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XXX : Vous avez devancé ma question sur votre affinité avec Victor Hugo ; le rapport que vous entretenez avec lui, comme avec tous les écrivains que vous avez mentionnés, répond tout à fait à mon attente. Vous avez emprunté les rails sur lesquels je souhaitais vous voir vous élancer afin de sortir gaiement de la prison mentale dans laquelle vous a enfermé la concentration nécessaire à votre combat. J'espère que cette escapade buissonnière dans les belles-lettres vous est aussi agréable qu'à moi ; je vous voyais quelque peu corseté par votre entêtement, formant comme un couple inséparable, de type sado-maso, avec vos ennemis, dans des rôles, d'un certain point de vue, d'ailleurs interchangeables, et acculé comme eux dans une impasse. Continuons ce délassement, laissons-nous aller. Comme un vrai romantique, vous expliquez votre passage de la gauche de votre jeunesse à la défense des grands vaincus de la Seconde Guerre mondiale par l'attirance obstinée envers les perdants. C'est très beau, exaltant et généreux. Si l'Allemagne nazie avait gagné la guerre, vous porteriez-vous maintenant à la défense des démocraties judéo-centrées ? Vous aimez à citer l'éloge de Jeanne d'Arc par Joseph Delteil, un modèle d'écriture surréaliste, et , de ce fait même, violemment engagé à gauche, tendu par la révolte contre les conformistes et les frileux, les descendants de ceux qui ont voulu la mort de Jeanne d'Arc, celle qui ruait dans un jeu de quilles. Comment concevez-vous le rapport entre l'intellectuel et le peuple ?
RF : Je ne goûte pas trop le romantisme de celui qui « porte son cœur en écharpe » ; je préfère le romantisme de « la force qui va ». L'énergie, oui ; le dolorisme, non. Classique ou romantique, la littérature française ménage, par ailleurs, trop de place à l'amour. De ce point de vue, Racine, que j'admire pour d'autres raisons, est assommant ; et puis, aujourd'hui, la pilule a tué les tergiversations angoissées d'un Claudel sur le thème des « derniers engagements » et du « j'y va-ti, j'y va-ti pas ? ». Hugo souffre de défauts particulièrement voyants ; son emphase parfois et son côté « bouche d'ombre » agacent mais l'homme est complet et le monde qu'il a créé est complet ; tous les genres et tous les tons s'y trouvent. Quelle vigueur et quelle maîtrise ! Je reviens souvent à la lecture des Contemplations ; j'en ai su autrefois de longs fragments et, encore à mon âge, je m'en récite quelquefois de courts extraits, en marchant dans les parcs et les jardins de ma ville ; je me les scande, jazze ou slamme à la manière de « Grand Corps Malade ». J'en fais presque des vocalises, des variations, des fantaisies à la manière, en son temps, du Neveu de Rameau. Quant au théâtre, j'ai tendance à m'en éloigner. Les acteurs en font trop ; ils donnent dans « l'expressionnisme » à l'allemande ; c'est la grande mode : à fond la sono vocale et en se roulant par terre. Les rares fois où je me rends seul au spectacle, je loue un strapontin ou une place au fond de la salle pour pouvoir éventuellement m'éclipser. Or, en octobre 2003, rassemblant mon courage, je suis allé écouter un acteur de théâtre et de cinéma dont le jeu jusqu'ici me paraissait un peu trop appuyé. Il s'agissait de Philippe Noiret (tiens ! tiens ! un juif) récitant des extraits des Contemplations . Je n'ai pas regretté ma soirée : une merveille de justesse de bout en bout, depuis les poèmes les plus frais, drôles et moqueurs jusqu'aux plus poignants. Moi qui me méfie de la vie des écrivains ou, plutôt, de ce qu'on croit qu'a été leur vie, j'ai tenu, il y a bien longtemps, à visiter en pèlerin les maisons de Victor Hugo à Paris, à Villequier et à Guernesey. Moi qui n'apprécie guère qu'on en appelle aux bons sentiments surtout dans le domaine de la politique, j'ai encore maintenant l'envie de partir m'engager sous la bannière de Hugo quand, dans L'Homme qui rit , Gwynplaine, au visage déformé en un rictus pour plaire aux puissants, se lance, à la chambre des Lords, dans une vibrante défense de la cause du peuple. Vous le voyez, la force de Hugo nous oblige à sortir de nous-mêmes. Cette force, Baudelaire en a fait la remarque, s'accompagne de bonté et de charité ; « charité », voilà bien un mot passé de mode ; il désignait l'amour de Dieu et du prochain : Hugo aimait Dieu et son prochain. (C'est un athée qui vous parle ici). Reportez-vous à ce que nous dit Hugo dans la préface des Misérables sur la dégradation de l'homme par le prolétariat, sur la déchéance de la femme et sur l'atrophie de l'enfant. Je n'ai rien publié sur ses œuvres. J'ai pourtant fait sur « Booz endormi » ce que je pense être une jolie découverte ; j'ai écrit un papier là-dessus en collaboration avec un universitaire qui, peu d'années auparavant, avait été l'un des mes élèves, brillantissime, au Lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand ; je m'apprêtais à publier notre étude commune quand les journaux ont claironné mon « révisionnisme » : l'étude a été refusée par l'éditeur et l'ancien élève, qui aujourd'hui détient une chaire en Sorbonne, ne m'a plus donné signe de vie.
A propos du « romantisme » qu'il y aurait à défendre les grands vaincus de la dernière guerre mondiale, soyons clair. Parmi les pendus de Nuremberg, prenons le cas du plus méprisé d'entre eux : Julius Streicher, surtout connu pour avoir fondé et publié un hebdomadaire antijuif, Der Stürmer (dans le langage sportif, « l'avant ») (1) . Si je devais me faire l'avocat de Streicher, ce ne serait ni par « romantisme » ni par compassion mais par indignation. Son cas a été pathétique. Avant sa comparution il a été abominablement torturé. Il s'en est plaint devant ses juges. Le président du tribunal de Nuremberg a décidé, avec l'assentiment, s'il vous plaît, de Hanns Marx, avocat commis d'office et dont l'attitude vis-à-vis de son client a été indigne en maintes circonstances, de rayer du procès-verbal toute mention du récit de ces tortures mais le Times de Londres nous en a résumé la substance. Procureur adjoint des Etats-Unis au procès, Telford Taylor a publié en 1992 un livre dont je recommande la lecture, The Anatomy of the Nuremberg Trials / A Personal Memoir . On y voit comme le cas de Streicher à la fois le choque et le hante. Taylor n'était pas un tendre et, à ses yeux d'Américain, l'injustifiable procès de Nuremberg se justifiait mais, là, dans le cas de Streicher, sa surprise ou sa réprobation l'ont emporté et, à une dizaine de reprises, il les a exprimées en termes bien sentis. T. Taylor n'a pas fait l'apologie d'un antisémite ; il a clamé son indignation devant la pendaison – en fait la lente strangulation – d'un homme pour délit d'opinion, une opinion qui, en Allemagne, était pleinement légale. A l'époque, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, caricatures et écrits antisémites étaient, en principe, autorisés.
A propos de mes adversaires, vous pensez que je suis « acculé comme eux dans une impasse » et vous trouvez que nous pourrions, eux et moi, donner l'impression de former « comme un couple inséparable, de type sado-maso ». Je suis d'accord, hélas, avec vous sur le premier point. Nous sommes, eux et moi, dans une impasse : en matière de preuves vérifiables et solides, les révisionnistes ont entassé Ossa sur Pélion, mais ils n'en sont guère plus avancés sur les plans médiatique ou judiciaire. Leurs adversaires, en un premier temps, ont invoqué des preuves qui n'en étaient pas et ont tenté d'argumenter ; puis, en un second temps, constatant leurs échecs sur le plan du débat, il ne leur est resté, à partir de la fin des années 1990, que le recours soit à la violence judiciaire ou extrajudiciaire, soit à l'invective et au renforcement de leur propagande dans tous les azimuts. Quant à la relation de type sado-masochiste, elle n'est qu'apparente. C'est avec soulagement que nos adversaires verraient disparaître le révisionnisme et, pour ma part, si, un jour, les éminences juives se décidaient à reconnaître franchement qu'elles se sont fourvoyées sur quelque article de foi essentiel de leur Shoah (par exemple, l'existence et le fonctionnement de leurs magiques « chambres à gaz »), croyez bien que, pour ma part, dès le lendemain matin, je quitterais avec un soupir de soulagement la galère révisionniste. En 1988, l'universitaire juif américain Arno Mayer a reconnu que « les sources pour l'étude des chambres à gaz sont à la fois rares et douteuses. » Plusieurs années auparavant, Raul Hilberg avait déjà entièrement revu son histoire de « la destruction des juifs d'Europe » (version de 1961) pour concéder qu'il n'existait, en fin de compte, pas le moindre document attestant d'une politique de destruction de ces juifs. En 1983, lors d'une conférence, il lançait– ne riez pas ! – que cette prétendue politique de destruction, menée sans ordre, sans plan et sans budget, s'était faite « par suite [, au sein de la bureaucratie allemande,] d'une incroyable rencontre des esprits, d'une transmission de pensée consensuelle » ; puis, en 1985, dans l'édition « définitive » de son grand œuvre, il écrivait que cette même politique de destruction des juifs avait été accomplie « par suite [, au sein de la bureaucratie allemande] d'un état d'esprit , d'une compréhension tacite , d'une consonance et d'une synchronisation ». Ces merveilles, il ne nous les a jamais expliquées . Il faut dire que de telles merveilles inexpliquées offrent à Hilberg et à ses compères un avantage : elles « expliquent », si l'on peut dire, le fait que nous ne trouvons aucune trace matérielle ou documentaire, aucune preuve tangible de ce qui, au plein cœur de l'Europe, aurait constitué un hallucinant massacre aux proportions industrielles. Enfin, en 1995, Jean-Claude Pressac, l'affidé du couple Klarsfeld, jetant par-dessus bord tout ce qu'il avait lui-même écrit, s'est résigné à confesser à Valérie Igounet, auteur d'une Histoire du négationnisme en France (Seuil, 2000), que le fatras holocaustique était « pourri » et bon pour « les poubelles de l'histoire ». Au sortir de la guerre, le tribunal de Nuremberg, qui n'en était pas à une énormité près, avait considéré comme « preuve authentique » et interdit de contestation un rapport selon lequel les Allemands avaient fait, à Auschwitz, quatre millions de victimes. Par la suite, les travaux de Paul Rassinier (mort en 1967) et, à partir des années 1976-1980, les travaux d'autres révisionnistes, français ou étrangers, ont prouvé le caractère outrageusement mensonger de ce chiffre. Mais il a fallu attendre le printemps de 1990 pour que les autorités du Musée d'Auschwitz décident enfin que le chiffre de quatre millions de victimes n'était plus tenable. Encore la décision a-t-elle été tenue secrète (il serait intéressant de pouvoir accéder aux archives de l'affaire). En un premier temps, le chiffre mensonger a été discrètement effacé des dix-neuf stèles commémoratives qui, à l'époque, le reproduisaient. Puis, au terme de cinq années de tergiversations, elles aussi secrètes, le nouveau chiffre a été arbitrairement fixé à… un million et demi et, tel quel, il a été inscrit sur les dix-neuf stèles (aujourd'hui au nombre de vingt et une) ! Bien d'autres révisions à la baisse ont ensuite été officiellement admises : en 2002, Fritjof Meyer n'est-il pas descendu au chiffre de 510 000 victimes sans encourir de condamnation judiciaire ? Si, par extraordinaire, un beau jour, les tenants de la vérité officielle rééditaient ce genre d'audaces et si elles voulaient bien, par exemple, rendre vraiment publiques les révisions déchirantes de R. Hilberg, d'A. Mayer et, surtout, de Jean-Claude Pressac, je me retirerais du combat, quitte à voir certains de mes adversaires clamer que, décidément, l'humanité est redevable aux fils d'Israël d'une géniale découverte de plus : « Chambres à gaz hitlériennes et génocide des juifs n'ont jamais existé ! Il s'agissait d'une imposture montée de toutes pièces par des antisémites afin de discréditer les juifs ! ». Je m'empresserais alors, par exemple, de préparer une nouvelle édition de ma Clé des Chimères et Autres Chimères de Nerval (J.-J. Pauvert, 1977) avec, cette fois-ci, des illustrations remarquables de justesse, que je dois au talent de Françoise Pichard, alias « Chard » ; depuis des années, ce projet de publication et quelques autres projets du même genre s'empoussièrent dans mes archives.
Vous me voyez en « vrai romantique ». Je pense être un « vrai classique » mais à la manière moderne, celle de Louis-Ferdinand Céline, dont je partage les vues et les goûts en bien des matières.
Vous me demandez : « Si l'Allemagne nazie avait gagné la guerre, vous porteriez-vous maintenant à la défense des démocraties judéo-centrées ? ». Ma réponse est : fort probablement oui. Tout vainqueur définitif étant porté à l'excès (voyez le diktat de Versailles), il importe de veiller à ce qu'il n'abuse pas de sa position dominante.
A propos de Joseph Delteil et de sa Jeanne d'Arc (2) , vous m'interrogez sur ma conception du rapport entre l'intellectuel et le peuple. Ma réponse se trouve dans Les Dieux ont soif , d'Anatole France. L'intellectuel, surtout s'il est de gauche, est porté à se pousser du col. Il en devient nocif, dangereux et pourvoyeur de guillotine. Il est beau parleur. Volontiers il vous soupçonne de n'avoir ni autant d'intelligence ni autant de cœur qu'il ne s'en attribue et il doit donc, pour l'amour du peuple, vous en punir et, au besoin, vous « raccourcir ». Je dis : « Méfiance ! Aux abris ! » Et puis sa lourde dialectique amène parfois l'intellectuel de gauche à se contredire avec un beau sang-froid. Voyez précisément Anatole France qui, après avoir publié ce roman historique en 1912, a , par la suite, plus ou moins approuvé le communisme moscoutaire. Je trouve l'intellectuel de droite généralement plus libre, plus tolérant (il n'est pas dans le vent !), doué de plus de talent et moins dangereux mais il a parfois tendance à croire en « l'élite » sans définir ce qu'il entend par là ; ce qui est suspect, c'est qu'il se classe lui-même dans cette élite-là ; ainsi que Molière le fait dire à Armande : « Nul n'aura de l'esprit hors nous et nos amis. » C'est ridicule. Que l'intellectuel de droite soit mis au ban des grands médias, je le déplore, mais le statut de réprouvé ne vous confère en soi aucune supériorité ni ne vous autorise à prendre la pose. En somme, la sagesse des auteurs anciens et de nos auteurs classiques aurait-elle, pour toujours et en tout domaine, raison sur le fond ? C'est à se le demander. Lisez, de Céline, les vingt pages de son Mea Culpa , publiées en 1937 . J'en rendrais volontiers la lecture et la méditation obligatoires, surtout à nos prédicants de tout poil ; dans son genre, c'est du Bossuet.
(1) [Page 18 du texte] Julius Streicher (1885-1946), fils d'instituteur et lui-même instituteur, a eu durant la Première Guerre mondiale une conduite particulièrement valeureuse. En 1922, il adhère au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP). En 1923, il fonde l'hebdomadaire Der Stürmer (« L'Avant »). La même année, Hitler le charge d'organiser à Munich la « marche de la Feldherrnhalle » : la tentative de putsch échouera. En 1933, il dirige le « Comité central de défense contre la propagande juive avec ses récits d'atrocités pour inciter au boycott [de la nouvelle Allemagne] » ( Zentralkommittee zur Abwehr der jüdischen Greuel- und Boykotthetze ) et, en riposte au boycott exercé par les juifs de l'étranger contre son pays, il appelle ses compatriotes à boycotter les juifs allemands. Il est nommé Gauleiter de Franconie, mais tombe en disgrâce dès 1940 sur la foi d'accusations qui lui vaudront de passer devant un tribunal d'honneur pour « escapades sexuelles » (Robert Wistrich) ; il ne sera pas condamné mais l'affaire lui causera un tel dommage que, pendant toute la durée de la guerre, il en sera réduit à publier son hebdomadaire, dont la diffusion va diminuer de plus de la moitié. Der Stürmer , que Hitler lui-même aurait, dit-on, apprécié, avait mauvaise réputation auprès de beaucoup de nationaux-socialistes qui lui reprochaient la crudité de ses campagnes et de ses caricatures antijuives. Comparées à ce qui, dans le camp opposé, se publiait contre les « Nazis », ces campagnes et ces caricatures étaient pourtant de bonne guerre. Elles n'ont jamais appelé à la violence physique contre les juifs ni, à plus forte raison, à leur élimination physique. Au procès de Nuremberg, J. Streicher a, comme les autres accusés, exprimé sa stupéfaction face à l'accusation selon laquelle le Troisième Reich avait, paraît-il, suivi une politique d'élimination physique des juifs, décidée par Hitler. Le 29 avril 1946, soit près de six mois après le début du procès, il a eu le courage de déclarer qu'il ne croyait pas à ce massacre de cinq millions de juifs (chiffre alors brandi par l'accusation) ; il a ajouté : « Du point de vue technique, je considère la chose comme impossible. Je n'y crois pas. Je n'en ai jusqu'ici aucune preuve. » Mais quand, quatre mois plus tard, la parole lui a été laissée pour une très brève déclaration finale, il a cru devoir imputer à Hitler et à Himmler ce gigantesque crime dont, avec le peuple allemand ainsi déshonoré, il n'avait jamais soupçonné l'existence. Condamné à mort pour avoir, par ses écrits, contribué à l'extermination des juifs, il a été pendu ou, plutôt, semble-t-il, longuement étranglé. Son cadavre a été placé dans un cercueil sur lequel on a, par dérision, inscrit le nom d'« Abraham Goldberg ». Il a été incinéré et ses restes, comme ceux des autres exécutés, ont été jetés aux quatre vents au-dessus d'un petit affluent de l'Isar, près de Munich. L'Inquisition ne procédait pas autrement avec les restes des hérétiques brûlés au bûcher.
(2) [Page 22 du texte] Joseph Delteil (1894-1978) est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages, dont Sur le fleuve Amour (1923), Choléra (1923), Saint Don Juan (1930), Jésus II (1947) et François d'Assise (1949). Il est surtout connu pour sa Jeanne d'Arc qui, en 1925, obtint le prix Fémina et lui valut d'être répudié par les surréalistes. Voici quelques extraits du livre (Librairie Grasset, Les Cahiers verts publiés sous la direction de Daniel Halévy) :
« Je dédie ce livre d'amour aux âmes simples, aux cœurs fous, aux enfants, aux vierges, aux anges… ».
« Jeanne vint au monde à cheval, sous un chou qui était un chêne » (premiers mots du chapitre premier, intitulé « Bébé »).
« Jeanne naît dans un cri d'oiseau. La vie la reçoit sur une nappe blanche » (p. 3).
« Jeanne est du côté de Pascal, du côté de Danton, du côté de Nietzsche. Jeanne d'Arc fait ses batailles comme Joseph Delteil fait ses romans : Va, va, va ! » (p. 180).
« Soudain sur une borne milliaire, elle lut : DOMREMY, 120 kilomètres » (p. 188).
« [A Rouen, le bourreau] attisa la braise, y jeta ce cœur. En vain. Le cœur de Jeanne est incombustible. Le bourreau, honteux, s'acharnait. Il l'arrosait d'huile, de soufre. En vain ! Ce cœur restait frais et rose. Alors, affolé, le bourreau, en courant, alla le jeter dans la Seine. – La foule s'en allait, soufflante, à longues enjambées. On fuyait ce lieu honteux. Soldats et prêtres couraient en débandade. Les moines s'éloignaient en faisant des signes de croix. Le cardinal d'Angleterre [le prince cardinal de Winchester] déguerpissait à cheval, criant rouge à travers la ville : ‘Nous sommes tous foutus, nous avons brûlé une Sainte !' » (derniers mots de la dernière page).
http://www.plumenclume.net/textes/2008/revisos/confid2230208.htm