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L'ENCLUME
Le Monde du 17-18 décembre 2006, p. 5:
La conférence intitulée "Examen de l'Holocauste: vision globale", qui a réuni, les 11 et 12 décembre à Téhéran, des orateurs négationnistes, a été organisée par l'Institut iranien pour les études politiques et internationales (IPIS). A la suite de cette manifestation au cours de
laquelle est intervenu le président Ahmadinejad, les dirigeants de nombreux instituts internationaux de recherche sur la politique internationale ont signé une déclaration annonçant la suspension de tous les contacts avec l'IPIS.
"Du fait de sa complicité avec les négateurs du Mal absolu que fut la Shoah, l'IPIS a perdu sa qualité d'interlocuteur valable, de partenaire acceptable", expliquent les signataires. Ils refusent de participer aux réunions et aux voyages organisés par l'institut iranien et d'inviter ses membres à leurs propres réunions.
"Nous maintenons le principe du dialogue avec l'Iran, ajoutent-ils, mais nous ne serons pas en mesure de revoir nos décisions concernant l'IPIS tant qu'il n'y aura pas eu un changement de cours, marqué par la répudiation explicite de la négation de l'Holocauste."
Parmi les signataires se trouvent Alyson Bailes, directeur du Sipri (Stockholm); Pascal Boniface, directeur de l'IRIS (Paris); Thérèse Delpech, directrice des affaires stratégiques au CEA (France); Lawrence Freedman, King's College (Londres); Dominique Giuliani, directeur de la Fondation, Robert Schuman (Paris); François Godement, directeur du AsiaCentre (Paris); Nicole Gnesotto, directrice de l'Institut européen d'études et de stratégie (Paris); Charles Grant, Centre for European Reform (Londres); Jeremy Greenstock, directeur de la Ditchley Foundation (Grande-Bretagne); François Heisbourg, président de l'IISS (Londres) et du Centre pour la politique de sécurité (Genève); Christophe Jaffrelot, directeur du CERI (Paris); Craig Kennedy, président du German Marshall Fund (Washington); Ivan Krastev,
directeur du CLS (Sofia); Pierre Lévy, chef du Centre d'analyses et de prévision (ministère des affaires étrangères, Paris); Thierry de Montbrial, directeur de l'IFRI (Paris); Guillaume Parmentier, directeur du Centre français sur les Etats-Unis (Paris); Volker Perthes, directeur du Stiftung Wissenschaft und Politik (Berlin); Bruno Racine, président de la Fondation
pour la recherche stratégique (Paris)...
Une telle démarche, qui mêle des organisations officielles, publiques et semi-publiques de plus d'une vingtaine de pays, est exceptionnelle. Au-delà de l'indignation justifiée par la conférence de Téhéran, elle se veut un signal et un encouragement pour les intellectuels iraniens à résister à la pression des autorités.
Daniel Vernet
Uggo Fabbri, Italien de 66 ans, de formation juridique, est né et réside à
Trieste. Jusqu'au 15 décembre il était consultant auprès du syndicat dit de
droite UGL (Unione Generale del Lavoro) (proche d'Alleanza nazionale,
version actuelle de l'ancien MSI de Gianfranco Fini).
Il avait été formellement invité à la conférence révisionniste de Téhéran
des 11 et 12 décembre et projetait d'y présenter une étude sur le prétendu
camp d'extermination de la "Risiera di San Sabba" à Trieste et sur le procès
qui s'était ouvert le 16 février 1976 devant la Cour d'Assises de Trieste où
des "criminels de guerre" allemands avaient été accusés d'avoir tué et brûlé
dans le supposé four crématoire de la "Risiera" 5.000 personnes, parmi
lesquelles un grand nombre de partisans slavo-communistes et de juifs. Pour
diverses raisons, U. Fabbri n'a pas pu se rendre à Téhéran.
Le 11 décembre, il accordait une brève interview à la chaîne italienne
Mediaset (propriété de Silvio Berlusconi) lors de l'émission Matrix. Cette
émission, qui avait pour titre "Si può negare Auschwitz?" (Peut-on nier
Auschwitz?), avait évoqué la question de la conférence de Téhéran. Au cours
de son interview, U. Fabbri - qui s'exprimait à titre personnel et n'avait
pas mentionné le nom de son syndicat - dénonçait le mensonge inepte de ce
prétendu camp d'extermination italien.
Quatre jours plus tard, après divers rappels à l'ordre de la part de la
direction de son bureau l'invitant de manière implicite à faire acte de
repentance, il recevait un appel téléphonique de Rome l'informant qu'il
avait été relevé de ses fonctions auprès de l'Unione Generale del Lavoro.
L'université de Nouvelle Ecosse face à un professeur présent à une conférence
négationniste
22 décembre 2006
ANTIGONISCH (CP) - Une université de Nouvelle Ecosse, contrariée d'apprendre
qu'un de ses professeurs s'était rendu à une conférence en Iran contestant
l'Holocauste, a convoqué l'enseignant mais n'a pas décidé si ce dernier
serait puni ou non.
Sean Riley, président de l'université St François-Xavier d'Antigonish, a
déclaré que si une décision devait être prise à l'encontre de Shiraz Dossa
ce ne serait pas avant le début de l'année prochaine.
Dossa, professeur de sciences politiques à l'université, a assisté à cette
conférence au début du mois et il y a traité du rôle joué par l'Holocauste
dans ce qu'on appelle la guerre contre le terrorisme.
Il a rencontré le vice-président de l'université aujourd'hui, a insisté sur
le fait qu'il n'était pas un négationniste et qualifié de fous ceux qui
nient le génocide.
N'empêche: Riley ne veut pas que l'université soit mêlée en quoi que ce soit
à un événement de ce genre et estime que le professeur aurait mieux fait de
se renseigner davantage sur le but de cette conférence.
Riley précise que l'université ne cherche pas à remettre en question la
liberté de recherche de cette faculté mais affirme qu'il s'agit de se
prononcer contre une conférence qui épouse une vue aussi "répugnante".
Dossa n'a répondu à aucun appel téléphonique ni à aucun courriel lui
réclamant une interview et il a évité toute apparition en public depuis son
retour d'Iran.
Certaines organisations médiatiques ont fait camper leurs reporters devant
le domicile de Dossa cette semaine, mais apparemment il a dit à un reporter
de la télévision qu'il ne parlerait à personne avant la nouvelle année.
http://www.570news.com/news/national/article.jsp?content=n122219A
STOCKHOLM, 14 déc 2006 (AFP)
Un enseignant suédois a été suspendu temporairement de ses fonctions pour
avoir participé à la conférence de Téhéran sur l'Holocauste, qui a
essentiellement donné la parole aux révisionnistes, rapporte jeudi l'agence
de presse suédoise TT.
La ville de Stockholm, employeur du professeur qui exerce dans un lycée de
la capitale suédoise, souhaite qu'il soit renvoyé, mais cela ne sera
peut-être pas possible car il s'est rendu à la conférence durant son temps
libre.
Ce qu'il a fait est "totalement obscène", a estimé Per Engback, un
responsable éducatif à Stockholm cité par TT.
L'enseignant, dont l'identité n'a pas été révélée, est pour l'instant
suspendu jusqu'à la fin du trimestre en cours.
La conférence de Téhéran, qui a remis en question la réalité de
l'Holocauste, a suscité une vague de condamnations dans le monde, en
particulier en Occident.
http://plumenclume.net/textes/2006/iran122006.html