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Je prie D.eu, qu'il veuille bien placer les mots justes dans ma bouche et qu'Il me permette de transmettre, à vous tous, Sa vérité. Je désirais depuis toujours venir à Paris afin d'y présenter la véritable description de ce qu'est réellement le judaïsme, par opposition au sionisme. Malheureusement, nous avons dû venir dans ces (tristes) circonstances : le décès du président palestinien Yasser Arafat. Mais les voies de D.eu échappent à notre compréhension. Aussi me voici parmi vous et c'est pour moi un honneur et un privilège de pouvoir m'adresser à vous tous.
Étant donné la raison de ma présence parmi vous, je pense qu'avant d'aborder les sujets dont je vais traiter, je me dois d'évoquer la mémoire du Président (palestinien) disparu, Monsieur Abou Ammar, Yasser Arafat, qui était un homme exceptionnel, sortant de l'ordinaire. Yasser Arafat a donné sa vie pour la cause du peuple palestinien et son mode de vie, tout entier, était la simplicité même. Il a traversé moult épreuves périlleuses, jusqu'à mettre sa vie en danger afin de défendre la nation palestinienne. Pour le peuple juif, contrairement à ce qu'on veut faire croire, Arafat était également une personne à l'esprit clair ; il avait une vision de l'avenir, une compréhension très profonde de ce qu'est vraiment le judaïsme et de ce qu'est réellement le sionisme.
Il avait compris que le judaïsme est une sainte religion, plurimillénaire. Et il n'avait absolument aucune forme d'animosité, d'une quelconque façon, à l'encontre du judaïsme ou du peuple juif. Au contraire, il savait que le sionisme n'a rien à voir avec le judaïsme. C'est ce que j'expliquerai, brièvement.
Comme je vous l'ai dit, le judaïsme est une religion plurimillénaire, elle remonte aux Patriarches Abraham, Isaac et Jacob. En revanche, le sionisme est une idéologie à peine centenaire, inventée par Théodore Herzl et ses amis des gens totalement irréligieux, des gens qui étaient totalement étrangers à la religion juive, qu'ils abhorraient.
Simplement au cas où vous penseriez que ce que je dis au sujet de la compréhension des choses qui était celle du président Arafat est exagérée sachez simplement que, lorsqu'il a créé l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat a veillé à y inclure un représentant du peuple juif. Et il a choisi, pour cette importante fonction un juif orthodoxe, très pieux et craignant D.eu : le Rabbin Moshé Hirsch que D.eu lui accorde longue vie ! 4
Maintenant, je vais vous expliquer brièvement ce qu'est le sionisme : d'après la croyance juive, il nous a été et il reste interdit, à nous les juifs, depuis la destruction du Temple de Jérusalem il y a près de deux mille ans, c'est-à-dire depuis l'Exil du peuple juif et sa dispersion dans la diaspora D.eu a fait jurer cela au peuple juif de tenter de retourner, en masse, sur la terre d'Israël. [Nous nous sommes engagés envers D.eu] à ne jamais nous rebeller contre une quelconque nation. Au contraire, nous devions rester loyaux envers toutes les nations au sein desquelles nous allions désormais résider et nous ne devions jamais rien tenter afin de mettre un terme au décret exilique, qui est une décision émanant de D.eu lui-même.
Que disent les Livres des Prophètes, à commencer par la Bible ? Quand D.eu nous a donné la terre (d'Israël), il a stipulé que nous devions respecter des idéaux moraux très élevés ; sinon, nous en serions chassés. Les Livres des Prophètes Jérémie, Ézéchiel bref, de tous les Prophètes parlent de cela : ils parlent des avertissements donnés aux Juifs, les menaçant de les chasser de la Terre d'Israël, s'ils ne respectaient pas les commandements divins. Et nous en fûmes effectivement chassés. En raison de notre faiblesse physique, militaire ? Non ! A cause de notre défection spirituelle.
Et, comme je le dis souvent, en ce qui concerne le décret exilique de D.eu : s'Il nous a fait prendre l'engagement dont j'ai parlé à savoir que nous ne devions en aucun cas tenter de retourner en Terre d'Israël c'est parce que c'est Lui, et seulement Lui D.eu qui peut mettre un terme à cet exil, sans l'intervention de quiconque. Et D.eu est le Très compatissant : Il voit le monde entier, Il l'observe. Il regarde tous les peuples qu'Il a créés et donc le peuple juif, parmi eux, dans l'exil, dans la diaspora et c'est quand Il le jugera opportun qu'Il mettra immédiatement un terme à l'Exil.
Il se produira alors une révolution métaphysique dans le monde : le monde entier reconnaîtra qu'il n'y a qu'un seul D.eu et il Le servira, rassemblé dans l'harmonie et la paix. Pour convaincre les hommes qu'Il est l'Unique, qu'il n'y a qu'un seul D.eu, D.eu va-t-Il utiliser des fusils, lancer une offensive militaire ? Bien sûr que non ! Simplement, nous nous lèverons, tous ensemble, et nous nous mettrons ensemble à Son service. C'est ce à quoi aspire un véritable juif. C'est ce qu'un véritable juif espère. C'est ce pour quoi un véritable juif prie.
Si nous violons notre serment pris envers D.eu, si nous tentons de quitter l'Exil prématurément, les rabbins nous avertissent qu'est rapportée, dans le Talmud, une prophétie du Roi Salomon : nous souffrirons terriblement ; les conséquences seront tragiques, si nous essayons de devancer la fin de cet Exil, si nous quittons l'Exil avant l'heure, et si nous tentons de retourner en nombre en Israël le châtiment sera sévère.
Et, tout au long des deux mille ans de l'Exil, le peuple juif a été fidèle à D.eu, même durant les épreuves de l'Inquisition, en Espagne et beaucoup, beaucoup d'autres souffrances : ils avaient foi en la guidance de D.eu dans le monde, en sa compassion totale et ils n'ont jamais tenté de créer leur propre État. On trouve, dans le Talmud, les réponses apportées par des rabbins aux questions de leurs ouailles, qui leur demandaient : « Pouvons-nous nous inventer nos propres pays ? Pouvons-nous nous créer des havres de paix, dans lesquels nous vivrions en sécurité ? » . Les rabbins répondaient : « Soyez patients. C'est interdit. [Notre Exil] est comme un remède amer, que l'on administre à un enfant. Ce n'est que lorsque D.eu jugera le moment venu qu'Il mettra fin à [notre] Exil. ».
Quel est le sens de l'action divine, lorsque D.eu décide d'exiler les juifs ? Ce que D.eu fait, en nous exilant, a une signification, également essentiellement spirituelle : D.eu veut nous répartir dans l'ensemble de l'humanité, afin de répandre la lumière, les enseignements de la Torah , auprès de tous les hommes et femmes. Il nous exile afin d'enseigner à l'ensemble de l'humanité que tout un chacun doit se comporter saintement et servir D.eu. Ainsi, il est dit, dans un verset : « Vous serez devant Moi un royaume de prêtres et une nation sainte ». Cela signifie que le peuple juif doit s'efforcer d'imiter D.eu et qu'il doit être capable d'apporter aux hommes les enseignements de la Torah.
Voyons le sionisme, maintenant. Le sionisme [politique] a été introduit, il y a environ un siècle de cela, par un juif non religieux, Théodore Herzl, et ses amis. Eux, ils ne croyaient pas que D.eu voit ce que font partout dans le monde l'ensemble des hommes ; ils ne considéraient pas que la raison de notre Exil était spirituelle. Dans l'Exil, ils voyaient un malheur terrestre, physique, dont la solution selon eux consisterait à créer un pays très fort, muni d'une armée puissante : cet État, à leurs yeux, résoudrait tous les problèmes qui pouvaient se poser aux juifs. Les partisans de Herzl les sionistes ont, tout simplement, exclu D.eu des données du problème, « de l'équation », comme nous disons, aux États-Unis.
à l'époque au début du sionisme, à ses prémisses les rabbins se sont insurgés unanimement. Ils protestaient, disant : « C'est un blasphème, c'est de la rébellion contre D.eu. Si cette idéologie est mise en application dans la réalité concrète, nous en souffrirons terriblement. »
Malheureusement, les sionistes ont « réussi ». Tout d'abord, ils voulurent aller en Ouganda. Là-bas, il y avait des terres vierges. Mais ils comprirent que la nation juive n'adhèrerait pas à leur idéologie. Aussi se jouèrent-ils et abusèrent-ils des espoirs et des aspirations que pouvait entretenir tout juif à faire retour à Jérusalem, et ils dirent à ce juif : « Nous sommes en train de vivre les prémisses de la rédemption. Viens, suis-nous ! Retournons, ensemble, sur la Terre d'Israël ! »
Ils tablèrent sur l'ignorance des multitudes non-juives, dans le monde entier. Ils abusèrent de leur compassion, escomptant qu'elles prendraient pour argent comptant ce que dit la Bible , à savoir que cette terre « appartient » aux juifs, et diraient, excédées : « Très bien, alors : qu'on la leur donne ! » Ils ont utilisé ces sentiments afin de poursuivre leur entreprise, de marquer des points sur le terrain, dans l'objectif d'accaparer la Palestine.
Même si ce pays avait été totalement vide de toute population, même si le peuple palestinien avait fait cadeau de la Palestine au peuple juif, ç'eut été quand même un terrible péché, une terrible transgression de la Torah [que de réaliser les desseins sionistes]. Mais en plus, dans la réalité, la situation était tout à fait différente : la Palestine était un pays peuplé d'êtres humains : les Palestiniens. C'est-à-dire : les Arabes (musulmans et chrétiens) habitant cette contrée ainsi que des juifs orthodoxes qui-craignent-D.eu. Et tous, ces Palestiniens Arabes et juifs dirent comme un seul homme : « Nous ne voulons pas d'un État d'Israël ! Ce que nous voulons, c'est ce que nous avons déjà ! [C'est notre fidélité à D.eu !] » Et étant donné que les sionistes ont usurpé la terre, qu'ils sont allés en Palestine et qu'ils l'ont volée au peuple palestinien, ils ont soumis ce peuple par la force des armes, puis ils l'ont expulsé. C'est là une nouvelle tragédie, une nouvelle grande transgression, une rébellion contre D.eu, un agissement criminel. Et tous les rabbins étaient contre ces exactions, ils étaient ulcérés, révoltés par ce que ces juifs non-religieux, ces sionistes faisaient, qu'ils condamnaient : « Voyez ce qu'ils ont fait ! »
Bien entendu, vous le savez, en raison de cette terrible tragédie le vol de la terre des Palestiniens beaucoup d'événements terribles se sont succédés tout au long d'une histoire déplorable, qui se prolonge depuis plus de cinquante ans et même depuis près d'un siècle : tout ce qui a été fait au peuple palestinien beaucoup de crimes extrêmement graves ont été perpétrés, en Palestine. La communauté juive orthodoxe a été, elle aussi, opprimée et décimée. Les juifs ont été presque tous déracinés des pays musulmans où ils vivaient. Il y a eu beaucoup, beaucoup de problèmes, que je ne développerai pas ici, faute de temps. Les sionistes ont rendu non-religieux tous ces juifs, en les amenant [de force] en Palestine des communautés juives entières et en séparant les enfants des parents. Ils ont commis énormément de méfaits. Mais l'un des grands problèmes que je vais simplement mentionner ici, c'est ce gouffre énorme, terrifiant, qu'ils ont créé entre les juifs et les Arabes et les musulmans, partout dans le monde. Et, en particulier, en Palestine.
Pendant des siècles, le peuple juif a vécu en Palestine, ainsi que dans les pays musulmans, en totale harmonie, en voisins, en frères, avec les Arabes palestiniens, et il n'y avait aucun problème. Dès que le sionisme a pointé sa tête horrible, au début du vingtième siècle, les Arabes, majoritairement, ne furent plus en mesure de faire le distinguo entre les juifs et les sionistes ; entre les adeptes du judaïsme et les partisans du sionisme : à leurs yeux, et c'était tout à fait humain, c'était la même chose. La plupart des Arabes ne parvinrent pas à voir la différence énorme qu'il y avait entre ces deux groupes antagonistes.
Les sionistes agitaient la Bible afin de tenter de légitimer leur État illégitime. Et c'est là, bien entendu, la triste explication de la raison pour laquelle les juifs dont j'ai parlé commencèrent à quitter les pays musulmans, et le flot de leur exode ne s'arrêta pour ainsi dire jamais. Et ces juifs originaires des pays musulmans continuent, de nos jours encore, à souffrir, plus de cinquante ans après, de cet arrachement, sur la terre du soi-disant « État d'Israël ».
Le Président Arafat comprenait tout cela très clairement : « Non, les juifs religieux, fidèles à leur Torah, n'ont rien à voir avec le sionisme », disait-il. Et il voulait créer une situation où nous aurions pu vivre ensemble, Arabes et juifs, en parfaite harmonie.
Les sionistes, bien entendu, le dépeignirent sous les traits d'un antisémite, comme ils le font de n'importe qui, en Europe, ou ailleurs dans le monde, qui tenterait de se dresser contre l'État criminel d'Israël et contre les agissements criminels qui émanent de l'État d'Israël : ils affirment, de manière automatique, que cet opposant est antisémite, afin d'étouffer son opposition en la faisant passer pour une lutte contre D.eu. Ils donnent à accroire que toute personne qui s'oppose au sionisme et à Israël serait quelqu'un qui blasphèmerait contre la Bible et nourrirait de la haine envers les juifs.
Mais, encore une fois, les juifs authentiques, les juifs fidèles à la Torah , savent qu'il leur est interdit d'avoir un État d'Israël, qu'il est interdit d'opprimer autrui. Nous devons nous efforcer de suivre l'exemple de D.eu. De même que D.eu est compatissant, nous aussi, nous devons être compatissants. Nous devons être comme la Torah veut que nous soyons, c'est-à-dire : loyaux envers la population indigène et les gouvernements en place dans tous les pays où nous résidons. Ils savent aussi que nous devons avoir le plus grand respect et la plus haute estime pour le dirigeant, quel que soit le dirigeant que le peuple palestinien, par exemple, se choisira. Nous devons leur manifester le respect le plus grand et le plus sincère.
Dans la Torah , il est dit que si vous vous opposez à la volonté divine, vous échouerez. C'est pourquoi, lorsque, tout au long des plus de cinquante ans d'existence de l'État d'Israël, les sionistes ont affirmé, à plusieurs reprises, que la paix était pour le lendemain, nous avons continué à insister sur le fait qu'une paix une véritable paix, durable ne pourrait jamais être obtenue tant qu'il existerait cette rébellion contre D.eu tant que l'État d'Israël perdurerait. Tant qu'il existera un État d'Israël, il ne saurait y avoir de paix véritable.
Ce n'est pas là notre opinion personnelle. C'est ce qu'affirme, très clairement, la Torah. C 'est la seule voie que trace la Torah , pour les juifs, partout dans le monde. Et il ne saurait y avoir d'autre voie que celle de la Torah. Par conséquent, même s'il existe des nuances chez les juifs, dans leur opposition au sionisme et à l'État d'Israël, il en existe qui s'expriment aussi fortement que nous le faisons nous-mêmes. Il y a aussi ceux qui ont peur de s'exprimer ouvertement à cause des intimidations des sionistes. Et puis il y a même ceux, au sein du gouvernement israélien, qui ont rejoint le gouvernement, non pas parce qu'ils admirent l'État d'Israël ils savaient et savent toujours que cet État est interdit par notre Loi mais ils sont entrés au gouvernement en se disant : de même que le peuple palestinien doit avoir une représentation, nous devons avoir la nôtre. En ce qui nous concerne, nous n'avons bien entendu pas été d'accord avec cette posture. Nous avons dit : « L'État d'Israël, c'est interdit : n'allez pas rejoindre le gouvernement d'un pays interdit par D.eu ! » Mais tous les juifs authentiques ont compris que la création de l'État d'Israël a été une terrible tragédie pour le peuple juif et que cet État doit disparaître, pour que la tragédie puisse prendre fin.
La preuve que les gens qui ont rejoint le gouvernement les juifs orthodoxes ne sont pas sionistes, c'est le fait qu'ils représentent un objet de discorde impitoyable entre la Gauche et la Droite. C 'est aussi le fait que les juifs orthodoxes refusent d'envoyer leurs enfants à l'armée, et qu'ils ne mettront jamais un drapeau israélien sur la façade de leurs maisons et lieux publics. Malheureusement, ils ont avalé la propagande des Israéliens, selon laquelle les Arabes haïraient les juifs d'une haine atavique et qu'ils assassineraient les juifs, au cas où ceux-ci leur rétrocédaient des terres. Ces juifs orthodoxes ont avalé toute cette propagande de « a » jusqu'à « z » : ils ont avalé, comme on dit, non seulement l'appât, mais l'hameçon, le flotteur, le fil et la canne à pêche, avec ! Ils ont acheté toutes les salades que les sionistes tenaient tellement à leur fourguer. C'est pourquoi ils refusent catégoriquement de restituer le moindre territoire aux Palestiniens. C'est une véritable tragédie : ils ont entièrement tort.
Mais je vous fais part de ceci, simplement pour tenter d'expliquer, en partie, pour quelle raison les juifs orthodoxes je ne parle pas, ici, bien entendu, des colons, qui sont des sionistes extrémistes déjantés, mais bien des orthodoxes, d'une manière générale ont accepté de participer au gouvernement. Pour expliquer quel a été leur raisonnement un raisonnement fondamentalement erroné. Bien entendu, le discours sur l'« antisémitisme » des Arabes et / ou des musulmans est pure propagande. Les juifs ont toujours trouvé un refuge sûr dans les pays musulmans, à travers les siècles et les générations, notamment lorsqu'ils ont été persécutés par l'Inquisition espagnole, grâce à leur hospitalité. Je l'ai dit : les musulmans ont représenté un refuge sûr, en permanence, pour les juifs. Nous, les authentiques juifs orthodoxes, partout dans le monde, nous sommes profondément et sincèrement reconnaissants envers les musulmans. Nous enseignons en permanence à nos enfants, à manifester comme nous mêmes, notre gratitude envers les pays musulmans qui ont accueilli et protégé le peuple juif qu'ils ont sauvé. Nous ne l'oublierons jamais.
Par la faute de Herzl, nous sommes confrontés à une double tragédie : le premier crime est celui qui est perpétré contre le peuple palestinien. Quant au deuxième crime, c'est que le premier soit perpétré au nom de la sainteté, au nom du judaïsme. Cette seconde tragédie, non moins grave, se surajoutant au premier crime, c'est la profanation du nom de D.eu. Ce crime entache le judaïsme. Bien entendu, nous disons que l'idée consistant à ne pas restituer les terres aboutira à l'exact contraire : le recel des terres des Palestiniens n'apportera jamais la paix. C'est un crime contre D.eu, et contre une paix authentique. La seule manière de sanctifier le nom de D.eu consiste à faire ce qui est approprié, c'est à dire : démanteler l'État d'Israël. Pour obtenir le démantèlement de cet État, nous prions, chaque jour. Nous prions pour un démantèlement rapide et pacifique de l'entièreté de l'État d'Israël, qui doit être remis à l'autodétermination de la population arabe indigène de Palestine, au peuple palestinien. C'est alors que nous pourrons, à nouveau, vivre en totale harmonie, comme l'a voulu D.eu métaphysiquement. Cela apporterait une paix véritable et totale. Et cela apporterait une paix totale à nous tous, à tous les hommes, dans le monde entier.
Ainsi, on le voit, la solution à deux États n'a jamais fonctionné. Nous avons été contre les accords d'Oslo. On nous a dit que nous étions des fanatiques. Très bien. Mais c'est ce que dit la Torah. C 'est ça ce que dit le judaïsme ! Si vous n'êtes pas d'accord, alors n'appelez pas « judaïsme » ce que vous croyez être votre religion. Et continuez à raconter, si cela vous chante, que ceux qui ne sont pas d'accord avec vous sont soi-disant des « fanatiques ». Non. C'est là ce que dit la religion ayant pour nom : judaïsme. Le judaïsme, c'est la religion de ceux qui ne sont pas d'accord avec vous, et disent qu'il n'y a pas de « solution » avec deux États. Et même, de notre point de vue, pour être viable, l'idée d'une solution avec un seul État ne peut pas être exactement comme on la présente parfois.
Une solution, avec un seul État ? Oui ! Mais comment ? De la façon conforme à ce que D.eu a édicté. Ce qui signifie : il faut que nous rendions leurs terres aux Palestiniens ; nous devons leur demander profusément pardon pour le mal qui leur a été fait, et nous devons leur dire : « Voici vos terres ; choisissez les dirigeants qui vous conviennent. Ayez un régime islamique, si vous voulez. Ou un régime démocratique : c'est à vous d'en décider. Ce pays est le vôtre. Ce sont vos terres. Et nous vous demanderons très humblement de nous accepter chez vous, en tant que citoyens, vivant parmi vous, de la manière qui vous agréera ». Et cela amènera une paix et une harmonie véritables : c'est la seule manière possible d'obtenir la paix.
A nouveau, je redis ce qui est totalement impossible : les « think tanks », ces « boîtes à idées », ont dit, jusqu'à l'an dernier : « Deux États ». Aujourd'hui, ils disent : « Un seul État ». Mais tout projet qui ne se conformerait pas avec les directives divines, en la matière, est voué à l'échec. J'ai dit quelle est la manière de procéder, avec l'aide de D.eu, afin d'aboutir à une paix juste et durable. Et cette paix viendra, dans le futur, de la manière que j'ai dite.
L'URSS s'est effondrée, un beau jour, dans une très large mesure pacifiquement. Ainsi, on le voit : des événements de ce genre peuvent se produire. Nous devons seulement prier D.eu, et croire en D.eu, comme nous le faisons, et ce concept il suffit de raisonner en termes de logique, fût-ce en mettant un peu de côté les aspects métaphysiques et spirituels se réalisera : d'ici quinze ans, les Palestiniens représenteront la majorité des habitants de la Palestine. De toute manière, concentrer tous les juifs en un seul endroit du monde, à l'ère nucléaire, voilà qui ne saurait constituer pour eux un refuge sécurisé. Aussi, toute autre idée, qui ne serait pas conforme à la nécessité de restituer au peuple palestinien son autodétermination, n'a pas de sens.
Je terminerai par ceci : Je tiens à dire, simplement, que les sionistes, bien loin d'être les protecteurs des juifs et les garants d'un havre de sécurité pour eux, sont en réalité les principaux responsables de l'antisémitisme dans l'ensemble du monde. Là où l'antisémitisme n'existe pas, les sionistes le fabriquent : ils sont les principaux responsables des dissensions et de la haine envers les juifs, dans le monde entier. Nous prions nous demandons à tout le monde de prier pour la liberté de la Palestine , et pour la venue du jour où la gloire de D.eu sera révélée au monde entier et où nous pourrons tous Le servir, dans la paix et l'harmonie, dans un futur proche. Amen.
* * *
Dieudonné : Je suis très heureux de vous entendre. Je ne savais pas que vous existiez. Où étiez-vous pendant toutes ces années ? On n'entend jamais parler de vous ! Est-ce qu'il s'agit d'un complot ?
Rabbi Weiss : Nous avons toujours été antisionistes, notre mouvement existe comme tel depuis les années 1930. Mais on ne nous donne jamais la parole, les médias nous bannissent systématiquement, tant en Israël que dans nos pays. Ce n'est certainement pas un complot, cela se fait ouvertement, à travers l'AIPAC 5 , organisme officiel du sionisme aux États-Unis, unanimement détesté, qui va d'ailleurs au suicide politique.
Dieudonné : Est-ce que vous pensez que le sionisme s'est servi du drame de la Shoah d'une manière intéressée ?
Rabbi Weiss : L'industrie de l'Holocauste a commencé avant la Deuxième Guerre mondiale, afin de tuer l'espoir ; puis la Shoah a été utilisée par les sionistes. Ils ont toujours utilisé tout ce qu'ils pouvaient pour exercer leurs pressions et leur chantage. Les sionistes ont besoin que le sang juif soit versé. Ils ont même contribué à perpétrer les persécutions à notre égard, car ils avaient besoin du drame pour attirer la pitié et culpabiliser tout le monde. Ils n'ont pas fait tout leur possible pour sauver les juifs, de nombreux chercheurs l'ont démontré. Le sionisme a un besoin vital de l'antisémitisme : il le suscite activement là où il n'existe pas.
Question : La montée de l'antisémitisme en France, cela ne vous inquiète pas ?
Rabbi Weiss : Les sionistes accusent tout le monde d'être antisémites, mais c'est une accusation absurde, car les sémites ce sont les Arabes et certainement pas les Juifs européens. Bien des gens de bonne volonté voudraient porter secours aux Palestiniens, et en sont empêchés par la menace d'être accusés d'antisémitisme. Si bien qu'ils choisissent de mettre en pratique leur charité dans d'autres domaines. Mais les droits des Palestiniens ne dépendent pas du fait que vous soyez ou non traités d'antisémites ! J'exprime ici notre solidarité avec nos frères et surs musulmans et arabes. Les Palestiniens souffrent depuis 60 ans, c'est bien plus que la Shoah , c'est une honte pour nous parce que leur martyre est organisé en notre nom, nous devons leur demander pardon. Tous les réfugiés palestiniens ont le droit de retourner chez eux, aucun compromis sous prétexte de Shoah n'est acceptable.
Rabbi Mosche Arye Friedman : Nous devons dénoncer la campagne qui accable les antisionistes venant du CRIF et d'autres organisations comme le BETAR et nous demandons aussi pardon pour tout ce que vous subissez en France ; ces gens-là font tout pour diffamer la France. En Autriche, les élections démocratiques n'ont pas plu au CRIF qui a fait pression pour que des sanctions soient prises contre l'Autriche. J'ai pu dénoncer cette ingérence dans la politique autrichienne, par un article publié dans le New York Times . Chaque peuple a le droit à sa propre religion, à ses propres institutions, au gouvernement de son choix. Et notre devoir est d'être parfaitement loyaux envers les populations dont nous faisons partie, et loyaux envers leurs gouvernements. Nous les Autrichiens sommes fiers qu'un premier ministre autrichien, Bruno Kreisky, juif antisioniste qui avait pour lui 70% des votes, ait inauguré la reconnaissance officielle envers l'OLP.
Dieudonné intervient pour expliquer qu'il partage absolument leur sentiment de la fraternité, et il rappelle que les descendants d'esclaves ont un vécu intense de ces notions d'exil physique et métaphysique.
Une question sur l'abolition de la résolution 181 sur la partition de la Palestine a été posée.
Rabbi Mosche Arye Friedman : Nous ne faisons pas de politique, nous intervenons sur le plan religieux et nous ne pouvons que répéter : les Juifs n'ont droit à aucun morceau de terre en Palestine, même pas le moindre État aussi minuscule soit-il.
Quelqu'un a proposé que les rabbins accompagnent Dieudonné à Auschwitz, puisque le rabbin français qui l'y avait invité a finalement été obligé d'y renoncer.
Rabbi Mosche Arye Friedman : L'exploitation des souffrances juives et d'Auschwitz, la construction de mémoriaux etc., ne servent qu'à rendre visible le pouvoir des sionistes et ne témoignent pas de la moindre compassion pour les juifs qui y sont morts. Aller à Auschwitz, c'est manifester sa solidarité avec les sionistes, non avec les juifs qui ont souffert. Notre soutien aux Palestiniens n'est pas négociable. C'est plutôt à Ramallah que nous irons ensemble, si Dieu le veut.
Question : Etes-vous nombreux ?
Rabbi Mosche Arye Friedman : En Israël, nous sommes des dizaines de milliers et dans le monde des centaines de milliers. Nous ne pouvons pas nous exprimer en Israël. Nous nous battons pour la vérité, et en un sens, les avancées ou les défaites que nous pouvons subir n'ont aucune importance ! C'est l'esprit religieux contre l'imposture. 6
Notes
1. Les Rabbins présents ce jourlà étaient : 1) Yisroel Dovid Weiss, Porte parole de Neturei Karta International, établi à New York. Sur sa carte de visite, nous lisons : « Les juifs croyants en la vraie Torah s'opposent fermement, par fidélité à la foi juive, au sionisme et à ses avatars. Priez pour un démantèlement pacifique de l'État sioniste ! » ; 2) Moishe Arye Friedman, Grand Rabbin de Vienne ; 3) Moshe Beck ; 4) Kohen, du Canada.
4. Paradoxe de notre temps : le Rabbin Moshé Hirsch a été le seul membre de l'Autorité palestinienne à s'opposer aux accords d'Oslo ! Après des manifestations anti-israéliennes organisées par Neturei Karta en Europe, Israël a laissé diffuser le 16 août 2004 l'information selon laquelle Yasser Arafat aurait fait don au Rabbin Hirsch d'une somme de 55.000 $, dont les reçus auraient été trouvés par l'armée israélienne lors de l'opération de Tsahal Homat Magen' d'avril 2002 dans la Muqata 'a. Quelle que soit la véracité de cette info, nous sommes sûrs que Neturei Karta ne va pas utiliser cette colossale somme d'argent pour bombarder les camps des réfugiés palestiniens, ou envahir les quartiers généraux des représentants de peuples colonisés.
5. AIPAC : American Israel Public Affairs Committee , (Comité Amérique-Israël des Affaires Publiques), le plus important lobby américain oeuvrant pour le financement d'Israël en exerçant des pressions surtout auprès du Congrès américain, décideur en la matière. Dans son livre The Lobby. Jewish political power and American Foreign Policy (1987), Edward Tivnan explique que « l'économie israélienne dépend entièrement de la bonne volonté du Congrès - un Congrès avare pourrait détruire Israël plus rapidement que n'importe quelle armée arabe -, et l'AIPAC est le maître du Congrès. Du moins, ce que l'AIPAC prétend lui-même. » (p. 163)
6. Les débats ont continué d'une manière informelle pendant plus d'une heure dans le hall du théâtre de la Main d'Or. Il faut lire les textes de Neturei Karta sur leur site, www.nkusa.org et pour visualiser le débat, voir www.islamiya.info.
http://www.plumenclume.net/textes/2008/israel/juifresistentweiss130308.htm