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ENTRE LA PLUME ET L'ENCLUME

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L'ENCLUME

Premier prisonnier d'opinion belge

Le cas de Bahar Kimyongur

Grève de la faim de prisonniers politiques en Belgique

Comité pour la liberté d'expression et d'association (CLEA)

Lettre du 27-11-06

 

 

Le 7 novembre dernier [2006] Bahar Kimyongur, un citoyen belge de 32 ans, a été condamné à 5 ans de prison ferme dans notre pays sur base de la nouvelle loi antiterroriste et arrêté sur-le-champ. C'est le premier prisonnier d'opinion belge depuis la seconde guerre mondiale. Son cas nous concerne tous car il illustre les menaces qui pèsent sur nos libertés.

Chaque semaine, le Clea entend informer ses contacts. Vous pouvez retrouver plus de détails ainsi que toutes les possibilités d'aide concrète à ce propos sur notre site www.leclea.be

-Le Clea a envoyé une demande officielle à la ministre Onkelinx pour qu'elle
reçoive des membres du comité afin de discuter du cas de Bahar Kimyongur et
des conditions de détention des condamnés dans l'affaire DHKP-C. Musa Asoglu
et Sukriye Akar mènent une grève de la faim depuis 28 jours pour protester
contre leurs conditions de détention.
En dépit de quatre jugements en référé
exigeant la fin de l'isolement de ces détenus, d'interpellations
parlementaires, Madame Onkelinx, en personne, refuse toujours d'y mettre fin.
Même les gardiens et le directeur de la prison de Bruges sont choqués par les
traitements infligés aux prisonniers.
La une du journal turc
pro-gouvernemental Hurriyet se moquait d'ailleurs récemment de la Belgique «
où les conditions de détention sont pires qu'en Turquie ».

-Le 23 novembre, une vingtaine de sympathisants du Clea ont participé à la
conférence sur les législations antiterroristes organisée par le cercle du
Libre examen à l'ULB ; Laurette Onkelinx y était attendue.
Mais celle-ci, malgré plusieurs confirmations de sa présence, n'était
finalement pas présente. Commentaire du représentant de la Ligue des droits
de l'homme face à l'assemblée : « Les silences de la ministre en disent plus
que ses longs discours ». « Tout le pouvoir à la police, aux procureurs, à
l'exécutif de l'Etat ; le retour à l'arbitraire de l'Ancien régime, voilà ce
qu'il se cache derrière les nouvelles législations antiterroristes » a résumé
Denis Bosquet, un avocat intervenant au débat.

-Le 24 novembre, suite au verdict en appel du 7 novembre concernant l'affaire
DHKP-C, les avocats des condamnés ont décidé d'introduire un pourvoi en cassation.
Cette juridiction ne traite pas du fond du dossier mais de la forme du procès.
Les défenseurs avancent notamment comme arguments les atteintes portées par le tribunal d'appel à la liberté d'expression, la présence d'un représentant de l'Etat turc « comme second procureur au procès ». Ce jugement est, en effet, entaché d'une série d'irrégularités manifestes : le juge de première instance a été spécialement déplacé pour mener ce procès (nous avons affaire à la constitution d'une cour spéciale) ; le procureur au procès Delmulle a participé à la réunion secrète du 26 avril 2006 visant à organiser la livraison de Bahar Kimyongur, citoyen belge, via les Pays-Bas à la Turquie (le défenseur des intérêts de l'Etat belge au procès participe donc à la commission d'un acte illégal car la Belgique ne peut extrader l'un de ses ressortissants) ; des faits assurément politiques ont été correctionnalisés afin de faire passer des opposants politiques au régime d'Ankara pour de vulgaires bandits grâce à la loi antiterroriste de 2003, en posant comme une évidence le caractère éminemment démocratique du régime turc?

-Le 25, quelques 80 sympathisants du Clea se sont à nouveau rassemblés sur les marches de la Bourse à Bruxelles pour exiger notamment la libération de Bahar Kimyongur.

Bahar purge, depuis le 7 novembre dernier, une peine de 5 ans de prison ferme car le tribunal de Gand le considère comme « le chef d'une organisation terroriste ». Bahar Kimyongur n'a commis aucun délit en Belgique, en Turquie ou ailleurs mais pour le tribunal, le fait d'avoir traduit un communiqué du DHKP-C et le fait d'informer la population belge à propos de la situation des droits de l'homme en Turquie à partir du bureau d'information du DHKC à Bruxelles démontre son appartenance à l'organisation communiste. Raisonnement limpide de la cour : cette organisation étant étiquetée « terroriste » par les USA et l'UE, Bahar est un terroriste. Les nombreuses marques de soutien exprimées à son égard lors des audiences du procès prouvent pour le juge Loghe son caractère dirigeant (l'idée développée par le tribunal : Bahar est le chef, les personnes présentes sont ses complices). Or la plupart des personnes assistant au procès étaient des membres de la famille Kimyongur et des citoyens belges interpellés par les risques d'atteintes à la liberté d'expression qui revêt ce type de procès. Selon notre comité, ces raisonnements démontrent que la « lutte contre le terrorisme » risque de toucher tous les citoyens critiques dans notre pays.


http://plumenclume.net/textes/2006/kimyongur112006.html

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