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ENTRE LA PLUME ET L'ENCLUME

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ENCLUME

L’Association Entre la plume et l’enclume
répond
à la pétition de soutien à une
historienne persécutée:


Toute notre sympathie va aux gens persécutés à cause de la qualité de leur réflexion. Si Mme Lacroix démontre que les crimes staliniens ont été exagérés par la propagande occidentale, cela nous semble une excellente nouvelle pour l’humanité, y compris pour les Ukrainiens. Mieux encore, plus les historiens démonteront les mensonges du XXème siècle imputables aux pères spirituels de ceux qui se veulent actuellement les Maîtres du discours et du monde, plus nous leur serons reconnaissants de leurs efforts et de leur résistance aux pressions. Comme le rappelle judicieusement la pétition de soutien à Mme Lacroix, « l’article 11 de la loi du 13 juillet 1983 stipule : «les fonctionnaires bénéficient, à l’occasion de leurs fonctions, d’une protection organisée par la collectivité publique dont ils dépendent, conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois spécialisées », et cela peut garantir leur loyauté envers l’État et la nation ; oui, cette protection doit être effective pour tous, même si leurs recherches déplaisent à certains.

Néanmoins, cela ne saurait tenir lieu d’immunité ; le libre débat autour des publications des uns et des autres est toujours souhaitable. Combien d’historiens et autres chercheurs salariés de l’Éducation nationale n’ont-ils pas été vilipendés impunément dans l’exercice de leurs fonctions, simplement parce que leurs travaux déplaisaient à des organisations communautaires assez puissantes pour empêcher le libre débat public autour de ceux-ci ? En ce moment même, dans un pays voisin, le chercheur David Irving, un historien de renom, vient d’être condamné à trois ans de prison pour des opinions mal étayées et qu’il a d’ailleurs reniées, alors que l’ensemble de ses travaux est largement reconnu par la communauté scientifique, et que ses livres sont publiés dans toutes les langues européennes. Et le parquet fait appel, en redemande, car il veut « dissuader les gens de droite » d’être aussi arrogants dans son domaine, l’histoire de la Seconde guerre mondiale. Si des lois permettent un tel déni de justice, et prétendent s’imposer dans toute l’Europe, elles doivent être corrigées. Il est donc indispensable de revenir sur le contenu des «lois spécialisées» en vigueur en France, auxquelles les historiens, mais aussi les associations communautaires, comme les simples citoyens, doivent se plier.

Certains, constatant que la notion de négationnisme s’est popularisée et généralisée, semblent souhaiter réserver son usage à des fins judiciaires spécifiques: «ce terme désigne juridiquement la négation des crimes nazis et ne saurait être employé pour limiter la liberté de pensée et de recherche qu’à des fins d’intimidation et de diffamation», dit la pétition de soutien à Mme Lacroix. Mais la langue a la capacité, propre à tous les produits de l’esprit, d’évoluer à sa guise sans tenir le moindre compte des interdits. Effectivement, il y a vingt-cinq ans, le néologisme «négationnisme» évoquait une attitude extraordinairement satanique, et on imaginait qu’il était condamné à disparaître avec l’aberration qu’il désignait. Mais c’est le contraire qui s’est produit ! Le concept s’est révélé créateur, et il désigne maintenant de façon lumineuse l’attitude du criminel qui non seulement nie son crime, mais veut l’étendre, l’approfondir et le prolonger en interdisant toute recherche sur les origines du crime.

Les historiens africains ont bouleversé nombre de certitudes de fonctionnaires en  montrant la continuité dans l’occultation du plus colossal des crimes contre l’humanité, la  mise en esclavage industriel et la déportation des Africains, par les Européens, pour  l’exploitation des richesses de l’Amérique. Leurs relais en France ont su faire reconnaître  ce crime contre l’humanité par la loi Taubira. Celle-ci doit déboucher sur des réparations  concrètes, et sur une prise en compte des découvertes des chercheurs africains.

Les historiens africains vont encore bien plus loin dans la mise en lumière du  négationnisme, de l’approfondissement du crime par la pornographie mémorielle, le  mensonge immodéré sur le passé. Ils ont su le faire parce qu’ils en sont les premières  victimes ; ainsi l’égyptologue Cheikh Anta Diop a subi toutes les diffamations,  s’est vu  refuser un poste à l’université et toute espèce de reconnaissance publique, parce qu’il  démasquait des impostures gravissimes dans l’enseignement africaniste pratiqué par les  Français et les Occidentaux. 

La loi Taubira, votée à l’unanimité en 2001, à l’ouverture du siècle, est une loi  révolutionnaire, qui contribue à faire évoluer la conscience de l’identité française, à la  démocratiser réellement. Comme toutes les nations qui ont été impériales, la France a  besoin de se réveiller, de se désaliéner, et la loi Taubira favorise l’apparition de l’esprit  autocritique chez les universitaires. Elle est même tellement révolutionnaire, que certains  historiens en font des cauchemars peuplés de hordes nègres les sectionnant en masse à la  guillotine. C’est apparemment la seule loi relative à la liberté d’expression qui les  empêche sérieusement de dormir ! Mais elle a déjà eu un effet paradoxal et salutaire :  amener chaque jour plus nombreux des intellectuels à demander l’abrogation de la loi  Gayssot, dont elle est un effet secondaire. 

En tout état de cause, l’histoire n’est qu’un outil, pour la satisfaction du besoin de  vérité, qui renaît constamment, dans toutes les sphères de l’activité, mais les sociétés  occidentales accordent toute leur foi à cet exercice intellectuel, pour se connaître elles-  mêmes. Il est donc du devoir des historiens de contribuer à désintoxiquer les  Occidentaux, encore aveuglés et aliénés par les succès matériels de leur civilisation, faute  de quoi ils ne sont que les agents zombifiés de pouvoirs sectoriels. 

  Si Mme Lacroix reconnaît la justesse de notre raisonnement, et demande avec  nous l’abrogation des lois Gayssot, de la loi sur le génocide arménien, de la loi sur la  colonisation positive, toutes lois improvisées pour offrir une immunité à certains, et à  terroriser le reste de l’humanité, nous la soutiendrons bien volontiers. 

 

  Association Entre la Plume et l’Enclume,

plumenclumeàyahoo.com  

http://plumenclume.net


  Pétition adressée à M. Gilles de Robien,
ministre de  l’Éducation nationale, de l’Université
et de la Recherche

  SOLIDARITE avec l’HISTORIENNE ANNIE LACROIX-RIZ
CONTRE la  CHASSE aux SORCIERES  

- Parce que nous disons non à toute forme de chasse aux sorcières totalitaire en  France et en Europe !   

- Parce que nous refusons la pensée unique et l’histoire officielle « politiquement  correcte » !  

- Parce que nous défendons le statut de la Fonction publique, garant de la laïcité,  de l’universalité des services publics, de l’indépendance de l’Université  et de la recherche  scientifique,   

nous demandons à M. le Ministre de l’Éducation nationale   de faire cesser le harcèlement politique contre l’historienne Annie  Lacroix-Riz, 

Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris VII et historienne de  renommée internationale, Mme Annie Lacroix-Riz est harcelée depuis des mois par une  officine regroupant des nostalgiques de la Russie et de l’Ukraine « blanches ». Ignorant la  loi, qui garantit aux fonctionnaires la protection de l’Etat contre les intrusions partisanes,  un député de Mayenne franchit un cap supplémentaire dans le harcèlement et la  tentative de chasse aux sorcières en relayant la lettre d’une Française d’origine  ukrainienne qui exige que le Ministère désavoue publiquement, voire sanctionne, Mme  Lacroix-Riz, accusée de manière irresponsable de « négationnisme » et de  « révisionnisme ».   Le « crime » de Mme Lacroix-Riz est, sur la base de ses recherches sérieuses et  d’arguments historiques qu’il revient à la communauté scientifique et aux citoyens de  discuter et d’apprécier librement, de ne pas abonder dans le sens d’une interprétation  reposant sur la criminalisation à outrance de l’histoire communiste de la Russie et de  l’Ukraine au 20ème siècle.   Le courrier liberticide relayé par le député de Mayenne exige quant à lui  ouvertement que le gouvernement s’aligne sur les déclarations des parlements ukrainien  et russe sur la «famine en Ukraine» en 1932/33 et qu’il «mette à l’index» la «tradition  universitaire française d’admiration pour le régime stalinien» (sic) à partir de «faits»  déclarés «historiquement établis» sur l’autorité d’institutions internationales qui n’ont  pas de légitimité scientifique et universitaire. Bien entendu, l’accusation de  négationnisme n’a aucun fondement législatif en droit français puisque ce terme désigne  juridiquement la négation des crimes nazis et ne saurait être employé pour limiter la  liberté de pensée et de recherche qu’à des fins d’intimidation et de diffamation.  Cette campagne de harcèlement intervient à un moment où, à l’échelle  européenne, diverses forces réactionnaires s’efforcent de criminaliser le marxisme et le  «communisme historique», de les amalgamer l’un et l’autre au nazisme, au risque de  banaliser ce régime intrinsèquement criminel, de NIER les immenses sacrifices consentis  par l’URSS pour vaincre le Troisième Reich («les Français savent que la Russie  soviétique a joué le rôle principal pour leur libération», déclarait ainsi le Général De  Gaulle en 1966), et de diaboliser à jamais toute contestation du capitalisme et du  libéralisme économique.   Les mêmes forces viennent d’ailleurs en France de tenter d’imposer  une réhabilitation du colonialisme en prétendant imposer par la loi une  histoire unique de la colonisation française.   

 Il serait en outre hautement contradictoire qu’au nom de la condamnation  hypocrite du « totalitarisme », une opinion sur l’URSS et sur le communisme fût  désormais totalitairement imposée à tous les citoyens, à tous les chercheurs, à tous les  étudiants, à tous les jeunes élèves! La France, terre de la 1ère Déclaration des Droits de  l’Homme et du Citoyen renierait les principes invoqués par sa Constitution en donnant  ainsi le signal d’une chasse aux sorcières digne du fascisant Mac Carthy, dont  l’expérience a montré maintes fois qu’elle n’a plus de limites une fois déclenchée.   C’est pourquoi, indépendamment du jugement que chacun des signataires de  cette pétition porte à titre personnel sur l’URSS, sur la pensée et sur l’expérience  communiste du 20ème siècle, indépendamment de tout jugement de valeur sur les thèses  et sur les recherches de Mme Lacroix-Riz et de ses collègues sur la période et sur les faits  concernés, les soussignés déclarent :

- que «ce n’est pas au Parlement d’écrire l’histoire» (M. Jacques Chirac,  président de la République), et encore moins à des assemblées russe et ukrainienne  d’établir ce que doivent penser les Français sur l’histoire et ce que doivent «trouver» les  historiens travaillant sur telle ou telle période ;

- que la liberté de conscience, de pensée, de recherche, ne se divise  pas : toute atteinte à la liberté de recherche, de pensée, d’opinion,  d’expression, toute attaque contre l’indépendance statutaire des professeurs,  des chercheurs et des fonctionnaires attente du même coup à la démocratie  et à la liberté de tous. Il ne s’agit pas en l’occurrence d’approuver ou de désapprouver  telle ou telle idéologie, telle ou telle approche historique, mais de rappeler avec force le  mot de Voltaire : «je ne suis pas d’accord avec vos idées, mais je me battrai jusqu’au  bout pour que vous puissiez les exprimer».

En conséquence les signataires prient instamment M. le Ministre de condamner  catégoriquement les sommations liberticides qui lui sont faites à l’encontre de  Mme Annie Lacroix-Riz ; ils demandent instamment que M. le Ministre fasse appliquer  en faveur de Mme Lacroix-Riz l’article 11 de la loi du 13 juillet 1983 qui stipule :  « les fonctionnaires bénéficient, à l’occasion de leurs fonctions, d’une protection  organisée par la collectivité publique dont ils dépendent, conformément aux règles fixées  par le code pénal et les lois spécialisées ». 

PREMIERS SIGNATAIRES

Georges Hage, doyen de l’Assemblée nationale, député du Nord ; Georges  Gastaud, agrégé de philosophie ; Jean-Pierre Hemmen, fils de fusillé communiste de la  Résistance ; Pierre Pranchère, ancien député de Corrèze, ancien parlementaire européen,  résistant FTP ; Léon Landini, président de l’Amicale Carmagnole-Liberté des anciens FTP  de la Main-d’Oeuvre Immigrée, Officier de la Légion d’honneur ; Karine Van Wynendaele,  agrégée d’histoire ; Benoît Foucambert, professeur d’histoire ; Marc-Olivier Gavois,  professeur d’histoire ; Simone Nicolo-Vachon, résistante ; Désiré Marle, prêtre-ouvrier,  militant antifasciste et internationaliste ; Vincent Flament, professeur de lettres, militant  antifasciste et internationaliste ; Daniel Antonini, secrétaire international du Pôle de  Renaissance Communiste en France ; Jean-François Dejours, professeur de philosophie ;  Max Andréoli, agrégé de l’Université, docteur ès lettres ; Michel Collon, écrivain,  journaliste, Bruxelles ; Maurice Cukierman, professeur d’histoire ; Jean Bricmont,  professeur de physique, université catholique de Louvain, Belgique ; Anne Morelli,  Professeure d’histoire contemporaine à l'université libre de Bruxelles ; Jean Pestieau,  Professeur à l'université catholique de Louvain ; Anne Colombo, juriste; Esnard Colombo,  chargé de clientèle; Alexis Lacroix, professeur de physique, responsable du réseau JRCF;  Laure Lacroix, archiviste-documentaliste; Olivier Rubens, P.R.C.F Sarthe; Maria  McGavigan, Directrice de l'Université marxiste, Bruxelles; Herwig Lerouge, éditeur de la  revue Études Marxistes, Bruxelles; Pol de Vos, chercheur à l’Institut de médecine  tropicale, Anvers, Belgique ; Baudouin Deckers, Secrétaire général du Parti du Travail  de Belgique ; Lacour Maurice, chef de détachement FTPF, 236e compagnie, Haute-  Corrèze ; Fossard Jeannette, syndicaliste, Tulle ; Fossard René, commandant du 2e  bataillon FTPF, Tulle ; Loche Jean, maire honoraire de Sainte-Fortunade, ancien résistant  FTPF ; Combe Jean-Pierre, ingénieur de l’école polytechnique ; Combe Christiane, fille de  résistant FTPF

 

 

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