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Yom Al Qods: soutien à la manifestation du Parti des Musulmans de France
Vendredi le 18 septembre 2009 à 15 heures place de la République Paris
YOM AL QODS - JOURNEE INTERNATIONALE DE JERUSALEM Al-Qods, Jérusalem, perle du Moyen-Orient...
par Ginette Hess Skandrani
Al-Qods, Jérusalem, la Cité des Salems... Quel que soit le nom qui lui a été donné au cours de sa longue histoire, la ville a toujours été une cité ouverte aux nombreux voyageurs, un lieu de recueillement, d'accueil et de prières. Dans les temps antiques, au moment des guerres de conquête, lorsque les guerriers arrivaient devant les portes de la ville, ils déposaient leurs armes et y rentraient pour faire leurs prières. Le nom de Jérusalem est resté synonyme de paix, de tolérance jusqu'à l'occupation israélienne. En judaïsant Jérusalem, en la vidant de sa population ancestrale et plurielle afin de mieux la faire reconnaître internationalement comme sa « capitale unifiée et éternelle », l'État juif commet une erreur impardonnable qui aura des conséquences désastreuses pour tout le Moyen-Orient. Déjà dans les différents journaux de la presse européenne, surtout française, on désigne souvent Israël par Jérusalem, alors que la capitale de l'État juif est toujours Tel-Aviv, et que les Nations Unies n'ont jamais reconnu l'annexion de 1967.
Israël essaie toujours de faire pression sur la Communauté internationale pour que les pays "amis" y installent leur ambassade afin d'en faire une capitale virtuelle. Certains pays, dont la France, ainsi que d' autres pays européens le refusent. Nous devons rester très vigilants pour ne pas nous trouver devant le fait accompli. Ils continuent également leurs fouilles sous la mosquée Al Aqsa afin de chercher leur « temple » perdu et jamais trouvé ; Ils essaient surtout de saper les fondations de la mosquée.
Le statut final de Jérusalem est considéré comme un des sujets les plus importants, avec la destruction des colonies et le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens spoliés de leur terres en 48 comme en 67, pour trouver un véritable arrangement pacifique et durable au Moyen-Orient. Si par malheur, Jérusalem devenait comme le souhaite l'État juif, la « capitale unifiée et éternelle d'Israël », aucune paix ne sera jamais possible, aucun accord ne sera viable. Il faut que l'ensemble de la Communauté internationale en soit fermement persuadée pour ne laisser aucune illusion de compromis jouable sur ce sujet.
Jérusalem est une ville arabe. En visitant les pays arabes (Maghreb et Machrek), les pays musulmans, en s'inspirant des peintures, des arts et des écrits, nous pouvons facilement nous rendre compte de l'importance de cette capitale pour le monde arabe non seulement musulman mais aussi chrétien. L'annexion illégale de Jérusalem, berceau des trois grandes religions monothéistes, est un fait historique et inaliénable. Les lieux saints juifs, chrétiens et musulmans doivent rester accessibles à l'ensemble des croyants, et donc avoir un statut international respecté par tous et garanti par la Communauté internationale.
Mais Jérusalem est aussi un patrimoine culturel et universel, pour tous, croyants ou non, et doit rester un lieu ouvert. Jérusalem Est, la partie arabe de Jérusalem annexée en 67, faisant partie de la conscience collective des Palestiniens déjà spoliés de plus de la moitié de leur pays du fait d'une partition injuste illégale et illégitime, ne peut que devenir la capitale du futur État palestinien. D'ailleurs il suffit de se promener dans les ruelles de la vieille ville pour se rendre compte qu'elle a gardé au fil des années son cachet et son statut oriental, son réseau routier et ses constructions héritières d'une architecture séculaire, alors que Jérusalem Ouest ressemble à une mégapole européenne. Cette partie arabe de Jérusalem est d'ailleurs unique au monde et nous devrions tous remercier les Palestiniens d'avoir su garder intact, malgré l'occupation, son charme ancestral.
Le 29 novembre 1947, la partition de la Palestine fut votée par la toute jeune Onu par 33 voix, 13 contre et 10 abstentions, en deux États. La résolution 181 créait un État juif sur 56,47 % de la Palestine pour 498 000 juifs et un État arabe sur 43,53 % pour 807 000 Palestiniens et 100 000 juifs. Cet État arabe n'a jamais vu le jour. Lors de la partition de la Palestine programmée par les grandes puissances de l'époque soutenant le mouvement sioniste, Jérusalem/Al Qods a été mis sous tutelle internationale avec 105 000 Palestiniens et 100 000 Juifs. Cette tutelle a duré jusqu'en Juin 1967 ou lors de la guerre des six jours, les Israéliens ont occupé la Cisjordanie, Gaza, le Sinaï égyptien, le Golan syrien et annexé Jérusalem/Al Qods. Il nous semble que la tutelle internationale sur Jérusalem n'a pas été remise en question, et reste aujourd'hui encore d'actualité.
En judaïsant Jérusalem, Israël n'a donc pas hésité à défier la Communauté internationale en violant les principes élémentaires des lois internationales qu'il s'était pourtant engagé à respecter. Plusieurs résolutions, concernant cette annexion illégale, ont été votées par le Conseil de sécurité des Nations Unies dont les plus importantes la 253 de 1968 et la 298 de 1971 considèrent que toutes les mesures administratives prises et appliquées par Israël, notamment la confiscation des terres et des propriétés, la création des colonies de peuplement juif et des routes de contournement qui visent à changer le statut juridique sont nulles et non avenues, et ne peuvent donc changer le statut de la ville.
L'annexion, l'expulsion des Palestiniens du centre ville, la confiscation continuelle des terres, la construction de colonies de peuplement et de routes de contournement sont donc illégales et doivent être dénoncées par l'ensemble de la Communauté internationale. Judaïsation de Jérusalem Les Israéliens ont commencé depuis cette annexion illégale à déclarer Jérusalem unifiée et capitale éternelle d'Israël. Cette décision unilatérale n'a jamais été acceptée par la Communauté internationale, ni surtout reconnue par les Nations Unies.
L'annexion de Jérusalem comprenait de fait la vieille ville et ses quartiers adjacents, 28 villages palestiniens qui eux n'avaient jamais fait partie du district municipal. 60% de ce qui fut déclaré "Jérusalem unifiée" se trouvait plutôt en Cisjordanie. Selon le bulletin de liaison du "Palestine Human Rights Information Center Arab Studies Society" ONG (organisation non gouvernementale) de Jérusalem, le plan adopté par le précédent gouvernement sur la "Jérusalem Métropolitaine" et approuvé en 1995 envisageait trois Jérusalem
- La Jérusalem municipale qui incluait Jérusalem Ouest (annexé en 48), et tous les territoires de Jérusalem Est annexé en 1967
- La Grande Jérusalem qui inclut une ceinture extérieure de colonies de l'autre côté de la ligne verte, intégrée dans le cadre urbain et qui contient aujourd'hui environ 50000 résidents juifs mais qui est supposée atteindre les 250000 dans 15 ans, est formée par plusieurs villes satellites, toutes construites après 67
- La Jérusalem métropolitaine qui devrait incorporer presque 40 % de la Cisjordanie, donc englober quelques grandes villes ou villages palestiniens. (Ramalah, El-Bireh, Beit Sahour, Bethlehem). Les gouvernements successifs n'avaient jamais remis ce plan en question. Celui de Netanyahu suit le même processus. Il n'y a rien à attendre d'aucun dirigeant israélien, ils sont tous sionistes. Il suffit d'écouter leurs discours pour comprendre. Leurs paroles n'ont trompé que ceux qui acceptent le colonialisme. Il semble d'ailleurs suivre la même ligne de conduite, puisque les colonies de peuplement continuent à se construire, celles existantes à s'agrandir et que la judaïsation forcenée s'accentue.
Des routes de contournement reliant les colonies aux diverses parties du secteur métropolitain isolent de plus en plus Jérusalem du reste de la Cisjordanie et en font un ensemble régional. Depuis le début de l'Intifada Al-Aqsa, commencée le 28 septembre 2000, avec le bouclage continuel des territoires qu'ils ont osé appeler « autonomes », Jérusalem est encore moins accessible. Cet ensemble divise la partie Nord de la Cisjordanie de sa partie Sud et continue de ce fait à isoler les Palestiniens de Jérusalem et à les couper de la société palestinienne. Ce plan si bien mûri et préparé de longue date, risque aussi à terme de mettre la Communauté internationale devant le fait accompli, car la population palestinienne de ce Jérusalem agrandi est minoritaire aujourd'hui.
On se demande souvent ce que font les ONG (organisations non gouvernementales), les différents organismes de défense des droits de l'homme, les commissions de l'Onu ainsi que d'autres Organismes internationaux tel Reporters sans frontières, Human Rights Watch, la FIDH et Amnesty International pour s'opposer au racket des terres palestiniennes. Ces quatre dernières organisations qui sont actuellement à la pointe de toutes les dénonciations sur les atteintes au droit de l'homme dans le monde devraient également dénoncer la planification discriminatoire et raciale qui est en train de se jouer sous nos yeux. Jérusalem est en danger ainsi que toute la terre de Palestine.
Une planification ethnique discriminatoire
Depuis 1967, plus de 90 000 unités de logements ont été construites à Jérusalem Est. 90 % d'entre elles furent construites pour des familles juives avec de larges subventions du gouvernement et divers soutiens internationaux et seulement 10% de Palestiniens ont obtenu leur permis de construire sur des propriétés privées et avec des ressources privées, sans aucune subvention. La municipalité accorde péniblement 150 permis de construire par an pour des habitats arabes, mais par contre elle fait démolir entre 20 et 50 maisons par an sous n'importe quel prétexte. La durée pour obtenir un permis de construire pour un Palestinien varie, s'il y a accord, entre 2 et 5 ans et cela lui coûte l'équivalent de 2000 dollars pour avoir l'autorisation officielle. Peu de Palestiniens peuvent se payer ce luxe. De ce fait, plusieurs familles vivent souvent dans un petit espace. S'ils veulent agrandir leur habitat, en ajoutant des pièces supplémentaires, les maisons risquent d'être détruites. Ils ne sont autorisés à construire que sur 25 % de leur terrain. Nous devons quand même signaler que la majorité des Palestiniens sont propriétaires de petites parcelles de terre.
En revanche, les entrepreneurs israéliens sont autorisés à construire sur 150 % ou plus de la taille de la propriété. Les Israéliens juifs peuvent donc acquérir des appartements spacieux dans des immeubles de grand standing. Une grande partie de Jérusalem Est manque d'infrastructures ou de services, tels que le tout à l'égout, des rues asphaltées, d'éclairage public, de parkings, de services sociaux ou scolaires. Cette discrimination est aussi une atteinte au droit de la personne.
Une revendication légitime
Jérusalem, plusieurs fois millénaire et si mythique n'est pas seulement un symbole. C'est aussi le centre historique de cette Palestine perdue, une revendication légitime des Palestiniens. Elle a été et ne demande qu'à redevenir le centre géographique, administratif, culturel et social de la future Palestine. Faire perdre Jérusalem par des méthodes coloniales, continuer à l'exclure et la séparer du futur État palestinien, c'est lui retirer son cœur et donc sa raison d'être. Aucun État palestinien, selon l'opinion de la grande majorité des Palestiniens de l'Intérieur, comme celle des réfugiés de l'extérieur, ne pourra exister sans Jérusalem. L'ensemble des résolutions votées par les Nation Unies, les positions de la Communauté internationale dont celle des États de l'Union européenne vont aussi à l'encontre de cette OPA Israélienne sur Jérusalem-Est. Ce plan d'annexion définitive va non seulement à l'encontre des aspirations nationales et pluri-religieuses palestiniennes, mais aussi et surtout de l'ensemble du Monde arabe, musulman et chrétien qui n'acceptera jamais une hégémonie juive sur la vieille ville.
Le rôle des Organisations non gouvernementales internationales à Jérusalem
Nous avons un rôle très important à jouer car nous pouvons mobiliser l'opinion publique sur les questions des droits de l'homme, et des droits communautaires et faire pression sur les gouvernements et la Communauté Européenne pour qu'ils respectent les conventions signées et les accords conclus. Analyser les injustices à la lumière du droit international, élaborer des dossiers sur les violations des droits de l'homme, montrer et démontrer l'attitude sectaire du colonisateur, faire comprendre le drame de l'exclusion est essentiel pour la sauvegarde de Jérusalem. Les ONG indépendantes sont actuellement les seuls acteurs capables de responsabiliser les gouvernements et leur demander des comptes en vertu du droit international. Elles peuvent établir des liens entre les obligations contractées par les différents gouvernements et les violations qui ont lieu et dénoncer leur rôle en matière d'application, par exemple : « l'accord de partenariat signé entre la Communauté européenne et Israël », comportant une clause sur le respect des droits de l'homme. Israël ne respectant pas cette clause, par rapport à l'épuration ethnique de Jérusalem et par rapport au massacre des populations civiles, ces accords doivent être dénoncés et abolis.
D'une part, Israël refuse de discuter sur les principaux dossiers concernant le conflit : l'ouverture des frontières de Gaza,la levée du blocus imposé, la spoliation des terres, le démantèlement des colonies, le retour des réfugiés, le statut futur de Jérusalem, la libération des prisonniers, et continue d'autre part à intensifier la colonisation, à construire de nouvelles routes et notamment un axe autoroutier traversant Israël du Nord au Sud en coupant la Cisjordanie et en grignotant l'espace vital des Palestiniens de Jérusalem. L'empressement de la majorité des parlementaires israéliens à voter en faveur d'un projet de loi rejetant le droit au retour des Palestiniens et refusant de libérer Jérusalem démontre qu'il est urgent de lancer une campagne contre l'épuration ethnique à Jérusalem.
C'est pour toutes ces raisons qu'il faut se mobiliser pour Yom Al Qods (La journée de Jérusalem) et soutenir la manifestation du Parti des Musulmans de France Vendredi le 18 septembre à 15 heures place de la République à Paris.
Paris le 15 septembre 2009
Dernière modification le : 04/11/2009 @ 05:21
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