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ENTRE LA PLUME ET L'ENCLUME

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Des juifs résistent au sionisme (IV)

 

Albert Einstein et Hannah Arendt : Non aux sionistes nazis !

Lettre au Rédacteur en Chef du New York Times

 

Parmi les événements politiques les plus inquiétants de notre temps, c'est l'émergence dans l'État d'Israël nouvellement créé du « Parti de la Liberté  » (Tnuat Haherut), un parti politique proche dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son attrait social des partis nazis et fascistes. Il est issu de – et a succédé à – l'Irgun Zvai Leumi, une organisation terroriste de droite et chauviniste en Palestine.

La visite actuelle du chef de ce parti, Menachem Béguin, aux États-Unis est de toute évidence calculée pour donner l'impression que l'Amérique soutient son parti dans les prochaines élections en Israël, et pour cimenter les liens politiques avec les éléments conservateurs du sionisme aux États-Unis. Plusieurs Américains de réputation nationale ont prêté leurs noms pour lui souhaiter la bienvenue. Il est inconcevable que ceux qui s'opposent au fascisme à travers le monde, s'ils sont bien informés des actes et des projets de Béguin, puissent soutenir avec tout le poids de leurs noms le mouvement qu'il représente.

Le public américain doit être informé des actes et des projets de Béguin avant que l'irréparable ne soit commis au moyen de contributions financières, de manifestations publiques en sa faveur, et la création en Palestine de l'impression qu'un large secteur de l'Amérique soutient les éléments fascistes en Israël. Les déclarations publiques du parti de Béguin ne sauraient nous renseigner sur sa véritable nature. Aujourd'hui, ils parlent de liberté, de démocratie et d'anti-impérialisme, alors que naguère ils prêchaient ouvertement la doctrine de l'État fasciste. C'est à travers ses actes que le parti terroriste trahit sa vraie nature. C'est à travers ses actions passées que nous pouvons juger de ce qui se produira dans l'avenir. 12

 

Une attaque contre un village arabe

 

Un exemple choquant est donné par leur comportement dans le village de Deir Yassine. Loin des grandes routes et entouré par des colonies juives, ce village n'a aucunement participé à la guerre, et il a même chassé des bandes d'Arabes qui ont cherché à utiliser leur village comme base de leur action. Le 9 avril, des bandes terroristes attaquèrent ce village pacifique, qui ne représentait pas d'intérêt militaire objectif dans la bataille, et tuèrent la plupart de ses habitants, 240 hommes, femmes et enfants, en s'emparant de quelques uns pour parader avec eux en tant que captifs à travers les rues de Jérusalem. La majorité de la communauté juive a été horrifiée par cet acte, et l'Agence juive a envoyé un télégramme d'excuses au Roi Abdullah de Transjordanie. Mais les terroristes, loin d'être honteux de leur acte, étaient fiers de ce massacre, en firent une large publicité, et invitèrent tous les correspondants étrangers présents dans le pays pour voir les corps amoncelés et les ravages commis à Deir Yassine. L'incident de Deir Yassine est exemplaire quant à la nature et la pratique du Parti de la Liberté.

Au sein de la communauté juive, ils ont prêché un assemblage d'ultranationalisme, de mysticisme religieux et de supériorité raciale. A l'instar d'autres partis fascistes, on les utilisait pour briser les grèves, et ils ont eux-mêmes œuvré pour mettre fin à la liberté syndicale. Durant les dernières années de violence sporadique anti-britannique, les groupes IZL (Irgun) et Stern inaugurèrent un règne de terreur au sein de la communauté juive de Palestine. Des enseignants ont été battus parce qu'ils les dénonçaient, des adultes ont été la cible de tirs parce qu'ils ont refusé de permettre à leurs enfants de les rejoindre. Les terroristes ont intimidé la population et extorqué un lourd tribut au moyen de méthodes de gangsters, de passages à tabac, de défenestrations et d'un brigandage à grande échelle. 13

Les gens du Parti de la Liberté n'ont pris aucune part à l'oeuvre de construction en Palestine. Ils n'ont pas revendiqué de terre, n'ont pas construit de colonies, et ils se sont seulement retirés de l'action de Défense juive. Leurs activités en matière d'immigration par trop médiatisées étaient en fait infimes et destinées essentiellement à favoriser leurs compatriotes fascistes. 14

 

Des contradictions constatées

 

Les contradictions entre les revendications audacieuses faites maintenant par Béguin et son parti, et leurs réalisations passées en Palestine révèlent un parti politique pas comme les autres. C'est là la trace incontestable d'un parti fasciste pour qui le terrorisme (contre les Juifs, les Arabes, et les Britanniques sans distinction), et la représentativité sont les moyens, et un « État leader » est l'objectif.

A la lumière de ces considérations, il est impératif que la vérité au sujet de M. Béguin et de son mouvement se fasse jour dans ce pays. La situation est d'autant plus tragique que les plus hautes instances dirigeantes du sionisme américain ont refusé de faire campagne contre les efforts de Béguin, ou même d'exposer à leur électorat les dangers pour Israël d'un tel soutien à Béguin.

C'est pour cela que les soussignés agissent pour présenter ouvertement quelques faits saillants concernant Béguin et son parti, et presser toutes les parties concernées afin qu'ils refusent de soutenir cette manifestation du fascisme.

 

Notes

10. Le texte original de cette lettre se trouve sur le site http://www.rense.com . La traduction est assurée par l'éditeur.

11. Lettre datée du 2 décembre (publiée par le New York Times le 4 décembre 1948), signée par Einstein et Hannah Arendt, avec 26 autres personnalités juives américaines. Trente ans plus tard, Béguin arrive au pouvoir en Israël, et reçoit en 1978 le Prix Nobel de la Paix  ! Sharon, un des héritiers et successeurs de Béguin sera lavé encore plus rapidement de ses crimes contre l'humanité. Parions qu'il aura aussi son Prix Nobel de la Paix.

12. Paroles prophétiques. C'est Sharon qui illustrera les méthodes Béguin avec encore plus de zèle, et moins de protestations de la part du milieu des droits de l'homme.

13. Aujourd'hui encore, personne dans la communauté juive ne parle de cette persécution anti-juive menée en toute impunité par ces fascistes qui se disent juifs, et qui continue encore de nos jours contre tous les juifs partout dans le monde, avec la complicité passive du milieu des droits de l'homme

14. Ce paragraphe pourrait suggérer qu'Albert Einstein aurait souscrit au programme sioniste. Nous pensons quant à nous qu'il reflète davantage les idées des initiateurs de cette pétition que l'opinion particulière de chacun des signataires. Ainsi, Einstein s'était montré assez réservé sur le projet sioniste en tant que tel. En 1946, interrogé par le Comité d'enquête anglo-américain sur la question palestinienne , il prit position contre la création d'un État juif. En 1950, il réaffirma cette même conviction : « Je verrais davantage un accord raisonnable avec les Arabes sur la base d'une coexistence pacifique que la création d'un État juif. En dehors de considérations pratiques, ma conviction relative aux fondements du judaïsme répugne à l'idée d'un État juif avec des frontières, une armée et une part de pouvoir temporel, aussi réduit soit-il. Je crains que le judaïsme puisse un jour souffrir intérieurement surtout du développement en notre sein d'un nationalisme étroit, contre lequel nous avions dû nous battre sans un État juif. » (Albert Einstein, in Ideas and Opinions , N-Y., 1954, p. 190.) Allusion au nazisme ?

 


http://www.plumenclume.net/textes/2008/israel/juifresistenteinstein130308.htm

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