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Ne nous cachons pas la vérité entre nous… Politiquement, nous sommes les agresseurs et ils [les Palestiniens] se défendent eux-mêmes… Le pays est le leur, parce qu'ils y habitent, alors que nous voulons prendre leur pays… Derrière le terrorisme [des Arabes] il y a un mouvement qui, bien que primitif, n'est pas dépourvu d'idéalisme et de sacrifice de soi. Simha Flapan, Zionism and the Palestinians , New York , 1979, p. 141-42.
Si j'étais un leader Arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal ; nous avons pris leur pays [aux Palestiniens]. Il est vrai que c'est la Terre Promise, mais comment cela pourrait les concerner ? Notre dieu n'est pas le leur. Il y a eu l'antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu'une seule chose : nous somme venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient t-ils accepter ça ?
Nahum Goldmann , Le Paradoxe Juif, Paris, 1976, p. 121.
Les villages juifs ont été construits sur l'emplacement des villages arabes. Vous ne savez même pas le nom de ces villages arabes, et je ne vous blâme même pas parce que les livres de géographie n'existent plus, et non seulement les livres n'existent plus, les villages arabes n'existent plus eux aussi. Nahlal s'est érigée sur la place de Mahlul ; le kibbutz Gvat à la place de Jibta ; le kibbutz Sarid à la place de Huneifis ; et Kefar Yehushu'a à la place de Tal al-Shuman. Il n'y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n'ait pas connu une ancienne population arabe. »
Discours de Moshe Dayan, au Technion (Israel Institute of Technology), Haifa. Cité in Ha'aretz, 04/04/1969.
Le pillage tous azimuts des biens des Palestiniens par les juifs [en 1948] était si répandu qu'il suscita ce commentaire de la part du Premier Ministre, consigné dans son Journal intime. Il était « amèrement surpris par la ‘rapine massive' à laquelle toutes les couches de la population ont participé ». […] Tom Segev a rapporté que : « A Haïfa, Jaffa et Jérusalem il y avait beaucoup de civils parmi les pilleurs. » Un autre auteur israélien, Moshe Smilansky, a rapporté que : « Des individus, des groupes et des communautés se sont jetés sur le butin. Les portes, les fenêtres, les linteaux, les briques, les tuiles, les carreaux de sol, la ferraille et les pièces de rechange… » Segev a commenté que Smilansky « aurait pu ajouter à la liste : les cuvettes de toilettes, les éviers, les robinets et les abat-jour.' »
Donald Neff , Fallen Pillars: U.S. Policy Towards Palestine … , NY, p. 68.
Pour consolider leurs gains après la guerre de 1967, selon les statistiques de l'ONU, les Israéliens ont détruit entre le 11 juin 1967 et le 15 novembre 1969 quelque 7.554 maisons d'Arabes palestiniens dans les territoires saisis durant cette guerre ; ce chiffre n'inclut pas trente-cinq villages dans le Golan occupé qui ont été complètement rasés. Au cours des deux années entre septembre 1969 et 1971 le chiffre des maisons détruites a atteint les 16.312 maisons. »
Alfred Lilienthal , The Zionist Connection II, 1978, p.160.
[…] Une politique systématique de pillages et de vols de propriétés a été récemment mise à jour par l'ouverture des archives israéliennes (B. Morris cité par Masalha, 2002: 45-46). Dès décembre 1948, une loi sur les propriétés abandonnées est instituée par les Israéliens, visant à légitimer l'expropriation de près de 92% du territoire. Les Palestiniens expulsés sont déclarés absents, il est donc possible de s'emparer de leurs terres et habitations. Selon l'historien israélien Simha Flapan, 300 000 hectares de terres, 73 000 pièces d'habitation dans les maisons abandonnées, 7 800 boutiques, ateliers et entrepôts et 5 millions de Livres palestiniennes reposant sur des comptes en banque sont simplement dérobés (Vidal, 2002: 129). Cette politique continuera jusqu'à la seconde expulsion de 150 000 Palestiniens (que suivront 300 000 de plus), lors de la Guerre de 1967.
Sous-Commission des droits de l'homme 2003, §7, Cote : E/CN.4/Sub.2/2003/NGO/48, §7 .
Le droit au retour des réfugiés palestiniens reste la question la plus épineuse du conflit israélo-palestinien. 85% des habitants de la Palestine historique furent expulsés de 531 de leurs villes et villages, soit plus des deux tiers de la population palestinienne. Ainsi, près de 4 millions de réfugiés sont actuellement enregistrés auprès de l'UNRWA ( United Nations Relief and Works Agency ). Partagés entre les camps de Cisjordanie, Gaza, Jordanie, Liban et Syrie, cette population palestinienne regroupe les déplacés résidant en Palestine du 1 er juin 1946 au 15 mai 1948 ainsi que leurs descendants, ayant perdu leur domicile et leurs sources de revenu en raison du conflit de 1948. Ne sont pas recensés près d'un million de réfugiés en plus, soit les résidents hors de la Palestine mandataire en 1948 et 1967, les résidents hors de la zone d'intervention de l'UNRWA (Egypte, Irak), les réfugiés de 1967 ou les Palestiniens aisés, exilés en 1948 et non inscrits à l'UNRWA.
Sous-Commission des droits de l'homme 2003; Cote ONU: E/CN.4/Sub.2/2003/NGO/48 .
Dans ses Mémoires, « Mein Leben USA-Europa-Israel », Nahum Goldmann expose en détail les intrigues dont il a dû user pour faire aboutir la Résolution du ‘Partage' de la Palestine. C'est que le vote devait avoir lieu quelques jours avant la fameuse date du 29 novembre 1947, à un moment où la majorité requise n'était pas assurée, ce qui aurait compromis, peut-être définitivement, la création de l'État ‘juif'. On y apprend, entre autres, que c'est grâce au vote français, imposé par un grand sioniste méconnu : Léon Blum, que la résolution a pu aboutir. Extraits traduits par nos soins de l'Allemand :
Le vote lui-même a été un drame qui a mis les nerfs à rude épreuve. Il trouva sa conclusion, comme l'on sait, un samedi : le 29 novembre 1947. Mais il était en fait prévu trois jours plus tôt, un mercredi. Le 26 novembre dans l'après-midi, nous étions allés à la réunion de l'Assemblée Générale où nous nous sommes rendu compte de façon plus claire sur la base des informations qui nous parvenaient que le quorum des deux tiers n'est pas atteint.
La veille j'avais été en compagnie de Shertok auprès d'Alexandre Parodi, le représentant français auprès des Nations Unies et j'avais eu l'impression que la France allait soit s'abstenir ou voter contre la résolution de partage, sans qu'ils nous le disent clairement. Même les nouvelles que nous avions eues concernant d'autres nationalités laissaient penser qu'il était plus que douteux que nous réussirions à réunir la majorité des deux tiers. L'inquiétude et l'incertitude se lisaient sur le visage de mes collègues. Trygve Lie me prit à part et me pria de regarder la mine de mon ami Shertok : tout un chacun pouvait voir à son visage que le plan de partage tombait à l'eau.
Il fut très vite clair pour moi que nous devrions faire tout ce que l'on pouvait pour ajourner le vote, car en ce mercredi, pour autant que je pouvais en juger, nous ne pourrions atteindre les deux tiers.
Cela ne pourrait se réaliser qu'avec l'aide de Trygve Lie qui était un supporter de l'idée sioniste et avec qui je m'étais lié d'amitié. J'avais envoyé dans la salle de réunion un émissaire pour demander au Secrétaire Général de me rencontrer dans son bureau, car je ne pouvais y accéder moi-même du fait que l'Organisation sioniste n'était pas membre des Nations Unies. Il vint me voir aussitôt. Je lui décrivis la situation et lui demandai d'essayer de repousser la date du vote. Du fait que le lendemain était un jour de fête en Amérique, cela ne pouvait que bien tomber. Nous avions deux à trois jours de répit pour gagner les voix de quelques pays. Trygve Lie était d'accord avec ma proposition, mais il me dit que la décision revenait au Président de l'Assemblée et qu'il ne pourrait le lui demander car cela pourrait trahir sa bonne disposition à notre égard. Je devais donc m'entretenir personnellement avec le Président Oswaldo Aranha, Ministre des Affaires étrangères du Brésil. Je connaissais très bien Aranha que j'avais rencontré quelques fois à New York et à Rio de Janeiro, et de ce fait je savais qu'il était favorable au sionisme. J'ai demandé à Trygve Lie de retourner à la salle de réunion pour amener Aranha à déléguer momentanément la présidence de la séance à un des Vice Présidents et pouvoir ainsi me rencontrer dans le bureau de Lies.
Au cours de mon entretien avec Oswaldo Aranha je lui ai expliqué les circonstances qui rendaient nécessaire un ajournement du vote. Bien qu'il comprît mes raisons, il m'a répondu que ce serait très difficile, car les débats duraient déjà depuis trois jours et que tous ceux qui s'intéressaient au problème s'étaient exprimés, certains même à plusieurs reprises. La seule possibilité qui nous restait était que nos amis présents à la Session de l'ONU, avant tout Enrique Rodriguez Fabregat de l'Uruguay et Garcia Granados du Gatemala, mais éventuellement aussi quelques autres représentants, puissent reprendre la parole. Selon la procédure alors en vigueur aux Nations Unies – je crois qu'elle est encore en vigueur – il n'y avait pas de limitation pour les discours, que ce soit pour la durée ou pour le nombre de prises de parole pour chaque délégué. J'ai fait demander Granado, Fabregat et un ou deux autres pour qu'ils me rejoignent dans le corridor et je les ai supplié de prendre encore une fois la parole. Je leur ai expliqué la méthode des « flibustiers » pratiquée aux Sénat américain : pour gagner du temps comme nous ils déclament pendant des heures des passages des Psaumes ou du Nouveau Testament, sans que personne ne les en empêche. Je leur ai demandé de faire quelque chose dans ce genre. J'ai réussi à les convaincre que le sort de l'État juif reposait sur l'ajournement et ils s'annoncèrent pour une nouvelle prise de parole. Entre temps, l'on est arrivé à sept heures du soir. Oswaldo Aranha se leva inopinément et déclara : « Nous avons maintenant eu une journée de débats difficiles et nous sommes tous épuisés. Le prochain vote est nominatif et cela demande beaucoup de temps. Nous sommes trop fatigués pour pouvoir le faire aujourd'hui. Je lève donc la séance et je convoque la prochaine séance pour le samedi 29 novembre. »
Les représentants arabes qui étaient bien sûrs de pouvoir en ce jour [du jeudi 26 novembre] empêcher l'adoption d'une résolution en faveur de l'idée sioniste comprirent ce que signifiait cet ajournement et provoquèrent un violent scandale. Ils montèrent sur les chaises et crièrent : « les juifs dominent l'ONU », et « on a trahi les Arabes ! » Aranha a quitté aussitôt la salle et la séance a pris fin.
Trente-cinq ans après ces événements historiques il peut paraître judicieux de montrer selon quelques exemples, comment des résolutions des Nations Unies dépendaient de motivations et de facteurs marginaux.
Les jeudi et vendredi qui restaient à notre disposition, nous avions mobilisé tous nos amis, pour utiliser leurs relations auprès des gouvernements que nous voulions influencer. Même le Président Truman a été très actif et il a fléchi quelques États de sorte qu'au lieu de s'opposer à la partition de la Palestine, ils décidèrent de s'abstenir, ou au lieu de s'abstenir ils décidèrent de voter pour la partition. Pour ce qui est de mon activité personnelle, j'ai poussé Milton Berle sous-secrétaire d'État de longue date au Département d'État, qui était aussi avocat à New York et qui,en cette qualité, travaillait pour Haïti, d'appeler le Président de Haïti qui était aussi son ami, et de l'inciter à donner des instructions à la délégation haïtienne à L'ONU pour voter pour la résolution de partage. Nous avons exercé des pressions sur le Libéria qui au départ voulait voter contre la résolution. Ce fut à travers le Directeur Général de Firestone, un des principaux clients importateurs de caoutchouc libérien, que le Président du Libéria fut convaincu de la nécessité de changer sa position.
Je n'hésite pas aujourd'hui à dévoiler de tels détails, car de telles choses sont monnaie courante aux Nations Unies et parmi tous les États, et les Arabes ne sont pas en reste. La majorité contre Israël qui a prédominé dans les dernières années aux Nations Unies ne serait pas imaginable sans les pressions des Arabes du fait de leur pétrole. Que nous aussi ayons eu recours à de telles manœuvres pour obtenir une décision en faveur de la solution sioniste, cela n'est que légitime.
Dans un certain sens, la position de la France était décisive non seulement en tant que grande puissance, mais aussi parce que les trois pays du Benelux – Belgique, Hollande et Luxembourg – ont décidé de voter comme la France. Du fait de ses intérêts séculiers au Moyen-Orient, surtout au Liban, la France avait décidé de s'abstenir au vote sur la partition, ce qui signifiait pour nous la perte aussi des voix des trois pays du Benelux. Le sauveur, dans cette situation, a été Léon Blum. Bien qu'il ne fût pas membre du Gouvernement, son prestige moral et politique était si incontestable qu'il a pu changer la position française, après que je lui ai passé plusieurs coups de fil. Le samedi tôt, j'ai rendu visite en compagnie de Shertok à Parodi, représentant de la France [aux Nations Unies]. Sans nous dire ouvertement qu'il avait reçu de nouvelles instructions, il nous le laissa comprendre de façon diplomatique et élégante, et il me demanda si j'avais prévu une fête pour le mercredi en prévision d'un vote positif. Je lui ai raconté que j'avais invité chez moi Dr. Weizmann, la délégation sioniste et d'autres leaders juifs, mais que j'avais dû ajourner l'invitation et retourner les bouteilles de Champagne à la cave. Parodi a souri et a dit : « Je voulais dire que vous devriez conseiller à votre femme de remettre le champagne au frais. » Après que nous ayons quitté Parodi, j'ai dit à Shertok qu'il ne devait plus se faire de souci pour la France.
Au début de séance de l'après-midi la salle de réunion s'était remplie de monde. Une centaine de juifs se sont installés dans la mezzanine et la salle des délégués était bondée. La tension devint insupportable, surtout quand le vote nominal commença et que des centaines de délégués et d'invités s'assirent pour suivre les résultats munis de listes imprimées des membres des NU. Comme le vote s'effectuait par ordre alphabétique, la France se présenta tôt au vote. Quand Monsieur Parodi a dit « Oui », une ovation a éclaté, et cela a duré une minute, car il était clair pour la plupart que ce Oui avait décidé de l'affaire. Quand les résultats ont commencé à être connus, les représentants arabes ont commencé à protester avec colère, mais on ne pouvait plus rien changer au vote. Le bonheur de notre délégation est difficile à décrire. Des scènes de jubilation dans les corridors des NU ont continué des heures après la fin de la réunion.
Source : Nahum Goldmann , Mein Leben USA-Europa-Israel , Frankfurt… 1984, p. 182-85 .
http://www.plumenclume.net/textes/2007/manifesteradicdocbengourion.htm