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ENTRE LA PLUME ET L'ENCLUME

 

 

 

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 Des juifs résistent au sionisme

Manifeste édité par: La Pierre et l'Olivier, l'Alliance Zapatiste de Libération Sociale (AZLS), Résistance Verte, Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe (CCTE)   Collection Manifestes Paris 2005

Dans la même Collection  :
1- Manifeste ‘Judéo-Nazi' d'Ariel Sharon
3- Nèg'marrons d'hier etd'aujourd'hui
4- Pour l'éradication du sionisme
5- La Négrophobie , du réflexe au crime organisé
préparé par le Collectif de la Marche du 22 Mai 2005.
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Pour toute commande des brochures de la collection Manifestes, s'adresser à Association Entre la Plume et l'Enclume, chez M. Sfar, 1 rue Cassini, 75014, Paris. (joindre quelques timbres, merci d'avance) Pour toute correspondance, vous pouvez aussi prendre contact avec M. Sfar, msfar@club-internet.fr Tél. : 33(0)1 43 29 68 98

© Collection Manifestes

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Sommaire

Rabbi Weiss : Pourquoi les juifs de la Torah combattent-ils de toutes leurs forces le ‘soi-disant Etat d'Israël'.

Léon Tolstoï : Le Sionisme

Sigmund Freud : Le sionisme, « une espérance injustifiée »

Albert Einstein et Hannah Arendt : Non aux sionistes nazis !

Emmanuel Lévyne : La Paix et l'État d'Israël

Mordechi Weberman : C'est précisément parce que nous sommes des juifs

Erich Fried : Un juif s'adresse aux Combattants Sionistes

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Présentation

 

Ce jeudi 11 novembre 2004 restera pour toujours dans nos mémoires, nous militants de la cause palestinienne qui avons assisté à la conférence donnée par quatre rabbins orthodoxes 1 au Théâtre de la Main d'Or en présence de Dieudonné. Ce fut pour nous, pour ainsi dire, une véritable révélation biblique  !

Étonnant retournement de notre vision du rabbinat, et même tout simplement du judaïsme dont on a commencé à désespérer ! Ces rabbins orthodoxes en papillotes et chapeaux noirs, naguère symboles du fanatisme juif et anti-arabe, ont réussi ce coup de force, ce miracle, au bout de deux heures de changer nos idées, et même nos sentiments vis-à-vis de ces symboles présumés du racisme et de l'intolérance. Ils sont devenus pour nous des amis ; plus ecore : des frères en l'humanité, des êtres d'une grande spiritualité comme il en existe rarement sur terre.

C'est cette révélation que nous voulons faire partager, à travers cette publication, avec nos amis militants de la cause palestinienne, et surtout, nous l'espérons, avec l'immense majorité des juifs français encore trompés, manipulés embrigadés et terrorisés par leur plus grand ennemi : le sionisme.

Le judaïsme orthodoxe antisioniste est la plus heureuse des évolutions du judaïsme à travers toute son histoire. Même si l'on ne partage pas certaines de ses convictions religieuses, nous nous retrouvons d'accord ensemble sur l'essentiel : notre conviction profonde que l'humanité est une, et que le véritable racisme prôné par le sionisme - image inversée de l'antisémitisme - accepté par la majorité du mouvement mondial des droits de l'homme, et plus particulièrement en France, constitue la principale source des malheurs actuels de l'humanité.

Le judaïsme orthodoxe antisioniste est une lumière inespérée qui nous permet de séparer le grain de l'ivraie, de démasquer les racistes et les véritables antisémites derrière l'épais écran de fumée de leurs campagnes haineuses au nom de l'antiracisme, et autres beaux principes qu'ils utilisent comme des armes pour désarmer les rares personnes qui osent leur résister en dévoilant leurs supercheries.

Et la meilleure illustration de la duplicité du mouvement des droits de l'homme, c'est qu'il a largement contribué à effacer de la mémoire de l'humanité l'existence du véritable judaïsme ortho­doxe, qui a été le premier et le plus puissant mouvement antisioniste depuis le premier jour de l'apparition du sionisme politique en 1897.

Le lecteur comprendra facilement à travers les documents que nous avons réunis dans cette brochure, l'efficacité des méthodes utilisées par le sionisme pour faire taire la voix de la résistance juive au sioniste. Que de livres sont aujourd'hui introuvables, ou non réédités, ou non traduits ; que de juifs antisionistes sont exclus de leur travail et mis au ban de la société parce qu'ils ont refusé de se taire ! L'association Neturei Karta en est une illustration exemplaire et actuelle. C'est en hommage à ses militants courageux et sincères que nous leur dédions cet ouvrage. Nous le dédions aussi à une autre figure de ce judaïsme résistant : Emmanuel Lévyne auquel nous consacrerons prochainement une publication de ses écrits des années 1960 aujourd'hui totalement introuvables.

Il nous faut aussi dire ici que la présente publication consacrée à la résistance juive au sionisme est la meilleure réponse à donner à la campagne de lynchage médiatique contre les initiateurs du Manifeste ‘Judéo-Nazi' d'Ariel Sharon . Le Monde en a donné le ton 2 en nous traitant de faussaires et d'antisémites, relayés immédiatement par Canal + et Arté . On a cherché à nous salir, à nous mettre au ban de la société et à nous affamer. On a exercé des pressions sur certains d'entre nous pour nous diviser. On a refusé notre droit de réponse. Les associations qui se disent défenseurs des droits de l'homme, au lieu de dénoncer cette inquiétante et inadmissible dérive, n'ont rien trouvé de mieux que de participer à la curée, quand elles ne se sont pas tues.

Nous n'étions malheureusement pas les seuls à subir ce nouveau fascisme. Hier l'Abbé Pierre et Roger Garaudy, aujourd'hui l'humoriste Dieudonné, et bien d'autres artistes, intellectuels, universitaires, journalistes et hommes politiques traînés dans la boue parce qu'ils ont osé critiquer le plus puissant mouvement raciste et belligène de tous les temps : le sionisme.

Aujourd'hui, la vérité commence à voir le jour, et les criminels de se démasquer l'un après l'autre.

Ce que nous avons subi, des milliers de juifs l'ont subi avant nous, depuis que l'antisémite Herzl a réuni son Congrès sioniste en 1897. Malgré une résistance farouche du véritable judaïsme face à la montée du sionisme, celui-ci a réussi à faire taire toute résistance.

Ce n'est pas ici le lieu de faire l'historique de cette dramatique bataille. Nous nous contentons de citer en complément de la conférence de presse, des témoignages qui illustrent l'âpreté de la lutte menée par le judaïsme contre le défi sioniste : Sigmund Freud, Albert Einstein – Hannah Arendt, Emmanuel Lévyne, et, pour conclure, le discours récent de Mordechi Weberman. Eux aussi, leur voix a été étouffée, leurs livres ont été censurés, quand ils n'ont pas été exclus ou boycottés dans leurs professions. Nous y joignons le témoignage de première heure et lucide de Léon Tolstoï.

Nous sommes sûrs que le fascisme sioniste n'est pas une fatalité, et que nous allons le vaincre. Nous allons y arriver en unissant nos efforts avec ceux de nos amis de confession juive qui ont payé le plus lourd tribut à la lubie sioniste d'une poignée d'antisémites qui se sont fait passer pour des juifs et qui n'ont rien à voir avec le judaïsme.

 

La presse parisienne boycotte la conférence

des Rabbins orthodoxes

 

La meilleure illustration de notre propos a été donnée par la presse parisienne qui a cru bon de ne rien dire sur la conférence des quatre Rabbins au Théâtre de la Main d'Or, alors même que les correspondants de Libération et de l' AFP étaient présents dans la salle. Renseignements pris, c'est leur direction qui a ordonné de ne rien publier sur ce grand évènement historique.

 

Conférence de presse de Neturei Karta au Théâtre de la Main d'Or,

le jeudi 11 novembre 2004, 18h30

Rabbi Weiss : Pourquoi les juifs de la Torah combattent-ils de toutes leurs forces

le ‘soi-disant État d'Israël' 3

Je prie D.eu, qu'il veuille bien placer les mots justes dans ma bouche et qu'Il me permette de transmettre, à vous tous, Sa vérité. Je désirais depuis toujours venir à Paris afin d'y présenter la véritable description de ce qu'est réellement le judaïsme, par opposition au sionisme. Malheureusement, nous avons dû venir dans ces (tristes) circonstances : le décès du président palestinien Yasser Arafat. Mais les voies de D.eu échappent à notre compréhension. Aussi me voici parmi vous et c'est pour moi un honneur et un privilège de pouvoir m'adresser à vous tous.

Étant donné la raison de ma présence parmi vous, je pense qu'avant d'aborder les sujets dont je vais traiter, je me dois d'évoquer la mémoire du Président (palestinien) disparu, Monsieur Abou Ammar, Yasser Arafat, qui était un homme exceptionnel, sortant de l'ordinaire. Yasser Arafat a donné sa vie pour la cause du peuple palestinien et son mode de vie, tout entier, était la simplicité même. Il a traversé moult épreuves périlleuses, jusqu'à mettre sa vie en danger afin de défendre la nation palestinienne. Pour le peuple juif, contrairement à ce qu'on veut faire croire, Arafat était également une personne à l'esprit clair ; il avait une vision de l'avenir, une compréhension très profonde de ce qu'est vraiment le judaïsme et de ce qu'est réellement le sionisme.

Il avait compris que le judaïsme est une sainte religion, plurimillénaire. Et il n'avait absolument aucune forme d'animosité, d'une quelconque façon, à l'encontre du judaïsme ou du peuple juif. Au contraire, il savait que le sionisme n'a rien à voir avec le judaïsme. C'est ce que j'expliquerai, brièvement.

Comme je vous l'ai dit, le judaïsme est une religion plurimillénaire, elle remonte aux Patriarches Abraham, Isaac et Jacob. En revanche, le sionisme est une idéologie à peine centenaire, inventée par Théodore Herzl et ses amis – des gens totalement irréligieux, des gens qui étaient totalement étrangers à la religion juive, qu'ils abhorraient.

Simplement – au cas où vous penseriez que ce que je dis au sujet de la compréhension des choses qui était celle du président Arafat est exagérée – sachez simplement que, lorsqu'il a créé l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat a veillé à y inclure un représentant du peuple juif. Et il a choisi, pour cette importante fonction un juif orthodoxe, très pieux et craignant D.eu : le Rabbin Moshé Hirsch – que D.eu lui accorde longue vie ! 4

Maintenant, je vais vous expliquer brièvement ce qu'est le sionisme : d'après la croyance juive, il nous a été et il reste interdit, à nous les juifs, depuis la destruction du Temple de Jérusalem il y a près de deux mille ans, c'est-à-dire depuis l'Exil du peuple juif et sa dispersion dans la diaspora – D.eu a fait jurer cela au peuple juif de tenter de retourner, en masse, sur la terre d'Israël. [Nous nous sommes engagés envers D.eu] à ne jamais nous rebeller contre une quelconque nation. Au contraire, nous devions rester loyaux envers toutes les nations au sein desquelles nous allions désormais résider et nous ne devions jamais rien tenter afin de mettre un terme au décret exilique, qui est une décision émanant de D.eu lui-même.

Que disent les Livres des Prophètes, à commencer par la Bible  ? Quand D.eu nous a donné la terre (d'Israël), il a stipulé que nous devions respecter des idéaux moraux très élevés ; sinon, nous en serions chassés. Les Livres des Prophètes Jérémie, Ézéchiel – bref, de tous les Prophètes – parlent de cela : ils parlent des avertissements donnés aux Juifs, les menaçant de les chasser de la Terre d'Israël, s'ils ne respectaient pas les commandements divins. Et nous en fûmes effectivement chassés. En raison de notre faiblesse physique, militaire ? Non ! A cause de notre défection spirituelle.

Et, comme je le dis souvent, en ce qui concerne le décret exilique de D.eu : s'Il nous a fait prendre l'engagement dont j'ai parlé – à savoir que nous ne devions en aucun cas tenter de retourner en Terre d'Israël – c'est parce que c'est Lui, et seulement Lui – D.eu – qui peut mettre un terme à cet exil, sans l'intervention de quiconque. Et D.eu est le Très compatissant : Il voit le monde entier, Il l'observe. Il regarde tous les peuples qu'Il a créés – et donc le peuple juif, parmi eux, dans l'exil, dans la diaspora – et c'est quand Il le jugera opportun qu'Il mettra immédiatement un terme à l'Exil.

Il se produira alors une révolution métaphy­sique dans le monde : le monde entier reconnaîtra qu'il n'y a qu'un seul D.eu et il Le servira, rassemblé dans l'harmonie et la paix. Pour convaincre les hommes qu'Il est l'Unique, qu'il n'y a qu'un seul D.eu, D.eu va-t-Il utiliser des fusils, lancer une offensive militaire ? Bien sûr que non ! Simplement, nous nous lèverons, tous ensemble, et nous nous mettrons ensemble à Son service. C'est ce à quoi aspire un véritable juif. C'est ce qu'un véritable juif espère. C'est ce pour quoi un véritable juif prie.

Si nous violons notre serment pris envers D.eu, si nous tentons de quitter l'Exil prématurément, les rabbins nous avertissent qu'est rapportée, dans le Talmud, une prophétie du Roi Salomon : nous souffrirons terriblement ; les conséquences seront tragiques, si nous essayons de devancer la fin de cet Exil, si nous quittons l'Exil avant l'heure, et si nous tentons de retourner en nombre en Israël – le châtiment sera sévère.

Et, tout au long des deux mille ans de l'Exil, le peuple juif a été fidèle à D.eu, même durant les épreuves de l'Inquisition, en Espagne et beaucoup, beaucoup d'autres souffrances : ils avaient foi en la guidance de D.eu dans le monde, en sa compassion totale et ils n'ont jamais tenté de créer leur propre État. On trouve, dans le Talmud, les réponses apportées par des rabbins aux questions de leurs ouailles, qui leur demandaient :   « Pouvons-nous nous inventer nos propres pays ? Pouvons-nous nous créer des havres de paix, dans lesquels nous vivrions en sécurité ? » . Les rabbins répondaient : « Soyez patients. C'est interdit. [Notre Exil] est comme un remède amer, que l'on administre à un enfant. Ce n'est que lorsque D.eu jugera le moment venu qu'Il mettra fin à [notre] Exil. ».

Quel est le sens de l'action divine, lorsque D.eu décide d'exiler les juifs ? Ce que D.eu fait, en nous exilant, a une signification, également – essentiellement – spirituelle : D.eu veut nous répartir dans l'ensemble de l'humanité, afin de répandre la lumière, les enseignements de la Torah , auprès de tous les hommes et femmes. Il nous exile afin d'enseigner à l'ensemble de l'humanité que tout un chacun doit se comporter saintement et servir D.eu. Ainsi, il est dit, dans un verset : « Vous serez devant Moi un royaume de prêtres et une nation sainte ». Cela signifie que le peuple juif doit s'efforcer d'imiter D.eu et qu'il doit être capable d'apporter aux hommes les enseignements de la Torah.

Voyons le sionisme, maintenant. Le sionisme [politique] a été introduit, il y a environ un siècle de cela, par un juif non religieux, Théodore Herzl, et ses amis. Eux, ils ne croyaient pas que D.eu voit ce que font partout dans le monde l'ensemble des hommes ; ils ne considéraient pas que la raison de notre Exil était spirituelle. Dans l'Exil, ils voyaient un malheur terrestre, physique, dont la solution selon eux consisterait à créer un pays très fort, muni d'une armée puissante : cet État, à leurs yeux, résoudrait tous les problèmes qui pouvaient se poser aux juifs. Les partisans de Herzl – les sionistes – ont, tout simplement, exclu D.eu des données du problème, « de l'équation », comme nous disons, aux États-Unis.

à l'époque – au début du sionisme, à ses prémisses – les rabbins se sont insurgés unanimement. Ils protestaient, disant : « C'est un blasphème, c'est de la rébellion contre D.eu. Si cette idéologie est mise en application dans la réalité concrète, nous en souffrirons terriblement. »

Malheureusement, les sionistes ont « réussi ». Tout d'abord, ils voulurent aller en Ouganda. Là-bas, il y avait des terres vierges. Mais ils comprirent que la nation juive n'adhèrerait pas à leur idéologie. Aussi se jouèrent-ils et abusèrent-ils des espoirs et des aspirations que pouvait entretenir tout juif à faire retour à Jérusalem, et ils dirent à ce juif :  « Nous sommes en train de vivre les prémisses de la rédemption. Viens, suis-nous ! Retournons, ensemble, sur la Terre d'Israël ! »

Ils tablèrent sur l'ignorance des multitudes non-juives, dans le monde entier. Ils abusèrent de leur compassion, escomptant qu'elles prendraient pour argent comptant ce que dit la Bible , à savoir que cette terre « appartient » aux juifs, et diraient, excédées : « Très bien, alors : qu'on la leur donne ! »… Ils ont utilisé ces sentiments afin de poursuivre leur entreprise, de marquer des points sur le terrain, dans l'objectif d'accaparer la Palestine.

Même si ce pays avait été totalement vide de toute population, même si le peuple palestinien avait fait cadeau de la Palestine au peuple juif, ç'eut été quand même un terrible péché, une terrible transgression de la Torah [que de réaliser les desseins sionistes]. Mais en plus, dans la réalité, la situation était tout à fait différente : la Palestine était un pays peuplé d'êtres humains : les Palestiniens. C'est-à-dire : les Arabes (musulmans et chrétiens) habitant cette contrée ainsi que des juifs orthodoxes qui-craignent-D.eu. Et tous, ces Palestiniens – Arabes et juifs – dirent comme un seul homme : « Nous ne voulons pas d'un État d'Israël ! Ce que nous voulons, c'est ce que nous avons déjà ! [C'est notre fidélité à D.eu !] » Et étant donné que les sionistes ont usurpé la terre, qu'ils sont allés en Palestine et qu'ils l'ont volée au peuple palestinien, ils ont soumis ce peuple par la force des armes, puis ils l'ont expulsé. C'est là une nouvelle tragédie, une nouvelle grande transgression, une rébellion contre D.eu, un agissement criminel. Et tous les rabbins étaient contre ces exactions, ils étaient ulcérés, révoltés par ce que ces juifs non-religieux, ces sionistes faisaient, qu'ils condamnaient : « Voyez ce qu'ils ont fait ! »

Bien entendu, vous le savez, en raison de cette terrible tragédie – le vol de la terre des Palestiniens – beaucoup d'événements terribles se sont succédés tout au long d'une histoire déplorable, qui se prolonge depuis plus de cinquante ans – et même depuis près d'un siècle : tout ce qui a été fait au peuple palestinien… beaucoup de crimes extrêmement graves ont été perpétrés, en Palestine. La communauté juive orthodoxe a été, elle aussi, opprimée et décimée. Les juifs ont été presque tous déracinés des pays musulmans où ils vivaient. Il y a eu beaucoup, beaucoup de problèmes, que je ne développerai pas ici, faute de temps. Les sionistes ont rendu non-religieux tous ces juifs, en les amenant [de force] en Palestine – des communautés juives entières – et en séparant les enfants des parents. Ils ont commis énormément de méfaits. Mais l'un des grands problèmes que je vais simplement mentionner ici, c'est ce gouffre énorme, terrifiant, qu'ils ont créé entre les juifs et les Arabes et les musulmans, partout dans le monde. Et, en particulier, en Palestine.

Pendant des siècles, le peuple juif a vécu en Palestine, ainsi que dans les pays musulmans, en totale harmonie, en voisins, en frères, avec les Arabes palestiniens, et il n'y avait aucun problème. Dès que le sionisme a pointé sa tête horrible, au début du vingtième siècle, les Arabes, majoritairement, ne furent plus en mesure de faire le distinguo entre les juifs et les sionistes ; entre les adeptes du judaïsme et les partisans du sionisme : à leurs yeux, et c'était tout à fait humain, c'était la même chose. La plupart des Arabes ne parvinrent pas à voir la différence – énorme – qu'il y avait entre ces deux groupes antagonistes.

Les sionistes agitaient la Bible afin de tenter de légitimer leur État illégitime. Et c'est là, bien entendu, la triste explication de la raison pour laquelle les juifs dont j'ai parlé commencèrent à quitter les pays musulmans, et le flot de leur exode ne s'arrêta pour ainsi dire jamais. Et ces juifs originaires des pays musulmans continuent, de nos jours encore, à souffrir, plus de cinquante ans après, de cet arrachement, sur la terre du soi-disant « État d'Israël ».

Le Président Arafat comprenait tout cela très clairement : « Non, les juifs religieux, fidèles à leur Torah, n'ont rien à voir avec le sionisme », disait-il. Et il voulait créer une situation où nous aurions pu vivre ensemble, Arabes et juifs, en parfaite harmonie.

Les sionistes, bien entendu, le dépeignirent sous les traits d'un antisémite, comme ils le font de n'importe qui, en Europe, ou ailleurs dans le monde, qui tenterait de se dresser contre l'État criminel d'Israël et contre les agissements criminels qui émanent de l'État d'Israël : ils affirment, de manière automatique, que cet opposant est antisémite, afin d'étouffer son opposition en la faisant passer pour une lutte contre D.eu. Ils donnent à accroire que toute personne qui s'oppose au sionisme et à Israël serait quelqu'un qui blasphèmerait contre la Bible et nourrirait de la haine envers les juifs.

Mais, encore une fois, les juifs authentiques, les juifs fidèles à la Torah , savent qu'il leur est interdit d'avoir un État d'Israël, qu'il est interdit d'opprimer autrui. Nous devons nous efforcer de suivre l'exemple de D.eu. De même que D.eu est compatissant, nous aussi, nous devons être compatissants. Nous devons être comme la Torah veut que nous soyons, c'est-à-dire : loyaux envers la population indigène et les gouvernements en place dans tous les pays où nous résidons. Ils savent aussi que nous devons avoir le plus grand respect et la plus haute estime pour le dirigeant, quel que soit le dirigeant que le peuple palestinien, par exemple, se choisira. Nous devons leur manifester le respect le plus grand et le plus sincère.

Dans la Torah , il est dit que si vous vous opposez à la volonté divine, vous échouerez. C'est pourquoi, lorsque, tout au long des plus de cinquante ans d'existence de l'État d'Israël, les sionistes ont affirmé, à plusieurs reprises, que la paix était pour le lendemain, nous avons continué à insister sur le fait qu'une paix – une véritable paix, durable – ne pourrait jamais être obtenue tant qu'il existerait cette rébellion contre D.eu – tant que l'État d'Israël perdurerait. Tant qu'il existera un État d'Israël, il ne saurait y avoir de paix véritable.

Ce n'est pas là notre opinion personnelle. C'est ce qu'affirme, très clairement, la Torah. C 'est la seule voie que trace la Torah , pour les juifs, partout dans le monde. Et il ne saurait y avoir d'autre voie que celle de la Torah. Par conséquent, même s'il existe des nuances chez les juifs, dans leur opposition au sionisme et à l'État d'Israël, il en existe qui s'expriment aussi fortement que nous le faisons nous-mêmes. Il y a aussi ceux qui ont peur de s'exprimer ouvertement à cause des intimidations des sionistes. Et puis il y a même ceux, au sein du gouvernement israélien, qui ont rejoint le gouvernement, non pas parce qu'ils admirent l'État d'Israël – ils savaient et savent toujours que cet État est interdit par notre Loi – mais ils sont entrés au gouvernement en se disant : de même que le peuple palestinien doit avoir une représentation, nous devons avoir la nôtre. En ce qui nous concerne, nous n'avons bien entendu pas été d'accord avec cette posture. Nous avons dit : « L'État d'Israël, c'est interdit : n'allez pas rejoindre le gouvernement d'un pays interdit par D.eu ! » Mais tous les juifs authentiques ont compris que la création de l'État d'Israël a été une terrible tragédie pour le peuple juif et que cet État doit disparaître, pour que la tragédie puisse prendre fin.

La preuve que les gens qui ont rejoint le gouvernement – les juifs orthodoxes – ne sont pas sionistes, c'est le fait qu'ils représentent un objet de discorde impitoyable entre la Gauche et la Droite. C 'est aussi le fait que les juifs orthodoxes refusent d'envoyer leurs enfants à l'armée, et qu'ils ne mettront jamais un drapeau israélien sur la façade de leurs maisons et lieux publics. Malheureusement, ils ont avalé la propagande des Israéliens, selon laquelle les Arabes haïraient les juifs d'une haine atavique et qu'ils assassineraient les juifs, au cas où ceux-ci leur rétrocédaient des terres. Ces juifs orthodoxes ont avalé toute cette propagande de « a » jusqu'à « z » : ils ont avalé, comme on dit, non seulement l'appât, mais l'hameçon, le flotteur, le fil et la canne à pêche, avec ! Ils ont acheté toutes les salades que les sionistes tenaient tellement à leur fourguer. C'est pourquoi ils refusent catégoriquement de restituer le moindre territoire aux Palestiniens. C'est une véritable tragédie : ils ont entièrement tort.

Mais je vous fais part de ceci, simplement pour tenter d'expliquer, en partie, pour quelle raison les juifs orthodoxes – je ne parle pas, ici, bien entendu, des colons, qui sont des sionistes extrémistes déjantés, mais bien des orthodoxes, d'une manière générale – ont accepté de participer au gouvernement. Pour expliquer quel a été leur raisonnement – un raisonnement fondamentalement erroné. Bien entendu, le discours sur l'« antisémitisme » des Arabes et / ou des musulmans est pure propagande. Les juifs ont toujours trouvé un refuge sûr dans les pays musulmans, à travers les siècles et les générations, notamment lorsqu'ils ont été persécutés par l'Inquisition espagnole, grâce à leur hospitalité. Je l'ai dit : les musulmans ont représenté un refuge sûr, en permanence, pour les juifs. Nous, les authentiques juifs orthodoxes, partout dans le monde, nous sommes profondément et sincèrement reconnais­sants envers les musulmans. Nous enseignons en permanence à nos enfants, à manifester comme nous mêmes, notre gratitude envers les pays musulmans qui ont accueilli et protégé le peuple juif qu'ils ont sauvé. Nous ne l'oublierons jamais.

Par la faute de Herzl, nous sommes confrontés à une double tragédie : le premier crime est celui qui est perpétré contre le peuple palestinien. Quant au deuxième crime, c'est que le premier soit perpétré au nom de la sainteté, au nom du judaïsme. Cette seconde tragédie, non moins grave, se surajoutant au premier crime, c'est la profanation du nom de D.eu. Ce crime entache le judaïsme. Bien entendu, nous disons que l'idée consistant à ne pas restituer les terres aboutira à l'exact contraire : le recel des terres des Palestiniens n'apportera jamais la paix. C'est un crime contre D.eu, et contre une paix authentique. La seule manière de sanctifier le nom de D.eu consiste à faire ce qui est approprié, c'est à dire : démanteler l'État d'Israël. Pour obtenir le démantèlement de cet État, nous prions, chaque jour. Nous prions pour un démantèlement rapide et pacifique de l'entièreté de l'État d'Israël, qui doit être remis à l'autodétermination de la population arabe indigène de Palestine, au peuple palestinien. C'est alors que nous pourrons, à nouveau, vivre en totale harmonie, comme l'a voulu D.eu métaphysiquement. Cela apporterait une paix véritable et totale. Et cela apporterait une paix totale à nous tous, à tous les hommes, dans le monde entier.

Ainsi, on le voit, la solution à deux États n'a jamais fonctionné. Nous avons été contre les accords d'Oslo. On nous a dit que nous étions des fanatiques. Très bien. Mais c'est ce que dit la Torah. C 'est ça ce que dit le judaïsme ! Si vous n'êtes pas d'accord, alors n'appelez pas « judaïsme » ce que vous croyez être votre religion. Et continuez à raconter, si cela vous chante, que ceux qui ne sont pas d'accord avec vous sont soi-disant des « fanatiques ». Non. C'est là ce que dit la religion ayant pour nom : judaïsme. Le judaïsme, c'est la religion de ceux qui ne sont pas d'accord avec vous, et disent qu'il n'y a pas de « solution » avec deux États. Et même, de notre point de vue, pour être viable, l'idée d'une solution avec un seul État ne peut pas être exactement comme on la présente parfois.

Une solution, avec un seul État ? Oui ! Mais comment ? De la façon conforme à ce que D.eu a édicté. Ce qui signifie : il faut que nous rendions leurs terres aux Palestiniens ; nous devons leur demander profusément pardon pour le mal qui leur a été fait, et nous devons leur dire : « Voici vos terres ; choisissez les dirigeants qui vous conviennent. Ayez un régime islamique, si vous voulez. Ou un régime démocratique : c'est à vous d'en décider. Ce pays est le vôtre. Ce sont vos terres. Et nous vous demanderons très humblement de nous accepter chez vous, en tant que citoyens, vivant parmi vous, de la manière qui vous agréera ». Et cela amènera une paix et une harmonie véritables : c'est la seule manière possible d'obtenir la paix.

A nouveau, je redis ce qui est totalement impossible : les « think tanks », ces « boîtes à idées », ont dit, jusqu'à l'an dernier : « Deux États ». Aujourd'hui, ils disent : « Un seul État ». Mais tout projet qui ne se conformerait pas avec les directives divines, en la matière, est voué à l'échec. J'ai dit quelle est la manière de procéder, avec l'aide de D.eu, afin d'aboutir à une paix juste et durable. Et cette paix viendra, dans le futur, de la manière que j'ai dite.

L'URSS s'est effondrée, un beau jour, dans une très large mesure pacifiquement. Ainsi, on le voit : des événements de ce genre peuvent se produire. Nous devons seulement prier D.eu, et croire en D.eu, comme nous le faisons, et ce concept – il suffit de raisonner en termes de logique, fût-ce en mettant un peu de côté les aspects métaphysiques et spirituels – se réalisera : d'ici quinze ans, les Palestiniens représen­teront la majorité des habitants de la Palestine. De toute manière, concentrer tous les juifs en un seul endroit du monde, à l'ère nucléaire, voilà qui ne saurait constituer pour eux un refuge sécurisé. Aussi, toute autre idée, qui ne serait pas conforme à la nécessité de restituer au peuple palestinien son autodétermination, n'a pas de sens.

Je terminerai par ceci : Je tiens à dire, simplement, que les sionistes, bien loin d'être les protecteurs des juifs et les garants d'un havre de sécurité pour eux, sont en réalité les principaux responsables de l'antisémitisme dans l'ensemble du monde. Là où l'antisémitisme n'existe pas, les sionistes le fabriquent : ils sont les principaux responsables des dissensions et de la haine envers les juifs, dans le monde entier. Nous prions – nous demandons à tout le monde de prier – pour la liberté de la Palestine , et pour la venue du jour où la gloire de D.eu sera révélée au monde entier et où nous pourrons tous Le servir, dans la paix et l'harmonie, dans un futur proche. Amen.

 

* * *

 

Dieudonné : Je suis très heureux de vous entendre. Je ne savais pas que vous existiez. Où étiez-vous pendant toutes ces années ? On n'entend jamais parler de vous ! Est-ce qu'il s'agit d'un complot ?

Rabbi Weiss : Nous avons toujours été antisionistes, notre mouvement existe comme tel depuis les années 1930. Mais on ne nous donne jamais la parole, les médias nous bannissent systématiquement, tant en Israël que dans nos pays. Ce n'est certainement pas un complot, cela se fait ouvertement, à travers l'AIPAC 5 , organisme officiel du sionisme aux États-Unis, unanimement détesté, qui va d'ailleurs au suicide politique.

Dieudonné : Est-ce que vous pensez que le sionisme s'est servi du drame de la Shoah d'une manière intéressée ?

Rabbi Weiss : L'industrie de l'Holocauste a commencé avant la Deuxième Guerre mondiale, afin de tuer l'espoir ; puis la Shoah a été utilisée par les sionistes. Ils ont toujours utilisé tout ce qu'ils pouvaient pour exercer leurs pressions et leur chantage. Les sionistes ont besoin que le sang juif soit versé. Ils ont même contribué à perpétrer les persécutions à notre égard, car ils avaient besoin du drame pour attirer la pitié et culpabiliser tout le monde. Ils n'ont pas fait tout leur possible pour sauver les juifs, de nombreux chercheurs l'ont démontré. Le sionisme a un besoin vital de l'antisémitisme : il le suscite activement là où il n'existe pas.

Question  : La montée de l'antisémitisme en France, cela ne vous inquiète pas ?

Rabbi Weiss  : Les sionistes accusent tout le monde d'être antisémites, mais c'est une accusation absurde, car les sémites ce sont les Arabes et certainement pas les Juifs européens. Bien des gens de bonne volonté voudraient porter secours aux Palestiniens, et en sont empêchés par la menace d'être accusés d'antisémitisme. Si bien qu'ils choisissent de mettre en pratique leur charité dans d'autres domaines. Mais les droits des Palestiniens ne dépendent pas du fait que vous soyez ou non traités d'antisémites ! J'exprime ici notre solidarité avec nos frères et sœurs musulmans et arabes. Les Palestiniens souffrent depuis 60 ans, c'est bien plus que la Shoah , c'est une honte pour nous parce que leur martyre est organisé en notre nom, nous devons leur demander pardon. Tous les réfugiés palestiniens ont le droit de retourner chez eux, aucun compromis sous prétexte de Shoah n'est acceptable.

Rabbi Mosche Arye Friedman  : Nous devons dénoncer la campagne qui accable les antisionistes venant du CRIF et d'autres organisations comme le BETAR et nous demandons aussi pardon pour tout ce que vous subissez en France ; ces gens-là font tout pour diffamer la France. En Autriche, les élections démocratiques n'ont pas plu au CRIF qui a fait pression pour que des sanctions soient prises contre l'Autriche. J'ai pu dénoncer cette ingérence dans la politique autrichienne, par un article publié dans le New York Times . Chaque peuple a le droit à sa propre religion, à ses propres institutions, au gouvernement de son choix. Et notre devoir est d'être parfaitement loyaux envers les populations dont nous faisons partie, et loyaux envers leurs gouvernements. Nous les Autrichiens sommes fiers qu'un premier ministre autrichien, Bruno Kreisky, juif antisioniste qui avait pour lui 70% des votes, ait inauguré la reconnaissance officielle envers l'OLP.

Dieudonné intervient pour expliquer qu'il partage absolument leur sentiment de la fraternité, et il rappelle que les descendants d'esclaves ont un vécu intense de ces notions d'exil physique et métaphysique.

Une question sur l'abolition de la résolution 181 sur la partition de la Palestine a été posée.

Rabbi Mosche Arye Friedman : Nous ne faisons pas de politique, nous intervenons sur le plan religieux et nous ne pouvons que répéter : les Juifs n'ont droit à aucun morceau de terre en Palestine, même pas le moindre État aussi minuscule soit-il.

Quelqu'un a proposé que les rabbins accompagnent Dieudonné à Auschwitz, puisque le rabbin français qui l'y avait invité a finalement été obligé d'y renoncer.

Rabbi Mosche Arye Friedman : L'exploitation des souffrances juives et d'Auschwitz, la construction de mémoriaux etc., ne servent qu'à rendre visible le pouvoir des sionistes et ne témoignent pas de la moindre compassion pour les juifs qui y sont morts. Aller à Auschwitz, c'est manifester sa solidarité avec les sionistes, non avec les juifs qui ont souffert. Notre soutien aux Palestiniens n'est pas négociable. C'est plutôt à Ramallah que nous irons ensemble, si Dieu le veut.

Question : Etes-vous nombreux ?

Rabbi Mosche Arye Friedman : En Israël, nous sommes des dizaines de milliers et dans le monde des centaines de milliers. Nous ne pouvons pas nous exprimer en Israël. Nous nous battons pour la vérité, et en un sens, les avancées ou les défaites que nous pouvons subir n'ont aucune importance ! C'est l'esprit religieux contre l'imposture. 6

 

 

 

Le Sionisme (1905) 7 par Léon Tolstoï

Ce mouvement m'a toujours intéressé, non parce qu'il donne à son peuple une solution à sa pénible situation, (cette issue il ne la lui donne pas) mais parce qu'il est un exemple frappant de l'immense influence que peuvent parfois subir les gens qui ont beaucoup vécu et ont éprouvé dans leur vie toute la vanité d'une certaine aventure.

Sous nos yeux, un peuple ancien, intelligent, pourvu d'une grande expérience, qui a souffert longtemps des maux les plus terribles de l'humanité, maintenant, de nouveau, en tombe malade.

En lui renaît à nouveau la soif d'avoir un gouvernement, et le désir mauvais de gouverner, de jouer un rôle. Il désire se parer à nouveau de tous ces accessoires du nationalisme, avec ses troupes, ses drapeaux, sa formule à lui en tête des arrêts des tribunaux.

Il me semble toutefois, que tous ne sont pas saisis de cette sombre passion qui mène les hommes à leur perte, à la ruine et l'épuisement, et à l'arrêt inévitable du travail fécond de l'esprit.

Je pense que seule une partie du peuple, la plus faible et la plus impressionnable, qui aime philosopher et qui envie l'éclat mensonger des nations européennes, souffre de cette maladie d'une « résurrection » qui est en réalité, de la « dégénérescence ».

Le véritable esprit israélite est contraire à l'idée d'une patrie bornée à un territoire.

Il ne veut plus du vieux jouet qu'est l'État, et, une fois pour toutes il y a renoncé. Je ne puis, sans attendrissement, me rappeler la jolie légende d'un sage hébreu de l'époque de la chute de Jérusalem.

Il avait rendu un grand service à Vespasien, et celui-ci, en récompense, lui promit de lui accorder tout ce qu'il demanderait.

Quelle belle occasion de demander la fin du siège contre l'ancienne liberté du pays !

Mais le sage dit :

Permets-moi d'aller avec mes disciples dans la ville de Yabné et de fonder là une école pour l'étude des livres saints.

Cette demande du sage était étrange et folle pour le Romain nourri dans les guerres et les massacres. Mais c'était une belle réponse, consciente de la grande élévation de tout le peuple.

Le sage avait compris le mystère sacré de l'esprit, et demandait ce qui, en apparence, était très peu. Ce peu était le grain de moutarde qui est très petit mais qui donne une très grande plante.

Cet échange du temporel contre le spirituel, c'est le plus beau geste de l'histoire du Judaïsme. Il n'est pas encore assez apprécié par le peuple ; le peuple n'en a peut-être pas encore assez profité. Mais le peuple le sent par toutes ses fibres, et il refuse de se jeter dans une ancienne aventure, étrangère à son âme.

Ce n'est pas la terre qui est sa patrie, c'est le Livre. Et c'est un des spectacles les plus admirables de l'histoire ; c'est la meilleure vocation qui puisse entraîner un homme.

Plongé dans le Livre, il n'a pas vu les siècles s'écouler sur sa tête, il n'a pas vu comment les peuples paraissaient et disparaissaient de la terre, comment de nouveaux pays étaient découverts, comment la vapeur s'élevait de la terre, tandis que la fumée noire des cheminées d'usines cachait le ciel clair aux hommes, à ces hommes qui, dans leur aveuglement, marchaient sous le lacis épais des fils par lesquels la force muette mais impitoyable de l'ambre transporte les nouvelles plus terribles, plus cruelles, plus folles l'une que l'autre.

Ce torrent de civilisation qui aboutit au gouffre et enflamme en l'homme le désir misérable des jouissances, n'a pas atteint le grand vieillard occupé à la lecture du Livre auguste. Et seule l'écume de ce torrent tache les pages saintes des souillures de la raillerie et de l'athéisme. Les chefs du sionisme font partie de cette écume car ils négligent orgueilleusement la question religieuse et ne s'occupent que d'émigration et de politique, de politique et d'émigration.

« D'abord rassemblons-nous de tous les côtés, disent-ils, et ensuite, nous penserons à la religion. » Ce n'est ni naturel, ni intelligent, et ce n'est nullement du goût du peuple juif.

Je me rappelle le magnifique chapitre du Deutéronome où après les paroles foudroyantes de la malédiction et de la bénédiction, le jeune esprit du peuple naissant prononça des paroles d'une signification profonde :

« Or, quand toutes les choses que je t'ai montrées seront venues sur toi, soit la bénédiction, soit la malédiction, et lorsque tu les auras rappelées dans ton cœur parmi les nations vers lesquelles l'Éternel, ton Dieu, t'aura chassé, et que tu te seras converti à l'Éternel ton Dieu, et que tu auras écouté sa voix, toi et tes enfants, de tout ton cœur et de toute ton âme, selon que je le commande aujourd'hui, l'Éternel, ton Dieu ramènera tes captifs, et aura compassion de toi ; et il te rassemblera de nouveau d'entre tous les peuples parmi lesquels l'Éternel, ton Dieu, t'avait dispersé.

« Quand bien même tes frères dispersés seraient au bout des cieux, l'Éternel, ton Dieu, les en tirera et les rassemblera.

« Et l'Éternel, ton Dieu, te ramènera au pays que tes pères auront possédé et tu le posséderas » ( Deutéronome XXX, 1-5 ).

Les chefs du sionisme raisonnent autrement. Ils paraissent vouloir tenir le rôle de Dieu. Ils veulent séparer les Juifs de tous les autres peuples, les conduire dans le pays de leurs pères, et une fois là, demander à Dieu de prendre soin d'eux. Mais Dieu aura droit de leur dire : ainsi vous vous amusez à singer mon œuvre !

Voilà pourquoi même parmi les rabbins, on considère le sionisme comme une doctrine étrangère au peuple et pleine de dangers.

Bien que ce soient les orthodoxes qui affirment cela, (ces orthodoxes qui ordinairement, dans les religions, sont des extrémistes), ici l'orthodoxie israélite se trouve sur un terrain très ferme, sa résistance est tout à fait légitime. L'opinion générale qui veut que le sionisme aide à l'élévation de l'esprit national (c'est ainsi qu'aiment à s'exprimer ses adeptes) en réalité, ne se justifie pas. En lui, il n'y a vraiment rien de national.

M'intéressant à cette question que la presse fait mousser (comme des blancs d'œufs en neige), j'ai parcouru quelques éditions sionistes avec le vieil emblème des deux triangles entrelacés. Dans un de ces livres, j'ai trouvé l'image d'une petite fille au visage rond, charmant, les mains potelées jointes sur la poitrine. Ses yeux sont levés avec une expression de prière, vers Dieu qui se tient dans les cieux. Sous cette image, on pourrait tout aussi bien écrire : « Pater Noster » , «Vater unser » , « Notre Père », et, en général n'importe quelle traduction, en langue européenne, de la célèbre prière du Christ, parce que le fin et doux visage rond de la fillette, qui a tous les caractères de la race aryenne qui peuple l'Europe, ressemble le moins possible à un enfant juif. Et cependant, sous le tableau est inscrite la légende : « Ma tovou », c'est-à-dire les premiers mots de la prière matinale des Juifs. Dans cette petite supercherie il y a toute la fausseté du nationalisme dont se pare le sionisme. Il est lui-même l'os de l'os, la chair de la chair de l'européanisme contemporain, son enfant faible, rachitique, qui imite ses aînés, construit le château de cartes des États et ceint le bandeau portant une inscription en caractères hébraïques.

Mais dans ce mouvement conçu à la manière européenne, le caractère progressiste dont on parle abondamment dans les congrès fait presque totalement défaut. Et c'est ce qui frappe le plus.

Ayant cru que la force de l'Europe était dans sa constitution, c'est-à-dire dans la force des canons avec toutes les horreurs du militarisme qui l'accompagne, ils ont inventé de revêtir leurs vieillards d'uniformes de soldats et de leur mettre en mains un fusil. Ils ont voulu créer un nouveau Judenstaat . 8

Maintenant les gens les meilleurs, en Europe et en Amérique, tous ceux qui pensent sincèrement, sont profondément révoltés par la folie et l'horreur de ce gouffre où s'élance tête en bas une humanité dite civilisée.

Les hommes purs, intelligents, affranchis de la peur et du lucre, de toutes leurs forces tâchent d'éclairer les peuples, de leur rappeler que ce n'est point par la force du canon que l'humanité est forte, que l'avenir des hommes n'est point dans la passion de se dissocier pour vivre dans des boîtes.

La partie vraiment avancée de l'humanité voit au contraire le bonheur des hommes dans une union très large, dans la destruction totale des canons, des mortiers, et de ces groupements qui ne se maintiennent que par la force des armes et qui, par cela même ruinent la vie des hommes.

Tout porte l'humanité raisonnable à s'insurger contre l'idée bornée de l'État, tandis que le sionisme veut ranimer une vieille guenille, appelant progrès cette aspiration primitive. Le sionisme est la négation de tout ce que nous avons de sacré dans notre vie. Nous n'avons point besoin d'États nouveaux, il nous faut des hommes aimants qui voient en leur amour la vocation de leur vie et le service de Dieu. C'est un péché de fondre de nouvelles épées et de semer parmi les hommes l'hostilité et le mensonge. Et c'est un double péché de donner à ces forgerons rouges de sang, le nom de serviteurs du progrès.

On peut encore trouver une excuse aux hommes qui vivent dans les anciens États et qui par faiblesse ne savent pas rejeter le joug pénible de la communauté armée. Un homme attaché à l'ordre existant peut s'y plier, par nécessité, de même que les hommes s'habituent à leurs blessures et à leurs maladies les plus pénibles.

Mais de sang-froid, avec orgueil, ressusciter l'horreur ancienne, et, sous prétexte de le libérer, mettre à un peuple le collier étroit, garni de pointes de l'État, est une mauvaise action.

Qu'est-ce qui les a séduits ? Qu'est-ce donc qui leur a plu dans ce mouvement nationaliste et, en réalité, soldatesque des peuples européens qu'évidemment les chefs du sionisme veulent à tout prix imiter ? La liberté imaginaire de la Serbie , où un mot de l'ambassadeur d'Autriche pèse plus que les décrets du roi, et où, en réalité, toute la liberté se réduit à un massacre incessant, aux intrigues des partis, et, à la fin des fins, à la ruine des paysans et a l'épuisement de la terre trop grevée d'impôts destinés a l'entretien d'une immense bande de fonctionnaires et d'une armée de parade que deux ou trois salves pourraient détruire. Est-ce cela qui leur plaît ?

Peut-être liberté imaginaire de la Bulgarie qui, à peine sortie de la poigne d'Istanbul et déchirée par les révoltes tombera aujourd'hui ou demain dans une autre gueule ?

Ou bien est-ce la Roumanie , la Macédoine , les Monténégro, la Crète ou la Grèce ? Qu'est-ce qui donne envie aux sionistes ?

Et je ne parle pas de l'Italie, de la France , de l'Angleterre, de l'Allemagne, où l'air est aussi rempli des gémissements d'un peuple, abruti, ruiné, par les armements et l'organisation gouvernementale. Ces peuples pressentant la misère qui les menaçait se sont jetés sur des pays lointains, peuplés d'hommes pacifiques « non civilisés », et avec voracité, ils tâchent de leur prendre tout ce qu'ils peuvent et à les asservir. C'est ce que nous voyons aux Indes, en Afrique, en Chine.

Mais que dire ? Celui dont les yeux sont seule­ment ouverts et dont la raison n'est pas aveuglée, celui-là voit nettement la dégénérescence qui menace les hommes dans leur vie morale...

Jamais encore l'humanité ne fut si proche de l'anéantissement, jamais encore elle ne fut si déprimée moralement, jamais tant de dépenses colossales n'ont été conduites par une telle folie.

Faut-il aider à cette œuvre, y engager le travail des hommes et les convaincre de faire encore une folie nouvelle ? Où donc les sionistes ont-ils les yeux ? Où est leur conscience ?

Ce grain sacré du mouvement d'émigration, dont le but est d'élargir l'espace où sont entassés des Juifs et de les ramener au travail agricole depuis longtemps oublié, ce mouvement indiscutablement pur et beau que les sionistes s'attribuent, ne leur appartient nullement. La tendance à la colonisation existait avant le sionisme qui n'a fait que l'usurper audacieusement...

Ce faisant il a empêché le retour des Juifs à la terre. On a exagéré la vision de l'État juif et cette vision ne fait que compliquer en vain le désir simple et naturel des hommes d'abandonner les villes et de faire le seul travail propre à nous tous, le saint travail de Dieu, le travail agricole.

 

Léon Tolstoï

Sigmund Freud : Le sionisme, « une espérance injustifiée » Lettre de Freud à Chaim Koffler

Vienne, le 26 février 1930

Cher Monsieur 9 ,

Je ne peux pas faire ce que vous souhaitez. Je ne peux pas surmonter l'aversion que j'éprouve à accabler le public de mon nom, et même la période critique que nous traversons ne me semble pas l'imposer. Quiconque veut influencer une foule doit lui donner quelque chose d'enthousiasmant et de flamboyant que ne permet pas la sobriété de mon jugement sur le sionisme. J'éprouve certainement de la sympathie pour ses buts, je suis fier de notre Université à Jérusalem et je suis ravi de constater la prospérité de nos colonies. Mais, d'un autre côté, je ne crois pas que la Palestine devienne jamais un État juif, ni que les mondes chrétien et musulman acceptent jamais de voir leurs lieux saints sous la tutelle juive. Il me semble qu'il eût été préférable d'établir un foyer national juif sur une terre moins marquée par l'histoire. Mais je sais qu'un point de vue rationnel comme celui-ci ne provoquera jamais l'enthousiasme des masses et le soutien financier des riches. Je concède avec regret que le fanatisme étranger aux réalités qui anime notre peuple est en partie responsable de l'éveil de la méfiance des Arabes. Je ne puis éprouver aucune sympathie pour la piété fourvoyée qui transforme un bout de mur d'Hérode en religion nationale, heurtant par là le sentiment des indigènes. Vous pouvez dès lors juger par vous même pour décider si, doté de ce point de vue si critique, je suis l'homme qui peut se présenter comme le consolateur d'un peuple qui s'illusionne par le biais d'une espérance injustifiée.

Je suis votre serviteur,

Freud .

Albert Einstein et Hannah Arendt : Non aux sionistes nazis ! 10

Lettre au Rédacteur en Chef du New York Times 11

Parmi les événements politiques les plus inquiétants de notre temps, c'est l'émergence dans l'État d'Israël nouvellement créé du « Parti de la Liberté  » (Tnuat Haherut), un parti politique proche dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son attrait social des partis nazis et fascistes. Il est issu de – et a succédé à – l'Irgun Zvai Leumi, une organisation terroriste de droite et chauviniste en Palestine.

La visite actuelle du chef de ce parti, Menachem Béguin, aux États-Unis est de toute évidence calculée pour donner l'impression que l'Amérique soutient son parti dans les prochaines élections en Israël, et pour cimenter les liens politiques avec les éléments conservateurs du sionisme aux États-Unis. Plusieurs Américains de réputation nationale ont prêté leurs noms pour lui souhaiter la bienvenue. Il est inconcevable que ceux qui s'opposent au fascisme à travers le monde, s'ils sont bien informés des actes et des projets de Béguin, puissent soutenir avec tout le poids de leurs noms le mouvement qu'il représente.

Le public américain doit être informé des actes et des projets de Béguin avant que l'irréparable ne soit commis au moyen de contributions financières, de manifestations publiques en sa faveur, et la création en Palestine de l'impression qu'un large secteur de l'Amérique soutient les éléments fascistes en Israël. Les déclarations publiques du parti de Béguin ne sauraient nous renseigner sur sa véritable nature. Aujourd'hui, ils parlent de liberté, de démocratie et d'anti-impérialisme, alors que naguère ils prêchaient ouvertement la doctrine de l'État fasciste. C'est à travers ses actes que le parti terroriste trahit sa vraie nature. C'est à travers ses actions passées que nous pouvons juger de ce qui se produira dans l'avenir. 12

 

Une attaque contre un village arabe

 

Un exemple choquant est donné par leur comportement dans le village de Deir Yassine. Loin des grandes routes et entouré par des colonies juives, ce village n'a aucunement participé à la guerre, et il a même chassé des bandes d'Arabes qui ont cherché à utiliser leur village comme base de leur action. Le 9 avril, des bandes terroristes attaquèrent ce village pacifique, qui ne représentait pas d'intérêt militaire objectif dans la bataille, et tuèrent la plupart de ses habitants, 240 hommes, femmes et enfants, en s'emparant de quelques uns pour parader avec eux en tant que captifs à travers les rues de Jérusalem. La majorité de la communauté juive a été horrifiée par cet acte, et l'Agence juive a envoyé un télégramme d'excuses au Roi Abdullah de Transjordanie. Mais les terroristes, loin d'être honteux de leur acte, étaient fiers de ce massacre, en firent une large publicité, et invitèrent tous les correspondants étrangers présents dans le pays pour voir les corps amoncelés et les ravages commis à Deir Yassine. L'incident de Deir Yassine est exemplaire quant à la nature et la pratique du Parti de la Liberté.

Au sein de la communauté juive, ils ont prêché un assemblage d'ultranationalisme, de mysticisme religieux et de supériorité raciale. A l'instar d'autres partis fascistes, on les utilisait pour briser les grèves, et ils ont eux-mêmes œuvré pour mettre fin à la liberté syndicale. Durant les dernières années de violence sporadique anti-britannique, les groupes IZL (Irgun) et Stern inaugurèrent un règne de terreur au sein de la communauté juive de Palestine. Des enseignants ont été battus parce qu'ils les dénonçaient, des adultes ont été la cible de tirs parce qu'ils ont refusé de permettre à leurs enfants de les rejoindre. Les terroristes ont intimidé la population et extorqué un lourd tribut au moyen de méthodes de gangsters, de passages à tabac, de défenestrations et d'un brigandage à grande échelle. 13

Les gens du Parti de la Liberté n'ont pris aucune part à l'oeuvre de construction en Palestine. Ils n'ont pas revendiqué de terre, n'ont pas construit de colonies, et ils se sont seulement retirés de l'action de Défense juive. Leurs activités en matière d'immigration par trop médiatisées étaient en fait infimes et destinées essentiellement à favoriser leurs compatriotes fascistes. 14

 

Des contradictions constatées

 

Les contradictions entre les revendications audacieuses faites maintenant par Béguin et son parti, et leurs réalisations passées en Palestine révèlent un parti politique pas comme les autres. C'est là la trace incontestable d'un parti fasciste pour qui le terrorisme (contre les Juifs, les Arabes, et les Britanniques sans distinction), et la représentativité sont les moyens, et un « État leader » est l'objectif.

A la lumière de ces considérations, il est impératif que la vérité au sujet de M. Béguin et de son mouvement se fasse jour dans ce pays. La situation est d'autant plus tragique que les plus hautes instances dirigeantes du sionisme américain ont refusé de faire campagne contre les efforts de Béguin, ou même d'exposer à leur électorat les dangers pour Israël d'un tel soutien à Béguin.

C'est pour cela que les soussignés agissent pour présenter ouvertement quelques faits saillants concernant Béguin et son parti, et presser toutes les parties concernées afin qu'ils refusent de soutenir cette manifestation du fascisme.

 

La Paix et l'État d'Israël 15 par Emmanuel Lévyne

Dans Le Monde du 15 octobre 1968, page 14, dans l'article de Jean Lacroix «  La Paix et les États », on peut lire :

« La vraie question est donc de savoir si la paix est conciliable avec la souveraineté des États, c'est-à-dire avec leur existence (…) Comprendre la notion de paix, c'est reconnaître ce qu'elle exige. Ce n'est rien de moins que la disparition des États particuliers et souverains (...) Entre la survie des États et l'instauration de la paix il faut lucidement choisir ».

Nous Juifs antisionistes, nous avons choisi la Paix. C'est pourquoi nous n'avons pas voulu la création de l'État d'Israël et nous souhaitons sa disparition (par le renoncement du peuple juif et évidemment non pas par la guerre et le massacre des populations), car son existence — comme celle de tout autre État particulier — menace la paix mondiale. Nous avons conscience de la nature belliqueuse de tout État. Or, instaurer la paix mondiale est la définition de la mission du peuple juif ; son rôle est non pas de fonder un État de plus, donc un facteur nouveau de guerre, mais d'apprendre aux nations à vivre sans État, comme il l'a fait depuis deux mille ans.

Le rabbin Josy Eisenberg a écrit que « la renaissance de l'État juif » était « un des indispensables paliers de l'escalade messianique » ( Le Monde du 21-10-67). Je l'ai contredit, j'ai démontré par des arguments bibliques que, au contraire, l'ascension des peuples vers la paix universelle, entrevue par le prophète Isaïe, impliquait la disparition des États. L'étude qu'analyse Jean Lacroix dans son article confirme ma thèse d'un point de vue scientifique. En fait, les sionistes apparaissent comme des juifs qui ont perdu leur conscience messianique, leur conscience tout court, comme le faisait remarquer Léon Tolstoï dans un article sur Le Sionisme , publié en français dans le recueil Les Révolutionnaires en 1906 16 :

« Qu'est-ce qui les a séduits ? Qu'est-ce qui leur a plu dans ce mouvement nationaliste et, en réalité, soldatesque des peuples européens qu'évidemment les chefs du sionisme veulent à tout prix imiter ? (...)

« Celui dont les yeux sont seulement ouverts et dont la raison n'est pas aveuglée, celui-là voit nettement la dégénérescence qui menace les hommes et l'arrêt complet de leur vie morale, à moins que la vision sanglante de l'État ne soit effacée par le travail raison­nable des hommes francs, sincères.

« Jamais encore l'humanité ne fut si proche de l'anéantissement, jamais encore elle ne fut si déprimée moralement, grâce à l'inutilité reconnue de ces dépenses colossales pour une folie sans bornes ». Aider à cette œuvre, diriger là le travail des hommes et les convaincre de faire une folie nouvelle ?

« Où les sionistes ont-ils donc les yeux? Où est leur conscience ? ».

En 1954, l 'écrivain Carlo Suarès, qui appartient à une illustre famille de juifs égyptiens, appelait la jeunesse juive à retrouver sa conscience messianique, dans un article publié dans une revue d'étudiants Israélites Targoum (n° 4, juillet 1954) :

« C'est d'Égypte, d'une tranquille banlieue d'Alexandrie où le jasmin de mon jardin embaume les nuits d'été, que je lance, que je dois lancer un appel, un cri urgent (car terribles sont les circonstances qui le provoquent !) aux Juifs du monde entier, aux Juifs de tous les continents pour qu'ils fassent sauter les frontières tout de suite, aujourd'hui même.

« Je dis : faites sauter ces frontières maintenant, tout de suite, en cet instant même, et que personne n'ose hausser les épaules à cet ordre. Abraham n'a pas de frontières, ni le prophète Jésus, ni le prophète Mohammed. Et que faites-vous ? (···)

« Ces frontières géographiques, hérissées d'armes, servent, n'en doutez pas, les intérêts matériels de minorités puissantes. Mais ces puissances ne pourront jamais me contraindre à reproduire ces tracés dans mon cœur et dans ma pensée, et ne me feront pas taire et ne me bâillonneront pas.

« Je veux une France africaine et sans aucune frontière avec l'Égypte et le Soudan, et je veux un monde arabe sans aucune frontière au sein du monde arabe et sans frontières avec toutes les régions du monde qui n'auraient plus de frontières, afin que s'instaure la Paix d'Abraham. »

C'est cette Paix d'Abraham, que ne pourra jamais obtenir l'État d'Israël pour les raisons exposées par Jean Lacroix, c'est cette Paix d'Abraham que nous, juifs antisionistes, recherchons de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre pouvoir, car l'humanité l'attend depuis deux mille ans ; nos Prophètes l'ont promise, nous devons enfin la lui apporter, ce que nous ne pouvons faire sans renoncer à l'État. Sommes-nous des utopistes ? Manquons-nous de réalisme politique ?

Nous nous distinguons des sionistes tout comme les Pharisiens, dont l'idéal était «  La Paix par-dessus tout » se distinguaient des Sadducéens, dont la devise, comme celle de certains Allemands, était « L'État au-dessus de tout ». Et l'État, c'est la guerre. Nous n'en voulons plus, car nous en avons trop souffert.

Voilà ce que c'est que d'être un juif antisioniste.

 

C'est précisément parce que nous sommes juifs par Rabbi Mordechi Weberman 17

Il y a des gens qui nous demandent pourquoi nous marchons avec les Palestiniens, pourquoi nous hissons le drapeau palestinien, pourquoi nous soutenons la cause palestinienne. « Vous êtes juifs », nous disent-ils. « Qu'êtes-vous en train de faire ? »

Et notre réponse est très simple : 

C'est précisément parce que nous sommes juifs que nous marchons avec les Palestiniens et hissons leur drapeau !

C'est précisément parce que nous sommes juifs que nous demandons la restitution aux Palestiniens de leurs maisons et de leurs propriétés ! 

Oui, notre Torah nous ordonne d'être équitables. Nous sommes appelés à rechercher la justice. Mais qu'est-ce qui pourrait être plus injuste que la tentative, vieille d'un siècle, du mouvement sioniste d'envahir le pays d'un autre peuple, de l'en chasser et de voler sa propriété ?

Les premiers sionistes ont proclamé qu'ils étaient un peuple sans terre allant sur une terre sans peuple. 

Ces paroles peuvent apparaître comme innocentes. 

Mais elles sont entièrement et totalement fausses. 

La Palestine était un pays habité par un peuple. Un peuple qui était en train de développer une conscience nationale. 

Nous n'avons aucun doute que si des réfugiés juifs étaient arrivés en Palestine sans l'intention de dominer, sans l'intention de faire un État juif, sans l'intention de déposséder les Palestiniens, sans l'intention de les priver de leurs droits fondamentaux, ils auraient été accueillis avec la même hospitalité que les peuples musulmans ont montrée aux juifs au cours de l'histoire. Nous aurions vécu ensemble comme auparavant le faisaient les juifs et les musulmans en Palestine, en paix et en harmonie. 

Amis musulmans et palestiniens à travers le monde, écoutez s'il vous plaît notre message :

Il y a des juifs de par le monde qui soutiennent votre cause. Et quand nous nous parlons de soutien, nous n'entendons pas un quelconque plan de partage, comme celui proposé en 1947 par l'ONU, qui n'avait pas le droit de le proposer. 

Quand nous parlons de soutien, nous n'entendons pas le découpage en morceaux de la Cisjordanie offert par Barak à Camp David, associé à une justice rendue à moins de 10% des réfugiés.

Nous n'entendons rien d'autre que la restitution du pays tout entier, Jérusalem inclue, à la souveraineté palestinienne !

Arrivés à ce stade, la justice exige que ce soit au peuple palestinien de décider si les juifs – et combien d'entre eux – pourront rester dans le pays.

C'est la seule voie vers une vraie réconciliation. 

Mais nous exigeons encore plus. Il ne suffira pas de restituer le pays à ses propriétaires légitimes. Il faudra s'excuser auprès du peuple palestinien d'une façon claire et précise : le sionisme vous a fait du tort, le sionisme vous a volé vos maisons, le sionisme vous a volé votre pays.

Ce faisant nous proclamerons devant le monde entier que nous sommes le peuple de la Torah , que notre foi nous demande d'être honnêtes, équitables, bons et gentils. 

Nous avons participé à des centaines de rassemblements propalestiniens ces dernières années et partout où nous allons, les dirigeants et l'assistance nous accueillent avec la chaleur de l'hospitalité moyen-orientale. Quel mensonge que de dire que les Palestiniens en particulier ou les musulmans en général haïssent les Juifs. C'est l'injustice que vous haïssez, pas les juifs !

N'ayez crainte, mes amis. Le mal ne peut triompher longtemps. Le cauchemar sioniste en est à sa fin. Il est épuisé. Ses récentes brutalités sont le spasme d'agonie d'un malade en phase terminale.

Nous vivrons assez longtemps pour voir le jour où juifs et Palestiniens se donneront l'accolade de paix sous le drapeau palestinien à Jérusalem. 

Et lorsque le Rédempteur de l'humanité finira par arriver, les souffrances du présent seront depuis longtemps oubliées dans les bénédictions du futur. 

Un juif s'adresse aux Combattants Sionistes 18 par Erich Fried

Que voulez-vous réellement ?

Voulez-vous surpasser vraiment

ceux qui vous ont écrasés

il y a une génération

jusqu'à votre sang

jusqu'à vos excréments ?

Voulez-vous repasser maintenant

la vieille torture à d'autres

dans ses détails les plus sanguinaires et les plus sales

avec le plaisir brutal affiché des tortionnaires

tel qu'il a été souffert par vos pères ?

Voulez-vous réellement être la nouvelle Gestapo

la nouvelle Wehrmacht

la nouvelle SA et SS

et faire des Palestiniens

de nouveaux juifs ?

Très bien, alors moi aussi,

ayant été moi-même persécuté

par vos persécuteurs,

il y a une cinquantaine d'années

pour avoir été un enfant juif

je veux être un nouveau juif avec ces nouveaux juifs

que sont devenus les Palestiniens par votre fait.

Et je voudrais aider à les conduire comme un peuple libre

à leur propre terre de Palestine

d'où vous les avez chassés

quand vous ne les y ayez pas persécutés

vous les praticiens de la Swastika

vous les idiots et les faux historiques

avec l'Étoile de David sur vos drapeaux.

Étoile qui se mue constamment

en ce symbole damné avec ses quatre pieds

que vous ne voulez pas simplement voir

mais sur les traces duquel vous marchez aujourd'hui.

Notes

1. Ces Rabbins sont : 1) Yisroel Dovid Weiss, Porte parole de Neturei Karta International, établi à New York. Sur sa carte de visite, nous lisons : « Les juifs croyants en la vraie Torah s'opposent fermement, par fidélité à la foi juive, au sionisme et à ses avatars. Priez pour un démantèlement pacifique de l'État sioniste ! » ; 2) Moishe Arye Friedman, Grand Rabbin de Vienne ; 3) Moshe Beck ; 4) Kohen, du Canada.

2. Dans son édition en date du 13 juin 2002, avec un article signé par Xavier Ternisien : « Un pamphlet antisémite circule dans les milieux propalestiniens radicaux ». Le journal a refusé le droit de réponse des personnes mises en cause par ce libelle de propagande sioniste.

3. Allocution de Rabbi Yisroel Dovid Weiss, porte-parole du mouvement Netureï Karta, établi à New York, donnée lors de la conférence de presse organisée par Dieudonné au Théâtre de la Main d'Or, le jeudi 11 novembre 2004, le jour du décès de Yasser Arafat.

4. Paradoxe de notre temps : le Rabbin Moshé Hirsch a été le seul membre de l'Autorité palestinienne à s'opposer aux accords d'Oslo ! Après des manifestations anti-israéliennes organisées par Neturei Karta en Europe, Israël a laissé diffuser le 16 août 2004 l'information selon laquelle Yasser Arafat aurait fait don au Rabbin Hirsch d'une somme de 55.000 $, dont les reçus auraient été trouvés par l'armée israélienne lors de l'opération de Tsahal ‘Homat Magen' d'avril 2002 dans la Muqata 'a. Quelle que soit la véracité de cette info, nous sommes sûrs que Neturei Karta ne va pas utiliser cette colossale somme d'argent pour bombarder les camps des réfugiés palestiniens, ou envahir les quartiers généraux des représentants de peuples colonisés.

5. AIPAC : American Israel Public Affairs Committee , (Comité Amérique-Israël des Affaires Publiques), le plus important lobby américain oeuvrant pour le financement d'Israël en exerçant des pressions surtout auprès du Congrès américain, décideur en la matière. Dans son livre The Lobby. Jewish political power and American Foreign Policy (1987), Edward Tivnan explique que « l'économie israélienne dépend entièrement de la bonne volonté du Congrès - un Congrès avare pourrait détruire Israël plus rapidement que n'importe quelle armée arabe -, et l'AIPAC est le maître du Congrès. Du moins, ce que l'AIPAC prétend lui-même. » (p. 163)

6. Les débats ont continué d'une manière informelle pendant plus d'une heure dans le hall du théâtre de la Main d'Or. Il faut lire les textes de Neturei Karta sur leur site, www.nkusa.org et pour visualiser le débat, voir www.islamiya.info.

7. Extrait des « Entretiens et Pensées » publiés dans le recueil intitulé « Les Révolutionnaires », pages 204-20, traduction de J. W. Bienstock, Eugène Fasquelle éditeur, Paris, 1906. Nous éditons cet article d'après Judaïsme contre Sionisme , (p. 283-90), publié par Emmanuel Lévyne qui fait ce commentaire en note de bas de page :

« M. Arthur Conte, dans un reportage sur Israël, publié dans le Monde (24-7-56), journal réputé des plus sérieux, écrit ceci: « Quant à la pensée (des Israéliens), elle est dominée par le bon Tolstoï, introduit par les exilés russes qui durent fuir les pogroms des tsars aux environs de l'année 1880. L 'auteur de ‘°Guerre et Paix°' est devenu le vrai maître d'Israël. Il en domine la philosophie et lui donne tout son sens  » . Ainsi Tolstoï serait le « vrai maître d'Israël  »  ! Après avoir lu le texte prophétique de Tolstoï, un des réquisitoires les plus virulents contre le sionisme, qui annonçait plus d'un demi siècle à l'avance, les conséquences dangereuses du développement du sionisme politique pour la paix du monde, et aussi pour la paix des juifs, le lecteur aura une idée saisissante de la nature et des effets de la propagande sioniste, qui a réussi, qui réussit et qui réussira encore à faire croire aux esprits les plus lucides, les plus froids, les choses les plus invraisemblables, les plus contraires à la réalité. »

8. L'État des juifs , titre du livre de Herzl, proposant la création d'un mouvement sioniste politique.

9. Réponse de Freud à Chaim Koffler, du Keren Hajessod, qui lui demanda d'associer son nom à une pétition de protestation à l'occasion des émeutes meurtrières des Arabes palestiniens contre les colons juifs d'août 1929, suite à une provocation sioniste initiée par le Grand Rabbin A. I. Kook de Jérusalem pour occuper le Mont du Temple, comme le fera 70 ans plus tard Ariel Sharon, déclenchant la seconde Intifada. Signalons qu'en 1932, le Grand Rabbin Yosef Sonnenfeld, à la tête de la communauté juive orthodoxe antisioniste de Jérusalem, publia dans la presse arabe un article intitulé « Paroles de vérité et de paix », où il rappela la doctrine orthodoxe de l'illégitimité de toute occupation de force en terre de Palestine par les juifs, y compris le Mont du Temple, dans l'attente de la venue de Messie pour y faire régner la paix universelle. Cette lettre de Freud a été traduite en français par la Gazette du Golfe et des Banlieues du 1 er décembre 2004.

10. Le texte original de cette lettre se trouve sur le site rense.com . La traduction est assurée par l'éditeur.

11. Lettre datée du 2 décembre (publiée par le New York Times le 4 décembre 1948), signée par Einstein et Hannah Arendt, avec 26 autres personnalités juives américaines. Trente ans plus tard, Béguin arrive au pouvoir en Israël, et reçoit en 1978 le Prix Nobel de la Paix  ! Sharon, un des héritiers et successeurs de Béguin sera lavé encore plus rapidement de ses crimes contre l'humanité. Parions qu'il aura aussi son Prix Nobel de la Paix.

12. Paroles prophétiques. C'est Sharon qui illustrera les méthodes Béguin avec encore plus de zèle, et moins de protestations de la part du milieu des droits de l'homme.

13. Aujourd'hui encore, personne dans la communauté juive ne parle de cette persécution anti-juive menée en toute impunité par ces fascistes qui se disent juifs, et qui continue encore de nos jours contre tous les juifs partout dans le monde, avec la complicité passive du milieu des droits de l'homme

14. Ce paragraphe pourrait suggérer qu'Albert Einstein aurait souscrit au programme sioniste. Nous pensons quant à nous qu'il reflète davantage les idées des initiateurs de cette pétition que l'opinion particulière de chacun des signataires. Ainsi, Einstein s'était montré assez réservé sur le projet sioniste en tant que tel. En 1946, interrogé par le Comité d'enquête anglo-américain sur la question palestinienne , il prit position contre la création d'un État juif. En 1950, il réaffirma cette même conviction : « Je verrais davantage un accord raisonnable avec les Arabes sur la base d'une coexistence pacifique que la création d'un État juif. En dehors de considérations pratiques, ma conviction relative aux fondements du judaïsme répugne à l'idée d'un État juif avec des frontières, une armée et une part de pouvoir temporel, aussi réduit soit-il. Je crains que le judaïsme puisse un jour souffrir intérieurement surtout du développement en notre sein d'un nationalisme étroit, contre lequel nous avions dû nous battre sans un État juif. » (Albert Einstein, in Ideas and Opinions , N-Y., 1954, p. 190.) Allusion au nazisme ?

15. Emmanuel Lévyne : Judaïsme contre Sionisme , Le Dossier Arabe, Collection Monographies, n° 8, Éditions Cujas, [Paris, mai 1969], p. 68-70.

16. Nous publions l'intégralité de ce texte de Tolstoï dans cette livraison.

17. Discours du Rabbin Mordechi Weberman, membre de Naturei Karta, tenu le 26 juillet 2002 lors d'une manifestation devant le consulat israélien de New York, organisée par Al Awda, Coalition palestinienne pour le droit au retour. La traduction française de ce texte est assurée par le site http://quibla.net . La version italienne est accessible sur le site :

http://www.nkusa.org/Foreign_Language/Italian/italjul2602.cfm

18. Texte original : A Jew to Zionist Fighters , est disponible sur le site www.iahushua.com/Zion/ zionopp05.html, et le site www.aldeilis.net/zion/ zionopp05.html. Ce dernier donne cette présentation de l'auteur : Erich Fried est le plus célèbre des poètes d'expression allemande dans le monde moderne, et un des initiateurs de la déclaration sur le ‘Retour'. Il s'est exilé de son propre pays, l'Autriche après l'Anschluss de 1938, son père ayant été battu et torturé à mort par la Gestapo. Socialiste , il s'opposa au stalinisme, à l'intervention américaine au Vietnam, et il était proche de militants anticapitalistes radicaux allemands tels que Rudi Dutschcke et Ulrike Meinhoff. C'est à la suite du racisme et du fascisme qu'il subit dans sa chair qu'il défendit la cause des palestiniens qui ont comme lui connu l'exil.

 


http://www.plumenclume.net/textes/2008/israel/juifresistent130308.htm

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