fait appel du jugement de Nanterre. Il donne l'exemple, il résiste à l'aide de sa foi : la dignité, comme la beauté, n'a pas de prix. [1] Pour plus de détails, voir :
http://www.islamiya.info, 0870 440 455