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Il n'y aura ni paix, ni développement durable, ni désarmement au Moyen-Orient
par Ginette Hess-Skandrani
Le dernier acharnement criminel d'Israël contre la population palestinienne de Gaza durant tout un mois, massacrant surtout des civils, dont de nombreux enfants, détruisant des hôpitaux, les infrastructures sanitaires, des écoles, des mosquées, nous a prouvé que cet État n'avait pas sa place au Moyen-Orient. Du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, l'armée israélienne a conduit dans la bande de Gaza une opération aérienne et terrestre de destruction baptisée « Plomb durci ». Un bilan humain effroyable : 1.330 morts, 5450 blessés, 5000 nouveaux orphelins. Des dommages matériels colossaux : 17.000 maisons endommagées, 75% des terres agricoles dévastées, 26 mosquées détruites, 240 écoles rasées, 210 usines disparues, toutes les infrastructures à reconstruire. Et, toujours ce blocus drastique qui empêche les secours d'entrer dans Gaza ou les Gazaouis de sortir afin de se soigner. Des conséquences psychologiques voire psychiatriques notamment chez les enfants. On parle pour la première fois de cas d'errance dans les rues de Gaza, cellule familiale détruite par l'absence de foyer centre névralgique de la famille dûe aux destructions des maisons, enfants ne voulant plus se rendre à l'école pour y avoir subi des bombardements durant l'offensive.
Dès les premiers jours les chirugiens de l'hôpital de Shifa, dénonçaient la présence de matières radioactives dans le corps des blessés, possiblement de l'Uranium Appauvri.. Cette accusation est sortie renforcée de plusieurs mois d'enquête menée en liaison étroite avec les intéressés et avec l'aide de Jean-François Fechino, consultant en pollutions diffuses et expert auprès du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). ACDN vient de produire un rapport de 33 pages et Annexes qui conclut à la présence hautement probable de dizaines de tonnes d'Uranium appauvri (peut-être jusqu'à 75 tonnes) dans le sol et le sous-sol de Gaza. En avril 2009, une mission de 4 personnes dont Jean-François Fechino s'est rendue à Gaza sous l'égide de la Commission Arabe des Droits Humains. Les échantillons de terre et de poussières rapportés de Gaza ont ensuite été soumis à l'analyse d'un laboratoire spécialisé. Celui-ci y a trouvé de l'Uranium Appauvri (radioactif, cancérigène, tératogène), du Césium (radioactif, cancérigène) peut-être originaire de Tchernobyl, de la poussière d'amiante (cancérigène), des Composés Organiques Volatils (fines particules dangereuses pour la santé, surtout celle des enfants, des asthmatiques et des vieillards), des phosphates (oxydation du phosphore blanc), du tungstène (cancérigène), du cuivre, de l'alumine (cancérigène), de l'Oxyde de Thorium (ThO2) (radioactif)...
Et pour courronner le tout : Des conditions de vie dans le dénuement le plus total, absence d'eau, les gens s'aménagent des abris de fortune avec les débris des maisons et de la tôle, pas de couverture, pas de vêtements la plupart d'entre aux portent encore les habits qu'ils avaient lorsqu'ils ont dû quitter leur maison. Si l'État sioniste avait été un véritable État intégré dans cette région, il ne se serait jamais permis ce crime atroce sous prétexte de chercher Gilad dans la bande de Gaza ou d'arrêter le tir de quelques roquettes artisanales.
Quelle instance internationale osera traîner Israël devant les Tribunaux afin de l'obliger à réparer les dommages physiques et moraux causés? Pourquoi les responsables de ce drame s'estiment-ils investis d'une justice divine les autorisant à punir tout un peuple, tout en se prétendant dispensés de réparation de tous ces crimes gratuits ? De quel droit, cette entité, étrangère à cette terre arabe, peut-elle prétendre y faire la loi et semer tant de haine et de destruction ? Rappelons-nous, la guerre contre l'Irak en 1991 après que le Président irakien, Saddam Hussein eut envahi son petit voisin, et la coalition créée à cette occasion pour soi-disant libérer le Koweït. Où est la coalition qui demandera à l‘Etat sioniste de rendre des comptes ?
La résistance gazaouie a admirablement combattu la plus grande puissance militaire du Moyen-Orient et démontré qu'Israël n'était pas infaillible et qu'on pouvait lui résister avec peu de moyens. Israël pourrait être facilement vaincu si les peuples voisins voulaient bien s'en donner les moyens et ne plus faire tous ces compromis avec l'entité sioniste. Le Hamas , mouvement de résistance, qui a défendu son pays, n'a pas à figurer sur la liste terroriste établie par les USA sous injonction des sionistes. Toutes ces voix qui s'élèvent actuellement en France pour féliciter sa résistance feraient mieux d'exiger que son nom soit enlevé de cette liste absurde qui l'empêche de gérer ce qu'il a démocratiquement gagné dans les urnes.
Pendant le massacre de Gaza, et vu que les yeux de toute la communauté internationale étaient tournés vers ce petit bout de terre,l'État sioniste en a profité pour créer des colonies de peuplement en Cisjordanie, en agrandir d'autres, surtout autour de Jérusalem, construire des routes de contournement sur les terres palestiniennes, continuer à construire ce mur qui emprisonne la population dans un ghetto. L'État sioniste, État des Juifs donc ethnico-théocratique est une création européenne, imposée à ces populations, dans toute leur diversité culturelle et cultuelle, par un acte indigne de la communauté internationale : la résolution 189, imposant la partition de la Palestine. Votée le 29 novembre 1947 par la toute jeune ONU par 33 votes pour, 13 contre et 10 abstentions, sans avoir consulté les populations autochtones, ni les peuples voisins, cette résolution illégitime et illégale a créé : - Un État juif sur 56, 47 % de la Palestine historique pour 498 000 juifs. - Un État arabe sur 43,53 % du territoire pour 807 000 Palestiniens et 10 000 juifs. - Un régime de tutelle internationale pour Jérusalem avec 105 000 Palestiniens et 100 000 juifs.
La résolution 189, puis la déclaration unilatérale de création d'Israël le 15 mai 1948, sont responsables de la déstabilisation de cette région qui dure jusqu'à nos jours. Les conquêtes et occupations successives pratiquées par l'État sioniste au cours des différentes guerres, n'ont fait qu'accentuer les problèmes et les rancoeurs des populations lésées. Israël est également une puissance militaire, possédant plusieurs sortes d'armements nucléaires, chimiques et biologiques largement fournis par les USA, la Grande-Bretagne et la France, et doté des dernières découvertes techniques fournies sournoisement par les USA, qui prend, de ce fait, toutes les populations voisines en otage.
Qui parle de désarmer Israël ? L'Iran, interpellé par la communauté internationale et sommé d'arrêter ses centrifugeuses, ne cherche en fait qu'à rétablir un équilibre face à cette terreur imposée par l'État sioniste. Avant d'empêcher l'Iran de produire la bombe, il faudrait exiger et programmer le démantèlement des armes de destruction massive du côté israélien. Si la communauté internationale veut retrouver sa légitimité perdue par trois guerres illégales et combien meurtrières (Irak, Afghanistan et Liban) elle devra prendre en compte le droit de tous les peuples à se défendre et arrêter ces " deux poids, deux mesures " dès qu'il s'agit de l'État juif. Promouvoir un seul État démocratique (« un être humain, une voix ») sur la terre entre la Méditerranée et le Jourdain, où sont nées les trois religions du livre qui ont donné naissance à de grandes civilisations, nous semble la seule solution envisageable afin de ne léser personne et permettre à cette terre de bénéficier d'un développement durable s'intégrant dans une région arabe.
La promotion de deux États, soutenue par tous ceux qui veulent justifier la conservation d'un État ethnico-théocratique tout en versant des larmes de crocodile sur ces pauvres Palestiniens nous semble une proposition irréalisable. Qu'Israël profite de plus de 72 % des terres de la Palestine historique, laissant 28 % aux autochtones de cette terre, truffés de colonies de peuplement juives, de routes de contournement, cachés derrière un mur de prison et sans ouverture vers le monde, est contraire aux lois internationales.
Le droit au retour de tous les réfugiés, le démantèlement de toutes les colonies, la destruction du mur de la honte, l'ouverture sur la région et sur le reste du monde ne peuvent se réaliser que dans le cadre d'un seul État englobant Palestine/Israël, multiethnique, pluri-religieux et multiculturel. Cet État pour tous ceux qui veulent le construire, au-delà des rivalités religieuses ou politiques, devrait être soutenu et encouragé par tous les progressistes de la planète. Le colonialisme, une des plaies héritées des siècles passés, ne doit pas continuer à polluer ce troisième millénaire. Mobilisons-nous afin de l'éradiquer dans la région moyen-orientale et ailleurs.
Paris, 24 mai 2009
Dernière modification le : 04/11/2009 @ 05:33
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