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en profondeur, une vraie victoire et une victoire de la vérité
le 13 juin 2009: L'analyse du score de la Liste de Dieudo
(la Quenelle dans le système)
Les résultats de la Liste antisioniste de Dieudonné à la loupe.
Le score de la liste antisioniste fait débat. Décevant pour les uns, encourageant pour les autres, il se doit cependant pour être apprécié correctement, d'être décodé. Si le score global en Ile de France est de 1,30 %, il convient d'être comparé à ses concurrents directs, L.O et le N.P.A (cf tableau ci-dessous). Lutte Ouvrière, organisation structurée comptant 5 participations à la présidentielle totalise 0,7 %. Le N.P.A, dont le leader, candidat en Ile de France, nous était présenté il y a peu comme le meilleur opposant à Sarkozy, et candidat à la présidentielle en 2002 et 2007, totalise 3,48 % des voix.
Si l'on tient compte de l'énorme différence de moyens et de présence médiatique (nulle pour la LA.S. sinon pour commenter des demandes d'interdiction ou évoquer le soutien d'un « terroriste »), on est bien obligé d'admettre que le score de la L.A.S est comparativement bien meilleur que celui de ses concurrents directs.
L'abstention massive, près de 60 % en Ile de France et près de 70 % en Seine saint Denis ou la liste de Dieudonné a réalisé son meilleur score, a bien évidemment contribué à limiter le succès de la liste : l'abstention est d'abord le fait de l'électorat populaire, principale cible de la Liste antisioniste.
Un autre fait marquant tient à la grande disparité des résultats de cette liste : de 1 à 15 selon la sociologie de l'électorat. Entre 0 et 0,5 dans les zones bobos, entre 2 et 6 dans les zones populaires.
Malgré tous ces écueils, la liste antisioniste réalise plus de 3 % dans plus de 30 villes d'Ile de France, avec des pointes approchant ou dépassant les 6 % en Seine saint Denis (Villetaneuse), dans le Val d'Oise (Garges les Gonesse) ou dans les Hauts de Seine (Gennevilliers).
Elle bat systématiquement Lutte Ouvrière et fait souvent jeu égal avec le N.P.A dans les villes populaires.
Ceci montre qu'il existe une base électorale sensible à l'antisionisme, dont on peut imaginer qu'elle serait d'ailleurs largement supérieure (au moins 50 % de mieux) dans un scrutin à plus forte participation comme les scrutins législatifs, municipaux ou présidentiels.
Cela montre a contrario que de nombreux électeurs ne connaissent pas ou ne sont pas sensibles à cette problématique, et attendent des réponses sur les terrains sociaux ou sociétaux plus en phase avec leurs préoccupations quotidiennes.
Si Egalité et Réconciliation et le Parti Antisioniste, les deux principales composantes de cette liste, parviennent à articuler ces attentes de concert, on peut leur prédire de grands succès à venir, pour les régionales de 2010, les législatives de 2012 ou encore les municipales de 2013.
Ces scrutins permettent en effet un ciblage de la population évitant les zones électorales sociologiquement éloignées des classes populaires urbaines.
A suivre, donc…
Résultats comparés de L.A.S, L.O et N.P.A dans 38 villes populaires d'Ile de France :
L.A.S/ L.O / N.P.A
Créteil 2,91 1,03 4,66
Orly 3,44 1,53 6,70
Argenteuil : 3, 04 1,61 6,91
Bezons : 3,64 1,57 5,47
Cergy : 2,48 0,73 5,33
Garges les Gonesse : 6, 03 1,53 4,45
Goussainville : 4,67 1,46 5,39
Montmagny : 3,55 0,90 4,45
Persan : 2,96 2,57 8,69
Villiers le Bel : 3,44 1,32 4,89
Sarcelles : 3,54 1,08 4,77
La Verrière : 3, 49 0,87 7,75
Mantes la Jolie : 3,82 1,24 4,83
Trappes : 4,07 1,75 6,36
Corbeil Essonne : 2,83 1,54 4,93
Evry : 3,37 0,91 5,51
Grigny : 3,14 1,75 3,76
Bagneux : 3,04 1,26 4,95
Clichy : 3,15 1,18 4,91
Gennevilliers : 6,35 1,84 6,36
Nanterre : 3,56 1,11 5,42
Aubervilliers : 3,72 1,82 4,70
Aulnay sous Bois : 4,31 1,22 4,67
Bagnolet : 3,19 0,98 5,46
Bobigny : 4,84 2,06 5,88
Bondy : 3,78 1,62 5,71
Clichy sous Bois : 5,18 1,80 5,87
Epinay sur Seine : 3,74 1,36 5,53
L'Ile Saint Denis : 4,93 1,95 4,47
La Courneuve : 4,31 1,68 4,64
Le Blanc Mesnil : 3,20 1,26 4,89
Pierrefitte sur Seine : 3,59 1,13 5,11
Saint Denis : 4,18 1,66 7,15
Sevran : 4,09 1,49 5,83
Stains : 4,94 1,08 3,64
Tremblay en France : 4,28 1,58 5,35
Villepinte : 4,26 1,61 5,13
Villetaneuse : 5,52 1,68 4,96
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Le 8 juin 2009. Communiqué de presse de LAS
La liste antisioniste se réjouit du score réalisé en Ile de France, où avec 1,3 % elle réalise près du double du score d'une formation aussi structurée que Lutte Ouvrière et fait jeu égal avec l'opposition bidon de NPA dans de nombreuses villes.
A titre d'exemple, les scores réalisés à Villetaneuse (5,52%), Saint-Denis (4,18%), la Courneuve (4,31%), Bobigny (4,84%) ou *Clichy (5,18%), malgré une abstention massive délibérément provoquée par le pouvoir et une absence totale de moyens financiers ou médiatiques, viennent souligner le potentiel de l'opposition révolutionnaire antisioniste. * * * *La liste antisioniste publiera dans la journée une analyse détaillée des scores réalisés ville par ville (jusqu'à 6 % dans le Val d'Oise) et fera part de ses projets pour les régionales de 2010 notamment.* * * *
La Liste antisioniste *
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1. Veste ou quenelle ?
Par Chante Lupin
Les premiers seront les derniers
Les vestes se retourneront
Mais les vessies lanternent
Encore.
Un virgule trente pour cent la honte
Les Français sont bouchés la honte
On a rêvé on n'avait pas le droit
La honte
Et pourtant elle tourne, la roue
De l'histoire. Nous les premiers l'avons vue
Parce qu'elle nous est passée dessus,
Et ça fait mal.
Avec un virgule trois pour cent
Comme avec une roquette ou cent
L'ennemi peut compter sur 36 398
Ssoldats en face de lui
Qui comptent pour les autres,
Les écrasés, les épuisés,
Mais qui nous ont souri.
Dans toutes les prisons de France
On a voté pour nous, prié pour nous.
Gibier de potence direz-vous.
Mais l'abbé Pierre disait : c'est vous !
C'est vous, dans vos foyers cossus
Vous qui avez tellement peur,
Vous qui devriez avoir honte,
C'est vous !
Dans la pénombre, la courbature, les pseudonymes,
Nous entendons crépiter les yeux qui brillent
Et qui nous disent : continuez, nous sommes avec vous !
Veste ou quenelle on s'en prend tous les jours
Veste ou quenelle c'est toujours ça l'amour.
38 000,
Car il faut arrondir ( il y a des voix qui comptent double),
Nous sommes les 38 000 chante lupins tapis
Portés par un secret
Qui gronde et qui grandit.
2. Un petit bilan
Par Ginette Hess Skandrani
Un petit bilan d'une campagne très originale et surtout très mouvementée… mais certainement imparfaite, car faite dans la précipitation et sans beaucoup de concertation. La campagne avait déjà commencé lorsque je me suis décidée à la rejoindre. J'avais longuement hésité et j'ai pris conseil auprès de beaucoup de mes amis. Si, en définitive, j'ai rejoint cette liste c'était uniquement parce que Dieudonné (pour qui j'ai une grande estime) avait insisté et aussi parce que quelques amis m'avaient fait comprendre qu'il valait mieux être sur cette liste pour pouvoir m'exprimer sur le sionisme.
Je n'ai pas, malheureusement pu m'exprimer beaucoup, car le Staff de campagne, dont nous n'étions pas, avait décidé que les seuls qui s'exprimeraient officiellement seraient Dieudonné, Soral et Gouasmi. Il n'y avait aucun espace autre que celui défini par eux, pour avoir droit à la parole. Soral, qui est un orateur inextinguible et très prolifique, par ailleurs très brillant, n'est malheureusement pas un militant de terrain. Il y en avait quelques un/es sur la liste et il aurait fallu les laisser s'exprimer. C'est juré, nous ferons mieux la prochaine fois… La diversité, tant prônée par les uns et les autres - qui était bien réelle dans la composition de la liste - aurait dû apparaître dans les débats. Or elle est rarement apparue. A part, Maria et moi, aucune femme n'était invitée à s'exprimer. Aucun des Noirs présents sur la liste, en dehors de Dieudo, ne s'est exprimé, or Jean-Marie est reconnu comme un débatteur de grand talent et personne ne lui a demandé de s'exprimer.
Je dois par contre reconnaître que les interventions lors du meeting du 1er Juin étaient très intéressantes et bien diversifiées. Le coup de fil du combattant de la liberté : Carlos, téléphonant du fond de son cachot où il est à l'isolement total a créé l'événement. Nous aurons au moins fait un heureux pendant cette campagne, même si, entre-temps Sarkozy lui a fait supprimer son téléphone. Je voulais donner une autre image que celle qui était attribuée par les médias et nos détracteurs.
Nous étions beaucoup plus de gens de gauche sur cette liste et personne n'a pris en compte les divers textes des uns et des autres qui circulaient sur le net Nous avions également des gens de gauche qui soutenaient cette liste et qui nous aidaient dans le collage, le tractage. J'ai essayé de respecter la liste telle qu'elle était déjà constituée quand Maria, Leila, Anissa et moi l'avons rejointe. Un peu tard il est vrai, car les autres avaient déjà pris leurs marques et nous ne comprenions pas toujours le fonctionnement du Staff de campagne. Il a fallu tout apprendre par nous-même et passer notre temps à interroger les uns et les autres.
Je savais que j'avais énormément de différences d'analyses politiques ou culturelles avec certaines personnes sur cette liste concernant le colonialisme, l'esclavage et l'exigence de réparations, sur le nationalisme et le souverainisme, sur l'indépendance des derniers confettis coloniaux français Kanaky, Polynésie, Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, Corse, Pays Basque etc.…, sur la régularisation des sans-papiers ou le droit de vote des immigrés. Je me suis tue pour ne pas envenimer les débats et je dois reconnaître que d'autres, contre lequel on m'avait mise en garde, ont également joué le jeu, ce qui fait que la campagne s'est déroulée assez sereinement, sans grands heurts, du moins du côté des membres de la liste.
Par contre des menaces de morts, des coups de fils anonymes, des agressions lors de la distribution de tracts, des insultes, des graffitis sur les affiches ont eu lieu de la part de tous ceux que notre liste dérangeait. Et toutes ces menaces et insultes ne venaient pas que du BETAR ou de la LDJ, mais également des groupuscules gauchistes, de la CNT .
J'ai eu le plaisir de discuter avec des gens venant d'horizons très différents, avec lesquels je n'aurai jamais espéré échanger sur le sionisme, la liberté d'expression, la Palestine, la décolonisation. Je pense que nous nous sommes mutuellement enrichis.
Je crois que notre liste restera dans les annales, car dénommée antisioniste, elle a montré que nous sommes fort capables de créer une véritable mouvance de désionisation de nos différentes sociétés européennes. Tous ceux qui m'avait sommée de me retirer de cette liste parce qu'il y avait « Soral », car il y avaient des « faschos », des « extrêmes », des « chi'ites », ont dû être bien surpris, car nous avons mené cette liste ensemble et nous sommes arrivés jusqu'au bout, ce qui est déjà une réussite.
Nous avons créé un lobby antisioniste, tout le monde en parle et …nous allons continuer. J'ai juste regretté l'absence d'un autre antisioniste qui aurait eu toute sa place à nos côtés et qui aurait enrichi notre campagne : Kemi Seba. Il n'a pas voulu se retrouver à côté de certaines personnes sur cette liste et c'est bien dommage. Nous ferons mieux la prochaine fois.
9 juin 2009
3. Le résultat des élections est un plein succès
par 9696
Le mérite de la liste Dieudoné c'est d'avoir existé et d'avoir signifié la montée à la conscience de la réalité jusque là cachée : La mystification de la politique, l'illusion de la lutte politique, la caducité des notions dépassées de gauche et de droite. Le résultat des élections est un plein succès. Nous devons une reconnaissance à tous ceux qui y ont participé. A tous ceux qui ont milité pour cette liste grâce à laquelle ce résultat irréversible a été obtenu. La déception de ceux qui avaient rêvé, sur la base de certains sondages, a des résultats à 4 et 5 %, n'a pas de raison d'être. Au contraire le résultat est parfait. Il prouve que les thèmes centraux de la campagne de Dieudo sont maintenant accessible à une petite minorité, qui parvient donc à commencer à voir la vérité sous ses voiles (islamiques ou pas). Si les 4 à 5 % avaient été atteint, cela aurait été une catastrophe ! Le séisme politique global nous eut placé devant des tâches au dessus de nos moyens et aurait accéléré une répression multiforme et les pressions sur les amis les plus exposés. Mais surtout un tel résultat eut été une catastrophe en réactivant à l'intérieur même du mouvement toutes les illusions électoralistes et constructivistes du parti qui…, que…, etc. Même ceux qui déplorent que le quota permettant le remboursement des frais par l'État n'ait pas été atteint ont tort ! C'est aussi une bénédiction. Quand il n'y a pas d'argent, ça évite les querelles pour sa distribution… Et mettre un T aux médiats ne coûte RIEN, mais peut rapporter gros.
4. La Commune est aux portes de Paris et elle s'appelle la Banlieue
parLaurent Durant
Nous avons lutté avec acharnement, mais le combat ne fait que commencer. Ceux qui se réjouissent aujourd'hui que nous n'ayons pu rassembler que 36 000 gens d'honneur ont tremblé hier.
La Commune est aux portes de Paris et elle s'appelle "la Banlieue".
Beaucoup de nos camarades n'ont d'ailleurs pas voté. Beaucoup d'étrangers non plus (l'Empire leur a refusé ce droit, bien qu'ils soient aussi concernés et bien plus éveillés que nos concitoyens), de sorte que l'on peut considérer que nous sommes bien nombreux à avoir conscience, aujourd'hui, des manipulations scélérates qui sont exercées sur nos populations. Courage donc ! Haut les coeurs ! Réjouissons-nous!!!!
Le message passe. La Marmite est prête et cela commence à bouillir. L'odeur du roussi commence déjà à taquiner les narines des sionards et autres hégémonistes. Nous avons été plus que vaillants ! Continuons !!! La fin de la servitude est proche !!! Bientôt, peut-être, si Dieu le veut, le régne du papier-monnaie sera remplacé par celui des deniers du Ciel. Voici, peut-être, venu le crépuscule des idoles. Ne soyons plus dans la crainte. Restons concentrés et nous finirons par détruire les colonnes du Temple....
LAURENT DURANT, un Valois du terroir, Trois lys or fond azur.
Annexe: UN BILAN DE LA COMMUNE DE PARIS
* LOUISE MICHEL * SOUVENIRS DE CALÉDONIE CHANT DES CAPTIFS Ici l'hiver n'a pas de prise, Ici les bois sont toujours verts ; De l'Océan, la fraîche brise Souffle sur les mornes déserts, Et si profond est le silence Que l'insecte qui se balance Trouble seul le calme des airs. Le soir, sur ces lointaines plages, S'élève parfois un doux chant : Ce sont de pauvres coquillages Qui le murmurent en s'ouvrant. Dans la forêt, les lauriers-roses, Les fleurs nouvellement écloses Frissonnent d'amour sous le vent. Voyez, des vagues aux étoiles, Poindre ces errantes blancheurs ! Des flottes sont à pleines voiles Dans les immenses profondeurs. Dans la nuit qu'éclairent les mondes, Voyez sortir du sein des ondes Ces phosphorescentes lueurs ! Viens en sauveur, léger navire, Hisser le captif à ton bord ! Ici, dans les fers il expire : Le bagne est pire que la mort. En nos coeurs survit l'espérance, Et si nous revoyons la France, Ce sera pour combattre encor ! Voici la lutte universelle : Dans l'air plane la Liberté ! A la bataille nous appelle La clameur du déshérité !... ... L'aurore a chassé l'ombre épaisse, Et le Monde nouveau se dresse A l'horizon ensanglanté ! Louise Michel
* LE PROCES DE LOUISE MICHEL * Compte rendu de la Gazette des Tribunaux VIe Conseil de guerre (séant à Versailles) Présidence de M. DELAPORTE, colonel du 12eme chasseur à cheval. Audience du 16 décembre 1871. (…)
"En conséquence, notre avis est qu'il y a lieu de mettre Louise Michel en jugement pour : 1- Attentat ayant pour but de changer le gouvernement ; 2- Attentat ayant pour but d'exciter à la guerre civile en portant les citoyens à s'armer les uns contres les autres ; 3- Pour avoir, dans un mouvement insurrectionnel, porté des armes apparentes et un uniforme militaire, et fait usage de ces armes ; 4- Faux en écriture privée par supposition de personne ; 5- Usage d'une pièce fausse ; 6- Complicité par provocation et machination d'assassinat des personnes retenues soit-disant comme otages par la commune ; 7- Complicité d'arrestations illégales, suivies de tortures corporelles et de morts, en assistant avec connaissance les auteurs de l'action dans les faits qui l'ont consommée ; Crimes prévus par les articles 87, 91, 150, 151, 159, 59, 60, 302, 341, 344 du code pénal et 5 de la loi du 24 mai 1834. - Vous avez entendu les faits dont on vous accuse. Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
LM. - Je ne veux pas me défendre, je ne veux pas être défendue. J'appartiens tout entière à la révolution sociale, et je déclare accepter la responsabilité de mes actes. Je l'accepte tout entière et sans restriction. Vous me reprochez d'avoir participé à l'assassinat des généraux ? A cela, je répondrais oui si je m'étais trouvée à Montmartre quand ils ont voulu faire tirer sur le peuple. Je n'aurais pas hésité à faire tirer moi-même sur ceux qui donnaient des ordres semblables. Mais, lorsqu'ils ont été faits prisonniers, je ne comprends pas qu'on les ait fusillés, et je regarde cet acte comme une insigne lâcheté !
Quant à l'incendie de Paris, oui j'y ai participé. Je voulais opposer une barrière de flammes aux envahisseurs de Versailles. Je n'ai pas eu de complices pour ce fait. J'ai agi d'après mon propre mouvement.
On dit aussi que je suis complice de la Commune ! Assurément oui, puisque la Commune voulait avant tout la révolution sociale, et que la révolution sociale est le plus cher de mes vœux. Bien plus, je me fais l'honneur d'être un des promoteurs de la Commune qui n'est d'ailleurs pour rien, pour rien qu'on le sache bien, dans les assassinats et les incendies. Moi qui ai assisté à toutes les séances de l'Hôtel de Ville, je déclare que jamais il n'y a été question d'assassinats ou d'incendie. Voulez-vous connaître les vrais coupables? Ce sont les gens de la police, et plus tard, peut-être, la lumière se fera sur tous ces événements dont on trouve aujourd'hui tout naturel de rendre responsables tous les partisans de la révolution sociale.
Un jour, je proposais à Ferré d'envahir l'Assemblée. Je voulais deux victimes, M. Thiers et moi, car j'avais fait le sacrifice de ma vie et j'étais décidée à le frapper.
M.DELAPORTE - Dans une proclamation, vous avez dit qu'on devait, toutes les 24 heures, fusiller un otage ?
LM. - Non, j'ai seulement voulu menacer. Mais pourquoi me défendrais-je ? Je vous l'ai déjà déclaré, je me refuse à le faire. Vous êtes des hommes, vous allez me juger. Vous êtes devant moi à visage découvert. Vous êtes des hommes et moi je ne suis qu'une femme, et pourtant je vous regarde en face. Je sais bien que tout ce que je pourrais vous dire ne changera rien à votre sentence. Donc, un seul et dernier mot avant de m'asseoir. Nous n'avons jamais voulu que le triomphe de la Révolution. Je le jure par nos martyrs tombés sur le champ de Satory, par nos martyrs que j'acclame encore ici hautement, et qui un jour trouveront bien un vengeur. Encore une fois, je vous appartiens. Faites de moi ce qu'il vous plaira. Prenez ma vie, si vous la voulez ; je ne suis pas femme à vous la disputer un seul instant.
DELAPORTE - Vous déclarez ne pas avoir approuvé l'assassinat des généraux et cependant on raconte que, quand on vous l'apprit, vous vous êtes écriée : "On les a fusillés, c'est bien fait !"
LM. - Oui, j'ai dit cela, je l'avoue. Je me rappelle même que c'était en présence des citoyens Le Moussu et Ferré.
D. - Vous approuviez donc l'assassinat ?
LM. - Permettez ! Cela n'en est pas une preuve. Les paroles que j'ai prononcées avaient pour but de ne pas arrêter l'élan révolutionnaire.
D. - Vous écriviez aussi dans les journaux, dans "Le Cri du Peuple", par exemple ?
LM. - Oui, je ne m'en cache pas.
D. - Ces journaux demandaient chaque jour la confiscation des biens du clergé et autres mesures révolutionnaires semblables. Telles étaient donc vos opinions?
LM. - En effet ! Mais remarquez que nous n'avons jamais voulu prendre ces biens pour nous. Nous ne songions qu'à les donner au peuple pour le bien-être.
D. - Vous avez demandé la suppression de la magistrature ?
LM. - C'est que j'avais devant les yeux les exemples de ses erreurs. Je me rappelais l'affaire Lesurques et tant d'autres.
D. - Vous reconnaissez avoir voulu assassiner M.Thiers ?
LM. - Parfaitement... Je l'ai dit et je le répète.
D. - Il paraît que vous portiez divers costumes sous la Commune ?
LM. - J'étais vêtue comme d'habitude. Je n'ajoutais qu'une ceinture rouge sur mes vêtements.
D. - N'avez-vous pas porté plusieurs fois un costume d'homme ?
LM. - Une seule fois, c'était le 18 mars : je m'habillais en garde national, pour ne pas attirer les regards.
Peu de témoins ont été assignés, les faits reprochés à Louise Michel n'étant pas discutés par elle. On entend d'abord la femme Poulain, Marchande.
*Le Président :* Vous connaissiez l'accusée? Vous savez qu'elles étaient ses idées politiques ? Réponse : Oui, monsieur le président.
*Louise Michel :* Mais j'ai avoué le fait ! C'est inutile que des témoins viennent le certifie.r
Femme Botin, peintre. *Le Président :* Louise Michel n'a-t-elle pas dénoncé un de vos frères pour le forcer à servir dans la garde nationale ?
*Réponse :* Oui, monsieur le président. *Louise Michel :* Le témoin avait un frère, je le croyais brave et je voulais qu'il serve la Commune.
*Le Président (au témoin) :* Vous avez vu l'accusée, un jour dans une voiture, se promenant au milieu des gardes et leur faisant des saluts de reine, selon votre expression ? *Réponse :* Oui monsieur le président.
*Louise Michel :* Mais cela ne peut être vrai, car je ne pouvais vouloir imiter ces reines dont on parle et que je voudrais toutes voir décapitées comme Marie-Antoinette. La vérité est que j'étais tout simplement montée en voiture parce que je souffrais d'une entorse qui était la suite d'une chute faite à Issy.
La femme Pompon, concierge, répète tout ce qui se racontait sur le compte de l'accusée. On la connaissait comme très exaltée. Cécile Denéziat, sans profession, connaissait beaucoup l'accusée.
*Le Président :* L'avez-vous vue habillée en garde national ? *Réponse :* Oui, une fois, vers le 18 mars. *Le président :* Portait-elle une carabine ? *Réponse :* Je l'ai dit, mais je ne me rappelle pas bien ce fait. *Le président :* Vous l'avez vue se promenant en voiture au milieu des gardes nationaux ? *Réponse :* Oui, monsieur le président, mais je ne me rappelle pas exactement les détails de ce fait. *Le président :* Vous avez aussi déjà dit que vous pensiez qu'elle s'était trouvée au premier rang quand on avait assassiné les généraux Clément, Thomas et Lecomte ? *Réponse :* Je ne faisais que répéter ce qu'on avait dit autour de moi.
M. le capitaine Dailly prend la parole. Il demande au conseil de retrancher de la société l'accusée qui est pour elle un danger continuel. Il abandonne l'accusation sur tous les chefs, excepté celui de port d'armes apparentes ou cachées dans un mouvement insurrectionnel.
Me Haussman, à qui la parole est ensuite donnée, déclare que devant la volonté formelle de l'accusée de ne pas être défendue, il s'en rapporte simplement à la sagesse du conseil.
*Le Président :* Accusée, avez-vous quelques choses à dire pour votre défense ?
*Louise Michel :* Ce que je réclame de vous, qui vous affirmez conseil de guerre, qui vous donnez comme mes juges, qui ne vous cachez pas comme la commission des grâces, de vous qui êtes des militaires et qui jugez à la face de tous, c'est le champ de Satory où sont déjà tombés nos frères ! Il faut me retrancher de la société. On vous dit de le faire. Eh bien, le commissaire de la république a raison. Puisqu'il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n'a droit qu'à un peu de plomb, j'en réclame une part, moi ! Si vous me laissez vivre, je ne cesserai de crier vengeance, et je dénoncerai à la vengeance de mes frères les assassins de la commission des grâces...
*Le Président :* Je ne puis vous laisser la parole, si vous continuez sur ce ton !
*Louise Michel :* J'ai fini ! Si vous n'êtes pas des lâches, tuez-moi !
Après ces paroles qui ont causé une profonde émotion dans l'auditoire, le conseil se retire pour délibérer. Au bout de quelques instants, il rentre en séance et, aux termes du verdict, Louise Michel est à l'unanimité condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée. On ramène l'accusée et on lui donne connaissance du jugement. Quand le greffier lui dit qu'elle a 24 heures pour se pouvoir en révision : "Non ! s'écrie-t-elle, il n'y a point d'appel ; mais je préférerais la mort !"
La Gazette des Tribunaux, décembre 1871.
Dernière modification le : 03/12/2009 @ 06:53
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