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L'ENCLUME
Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a qualifié vendredi de "négationniste" le livre
de Pierre Péan sur le Rwanda Noires fureurs, blancs menteurs, paru en novembre 2005 chez Fayard, contre lequel l'association a porté plainte jeudi. Interrogé par l'AFP, Pierre Péan s'est borné à déclarer que "face à des accusations ridicules, le silence s'impose".
"C'est un livre que je qualifierais de négationniste, même si la poursuite pour fait de
négationnisme n'est pas possible au regard de la législation française sur ce génocide", a déclaré M. Sopo lors d'une conférence de presse. Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée contre l'auteur et l'éditeur pour diffamation et incitation à la discrimination raciale. Pour M. Sopo, le livre "reprend de fait des présupposés de l'idéologie génocidaire qui a conduit au drame des Tutsis essentiellement au Rwanda". Pierre Péan, qui "n'a jamais mis les pieds" au Rwanda, reprend "les clichés et les stéréotypes les plus grossiers à l'encontre des Tutsis", a-t-il affirmé.
Un des passages du livre visés par la plainte stipule que la "formation au mensonge était observée par les premiers Européens qui ont eu un contact prolongé avec les Tutsis". Pierre Péan "ne nie pas le génocide, mais il jette un trouble sur qui sont les victimes et qui sont les bourreaux. A la lecture du livre, on se demande si les Tutsis n'ont pas mérité leur sort", a-t-il aussi jugé. "Nous, victimes du génocide, savons à quel point l'idéologie tue", a déclaré François Ngarambe, président d'Ibuka Rwanda, une association qui lutte contre l'idéologie génocidaire et soutient la réhabilitation des victimes. L'association ne pouvait juridiquement déposer plainte et SOS Racisme l'a donc fait pour elle. "C'est d'autant plus grave que l'idéologie génocidaire ne s'éradique pas en 10 ans, et ce livre est capable de remettre le feu aux poudres non seulement au Rwanda mais dans toute la région des Grands Lacs", a-t-il estimé.
MM. Sopo et Ngarambe ont mis en avant la "notoriété" et la "réputation d'investigateur", en Afrique même, de M. Péan pour expliquer leur plainte. Espérance Brossard, présidente d'Ibuka France, a indiqué que son association envisageait de se constituer partie civile.
A de la sortie du livre, en novembre 2005, l'écrivain-journaliste avait regretté, dans des déclarations à l'AFP, que l'histoire se soit figée "dans une version voulue et imposée par le vainqueur: Paul Kagame", ancien chef des rebelles tutsis et actuel chef de l'Etat rwandais. La très grande majorité de la presse française a repris ses attaques contre la France, selon Pierre Péan. "J'essaye de montrer que les gens de Kagame ont été diaboliquement forts en menant une guerre moderne: d'abord faire parler les armes puis lancer une extraordinaire campagne de désinformation", poursuivait-il.
Voila.fr 6 octobre 2006
http://plumenclume.net/textes/2006/pean102006.html